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"Toi qui viens d'Ethiopie..."

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Concert : Eténèsh Wassié & Mathieu Sourisseau + Imperial Tiger Orchestra à Chalon-sur-Saône (71)

Eténèsh Wassié, Mathieu Sourisseau, Imperial Tiger Orchestra, Concert

Samedi 4 février 2012 à 21h

La Péniche
52 quai St Cosme
71100 Chalon-sur-Saône

Tarif : 8 à 10 €

Eténèsh Wassié & Mathieu Sourisseau
Une complicité immédiate et évidente est apparue entre Eténèsh Wassié et Mathieu Sourisseau, partenaires dans le projet éthio-expérience mené avec le Tigre des platanes. De cette rencontre est née une forme musicale intimiste où voix et basse acoustique trouvent leur propre espace, en totale liberté, et nous emmènent dans des sphères jusqu’ici inconnues. Le répertoire éthiopien est revisité par des mélodies pop, rock voir punk qui révèlent par leur décalage l’essence de cette musique. La voix d’Eténèsh, sauvage et secrète nous emporte dans un univers rare. Des influences très diverses nourrissent depuis toujours le mode de jeu de Mathieu Sourisseau : du jazz de Mingus à Tom Waits, de Sonic Youth aux rives du fleuve Niger et à la magnifique collection Ethiopiques. Cette rencontre propose une identité forte, mélange les cultures et brouille les pistes. Un nouveau regard est porté sur ces chansons traditionnelles choisies par Eténèsh Wassié, chanteuse nourrie par la culture azmari et dont l’ouverture d’esprit et l’expérience témoignent d’une prise de risque artistique réussie. Le duo propose une musique retenue, contenue, joue sur le décalage et ébranle les codes de ces chansons populaires.

Imperial Tiger Orchestra
À l’heure où les compilations déferlent de toute part pour exhumer l’héritage musical éthiopien, Imperial Tiger Orchestra propose un son inédit et original alliant modernité et inspiration traditionnelle. Ce sextet surprenant, aux allures improbables interprète et revisite autant l’âge d’or de la musique éthiopienne que les standards traditionnels en passant par les dernières productions d’Addis Abeba. Composé d’une section de cuivres puissante (trompette, saxophones baryton et alto) et d’une section rythmique implacable (batterie, percussions, claviers vintage et midi/basse électrique), Imperial Tiger Orchestra distille des sets à l’énergie redoutable. Musique essentiellement chantée à l’origine, le groupe préserve la beauté des lignes mélodiques et des modes éthiopiens, tout en sortant des sentiers battus. En faussaires assumés, Imperial Tiger Orchestra distille du groove instrumental, des rythmes hypnotiques menant à la transe et des lignes obsessionnelles qui puisent dans le vocabulaire de la musique électronique. Loin des notions puristes, les musiciens n’hésitent pas à brouiller les cartes en utilisant un “phin”, guitare traditionnelle thaïlandaise au son acéré comme le couteau à côté du traditionnel “kebero” éthiopien.

Plus d’informations :
www.lapeniche.org
lapeniche@chalonsursaone.com
Tel : 03 85 94 05 78

Voir aussi :

Page Myspace d’Eténèsh Wassié & Mathieu Sourisseau
Page Myspace d’Imperial Tiger Orchestra

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Le HCR craint la polio dans les camps de réfugiés

Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est dit mardi « très préoccupé », dans un communiqué, par des informations reçues cette semaine concernant deux cas suspects de poliomyélite parmi les réfugiés somaliens dans le camp de Bur Amino, à Dollo Ado en Ethiopie, et trois cas suspects au sein de la communauté d’accueil environnante.

Poliomyélite, Vaccin« Dans les cinq camps de réfugiés à Dollo Ado, nous travaillons en étroite coopération avec le ministère éthiopien de la Santé, les partenaires du gouvernement local, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Médecins sans frontières (MSF) et d’autres partenaires de santé pour coordonner la réponse », a déclaré la porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d’une conférence de presse à Genève.

Dans l’immédiat, des échantillons ont été prélevés et envoyés dans la capitale éthiopienne, Addis Abeba, pour confirmation par le laboratoire. Une fois la souche de virus identifiée, le vaccin adapté sera expédié à Dollo Addo pour une grande campagne de vaccination dans les camps et les communautés environnantes, toujours selon le communiqué.

Quelque 143 000 Somaliens vivent actuellement dans cinq camps éthiopiens à Dollo Ado. Plus de 100 000 d’entre eux sont arrivés rien qu’en 2011. Après Dadaab, au nord-est du Kenya, Dollo Ado est désormais le deuxième plus grand camp de réfugiés dans la Corne de l’Afrique. Près d’un million de Somaliens vivent comme réfugiés dans la région, et 1,36 million d’autres sont déplacés à l’intérieur de leur pays.

Source : Afriquinfos, 25 janvier 2012

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Le “grand pardon” pour Bekele et cie

La fédération éthiopienne d’athlétisme est finalement revenue sur la décision prise le week-end dernier de suspendre de toute compétition nationale et internationale trente cinq athlètes.

Kenenisa Bekele, Ethiopie, EthiopiaLa fédération éthiopienne d’athlétisme (EAF) est finalement revenue sur la décision prise le week-end dernier de suspendre de toute compétition nationale et internationale trente-cinq athlètes dont faisaient partie deux stars mondiales, Kenenisa Bekele, le triple champion olympique du 10 000 m, et Tirunesh Dibaba, la double championne olympique (5 000 et 10 000 m).

L’EAF reprochait à ces athlètes leur manque d’assiduité aux stages et compétitions organisés en Ethiopie. « A l’issue d’une réunion entre les membres de la Fédération, les athlètes concernés et leurs représentants, la fédération a décidé de lever cette suspension », a affirmé mardi soir le chef de presse de la tutelle. « Ils ont demandé pardon et expliqué avoir raté ces entraînements à cause de blessures ou d’engagements préalables. Ils ont affirmé qu’ils allaient dorénavant respecter les consignes de la Fédération ».

Fausse alerte donc pour l’élite éthiopienne et ses deux chefs de file. En réalité, l’athlétisme éthiopien dont les résultats sont en baisse, notamment lorsqu’on les compare à ceux obtenus par le voisin kenyan, n’a pas les moyens de son envie de sévérité.

Source : Star Africa, 25 janvier 2012

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En Ethiopie, un groupe dissident revendique l’enlèvement de plusieurs étrangers

En Ethiopie, le Front uni révolutionnaire démocratique Afar (ARDUF) a déclaré détenir les deux touristes allemands retenus en otage, depuis le lundi 16 janvier 2012. Ils seraient sains et saufs.

Le groupe dissident a revendiqué l’enlèvement dans un communiqué posté sur plusieurs sites d’opposition éthiopiens. Un groupe de 22 touristes avait été attaqué en région Afar, cette région du nord-est de l’Ethiopie, frontalière avec l’Erythrée, faisant cinq morts et plusieurs blessés. Le gouvernement avait quant à lui accusé des terroristes venus de l’Erythrée. Selon l’ARDUF, les militaires éthiopiens seraient responsables de la mort des touristes.

« Les ressortissants européens ont été tués par les soldats éthiopiens qui les accompagnaient », déclare le mouvement ARDUF. Selon les rebelles, le combat aurait commencé par une attaque des militaires éthiopiens contre une de leur patrouille.

Pourtant la version d’une des victimes, blessée dans le combat diffère. Selon elle, le groupe dormait dans des huttes en haut du volcan Erta Alé, quand vers 3 heures du matin, les attaquants ont fait irruption. A peine les touristes étaient sortis de leurs logements qu’on leur tirait dessus avec des fusils AK47. Les rescapés ont organisé leur évacuation seuls. Ils ont descendu le volcan à pied pendant plus de 12h, portant des brancards de fortune pour retrouver les secours éthiopiens le lendemain matin seulement.

L’ARDUF était déjà à l’origine d’un kidnapping de touristes en 2007. Les otages avaient été relâchés au bout de 13 jours en Erythrée. D’ordinaire il n’est pas dans l’usage des rebelles de pratiquer des assassinats sommaires. Dans la région Afar, il se murmure toujours que les agresseurs viennent d’Erythrée. Quant au gouvernement éthiopien, il ne commente pas ces revendications.

Source : RFI, 24 janvier 2012

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Inauguration d’un restaurant éthiopien à Bruxelles

Ce samedi 28 janvier dès 18h

Haile Abebe, Natalino Arena et Serge Anton, ainsi que toute l’équipe du TOUKOUL, sont fiers de vous faire découvrir ce nouveau lieu culinaire d’exception lors de sa soirée d’inauguration. Venez faire la fête et partager avec nous l’injèra, l’authentique galette de tef éthiopienne.

Toukoul, Restaurant, Bruxelles, Ethiopie, Ethiopia

Dans un cadre unique à Bruxelles et décoré par Serge Anton, vous serez transporté au cœur de l’Ethiopie ; vous découvrirez une atmosphère chaleureuse et dépaysante constituée d’objets uniques rapportés lors de voyages au pays par Haile Abebe, fondateur et initiateur de l’impulsion éthiopienne au sein de la capitale.

L’ambiance sera assurée par différents concerts à partir de 19h00, un open bar vous accueillera de 18h00 à 19h00. La bouche, quant à elle, ne sera pas en reste grâce à une dégustation de saveurs issues de notre carte novatrice.

La chaleur du lieu montera petit à petit, entraînée par plusieurs groupes de musique ethnique originaires de là-bas. Vous serez accueilli par la Cérémonie du Café, un voyage dont vous incarnez le héros, à la découverte des origines de l’or noir Ethiopien. Suivra un concert de Yokaï, Ethiopian Groove. Ensuite, Badume’s Band accompagné de Selamnesh Zemene mettront le feu au TOUKOUL. La fin de soirée sera assurée jusqu’au bout de la nuit par DJ Ethiopian Groove.

Ce n’est pas tout ! Dans les mois à venir, nous aurons le plaisir de vous accueillir dans notre nouvelle boutique, unique à Bruxelles. Vous y trouverez aussi bien des produits culinaires importés directement d’Ethiopie -tels que des épices, condiments et autres découvertes gustatives qui raviront tant les connaisseurs que les néophytes- que de la vaisselle, des plats ou même des objets d’art éthiopiens.

Un partenariat est concrétisé avec le TOUKOUL, un orphelinat construit à Addis Abéba en Ethiopie qui regroupe des enfants de 0 à 14 ans. Une asbl devrait voir le jour prochainement. La finalité est de mettre en place des échanges avec les enfants, de leur reverser un pourcentage du bénéfice, de leur envoyer des biens, … Mais pour tout cela nous reviendrons vers vous plus tard.

L’invitation est donc lancée pour le samedi 28 janvier dès 18.00 pour un verre au TOUKOUL
1 Rue du Marronnier à 1000 Bruxelles
N’hésitez pas à venir avec votre curiosité et votre bonne humeur, cela fait toujours plaisir !
http://toukoul.be/

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Addis Abeba dispose d’une quinzaine de salles de cinéma

par Gaëlle Laleix

Ecouter le reportage

L’Ethiopie se targue d’être le premier pays du continent africain à avoir importé le cinéma sur son sol. C’était en 1896, l’empereur Ménélik II venait de faire venir le premier projecteur pour visionner un film sur les miracles de Jésus. Depuis, les Ethiopiens font plus que regarder des films ; ils en produisent aussi. Depuis 2010, la production tourne autour des 75-80 films par an. Tous en amharique, la langue officielle éthiopienne.

Source : RFI, 21 janvier 2012

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Difficile intégration des juifs d’Ethiopie en Israël

La tension restait vive hier en Israël, après les manifestations de colère des Falashas contre les autorités israéliennes.

Falashas, Israël, Ethiopie, EthiopiaPlusieurs milliers d’Israéliens, essentiellement des Falashas, juifs d’origine éthiopienne, ont manifesté avant-hier (18 janvier 2012) à Jérusalem pour dénoncer le racisme et les discriminations dont ils prétendent être victimes de la part des autorités israéliennes et d’une partie de la population juive du pays.

Les manifestants sont en colère face au laxisme des autorités concernant les propos racistes qui sont tenus à l’endroit des Falashas et des barrières insidieuses qui empêchent ces derniers d’accéder à certains postes de responsabilité dans l’armée et la haute administration. « Ce n’est pas logique que dans un Etat qui a tellement souffert que les gens puissent dire ce qu’ils disent, faire des déclarations racistes sans qu’il y ait la moindre punition selon la loi », s’insurgeait hier un manifestant dans la principale artère de la ville sainte.

Ce n’est pas la première fois que ces juifs venus d’Ethiopie manifestent leur ras le bol face à une société où ils ont du mal à s’intégrer. Déjà le 1er février 1996, des dizaines de milliers de manifestants avaient gagné les rues de la vieille ville pour dénoncer le rejet de leur sang par les autorités sanitaires du pays. Venus de l’Ethiopie qu’on disait frappée par un taux de prévalence élevé du sida, ils étaient considérés comme une population à risque par le Centre israëlien de transfusion sanguine. Par prudence donc, le don de sang qu’ils offraient étaient systématiquement détruits dans leurs dos.

C’est pour dénoncer de telles discriminations que les Falashas sont encore descendus dans les rues de Jérusalem avant-hier pour manifester leur courroux face à une société dont ils se sentent de plus en plus étrangers. « Je me sens insulté et déshonoré », affirme Benni, un jeune manifestant de 25 ans qui avait bénéficié du dernier grand pont aérien de 1991, qui avait amené plus de 14 000 Falashas en Israël. « Ils nous ont fait venir ici en nous disant que nous étions des juifs comme les autres et maintenant ils refusent notre intégration », s’exclamait dans les rangs des manifestants de mercredi dernier, Yoshi, un juif éthiopien de 45 ans, en dénonçant pancarte en mains, « un gouvernement raciste ».

Il faut néanmoins dire que les autorités israéliennes ont pris ces dernières années de nombreuses mesures en faveur des Falashas. En terme de logement ou d’éducation, les immigrants de la corne de l’Afrique, ont été plutôt mieux traités que les autres. Ces mesures de discrimination positive n’ont pas suffi à leur intégration. Ces juifs à la peau noire « n’ont jamais été totalement acceptés dans ce pays », estime Shvala Weil qui enseigne à l’université hébraïque de Jérusalem.

Source : Camer, 21 janvier 2012

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Békélé privé de Jeux Olympiques ?

par François Piraux

La Fédération éthiopienne d’athlétisme vient de suspendre de toutes les compétitions nationales et internationales 35 athlètes. De nombreux champions éthiopiens sont dans cette liste dont Kenenisa Bekele. De quoi remettre sa participation aux J.O. de Londres en question ?

Kenenisa Bekele

Quand la fédération éthiopienne d’athlétisme prend des sanctions, ce n’est pas dans la demi-mesure. Elle vient effectivement de bannir 35 de ses athlètes des compétitions nationales et internationales pour une durée indéterminée. L’Ethiopie, véritable machine à produire des champions d’athlétisme vient-elle de se tirer une balle dans le pied à seulement six mois des Jeux Olympiques de Londres ? Sur son site officiel, la fédération éthiopienne invoque un non-respect de ses ordres. Plus précisément, ces 35 athlètes seraient coupables de ne pas s’entraîner dans le centre national d’athlétisme spécialement mis en place par l’Ethiopie pour préparer les J.O. de 2012. Ainsi, la fédération éthiopienne d’athlétisme ne pourrait pas superviser la préparation de ces athlètes et avoir un droit de regard sur leurs entraînements.

Des champions sous pression ?

Encore plus marquant, dans cette liste de bannis apparaissent de nombreux médaillés mondiaux. Comme le triple champion olympique Kenenisa Bekele (5 000 m en 2008, 10 000 m en 2004 et 2008), ou Tirunesh Dibaba, championne olympique du 5 000m et du 10 000m, Meselech Melkamu, vice-champion du monde du 10 000 m en 2009, et Aberu Kebede, médaillé de bronze du semi-marathon en 2009. Prononcée vendredi, cette sanction empêche donc Bekele et ses partenaires de prendre part à toutes sortes de compétitions. Encore trop tôt pour l’affirmer mais cette suspension surprenante pourrait avoir des répercussions fatales sur les ambitions olympiques de ces 35 athlètes. Une décision incompréhensible dans un des pays les plus pauvres du monde et qui n’a que pour bouffée d’oxygène les exploits de ses champions.

Source : Sport 365, 20 janvier 2012

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De récentes condamnations pour terrorisme constituent un “affront” à la liberté d’expression

Les autorités éthiopiennes doivent immédiatement libérer quatre personnes ayant critiqué le gouvernement et une ancienne sympathisante de l’opposition, déclarés coupables de terrorisme jeudi 19 janvier, a déclaré Amnesty International le jour-même.

Reyot Alemu, Woubishet Taye, Journalistes, Ethiopie, Ethiopia

Reyot Alemu et Woubshet Taye, journalistes, Zerihun Gebre-Egziabher, dirigeant d’un parti d’opposition, et Hirut Kifle, sympathisante de l’opposition, ont été reconnus coupables d’infractions en relation avec le terrorisme et de blanchiment d’argent. Condamné lui aussi, Elias Kifle, journaliste désormais installé aux États-Unis, a été jugé par contumace.

« C’est un affront à la liberté d’expression. Ces condamnations sont un nouveau signe que les personnes ayant des opinions dissidentes, représentant des partis politiques différents ou tentant de fournir une analyse indépendante de la vie politique ne sont plus tolérées en Éthiopie », a déclaré Claire Beston, spécialiste de l’Éthiopie à Amnesty International.

« Il n’existe aucun élément prouvant que ces trois hommes et ces deux femmes soient coupables d’une quelconque infraction pénale. Nous estimons que ces cinq individus sont poursuivis en raison d’activités légitimes et pacifiques, et sont à ce titre des prisonniers d’opinion. Ils doivent être libérés immédiatement », a-t-elle ajouté.

Ils ont été déclarés coupables de trois infractions : « planification, préparation, complot, incitation et tentative en vue de commettre un acte terroriste », « participation à une organisation terroriste » et « blanchiment d’argent ».

Les journalistes Woubshet Taye, Reyot Alemu et Elias Kifle ont tous écrit des articles réprouvant la politique et le comportement du gouvernement, tandis que Zerihun Gebre-Egziabher, président du Parti démocratique national éthiopien, a rédigé des déclarations critiques à l’égard du gouvernement au nom de son parti.

Peu avant son arrestation, en juin 2011, ce dirigeant de l’opposition avait également demandé la permission d’organiser un rassemblement politique le 28 mai dans le centre d’Addis Abeba.

Accusée d’implication présumée au sein d’un groupe armé alors qu’elle soutenait la Coalition pour l’unité et la démocratie, un mouvement d’opposition, Hirut Kifle a été emprisonnée en 2007. Elle a finalement été libérée à la faveur d’une grâce présidentielle.

Une grande partie des éléments de preuve produits par l’accusation lors du procès relevaient de l’exercice par les accusés de leur droit à la liberté d’expression et d’association. Ils incluaient de nombreux articles écrits par les accusés, et même des articles que d’autres personnes leur avaient envoyés.

Un nombre considérable des éléments à charge étaient en lien avec le fait qu’ils aient rendu compte de l’apparition du slogan « Beka ! » [« Assez ! »] dans les environs d’Addis Abeba début 2011, et avec leur rôle présumé dans son émergence. Ce slogan était un appel en faveur de l’organisation de manifestations pacifiques contre le gouvernement, censées se dérouler le 28 mai.

« Le choix des éléments de preuve produits par l’accusation montre que la libre expression a été érigée en infraction dans le cadre de ce procès, et que critiquer le gouvernement est considéré comme un crime », a poursuivi Claire Beston.

Le procès lui-même et la période le précédant ont par ailleurs été marqués par de nombreux manquements aux normes d’équité en la matière. Woubshet Taye et Zerihun Gebre-Egziabher se sont tous deux plaints devant le tribunal d’avoir été roués de coups alors qu’ils étaient incarcérés au centre de détention de Maikelawi à Addis Abeba, tristement célèbre pour l’usage fréquent de la torture qui y est fait sur les détenus en attente de leur procès. Aucune enquête n’a été menée sur ces allégations.

Woubshet Taye et Reyot Alemu ont tous deux été forcés à révéler les mots de passe permettant d’accéder à leurs messageries électroniques respectives durant leur interrogatoire à Maikelawi. Des courriels tirés de leur messagerie ont été présentés comme éléments à charge devant le tribunal. Woubshet Taye s’est par ailleurs plaint du fait que des messages issus de son compte avaient été modifiés et que certains avaient été mal interprétés.

Reyot Alemu, Woubshet Taye et Zerihun Gebre-Egziabher n’ont pas été autorisés à contacter leurs proches pendant leur premier mois à Maikelawi, et ont été placés à l’isolement au début de leur incarcération. Hirut Kifle n’a pas pu s’entretenir avec sa famille les trois premiers mois de sa détention.

En octobre, Woubshet Taye et Zerihun Gebre-Egziabher ont appris que le régime des visites avait changé en ce qui les concernait. Ils ont désormais seulement droit à dix minutes par jour.

Depuis mars 2011, au moins 107 membres de partis d’opposition et journalistes ont été arrêtés et inculpés de diverses infractions en vertu de la Loi relative à la lutte contre le terrorisme et du Code pénal. Le mois dernier, deux journalistes suédois ont été déclarés coupables d’infractions liées au terrorisme et condamnés à une peine de 11 ans d’emprisonnement.

Source : Amnesty International, 19 janvier 2012

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L’industrie touristique éthiopienne touchée par le meurtre de cinq Européens

Cinq touristes européens ont été tués ce lundi 16 janvier 2011 en Ethiopie dans la région Afar, dans le nord-est du pays. Deux autres étrangers ont été enlevés, ainsi que trois Ethiopiens. Ces touristes étaient de nationalité allemande, autrichienne et hongroise. Deux Belges ont également été blessés. Le groupe de vingt-deux vacanciers se trouvait vers le volcan Erta Alé, une étape classique des circuits dans l’Afar. Cette attaque porte un coup sévère à l’industrie touristique éthiopienne encore balbutiante mais sur laquelle mise le gouvernement pour développer le pays.

Danakil, Somali, Ethiopie, EthiopiaPour l’heure, le tourisme ne représente que 5,5 % du PIB éthiopien. Cinq cent mille touristes ont visité l’Ethiopie en 2010 et d’ici 2020, le pays espère en recevoir le double. L’Ethiopie a plus de quatre-vingts ethnies différentes, une richesse culturelle immense mais aussi une faiblesse politique qui coûte chère au secteur.

En Afar au nord-est du pays, en Ogaden à l’est, en Omo au sud, beaucoup de tribus refusent l’autorité du pouvoir central et se rebellent avec violence. En 2004, un touriste français avait disparu en Afar sans laisser de trace, en 2007 cinq touristes européens y avaient été enlevés.

Voyager dans ces régions devient donc une affaire de têtes brûlées, mais aux portefeuilles bien garnis, car pour voir le désert du Danakil par exemple, il faut louer deux 4×4, un guide, des gardes armés, le tout pour 800 à 1 200 dollars. « Nous avons déjà peu de clients et maintenant nous devons annuler tous nos voyages pour l’Afar car les gens ont peur », explique Omer Tadesse de l’agence de voyage Foot print.

Le gouvernement a l’intention de gagner près de 370 millions de dollars par an grâce au tourisme d’ici 2014 et ne compte pas laisser ces ethnies rebelles l’en empêcher, quitte à user de la force.

Source : RFI, 19 janvier 2012

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