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"Toi qui viens d'Ethiopie..."

Ce site est avant tout destiné à faire mieux connaître l'Ethiopie aux enfants qui y ont été adoptés ainsi qu'à leurs familles.

Il regroupe des informations et photos sur l'Ethiopie, ses régions, son histoire, ses peuples, sa culture... A ce titre, il intéressera également tous les amoureux de ce pays aux mille facettes.

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Information sur les Mutilations Génitales Féminines (Tours)

Information sur les Mutilations Génitales Féminines à Tours

Information - Diaporama - Témoignage :
Excisions, Infibulations…

Jeudi 20 novembre à 18h
Amphithéâtre B de la Faculté de Médecine de Tours
Boulevard Tonnelé

ENTREE LIBRE

Avec la participation de :
- Lélia NURET, sage-femme à Blois
- Aïcha DABALE, éthiopienne, militante des Droits Humains

A la demande de femmes éthiopiennes, l’association Santé Cinq Continents, en partenariat avec l’association Illalta, a créé en juillet 2008 un dispensaire dans la zone Afar en Ethiopie.
L’absence totale de structures de soins et une pratique traditionnelle exercée dans des conditions sanitaires dramatiques entraînent le décès d’une femme sur deux lors de l’accouchement, outre une forte mortalité infantile. L’avenir de ce peuple Afar est incertain. L’embauche d’un infirmier, l’installation d’un dispensaire et la fourniture régulière des médicaments de première nécessité sont une première réponse à l’urgence…

Pour plus de renseignements :

http://www.sante5continents.com/
30 bis, rue Jules Ferry
37300 JOUE LES TOURS
02.47.51.59.40 - 02.47.64.13.28
famille.koenig@tele2.fr
43 rue des Chanterelles
37510 BALLAN MIRE
02.47.53.48.14

Spectacle au profit de l’association Passerelle Enfants d’Ethiopie

Les Trompettes de Lyon : Canard laqué
Mise en scène : François Rollin
Spectacle musical et humoristique tout public !

Dimanche 23 novembre à 15 h
Espace culturel Eole
16, rue centrale - Craponne (69)

“Cinq virtuoses de la trompette, prodigieusement compétents mais pas guindés pour deux sous, chahutent avec élégance et brio l’image du musicien classique.”
Succès du Festival Off d’Avignon 2004, Prix SACEM/SACD du Festival d’Humour de Saint Gervais, deux mois d’affilée à l’Auditorium Saint-Germain des Prés (Paris),et de nombreuses scènes en France et à l’étranger (USA).
Renseignements : www.lestrompettesdelyon.com

TARIFS : adultes 13 euros / enfants jusqu’à 14 ans 8 euros
Une garderie gratuite sera possible pour les enfants de moins de 5 ans
Durée du spectacle 1h15

Réservations : 04 78 66 12 49 ou 04 74 63 66 87
Plus d’infos : http://passerelle.ethiopie.free.fr/IMG/pdf/FLYER_TROMPETTES.pdf

Onze morts dans la crue d’une rivière

La crue d’une rivière en Ethiopie a fait 11 morts et isolé des centaines de personnes, rapporte lundi l’agence nationale de presse éthiopienne.

La crue de la rivière Wabe Shebelle, dans le sud-est du pays, a inondé une centaine de villages. Six mille têtes de bétail ont été tuées et 2 500 hectares de cultures ont été submergées.

Source : Reuters, 17 novembre 2008

Le peuple Irob se réclame de l’Ethiopie

Le peuple Irob, qui vit sur les hauts plateaux à la frontière érythréo-éthiopienne, a fui ses terres pendant la guerre entre les deux pays à la fin des années 1990. Son retour d’exode a commencé il y a seulement trois ans.

La guerre frontalière entre l’Ethiopie et l’Erythrée entre 1998 et 2000 a fait près de 80 000 morts. La guerre est terminée, mais la querelle frontalière n’est pas vidée et la tension persiste entre les deux voisins. Les populations civiles craignent une reprise des combats. Particulièrement un petit groupe ethnique, les Irob. La démarcation de la frontière par une commission internationale place en effet les Irob, au moins pour une partie de leur territoire, du côté érythréen. Les Irob refusent catégoriquement le nouveau tracé.

Des enfants rentrent de l’école comme si de rien n’était. Pourtant l’ancienne ligne de front entre l’Ethiopie et l’Erythrée n’est qu’à quelques kilomètre plus au nord. Entre 1998 et 2000, cette région a été ravagée par une violente guerre frontalière entre ces 2 pays. A l’époque les Irob qui peuplent ces hauts plateaux ont fui les combats, laissant derrière eux leurs terres ancestrales.

Ce n’est que depuis trois ans qu’ils commencent peu à peu à se réinstaller. Les Irob sont un groupe ethnique qui dispose de sa propre langue et d’une culture particulière, dans leur grande majorité ils sont chrétiens, la plupart catholiques. Ils sont un peu plus de 30 000 personnes. Fraîchement revenus, Les Irob craignent une reprise des combats : la tension avec l’ennemi érythréen est montée de plusieurs crans depuis le départ en juillet dernier de la force d’interposition de l’ONU, incapable de mener à bien son mandat à cause du manque de coopération des 2 camps.

Aujourd’hui, lors d’une réunion, Ruphaël Shiferaw, Président du conseil du woreda Irob, essaye de rassurer les membres de sa communauté. Pourtant ses paroles ne laissent pas de place au compromis : « Nous les Irob nous avons notre propre langue, notre propre culture et notre propre religion. D’un point de vue historique nous avons toujours vécu dans les limites du territoire Ethiopien ! Notre peuple n’acceptera jamais, pas même un jour, pas même une minute, de vivre sous l’autorité Erythréenne ! » Ici, malgré la tension persistante, la présence de l’armée demeure discrète, mais personne n’a oublié la récente guerre et ses privations.

Le patriotisme pro-éthiopien des Irob s’exprime dès que l’occasion se présente. Hagos Gidey, agriculteur: « Si tout ça pouvait se régler de manière pacifique ce serait bien… Que ceux d’ici et ceux d’Erythrée puissent aller et venir à leur guise comme avant. Mais il est hors de question que nos terres soient cédées à l’Erythrée ! Nous de notre côté on ne veut rien d’eux ! » Le sentiment d’appartenance à l’Ethiopie est très fort chez les Irob. D’autant que depuis l’arrivée au pouvoir du régime actuel, ils jouissent d’une relative autonomie dans leur région. Pour Zewde Yohannès, agricultrice et ancienne déplacée de guerre : une chose est claire : le pouvoir Erythréen n’a pas sa place ici : « L’Ethiopie est un grand pays, moi je veux rester éthiopienne ! Et je ne veux pas de guerre ! »

L’Ethiopie a officiellement accepté la nouvelle démarcation de sa frontière avec l’Erythrée fixée par commission arbitrale de l’ONU en 2002, mais le régime d’Addis Abeba demande une négociation au cas par cas pour son application. Les Irob veulent garder leur terre tout en restant unis : pas question que leur peuple soit écartelé des deux côtés d’une frontière, entre deux pays hostiles. Installés sur ces terres arides depuis plus de 700 ans ils ont bien l’intention d’y rester.

Source : France 24, 14 novembre 2008

Réduction de plus de 5 % du prix du carburant en Ethiopie

L’Ethiopie a réduit le prix du carburant de plus de 5 % en raison de la baisse du prix du pétrole sur le marché international, a appris APA dimanche à Addis Abeba. Le conseil des ministres de l’Ethiopie a déclaré dimanche soir que la réduction du prix du carburant serait effective à compter de lundi.

En conséquence, le gouvernement a réduit le prix du benzène mélangé à de l’éthanol de 10 birr et 15 cents à 9 birr et 48 cents et le prix de kérosène de 8 birr et 60 cents à 7 birr (soit 15 % de réduction).

L’Ethiopie importe chaque année du pétrole d’une valeur d’environ 1 milliard de dollars en provenance des pays du Moyen-Orient.

Source : Agence de Presse Africaine, 9 novembre 2008

Le nombre d’orphelins chargés de famille devrait exploser

Le nombre d’orphelins éthiopiens chargés de famille devrait être multiplié par quatre d’ici 2010, une situation problématique provoquée par le sida, la pauvreté et les conflits, a annoncé vendredi une ONG éthiopienne.

Quelque 225 000 foyers auront à leur tête un enfant âgé entre 9 et 19 ans, contre 77 000 en 2005, a expliqué dans un rapport l’African Child Policy Forum (ACPF), une ONG basée à Addis Abeba.

« La situation va devenir explosive », a déclaré Assefa Bequele, le directeur de l’organisation. « Dans certains foyers, l’aîné est aussi celui qui s’occupe d’un parent malade en phase terminale », ajoute le rapport, qui a étudié la situation de foyers constitués d’un enfant vivant seul, et de familles où l’aîné peut avoir en charge jusqu’à six frères et soeurs.

L’Ethiopie, qui compte 19,8 millions de foyers, est un des pays les plus pauvres du monde avec 80 % de la population vivant dans des zones rurales. Selon le gouvernement, 1,5 million d’Ethiopiens sont contaminés par le virus du sida, une estimation portée à 2,8 millions de personnes par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Source : AFP, 7 novembre 2008

Des fermiers éthiopiens lapident à mort un chef rebelle

Des fermiers du sud de l’Ethiopie ont lapidé à mort un chef rebelle suspecté d’avoir organisé des attentats à la bombe dans la capitale Addis Abeba, a annoncé vendredi la police locale.

Legesse Wegi, un membre du comité central du Front de Libération Oromo (OLF), armée séparatiste du sud de l’Ethiopie, a été attaqué mercredi alors qu’il fuyait une opération de police dans un village de la région Oromia. « Des fermiers locaux, dont la tranquillité a été déstabilisée par le terrorisme l’ont lapidé à mort », a indiqué la police dans un communiqué. D’autre complices ont été, soit tués, soit arrêtés au cours de cette opération de police, a ajouté cette même source.

La police accuse Legesse d’être le cerveau d’un attentat à la bombe qui a tué six personnes en mai, à proximité du bâtiment du ministère des Affaires étrangères à Addis Abeba. Il est également soupçonné d’avoir organisé une série d’attentats simultanés dans deux stations essences de la capitale qui firent trois morts, le même mois.

La police éthiopienne a annoncé jeudi, la capture de plusieurs chefs de l’OLF et de Kawerj, un groupe rebelle jusqu’ici inconnu, accusés de fomenter un complot terroriste visant Addis Abeba. La police n’a pas précisé combien d’individus avaient été emprisonnés mais l’OLF, qui lutte depuis trois décennies pour l’indépendance de l’Oromia, accuse le gouvernement de détenir arbitrairement des habitants oromo de la région.

Les autorités locales ont renforcé les mesures de sécurité à Addis Abeba depuis mardi après que l’Agence anti-terrorisme a prévenu d’une attaque « imminente » dans la capitale sans toutefois en préciser la nature. La capitale éthiopienne a été victime d’une série d’explosions cette année dont la responsabilité a été imputé par les autorités, à l’Erythrée avec la complicité de l’OLF et du Front National de libération de l’Ogaden.

Source : AFP, 7 novembre 2008

Abebe Bikila : La légende de “l’homme capable de courir du lever au coucher du soleil”

Dans la longue liste des athlètes africains qui marquèrent le fond et le demi-fond olympique, le pionnier Abebe Bikila est peut-être celui qui a le plus compté : premier athlète noir africain à remporter une médaille olympique, premier marathonien à réaliser le doublé, ses victoires ont marqué les esprits et les images du “coureur aux pieds nus” ont leur place dans la mémoire collective du siècle dernier, dépassant largement le cadre du sport. Icône absolue en Ethiopie, croisant sans cesse l’Histoire, sa vie fut autant marquée par le drame que par la joie.

Il y a des hommes comme cela dont le destin épouse l’Histoire, probablement séduite, pour la modifier légèrement. Des hommes qui marquent leur temps, dont les images de gloire restent gravées dans la mémoire de tous. Des hommes qui sont pour l’éternité les premiers et dont la vie, plusieurs fois et en un instant, passe du rêve à la tragédie. Voici l’histoire de la légende du marathon, Abebe Bikila, “l’homme capable de courir du lever au coucher du soleil”.

LE DOIGT DU DESTIN

Et la destinée d’Abebe Bikila sembla écrite dans le roc. L’Histoire, pour une raison qui ne peut être connue, voulut qu’il soit marathonien, il le fut donc. Elle commence par le faire naître à Jato, à 130 km d’Addis Abeba, le 7 août 1932, le jour du marathon olympique de Los Angeles. Une prophétie, sans doute.

L’avenir dans sa famille de bergers étant sans surprise, il part à pied pour Addis Abeba à 17 ans gonfler le rang des Gardes Impériaux de Sa Majesté l’Empereur Haïlé Selassié 1er, se marier, et avoir quatre enfants. Gagnant bien sa vie, il peut également aider les siens à Jato.

Son destin l’attrape par le bras un jour de 1956, quand il apprend que les hommes qui portent de magnifiques survêtements ornés à l’arrière du mot “Ethiopie” et qu’il a vu défiler dans les rues d’Addis sont les athlètes qui ont représenté le pays aux Jeux de Melbourne, ceux où Alain Mimoun s’imposa enfin. A 24 ans, Abebe Bikila décide immédiatement de modifier complètement le cours de sa vie pour faire lui aussi partie de ces fiers sportifs qui défendent leur nation dans les compétitions internationales.

Et en Ethiopie, depuis toujours, le sport, c’est la course de fond, et spécialement le marathon. Il commence l’entraînement au sein de l’armée et c’est dès son premier marathon qu’il se fait repérer et devient une vedette locale en battant sous la clameur populaire la célébrité d’alors, Wami Biruta.

Le potentiel d’Abebe est exceptionnel : élevé dans l’atmosphère rare des hauts plateaux, la malnutrition et les efforts constants ont rendu son corps sec et robuste. Il est fin et semble ne jamais s’épuiser. Le finlandais Onni Niskanen, arrivé là on ne sait trop comment et engagé par le gouvernement pour former les athlètes en remerciement de son aide lors de l’expulsion de fascistes mussoliniens, ne s’y trompe pas et déclare : « Je n’avais jamais vu un coureur aussi doué pour l’effort prolongé. Il s’agissait d’un cas exceptionnel, Bikila n’était jamais fatigué et éprouvait même rarement le besoin de boire un verre d’eau après une séance d’entraînement ». Abebe trouve dans le providentiel Européen un entraîneur passionné et expérimenté qui lui applique des méthodes d’entraînement novatrices et héritées de son expérience suédoise : longues courses, sauna, vélo, tennis même, endurcissent encore le coureur.

Le destin l’aide encore et il passe à nouveau devant Wami Baritu lorsque celui-ci, blessé lors d’un match de football, doit lui céder sa place dans l’équipe nationale olympique. Arrivé seulement quatrième lors des sélections, Abebe réalise néanmoins son rêve et quitte l’Ethiopie pour les Jeux de Rome.

ROME 1960

La ville de Rome est symbolique pour l’Ethiopie, qui connu en 1935 la première invasion connue de son histoire. Mussolini, obsédé de mythologie et désireux d’essayer son nouvel armement dans une contrée jamais colonisée et emblématique, brisa les règles de la Société des Nations en attaquant un de ses nouveaux membres, et ne reçu en représailles qu’une silencieuse indifférence. Le Négus allât lui-même plaider la cause de son peuple et demander de l’aide à la SDN mais il ne fut accueilli que par de blessantes moqueries.

Et le marathon part et arrive à l’exact endroit où le despote italien avait lancé ses troupes à l’assaut de l’antique Abyssinie : l’Arc de Constantin. A cause des très fortes chaleurs, les organisateurs ont également eu l’idée de le faire courir en fin d’après midi, avec une spectaculaire arrivée en nocturne sur la Via Appia. L’Histoire n’aurait donc pu choisir meilleur cadre pour voir triompher Bikila.

Les athlètes africains sont à l’époque peu représentés aux JO et sous estimés, aucun d’entre eux n’y ayant jamais remporté de médaille. Ils sont même un bon sujet de moquerie pour les journalistes occidentaux, spécialement lorsque l’un d’entre eux, Abebe Bikila, annoncé de façon extravagante en 2h17’, se présente pieds nus sur la ligne de départ (impossible de mettre les chaussures offertes avec tant de corne sous les pieds). Les autres concurrents eux même regardent Abebe d’un œil amusé.

Ils ne savent pas que l’anonyme petit Ethiopien a un plan préparé avec son entraîneur finlandais : suivre sans se fatiguer le dossard n°26 du marocain et grand favori de l’épreuve Rhadi Ben Abdesselam, avant de placer son attaque dans la côte du dernier kilomètre, au passage symbolique devant l’Obélisque d’Axoum, pillé en Ethiopie par les troupes italiennes.

Au départ de la course, personne ne se méfie de Bikila qui cherche sans succès le fameux dossard. Ne le trouvant pas, il pense que celui-ci s’est déjà échappé et se retrouve à partir du 20ème kilomètre en compagnie d’un grand inconnu maghrébin. C’est en fait Rhadi, qui pour une mystérieuse raison court avec son dossard du 10 000 mètres, le n°185. La nuit tombe, les deux hommes restent au coude à coude jusqu’à ce que Bikila place, comme prévu, son attaque en passant devant l’ancestral monument africain. Il laisse le Marocain sur place, lui prenant 26 secondes dans le dernier kilomètre et établit, à 24 ans et quatre années seulement après sa “conversion”, un nouveau record du monde en effaçant d’une seconde la précédente marque du russe Popov (2h15’16’’).

Les images de ce premier Africain noir à remporter l’or olympique courant triomphalement et sans chaussures, entouré dans la nuit par une haie de soldats italiens tenant des torches, sont magnifiques et s’inscrivent immédiatement dans les mémoires des spectateurs du monde entier. Il est aussitôt surnommé “le coureur aux pieds nus” et ouvre la porte à des centaines d’athlètes africains, qui plus jamais ne seront mésestimés lors de leurs aventures olympiques.

Conscient de l’importance du moment, Bikila, sans aucune marque de fatigue, déclare fièrement qu’il a couru pied nu pour « que le monde sache que l’Ethiopie a toujours gagné avec détermination et héroïsme », et humblement que « beaucoup d’autres coureurs de l’armée auraient pu gagner cette course ». La portée symbolique de sa victoire dans le lieu même d’où partit 25 ans plus tôt l’invasion de son pays est énorme, spécialement bien sûr en Ethiopie. Abebe voulut courir pour faire gagner les siens, il fit mieux en les vengeant symboliquement.

L’impact en Ethiopie, où il est accueilli par des milliers de personnes dans une gigantesque liesse, est gigantesque et il est reçu en grandes pompes par le Négus qui lui offre un somptueux diamant et lui décerne la plus haute distinction nationale, la médaille d’Etoile de l’Ethiopie. Il devient aussitôt une légende et il se murmure avec fierté dans tout le pays que, « s’il fallut un millions d’Italiens pour envahir l’Ethiopie, un seul soldat éthiopien a conquis Rome ». Son arrivée dans la nuit romaine et son illustre résistance lui font donner le surnom de “l’homme qui peut courir du lever au coucher du soleil”.

HARD TIMES

Le 13 décembre 1960, alors que l’Empereur est à l’étranger, le Général Neway, commandant de la Garde Impériale, prend avec la complicité du Prince héritier Asfaw Wossen le palais en otage et fomente un coup d’état. Six jours plus tard, le Négus rentre en Ethiopie. Soutenu par l’Eglise et le reste de l’armée, il matte la rébellion dans un bain de sang et fait pendre tous les membres de sa Garde.

Abebe Bikila, qui n’a fait qu’obéir aux ordres de son supérieur, ne doit son salut qu’à ses récents exploits mais est jeté au cachot où il croupit sans espoir de libération. Il faut un lobbying acharné de ses partisans et une forte demande populaire pour provoquer un nouvel acte de clémence du Ras Tafari Mekonnen, qui annule sa condamnation à la prison à vie et le fait sortir.

Mais aucune épreuve ne peut détourner Abebe de son ambition de représenter son peuple et il reprend l’entraînement, toujours en compagnie de Niskanen, en vue des Jeux de 64 à Tokyo. Il est intouchable dans sa spécialité de 61 à 63 et remporte tous les marathons auxquels il participe, réalisant aux Championnats du Monde de 62 le doublé.

Bikila se serait donc présenté au Japon dans la peau du grandissime favori s’il n’avait perdu, victime de crampes, son invincibilité à Boston en 63 (5ème) et s’il n’avait, nouveau coup du sort, été victime d’une crise d’appendicite aigüe 35 jours seulement avant le départ. Il est hospitalisé une dizaine de jours sans pouvoir s’entraîner et l’on s’interroge sur les séquelles d’une telle intervention. C’est donc dans l’inconnue totale quant à la forme de l’Ethiopien que débute le 21 octobre 1964 le marathon Olympique de Tokyo.

TOKYO 1964

Le marathon, sport roi au Japon comme en Ethiopie. Ici, les hommes qui parviennent à dompter leur douleur et à aiguiser leur volonté sont adulés et considérés comme des demi-dieux. Tous les yeux sont donc tournés vers les concurrents, et spécialement vers Abebe, en ce jour de course. Mais Bikila a changé au contact de l’Occident et il n’est plus ce petit Africain inconnu qui courrait pieds nus. Il s’est lettré et cultivé, et prend maintenant grand soin de son apparence. Il a également signé un contrat avec la firme Asics et utilise désormais ces chaussures.

Le rythme est affolant dans les rues de Tokyo et Bikila se trouve seul avec deux autres concurrents, l’Australien Clarke et l’Irlandais Hogan, dès les 10 kilomètres, qui sont parcourus en 30’14’’, soit une minute sous le temps de Rome ! L’Ethiopien accélère progressivement mais inexorablement sa foulée légère pour se détacher au 25ème kilomètre et commencer sous les acclamations du public admiratif une chevauchée d’autant plus héroïque qu’elle est désormais solitaire. Il entre avec plus de quatre minutes d’avance sur ses poursuivants dans un stade de 70 000 places plein à craquer et sous les grondements de la foule. Le dernier tour est effectué dans un immense brouhaha car Bikila explose à nouveau le record du monde (2h12’11’’) et devient le premier marathonien à réaliser le doublé olympique.

Cette performance fera de lui une icône absolue et intemporelle au Japon, comme bien sûr dans son propre pays. Les images de cet incroyable succès sont à nouveau gravées dans le marbre, l’Ethiopien à peine en sueur commençant juste après avoir franchit la ligne d’arrivée une insolite séance d’étirement sous les yeux ébahis du public japonais. Il déclara avoir voulu dissiper quelques tensions musculaires, mais n’avoir néanmoins ressenti aucune fatigue et qu’il aurait pu sans problèmes effectuer dix kilomètres supplémentaires ! Bien que très différentes, les arrivées des marathons de Rome et Tokyo sont peut-être les plus célèbres du genre et celles qui demeureront le plus longtemps dans les mémoires collectives. En Ethiopie, Bikila est à nouveau accueilli par une foule des plus enthousiastes et reçu par Haïlé Selassié, qui lui offre cette fois-ci une voiture, la très luxueuse pour l’époque Coccinelle Volkswagen.

“MEN OF SUCCESS MEET TRAGEDY”

L’objectif à 36 ans est alors le triplé olympique pour Bikila, mais il doit abandonner à Mexico au 17ème kilomètre, victime d’une fracture, de fatigue probablement. La continuité est néanmoins assurée puisque cette édition est remportée par son collègue d’entraînement Mamo Wolde, sous la relative indifférence d’un public encore ébahi par le saut révolutionnaire mais qui fera école de Dick Fosbury.

Ce sera malheureusement la dernière course à pied de cette légende du marathon. En 1969, alors qu’il chemine sur les routes éthiopiennes à bord de la voiture offerte par l’Empereur, il perd le contrôle de son véhicule et termine un virage dans le fossé, où il reste prisonnier de la carcasse métallique toute la nuit. Le lendemain, le verdict est sans appel : la colonne vertébrale d’Abebe Bikila est fracturée et il a perdu l’usage de ses membres. Les 9 mois de soins intensifs en Angleterre et sa volonté toujours intacte ne peuvent le faire passer que de la tétraplégie à la paraplégie et c’est une foule immense et en pleurs qui l’accueille lorsque atterrit son avion à l’aéroport d’Addis Abeba.

Mais Abebe prouve encore une fois sa force de caractère en affrontant avec fatalité cette nouvelle épreuve. Il plaisante en public, affirmant pouvoir gagner en fauteuil le prochain marathon olympique, et, toujours désireux de montrer l’exemple et de représenter victorieusement son pays, participe à plusieurs courses de handisport, en remportant même quelques unes, dont un 25 kilomètres en Norvège. Partout où il se déplace, comme aux JO de Munich en 72, il est accueilli par d’affectueuses ovations, signes d’une énorme déférence et d’un profond respect.

41 ans après sa naissance, et après de si nombreux exploits, Abebe Bikila quitte le monde des vivants le 25 octobre 1973, suite à une hémorragie cérébrale conséquente à son accident de voiture. Hailé Sélassié proclame férié la date de son décès et des funérailles nationales sont organisées devant l’Empereur et 75 000 Ethiopiens accompagnant leur héros de leur chagrin.

Aujourd’hui encore, Abebe Bikila est une légende adulée en Ethiopie et dans le monde du marathon. Sa détermination, sa résistance, ainsi que son charisme, ont révolutionné ce sport en l’amenant à un niveau inédit et en ouvrant la voie aux athlètes africains. Les magnifiques images de ses victoires aux Jeux Olympiques sont peut-être avec les combats de Mohammed Ali et les poins levés de Tommie Smith et John Carlos à Mexico les plus fortes sportivement et symboliquement du siècle dernier.

« Les hommes de succès doivent rencontrer la tragédie. C’était la volonté de Dieu que je remporte les Jeux Olympiques, et c’était la volonté de Dieu que j’ai cet accident. J’ai accepté ces victoires comme j’accepte cette tragédie. Je dois accepter les deux circonstances comme des faits de vie et me sentir heureux ».

Source : Sport Vox, 2008

Le rédacteur en chef de The Reporter grièvement blessé au cours d’un guet-apens

Reporters sans frontières condamne la sauvage agression dont a été victime Amare Aregawi, rédacteur en chef du quotidien privé The Reporter, le 31 octobre 2008, à Addis Abeba, le blessant grièvement à la tête.

« La police éthiopienne doit aller jusqu’au bout de son enquête pour identifier les auteurs et les commanditaires de cette agression. Cette attitude de fermeté achèverait de convaincre ceux qui seraient tentés de s’en prendre physiquement à la presse pour régler leurs comptes, que de telles pratiques ne peuvent rester impunies », a déclaré l’organisation.

Amare Aregawi a été frappé à coups de pierres derrière la tête par un ou plusieurs hommes, le 31 octobre à 16 heures, alors qu’il sortait de l’école de son fils, dans le quartier de Bolé, à Addis Abeba. Le journaliste, qui saignait abondamment du crâne, a immédiatement perdu connaissance et a été transporté d’urgence à l’hôpital Hayat, dans un état grave. Selon des journalistes du Reporter, l’un des agresseurs a été arrêté, ainsi que le chauffeur d’un taxi qui devait leur servir pour prendre la fuite. Une enquête de police est en cours.

Le personnel du journal indique que les motifs de l’agression sont encore incertains. Amare Aregawi avait reçu des appels téléphoniques menaçants. Le 22 août 2008, le journaliste avait passé cinq jours en prison, après avoir été arrêté pour une affaire de prétendue “diffamation” envers une grande entreprise privée de brassage de bière. Il avait été libéré contre le paiement d’une légère caution et les poursuites engagées contre lui avaient été rapidement abandonnées.

Reporter, ainsi que son édition en anglais The Reporter, sont des publications à grand tirage, propriétés du Media & Communication Center (MCC), fondé et dirigé par Amare Aregawi, ancien directeur de la télévision publique et l’un des journalistes les plus connus du pays.

Source : Reporters Sans Frontières, 3 novembre 2008

Vidéo : Le loup d’Abyssinie

Voir aussi :

 Le loup d’Abyssinie : La meute assiégée
Campagne de vaccination pour le loup d’Abyssinie

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