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"Toi qui viens d'Ethiopie..."

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En Ethiopie, un hôpital se consacre depuis 1974 à la réparation des fistules obstétricales

par Paul Benkimoun

Rien ne prédisposait un couple de gynécologues-obstétriciens venus d’Australie, les docteurs Reginald et Catherine Hamlin, à fonder un hôpital à Addis Abeba, en Ethiopie, entièrement dévolu à réparer les fistules obstétricales. Celles-ci sont des lésions consécutives à un accouchement difficile, qui provoquent une incontinence urinaire et/ou fécale. Elles touchent 2 millions de femmes, surtout en Afrique et en Asie. De 50 000 à 100 000 nouveaux cas sont enregistrés chaque année.

Les femmes éthiopiennes, de petite taille et souvent sous-alimentées, surtout en milieu rural, sont fréquemment touchées. Elles peuvent n’avoir que 14 ans lors de leur premier accouchement. Non seulement elles perdent la plupart du temps leur enfant, mais, de plus, elles se retrouvent ostracisées dans leur communauté, et maltraitées ou abandonnées par leur mari du fait de leurs fistules.

Le problème est aggravé par la pénurie de personnel médical. Sur les 170 gynécologues que compte l’Ethiopie, seuls 40 travaillent dans les zones rurales, où vivent 65 millions de personnes, dont un quart sont des femmes en âge de procréer. Des 2 000 sages-femmes en activité en Ethiopie en 2005, il n’en reste aujourd’hui que 1 400.

Venus pour six mois en Ethiopie afin de former des sages-femmes, Reginald et Catherine Hamlin ont commencé à traiter chirurgicalement les fistules en 1959. Devant l’étendue du problème, ils ont créé, en 1974, l’Hôpital des fistules d’Addis Abeba. Reginald Hamlin est décédé en 1993, mais son épouse, âgée de 84 ans, est toujours active, même si elle n’opère plus.

6 000 à 8 000 cas par an

« Depuis le début, nous avons opéré gratuitement plus de 25 000 femmes, dont 3 700 l’an dernier. Nous estimons qu’il y a de 6 000 à 8 000 cas de fistules obstétricales par an en Ethiopie », explique Catherine Hamlin. L’hôpital accueille 140 femmes, généralement pour deux ou trois semaines, afin d’entreprendre une réduction des fistules, mais aussi de tenter de résorber les séquelles des sévices infligés. Certaines d’entre elles ont été formées à des métiers paramédicaux et font désormais partie du personnel.

L’hôpital est devenu un lieu de formation international, car les fistules ne sont évidemment pas un problème circonscrit à l’Ethiopie. « Nous avons notamment formé des infirmières venues d’Afghanistan », rapporte Catherine Hamlin. Il est adossé à une fondation en Nouvelle-Zélande et est soutenu par des relais aux Pays-Bas, en Suède et au Japon. Le premier bailleur public est le Royaume-Uni, suivi de l’Australie.

De son côté, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) a lancé, en 2003, une campagne « pour rendre la fistule obstétricale aussi rare dans les pays en développement qu’elle l’est dans le monde industrialisé aujourd’hui ». L’UNFPA a choisi 2015 comme année cible d’élimination des fistules, « conformément aux cibles des Objectifs du millénaire pour le développement concernant l’amélioration de la santé maternelle ».

L’organisme a collecté 20 millions de dollars (15 millions d’euros). La campagne, qui vise à donner à des femmes ayant souffert d’une fistule obstétricale la possibilité de faire entendre leur voix, a reçu le soutien d’artistes comme la chanteuse Natalie Imbruglia.

Source : Le Monde, 11 mars 2010

Voir aussi :

Campagne des Nations unies pour éliminer les fistules
The Fistula Foundation

L’Ethiopie prendra part au Championnat du monde d’athlétisme en salle en dépit de la crise diplomatique avec le Qatar

Une équipe d’athlètes éthiopiens s’envolera mercredi matin pour Doha, au Qatar où elle prendra part au Championnat du monde d’athlétisme en salle de la Fédération international d’athlétisme (IAAF) prévue du 12 au 14 mars.

L’équipe éthiopienne se rendra au Qatar en dépit de la crise diplomatique qui s’est déclarée entre les deux pays en 2008.

L’Ethiopie accuse le Qatar de s’ingérer dans la crise qui l’oppose à l’Erythrée, estimant que le Qatar est devenu une source d’instabilité dans la région de la Corne de l’Afrique.

La crise qui oppose les deux pays depuis 10 ans est encore très tendue avec une situation de “ni paix ni guerre”.

La championne du monde de 3 000m d’athlétisme en salle, Meseret Defar conduira la sélection nationale.

Meseret Defar âgée de 26 ans qui a réalisé le meilleur deuxième et troisième temps de l’histoire dans les séries de 3 000m et 5 000m d’athlétisme en salle dans deux compétitions organisées cette année, espère remporter la victoire pour la quatrième fois consécutive.

« Je suis prête à réitérer la victoire au Qatar », a déclaré Meseret Defar.

Elle aura à ses côtés sa compatriote, Sentayehu Ejigu dans la série des 3 000m.

Source : Agence de Presse Africaine, 10 mars 2010

47 millions de revenus d’exportations d’or et de tantale

L’Ethiopie a réalisé 47 millions de dollars de recettes d’exportations d’or et de tantale, durant la première moitié de l’année financière 2009/2010.

Selon le ministère des Mines et de l’Energie, le gros du montant a été réalisé par Midroc Gold Co., qui a gagné 40 millions de dollars.

Midroc est détenue par l’homme d’affaires saoudien Cheikh Mohammed Hussein Al Amoudi, d’origine éthiopienne.

Les exportations de tantale, utilisé dans les produits électroniques grand public, par la société publique Ethiopian Mines Development Share Association, ont rapporté plus de 4 millions de dollars.

Le reste des recettes d’exportations a été réalisé par la Banque nationale d’Ethiopie, dans la vente d’or trouvé par des mineurs artisanaux.

Source : Les Afriques, 9 mars 2010

Juifs d’Éthiopie : Appel à Israël

La petite communauté des Falashmoras, les Juifs d’Ethiopie, a lancé un nouvel appel aujourd’hui au gouvernement israélien pour qu’il les accueille, conformément aux promesses antérieures, selon eux.

« Ici nous souffrons, les gens meurent, nous n’avons rien. 300 personnes sont décédées au cours de l’année passée à cause de maladies et de malnutrition », affirme Sisay Berhan, président de l’association Bete Israelis (Juifs d’Ethiopie).

Dans les années 80 et 90, Israël a organisé deux opérations de “rapatriement”, permettant à 35 000 juifs éthiopiens de s’installer en Israël. En 2005, Tel Aviv avait promis que tous les Falashmoras, une communauté d’Ethiopiens d’origine juive et convertis de force au christianisme au 19ème siècle, auraient émigré en Israël d’ici la fin 2007.

Ces opérations ont suscité un immense espoir chez de nombreux Ethiopiens de confession juive, qui sont alors partis pour Addis Abeba, sans aucune garantie.

En février 2007, le ministère israélien de l’Intérieur a fixé de nouveaux critères pour ces départs qui limitent les chances d’émigration.

Source : Le Figaro, 9 mars 2010

Concert : Mahmoud Ahmed, Alèmayèhu Eshèté & Badume’s Band à Nanterre (92)

Dans le cadre du festival “Chorus des Hauts de Seine”, Mahmoud Ahmed, Alèmayèhu Eshèté et le Badume’s Band se produiront à Nanterre.

Dimanche 21 mars 2010 à 16h30

Maison de la musique
8, rue des Anciennes-Mairies
92000 Nanterre

Tarif : de 9 à 22 Euros

Plus d’informations :
www.chorus92.fr
Tel : 01 47 74 64 64

Voir aussi :

Mahmoud Ahmed
Alèmayèhu Eshèté
Le groove impérial d’Ethiopie (récit d’un précédent concert de Mahmoud Ahmed, Alèmayèhu Eshèté et le Badume’s Band)
Mahmoud Ahmed, Alèmayèhu Eshèté & Badume’s Band à Nantes (18 mai 2010)
Mahmoud Ahmed, Alèmayèhu Eshèté & Badume’s Band à Angoulême (22 mai 2010)
Mahmoud Ahmed, Alèmayèhu Eshèté & Badume’s Band à Vandoeuvre-les-Nancy (23 mai 2010)
Mahmoud Ahmed, Alèmayèhu Eshèté & Badume’s Band à Bischheim (28 mai 2010)
Mahmoud Ahmed, Alèmayèhu Eshèté & Badume’s Band à Anvers (29 mai 2010)
Mahmoud Ahmed, Alèmayèhu Eshèté & Badume’s Band à Massy (31 mai 2010)
Mahmoud Ahmed, Alèmayèhu Eshèté & Badume’s Band à Poitiers (1er juin 2010)
Mahmoud Ahmed, Alèmayèhu Eshèté & Badume’s Band à Rouen (3 juin 2010)

L’Ethiopie appelle à l’autonomisation des femmes à l’occasion du 8 mars

L’Ethiopie, à l’instar des autres pays du monde entier, a célébré lundi la Journée mondiale de la femme par un appel à davantage d’autonomisation des femmes au niveau national et international.

La journée est célébrée dans le monde entier sous le thème : “Egalité des droits, égalité des chances : progrès pour tous”, avec des activités diverses où les questions liées aux femmes sont au centre des célébrations.

L’événement est célébré en Ethiopie pour la 34ème fois consécutive sous la forme de diverses activités sous le thème “Les organisations féminines accroissent leurs expériences réussies”.

La Campagne contre les violences basées sur le genre Ethiopie (GBVC-E) a souligné la nécessité de mieux responsabiliser les femmes au niveau national et international pour mieux protéger leurs droits.

La Journée mondiale de la femme, célébrée le 8 mars de chaque année, célèbre les réalisations économiques, politique et sociale des femmes, sans discrimination ethnique, linguistique, culturelle, économique ou politique.

Quinze ans après l’inauguration de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes, qui s’est tenue à Pékin en 1995, la communauté internationale a établi des normes juridiques claires sur l’interdiction de la discrimination et la promotion active de l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes.

Ces normes sont acceptées dans tous les pays du monde dans le cadre des droits de l’homme.

La présidente de GBVC-E, Saba Gebremedhin, a déclaré que la journée est une occasion de regarder en arrière sur la lutte menée dans le passé et les résultats issus de celle-ci et, plus important encore, d’envisager l’avenir sur le potentiel et les opportunités inexploités qui attendent les générations futures de femmes.

« L’Ethiopie, en tant que membre de l’Organisation des Nations Unies, célèbre chaque année la Journée mondiale de la femme comme une occasion de réfléchir sur les progrès accomplis, appeler à des changements et célébrer les actes de courage et de détermination des femmes qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire de leur pays et de leur communautés », a-t-elle ajouté.

Une nouvelle étude sur la santé des femmes et la violence familiale, menée dans 10 pays par l’Organisation mondiale de la santé, révèle qu’entre 15 % et 71 % des femmes ont signalé la violence physique ou sexuelle par un mari ou un partenaire.

« Entre 4 % et 12 % des femmes ont déclaré avoir été physiquement maltraitées pendant la grossesse. Chaque année, environ 5 000 femmes sont assassinées dans le monde par des membres de la famille au nom de l’honneur, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Source : Agence de Presse Africaine, 8 mars 2010

Concert : Mulatu Astatké & The Heliocentrics à Puteaux (92)

Accompagné par les Anglais de The Heliocentrics, le père de l’éthio-jazz, Mulatu Astatké, se produira à Puteaux, dans le cadre du festival Chorus des Hauts-de-Seine.

Mardi 30 Mars 2010 à 20h

Magic Mirror
Parvis de la Défense
92800 Puteaux

Tarif : 10 à 15 Euros

Plus d’informations :
www.chorus92.fr
Tel : 01 47 74 64 64

Depuis la réédition de nombreux disques de musique éthiopienne, les multiples facettes de cette scène à nulle autre pareille trouvent un nouvel écho en Europe et aux Etats-Unis. Mulatu Astatké en est certainement un des plus importants artistes, et peut revendiquer le titre de père de l’Ethio-jazz : mélange radicalement nouveau du jazz et de musiques traditionnelles éthiopiennes (folk abyssin ou musiques sacrées coptes). Né en 1943 à Jimma en Ethiopie, Mulatu part étudier en Angleterre puis aux Etats-Unis dans les années 60, où ses talents de musicien (vibraphone, congas notamment) le font rencontrer la crème de la scène jazz et latine de Boston et New York. Revenu en Ethiopie à la fin des années 60, il participe à l’âge d’or de la musique éthiopienne en tant que compositeur arrangeur et musicien des plus grands (Mahmoud Ahmed entre autres). Cette riche scène n’ayant pas survécu aux terribles heures de la dictature de Mengistu, c’est par l’intermédiaire des Ethiopiques, puis par sa large contribution à la bande son du film Broken Flowers de Jim Jarmush que Mulatu revient sur le devant de la scène. Aujourd’hui accompagné par The Heliocentrics, une formation anglaise de très haute tenue mixant l’héritage de Sun Ra aux préceptes de Fela ou de James Brown, Mulatu nous revient avec un disque fabuleux, où jazz mental et musique éthiopienne, touches trip hop et arabesques funkisantes, se donnent la main pour communier furieusement avec les Dieux de la subtilité organique. A découvrir absolument !

Découvrez Mulatu Astatké & The Heliocentrics en vidéo :

Voir aussi :

Mulatu Astatké
Mulatu Astatké & The Heliocentrics à Epinay-sur-Seine (3 avril 2010)
Mulatu Astatké & The Heliocentrics à Anvers (10 avril 2010)
Mulatu Astatké & The Heliocentrics à Tourcoing (12 avril 2010)

Exposition : Ethiopie, des visages et des regards (72)

Dans le cadre des Photographiques, festival de l’image du Mans, découvrez les sublimes photos d’Hans Silvester.

du 6 mars au 30 avril

Palais des Congrès et de la Culture
Cité Cénomane
Rue d’Arcole
72000 Le Mans

Entrée gratuite

Plus d’informations :
www.photographiques.org/
festivalimage@orange.fr
Tel : 02 43 78 92 20

Au sud de l’Ethiopie, non loin du Soudan et du Kenya, dans une vaste région de savane, la rivière Omo donne la vie à la vallée qui porte son nom. Dans cette vallée, et sur les collines alentour, vivent une dizaine de tribus différentes. Ces éleveurs semi nomades se tiennent encore aujourd’hui loin des influences du monde moderne. Les grands troupeaux de vaches et de chèvres sont le centre de leur vie, l’agriculture se limite à du sorgho et du maïs. Les conflits sérieux entre ces différentes tribus sont une tradition ancestrale. Les Hamers, les Karos, les Mursis, et les Surmas pratiquent la peinture corporelle avec des couleurs naturelles. Ils se peignent le corps et le visage non seulement à l’occasion des fêtes, mais aussi dans la vie quotidienne. Ces peintures souvent faites avec des cendres, sont également une protection contre les insectes. Ils inventent sans se répéter des motifs picturaux d’une grande beauté, dans lesquels nous reconnaissons souvent des aspects de notre peinture contemporaine. Chez les Surmas, le plaisir du beau rejoint le jeu de la séduction d’autant plus que le miroir est inconnu de la plupart de ces peintres. Le regard de l’autre dit la réussite de l’invention ou son échec. Le miroir, qui commence à remplacer ce regard, menace la spontanéité et le génie propre de ces peintures éphémères. Le contact avec la civilisation met la culture et les traditions des Surmas en grand danger de disparition.

Voir aussi :

Les peuples de l’Omo : Les arts premiers dans la peau
Album photo des peuples de l’Omo vus par Hans Silvester
Livre “Les peuples de l’Omo” de Hans Silvester

Limousines, fastes et ripaille au menu des mariages en Ethiopie

par Omar Faye

Un samedi après-midi, à Bole road, une avenue passante d’Addis Abeba, en Ethiopie. Sous les regards admiratifs et les youyous des passants, un cortège infini de limousines immaculées et de Mercedes rutilantes déboule sur l’avenue, klaxonnant à tue-tête. A bord de l’une des limousines, qui ploie sous d’épaisses gerbes de fleurs, un jeune couple d’Ethiopiens, sourires aux lèvres, répond aux salutations des passants par de larges gestes de la main.

En vogue ces dernières années à Addis Abeba, le défilé des nouveaux mariés à bord de rutilantes limousines et autres voitures de luxe dans les principales artères de la ville, siège de l’Union africaine, donc capitale de l’Afrique, séduit par son exubérance et son originalité. La longueur de la procession des limousines et Mercedes de dernière génération formant le cortège des nouveaux mariés suffit pour se faire une idée de l’aisance financière des nouveaux mariés.

Une limousine se négocie au prix de 1 000 dollars pour une demi-journée alors qu’une Mercedes est louée la moitié de ce tarif, pour la même durée. « Certains couples fortunés louent deux limousines et cinq à sept Mercedes pour célébrer leur mariage », explique Dagnachew Teklu, un jeune éthiopien, ajoutant que « d’autres couples louent autant de voitures de luxe lors du troisième jour du mariage, lorsque le couple sera présenté aux belles familles respectives ». L’engouement suscité par cette mode fait qu’actuellement à Addis Abeba les agences de location de voitures de luxe font florès. Les enseignes et panneaux vantant les derniers modèles de limousines et autres véhicules de luxes sont visibles dans les coins et recoins de la ville.

En outre, de jeunes couples éthiopiens choisissent de séjourner deux ou trois jours au Sheraton d’Addis, connu comme étant l’un des plus luxueux hôtels d’Afrique. Dans cet établissement hôtelier, classé cinq étoiles, une nuitée se négocie autour de 297 euros. Les jardins fleuris et le raffinement des lieux leur servent de décor pour d’interminables séances de photos-souvenirs.

Ces mariages somptuaires nécessitent de gros budgets. Des estimations non officielles avancent des budgets avoisinant 40 000 dollars déboursés par certains couples éthiopiens pour fêter leurs noces. Le coût des festivités est principalement couvert par le marié et, dans certains cas, avec une participation de la famille de la conjointe, explique Teklu. Une somme jugée faramineuse dans un pays étranglé par une extrême pauvreté et dont le trait le plus frappant se mesure par le dénuement qui se dévoile le long des principales artères de la capitale. L’Ethiopie, avec ses 85 millions d’habitants et ses 80 ethnies, demeure l’un des pays les plus pauvres de l’Afrique subsaharienne, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

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Human Rights Watch demande une enquête après l’assassinat d’un opposant

L’ONG de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW) a demandé une « enquête urgente, crédible et indépendante » après l’assassinat d’un opposant mardi dans le nord de l’Ethiopie.

« Cette attaque demande une enquête urgente, crédible et indépendante à cause de l’environnement pré-électoral très lourd en Ethiopie », a souligné Georgette Gagnon, directrice Afrique de HRW, citée dans le communiqué.

« Trouver la vérité dans cet incident aidera à créer la confiance dans le processus électoral », a-t-elle ajouté, appelant gouvernement et opposition à soutenir une telle démarche.

Selon l’opposition éthiopienne, un de ses candidats, Aregawi Guebreyohannes, a été tué à coups de couteaux par six hommes mardi à Shire, dans la région Tigré à cause de ses activités politiques.

Pour le gouvernement, cet assassinat n’est pas le résultat d’un harcèlement politique, mais d’une simple dispute. Un porte-parole du gouvernement, Shimeles Kemal, a indiqué qu’un suspect a été arrêté.

Des élections générales sont prévues le 23 mai prochain, les premières au niveau national depuis le scrutin de 2005 qui avait vu l’opposition enregistrer les meilleurs scores de son histoire, mais avait été marqué par une sanglante répression au cours de manifestations de l’opposition qui dénonçait le résultat du scrutin.

L’opposition accuse régulièrement le gouvernement de harceler ses candidats, ce que le gouvernement réfute, affirmant vouloir organiser des élections libres et transparentes. La présidente du principal parti d’opposition, Birtukan Mideksa, est emprisonnée depuis 17 mois.

Le 3 mars, Gebru Asrat, un des chefs du Forum pour le dialogue démocratique en Ethiopie (Medrek), avait affirmé à l’AFP que la victime, candidat au parlement, s’était plainte régulièrement de harcèlement. Il a affirmé que les agresseurs étaient « des mercenaires » liés au parti au pouvoir.

Un autre responsable de l’opposition, Siye Abraha, ancien ministre de la Défense et co-fondateur de l’EPRDF (au pouvoir), a affirmé que les responsables au pouvoir « intensifient leur stratégies de répression avant les élections ».

Selon HRW, « depuis 2005 la situation des droits de l’Homme en Ethiopie s’est aggravée, marquée par une grande intolérance pour les activités de la société civile, les critiques des actions du gouvernement et l’activité de l’opposition politique ».

« Les critiques du gouvernement continuent d’être sujets au harcèlement, à des arrestations et même à la torture », affirme l’ONG.

Source : Romandie News, 6 mars 2010

Voir aussi :

Un candidat poignardé à mort, l’opposition accuse le parti au pouvoir

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