Archives de la catégorie 'Sport'

Une équipe cycliste d’Ethiopie souhaite s’installer en France

Une équipe de jeunes coureurs éthiopiens, qui a fait ses débuts en Europe cet été en Espagne, envisage de disputer des épreuves amateur en France en 2016. Elle pourrait même établir son quartier général en Franche-Comté, « l’endroit idéal pour notre projet », indique un représentant de l’équipe.

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Les coureurs, une vingtaine au maximum, seront regroupés au sein de l’Ethiopia Academy-Ner Group, qui propose un programme éducatif en parallèle des compétitions sportives (cours de langues et d’informatique).

En 2015, les cinq coureurs ont fait leur baptême du feu en Europe sur des épreuves au Pays-Basque, au mois de juin. « En dix jours, ils ont fait d’énormes progrès », soulignent les responsables espagnols du projet. Tesmegen Buru se classe ainsi 10ème à Irun, le 29 juin. Ils ont aussi participé à des courses dans le sud-ouest de la France dont le Tour du Piémont Pyrénéen.

« La France présente des atouts sportifs et éthiques »

La saison prochaine, l’Académie entend « se renforcer », avec un calendrier plus long (de mars à septembre), un effectif d’environ 18 coureurs (issus du Guna Cycling Team, l’un des clubs majeurs en Ethiopie) et quatre encadrants (contre un seul en 2015).

L’encadrement pourrait comprendre quelques Espagnols, déjà très engagés dans le projet, à l’image d’Urtzi Murgia, 25 ans, ex-coureur de Bidelan-Kirolgi.

« Malgré les difficultés, nous allons continuer avec enthousiasme, explique l’un des représentants. Nous cherchons un endroit pour que nos jeunes puissent vivre et nous pensons que la France présente des atouts sportifs et éthiques très intéressants. Ce qui est indispensable pour un projet avant tout éducatif comme le nôtre ».

L’Ethiopie est l’une des nations émergentes du cyclisme, dont le meilleur représentant, Tsgabu Grmay, est actuellement professionnel chez Lampre-Merida.

Source : DirectVelo, 15 octobre 2015

Les stars de l’athlétisme bâtissent leurs empires

Les stars éthiopiennes de l’athlétisme investissent massivement dans l’économie, en particulier dans l’immobilier. Au point que certains érigent de véritables petits empires.

Haïlé Gebreselassié, AwassaHaïlé Gebreselassié, double champion olympique du 10 000 m, possède trois immeubles à Addis Abeba. Deux de plus que Derartu Tulu, la première femme noire africaine à avoir remporté une médaille d’or olympique, en 1992. Quant à Gebregziabher Gebremariam, champion de cross-country, il est en train de faire construire le sien. Dans la capitale éthiopienne, les bâtiments poussent au fil des succès remportés par les enfants du pays qui, avec leurs rivaux kényans, dominent la course de fond mondiale depuis plus de vingt ans. Il est vrai qu’une seule victoire dans l’un des grands marathons mondiaux, avec des gains qui peuvent aller jusqu’à 200 000 dollars (environ 150 000 euros) à Dubaï, permet de se constituer une petite fortune à faire fructifier. Surtout dans un pays où 30 % des habitants vivent encore avec moins de 0,60 dollar par jour.

Pour ces sportifs souvent issus de milieux très modestes, le bâtiment reste le secteur le plus sûr pour placer des revenus aléatoires, et la vigueur du marché de l’immobilier dans la capitale leur promet de jolies plus-values. Leurs investissements ne sont cependant pas toujours guidés par la stricte rationalité économique. Ainsi la ville d’Asela, qui a vu naître nombre de grands athlètes, compte aujourd’hui presque autant d’hôtels que de champions – Derartu Tulu et Haïlé Gebreselassié en possèdent notamment un chacun. « Il y a très peu de touristes dans la région. Ces établissements servent plus à inviter leurs amis, faire plaisir à leur famille et contribuer au développement de la région qu’à être rentables », constate Sileshi Bisrat, directeur de la communication de la Fédération éthiopienne d’athlétisme. « Contrairement à ce qui se passe ailleurs, poursuit-il, nos athlètes placent leur argent au pays plutôt qu’à l’étranger. Même Maryam Yusuf Jamal, une coureuse bahreïnie d’origine éthiopienne, a choisi de faire construire à Addis Abeba. »

Secrets abyssins

La longévité de certaines carrières a en revanche donné naissance à des entreprises rentables. Ainsi le triple médaillé d’or olympique et recordman du 5 000 m et du 10 000 m Kenenisa Bekele fait construire un hôtel international à proximité de l’aéroport d’Addis Abeba. À Sululta, le lieu d’entraînement traditionnel des athlètes, sur les hauteurs de la capitale, il possède en outre un centre d’entraînement privé, avec piste d’athlétisme aux normes et chambres d’hôtel. Il cible une clientèle internationale intriguée par les secrets des coureurs abyssins.

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La pétanque perdure en Ethiopie

par Grégoire Pourtier

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En Ethiopie, le chemin de fer ne fonctionne plus depuis quelques années. En plein cœur de la capitale, la gare d’Addis Abeba au style colonial est cependant toujours débout. Ce sont les Français qui sont à l’origine de cette infrastructure à la fin du 19ème siècle, et même s’ils ont été remplacés à l’époque du régime communiste du Derg, en 1981, ils ont laissé une indéniable empreinte. Les cheminots éthiopiens de l’époque parlaient tous couramment français, et aujourd’hui encore, on joue tous les jours à la pétanque sur un joli petit terrain derrière la voie ferrée. Même si, à la différence des Malgaches par exemple, les Ethiopiens ne sont jamais sortis de leur pays pour participer à des compétitions internationales. Ils font ainsi malgré tout perdurer une certaine culture française…

Source : RFI, 7 mars 2013

L’Ethiopie en force lors d’un marathon de Jérusalem décrié

Deux Ethiopiens ont remporté vendredi les catégories homme et femme du troisième marathon de Jérusalem, auquel ont participé plus de 20 000 personnes sous l’œil d’un millier de policiers, malgré des appels au boycott de l’OLP.

Abraham Kabeto Ketla, Jerusalem, Marathon

Le parcours débutait au Parlement israélien et traversait Jérusalem-Est occupé et annexé, notamment la Vieille ville.

L’Ethiopien Abraham Kabeto Ketla s’est imposé en 2 heures 16 minutes 29 secondes, établissant un record de l’épreuve pour la deuxième année consécutive, et devançant deux coureurs kényans, selon un communiqué des organisateurs.

Chez les dames, l’Ethiopienne Mihriet Anamo, déjà victorieuse l’année dernière, l’a emporté en améliorant son temps, avec 2 heures 47 minutes 26 secondes, devant une autre Ethiopienne.

Source : RFI, 1er mars 2013

Junaid Jemal, danseur éthiopien

par Grégoire Pourtier

Junaid Jemal

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Junaid Jemal s’est produit ce vendredi soir à l’Alliance éthio-française d’Addis Abeba, avec une partie de sa troupe de danse contemporaine, Adugna. Adugna est la seule compagnie de ce type en Ethiopie. Tout a démarré il y a une quinzaine d’années, quand un programme a décidé de former à la danse une vingtaine d’adolescents défavorisés. Ainsi, alors que son destin était sans doute de vivre de petits travaux dans la rue, Junaid voyage aujourd’hui à travers le monde pour présenter ses spectacles et aide son pays à faire passer un certain nombre de messages grâce à la danse.

Source : RFI, 16 février 2013

L’Ethiopie à la recherche du temps perdu

par Farid Achache

Mardi 29 janvier, l’Ethiopie affronte le Nigeria pour le troisième match du groupe C. Après avoir mis en échec la Zambie et s’être fait battre par le Burkina Faso, l’Ethiopie reste encore en course pour disputer un quart de finale. Absents de la compétition depuis trente-et-un ans, les Walya pourraient créer la surprise dans ce groupe.

Adane GirmaLa Coupe d’Afrique des nations a vraiment quelque chose de différent par rapport aux autres compétitions internationales. A tout moment, il peut y avoir des surprises. Trois décennies après leur dernière participation, les Ethiopiens ont la possibilité de retrouver leur passé glorieux. Pour cela, ils doivent battre le Nigeria demain soir au Royal Bafokeng Stadium de Rustenburg et espérer que la Zambie ne l’emporte pas face au Burkina Faso.

Retrouver la gloire d’antan

« Le match perdu contre le Burkina Faso est derrière nous (4-0) et nous sommes résolument tournés vers l’avenir », explique le sélectionneur Sewnet Bishaw. « L’ambiance est bonne au sein du groupe et nous seront prêts à défendre les couleurs de l’Ethiopie. Nous voulons quitter l’Afrique du Sud en laissant un belle image de notre pays. »

Malheureusement pour les Walya, deux cadres de l’équipe sont blessés. Si Asrat Megersa Gobena ne pourra pas jouer, Adane Girma, buteur contre la Zambie est encore incertain. « Nous avons peut-être perdu les deux joueurs les plus importants de l’équipe », admet le coach.

Mais peu importe, l’optimisme du sélectionneur reste intact malgré cette lourde défaite face au Burkina. L’Ethiopie semble vouloir soulever des montagnes. Pourtant, pour retrouver une trace d’exploits éthiopiens, il faut largement remonter dans le temps. En 1962, les Walyas avaient remporté la CAN. L’année suivante, cet ancien empire termine au pied du podium. En Afrique du Sud, l’Ethiopie, composé principalement de jeunes, va-t-elle ouvrir une nouvelle page dans l’histoire de son football ?

« La pression sera sur le Nigeria »

« Nous avons déjà ouvert une nouvelle page de l’histoire de notre football en nous qualifiant et nous avons marqué un but contre la Zambie », répond Sewnet Bishaw. Effectivement, après trente-sept ans de disette, Adane Girma a trouvé le chemin des filets pour l’Ethiopie contre les Chipolopolo. Il pourra se targuer d’avoir tenu en échec le tenant du titre. « Nous allons donc nous battre pour continuer le plus loin possible. Je voudrais que le peuple éthiopien soit fier de cette nouvelle génération qui porte haut les couleurs de notre nation. »

Les Walya ont conscience de leur avantage. En effet, les Nigérians, finalistes en 2000, sont au pied du mur. « La pression est énorme pour le Nigeria. Sans une victoire, cette grande nation du football africain sera éliminée. Ils vont être obligés de prendre des risques en attaquants beaucoup. Alors on aura peut-être plus d’espace derrière pour les contrer et marquer. Ils ont donc la responsabilité d’attaquer et de défendre. Alors que pour nous, c’est du “fifty-fifty”. Nous sommes donc dans la peau des outsiders et c’est un avantage », analyse le sélectionneur.

« Je vais demander à mes joueurs de jouer au football. Je veux que l’on sache que l’Ethiopie sait jouer au football. Nos jeunes sont ici pour apprendre et nous ne ferons pas d’anti-jeu. Le Nigeria est une grande nation de football et nous devons en profiter », conclut Sewnet Bishaw. Dans l’enceinte du stade de Rustenburg, les fans éthiopiens seront encore très nombreux à venir soutenir leur équipe. Pour, peut-être, assister à la surprise du jour.

Source : RFI, 28 janvier 2013

CAN 2013 : La sélection de l’Ethiopie

Le sélectionneur de l’Ethiopie, Sewnet Bishaw, a communiqué sa liste de joueurs retenus pour la CAN 2013 qui va débuter le 19 janvier en Afrique du Sud. Une sélection essentiellement composée de joueurs issus du championnat local, puisqu’ils ne sont que trois à évoluer à l’étranger.

CAN 2013Gardiens : Jemal Tassew (Coffee FC), Sisay Bancha (Dedebit), Zerihun Tadelle (Saint George).

Défenseurs : Degu Debebe (Saint George), Biyadglign Eliase (Saint George), Abebaw Butako (Saint George), Alula Girma (Saint George), Seyum Tesfaye (Dedebit), Birhanu Bogale (Dedebit), Aynalem Hailu (Dedebit).

Milieux : Asrat Megersa (EEPCO), Addis Hintsa (Dedebit), Yared Zinabu (Saint George), Shimelese Bekele (Saint George), Behailu Asefa (Dedebit), Minyahel Teshome (Dedebit), Dawit Estifanose (Coffee FC), Yussuf Saleh (Syrianska/SUE).

Attaquants : Saladin Seid (Wadi Degla/EGY), Adane Girma (Saint George), Umed Ukuri (Saint George), Getaneh Kebede (Dedebit), Fuad Ibrahim (Minnesota Stars/USA).

Source : Afrik, 3 janvier 2013

Érythrée-Éthiopie, ce n’est pas que du football

par Léonard Vincent

Dans le cadre des qualifications pour le Championnat d’Afrique des nations 2014, l’équipe de football d’Érythrée est opposée à celle d’Éthiopie. Ce match entre frères ennemis de la Corne de l’Afrique est un événement politique.

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Ce n’est pas simplement du football, à l’évidence. Vendredi 30 novembre, dans l’enceinte du stade Cicero à Asmara, doit se dérouler le match aller du tour préliminaire du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) opposant l’équipe d’Érythrée à celle d’Éthiopie.

C’est dans ce même stade que, le 24 mai 1993, une armée de maquisards en sandales avait défilé pour marquer la naissance officielle de ce petit pays de la Corne de l’Afrique, la plus jeune nation du continent. L’Érythrée venait d’arracher son indépendance au colonisateur éthiopien, après trente ans d’une guerre de partisans particulièrement destructrice. Moins de dix ans plus tard, les armées des deux pays se jetaient l’une contre l’autre, au cours d’une épouvantable guerre de tranchées qui a tué 70 000 personnes. C’est aussi dans ce stade que, tous les ans, le 20 juin, le gouvernement érythréen commémore le jour des “martyrs”, autrement dit les frères et sœurs tués par les Éthiopiens.

Les rencontres entre les “Antilopes Walya” (l’Éthiopie) et les “Red Sea Boys” (l’Érythrée) seront donc lourdes de sens, si elles ont lieu, et jusqu’à leur terme. Car rien n’est moins sûr.

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CAN 2013 : Sensationnelle Ethiopie !

Dimanche après-midi, l’Ethiopie a décroché son billet pour la CAN 2013 en s’imposant à domicile face au Soudan (2-0). Pourtant battus à l’aller à Khartoum(5-3), les Ethiopiens, sont parvenus à inverser la tendance grâce à des réalisations de Girma (58e) et Said (62e), avant de devoir contenir les assauts adverses pendant près de 10 minutes de temps additionnel. Grâce aux buts inscrits à l’aller, l’Ethiopie arrache une qualification historique pour l’Afrique du Sud.

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Quel match ! Ce dimanche à Addis-Abeba, la sélection nationale éthiopienne a décroché une qualification historique pour la Coupe d’Afrique des nations 2013 qui aura lieu en Afrique du Sud. Avec un handicap de deux buts à remonter au coup d’envoi de la partie, après une défaite à l’aller sur les terres soudanaises (5-3), les Antilopes Walya ont réussi à inverser la tendance et s’imposer sur le score de 2-0.

Il aura cependant fallu attendre la seconde période pour voir les filets trembler. Girma (58e) et Said (62e) se chargeaient de punir les visiteurs et propulser les leurs au prochain rendez-vous continental, trente ans après la dernière participation de l’équipe à la CAN. De son côté, le Soudan pourra longtemps avoir des regrets après avoir pris ces trois buts lors du match aller, mais aussi poussé sans succès pendant toute la partie, et ce malgré les 10 minutes de temps additionnel.

Les buts du match :

Source : Afrik, 14 octobre 2012

L’Ethiopie, la piste aux étoiles

Cette année, l’Ethiopie a brillé sur les podiums mondiaux d’athlétisme. Metro est allé à la rencontre des champions de demain.

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Ils courent. Il est 6 heures du matin et ils sont tous sur le terrain. Rythme rapide puis lent, en côte ou en pente… Les coureurs passent devant des ados menant des ânes chargés de marchandises ou des ouvriers chinois sur les chantiers de construction. L’élite de l’athlétisme éthiopien s’entraîne.

« Je veux me développer et devenir célèbre, nous explique Edao Weliy après sa séance de trois heures d’entraînement matinal. Je veux améliorer mon temps, car le temps, c’est de l’argent. » D’ailleurs, Edao, timide athlète de 22 ans, avance dans ce sens : il a remporté les 10 000 mètres de Bristol et d’Oxford (Royaume-Uni).
Edao et ses coéquipiers sont membres de Running Across Borders (RAB). Cette organisation non gouvernementale a été fondée il y a trois ans par un Britannique, Malcolm Anderson, et un Américain, Garrett Ash, dans le but d’aider les athlètes éthiopiens à obtenir de bonnes conditions d’entraînement.

Pourquoi l’Ethiopie ? Car courir est ici dans les mœurs. Tout Addis Abeba court. « Les Ethiopiens ont la course dans le sang », explique Malcolm Anderson. « Ils sont ambitieux et ont des modèles de réussite. Ils sont très disciplinés. De plus, nous sommes en altitude (2 300 mètres). S’entraîner ici, c’est comme dans une chambre d’oxygène. » Gefyel Fisseha, un coureur inscrit à RAB, est plus terre-à-terre : « On court pour des raisons économiques. C’est pour cela que les Ethiopiens sont les meilleurs au monde. »

Un lien social

Certes, l’Ethiopie domine la scène mondiale de la course. Même le Kenya, pourtant habitué des podiums, ne suit pas. Et le fer de lance n’est autre que Haïlé Gebreselassié, 27 records du monde au compteur et roi sur les distances 5 000 et 10 000 mètres. Gebreselassié, qui a levé le pied cette année, est considéré comme l’un des plus grands coureurs de l’histoire. « 95 % des Ethiopiens ne deviendront pas des athlètes professionnels », avance Malcolm Anderson. « Mais ils continuent de courir car c’est un lien social. Dans beaucoup de pays, les gens se retrouvent dans un lieu de culte. Ici, ils se retrouvent sur la piste de course. »

Le gouvernement n’est pas en reste. Et la fédération sportive d’Ethiopie soutient depuis longtemps les athlètes prometteurs. Mais elle ne peut pas dénicher tous les espoirs de la piste. De plus, selon certains, seuls les sportifs étant politiquement corrects sont sélectionnés. Pour rappel, l’ONG Freedom House, qui note les avancées de la démocratie et des droits de l’homme dans le monde, l’Ethiopie n’est pas un pays “libre”.

RAB, de son côté, entraîne et loge quinze athlètes. Un salaire leur est reversé, couvrant le loyer et les dépenses courantes, en attendant qu’ils remportent des courses à l’étranger. Le but de l’organisation est d’ailleurs d’aider les athlètes à transformer leur talent en job bien rémunéré. Car le produit intérieur brut par habitant en Ethiopie est de 851 euros.

Urga Negewo, l’athlète à suivre

A l’image d’Edao Weliy, la plupart de jeunes inscrits à RAB viennent de la région Oromia et vivent seuls à Addis Abeba. Ils sont souvent colocataires. Et courir est leur métier. « Je veux être en bonne santé et gagner de l’argent, précise Gudesa Tolosa. Etre coureur est le meilleur métier qu’on puisse avoir ici. » Ce jour-là, il fêtait son anniversaire. Il estime avoir 20 ans, mais rien n’est sûr, le pays n’utilisant pas le calendrier grégorien. Son coach, Mersha Ashrat, tempère l’enthousiasme de Gudesa : « Il veut émigrer, mais ce n’est pas une bonne idée. Il devrait juste participer à des courses à l’étranger. »

Urga Negewo, 21 ans, est l’athlète le plus accompli du groupe. Il a déjà remporté le marathon de Belfast (Irlande du nord) deux fois et vise une place dans l’équipe nationale. Il est l’étoile montante de la course en Ethiopie. Mais qu’adviendra-t-il après ? « Je continuerai de courir », s’exclame Urga.

Selon le blog The Science of Sport (La Science du sport), le succès des Ethiopiens réside dans leur finish très rapide. Et pour y arriver, ils s’entraînent durement en montant et descendant sans cesse des collines. Et ils courent, toujours.

Source : Metro, 4 octobre 2012

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