Archives de la catégorie 'GEOGRAPHIE & NATURE'

Le début de la faim

Véritable plaie du pays dans les années 1970-1980, la famine menace à nouveau quelque 15 millions de personnes.

Dolo Odo, Camp, Ethiopie, Ethiopia

D’ici à 2030, on ne parlera plus de malnutrition en Éthiopie. En tout cas, c’est ce que promet Addis Abeba. Mi-juillet, le gouvernement a même consigné son engagement dans la Déclaration de Sekota, rendue publique dans cette ville du nord du pays, principal foyer de la famine dans les années 1980. « Nous avons pris les dispositions nécessaires pour améliorer la nutrition infantile et les conditions sanitaires dans les zones sensibles », jure un conseiller au ministère de l’Agriculture. Mais silence radio ou presque lorsqu’il s’agit de mesurer l’impact de la menace que fait peser aujourd’hui El Niño sur le pays.

Ce phénomène climatique, causé par le réchauffement de l’océan Pacifique, risque en effet d’accentuer la sécheresse et de provoquer de fortes pluies suivies d’inondations, selon les Nations unies. Mettant notamment en péril les récoltes. « On en est conscients et on y travaille », se contente de lâcher le conseiller. Le sujet dérange, à l’évidence. En 1974, l’empereur Haïlé Selassié était tombé après que la population ait protesté contre son incapacité à lutter contre la famine sévissant dans l’ancienne région de Wollo.

La menace d’une crise alimentaire plane toujours au-dessus du pays, telle une épée de Damoclès

Quatre décennies plus tard, malgré tous les efforts entrepris ces dernières années et un taux de croissance à deux chiffres, la menace d’une crise alimentaire plane toujours au-dessus du pays, telle une épée de Damoclès. À en croire le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), « plus de 3 millions d’enfants dans 198 woredas » sur les quelque 500 districts que compte l’Éthiopie sont déjà victimes d’El Niño.

Dans les régions concernées (Afar et Somali principalement), « les familles ne parviennent plus à subvenir aux besoins alimentaires, et encore moins à envoyer leurs enfants à l’école », rapporte l’Ocha. Des ONG sur place tirent la sonnette d’alarme : 15 millions d’Éthiopiens risquent d’être frappés de famine ! Selon elles, il faudrait au moins 411 millions de dollars pour répondre aux besoins urgents (alimentation, santé, éducation…) dans les six prochains mois.

Source : Jeune Afrique, 19 octobre 2015

En Ethiopie, un loup et des hommes

par Grégoire Pourtier

Loup d'Abyssinie

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Il y a une vingtaine d’années, on a découvert qu’il existait un loup en Afrique, plus précisément sur les hauts plateaux éthiopiens. Mais, on s’est aussi vite rendu compte que celui, que l’on prenait jusqu’alors pour un chacal, était en voie d’extinction. Canidé le plus rare du monde, carnivore le plus rare d’Afrique, il n’en reste que quelques centaines ; et en 2003, l’Union internationale pour la conservation de la nature a donc placé le loup d’Ethiopie sur la liste des animaux en grand danger. 10 ans plus tard, la population est restée stable, autour de 500 spécimens, mais malgré les efforts, une épidémie de rage peut toujours décimer plusieurs meutes d’un coup : encore en 2008, 70 loups sont morts en quelques semaines. Or, protéger le seul loup d’Afrique, c’est protéger tout un équilibre environnemental fragile, et donc les humains qui vivent aux alentours.

Source : RFI, 24 mai 2013

Un trek au secours de la forêt

par Emmanuel Leroux-Nega

En Éthiopie, dans les montagnes du Balé, une région autrefois ignorée des touristes, une association de guides touristiques locaux tente de préserver ce qui reste de la forêt en proposant des treks écoresponsables.

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Voilà, près de trois heures que l’on marche. Le souffle coupé par l’altitude, nous peinons à franchir les derniers mètres qui nous séparent du sommet. L’air est frais, mais le soleil des montagnes nous terrasse. Ayano, le guide du trek, fait un signe : c’est la pause.

Autour de nous, les sommets nus des montagnes du Balé surplombent les magnifiques forêts tropicales que l’association Bale Trek travaille à préserver. Située à 400 km au sud-est d’Addis Abeba, la capitale éthiopienne, la chaîne de montagnes s’étend sur plus de 2 000 km². Il s’agit de la plus importante étendue alpine du continent et un des derniers grands poumons verts du pays.

« Quand j’étais jeune, il n’y avait que de la forêt ici, se désole Ayano en pointant une série de champs à flanc de montagne. Les habitants utilisent le bois des arbres pour se chauffer, cuisiner, construire leurs clôtures ou le vendre au marché de la ville. »

Trek, Marche, Balé, Ethiopie, EthiopiaLes montagnes ressemblent, en effet, à un grand fromage gruyère. Séparées les unes des autres de quelques kilomètres, des clairières viennent trouer la forêt. Elles abritent des habitations isolées, huttes de terre et de paille entourées d’une sommaire clôture de bois, mais surtout des champs et des pâturages. Des familles, que la surpopulation de la vallée pousse à s’établir toujours plus haut dans la montagne, y cultivent de quoi survivre, entraînant peu à peu la disparition de la forêt.

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Avec le Projet Boswellia, sauver l’encens d’Ethiopie

Avec l’encens solidaire du Projet Boswellia, Julien Charbonnier espère sauver une ressource naturelle en voie de disparition, tout en garantissant aux communautés chrétiennes de la région Tigré, en Ethiopie, des revenus et des conditions de travail justes. Il lance un appel aux diocèses français.

Julien CharbonnierJulien Charbonnier, 26 ans, est fier de présenter l’encens du Projet Boswellia. Ces petits amas résineux et irréguliers, offerts par les mages à Jésus qui vient de naître, ont pris une place considérable dans sa vie depuis novembre 2011.

Un voyage en Afrique aura été déterminant pour que ce diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Toulouse comprenne ce qui l’intéresse vraiment : « la recherche et la gestion de la forêt ». Un cas retient alors son attention, celui de la surexploitation du Boswellia papyrifera au Nord de l’Ethiopie.

Entaillé, le tronc de cet arbre souple, à l’écorce qui pèle, “pleure” une résine laiteuse. Séchée à l’abri de la lumière, celle-ci donnera l’encens qui parfume nos églises lorsqu’entre en scène le thuriféraire balançant l’encensoir.

Mais le prix d’achat de la résine millénaire étant tombé très bas, l’arbre est devenu un combustible quotidien pour les populations rurales. Or l’épuisement de cette ressource est catastrophique pour les sols pauvres, menacés de désertification.

Au Tigré, 30 000 arbres répartis sur 300 hectares

Après avoir rencontré les villageois de la région Tigré – et bu chez eux beaucoup de café – Julien décide d’agir concrètement pour contribuer à « la sauvegarde de ce patrimoine naturel en danger ».

Il entend surtout “relier” dans le mot “religion”. En démarchant les diocèses, il souhaite rappeler aux catholiques français l’existence de chrétiens orthodoxes dans ce pays isolé, perché à 2 500 mètres d’altitude. Il décrit les (très) longues liturgies dominicales, l’ascèse pratiquée dans les monastères dont certains sont d’ailleurs inaccessibles aux femmes…

Avec 2 contacts en France et 3 autres en Ethiopie, l’équipe s’est donnée pour mission de fournir directement aux diocèses un encens naturel « aux légères notes d’agrumes », récolté à la main, séché, calibré et empaqueté sur place dans des sacs en toile de fabrication locale.

« L’objectif est aussi de créer une pépinière et de préserver les repousses des arbres » complète Julien. L’équipe cherche également à apporter des solutions techniques, notamment du matériel agricole devenu obsolète en France, comme des tamis et des cylindres de tri, qui seraient bien utiles pour calibrer la résine. A terme, l’encens du Projet Boswellia devrait obtenir les certifications “Ecocert” (agriculture biologique) – puisqu’il ne contient aucun colorant de synthèse – et “Max Haavelar” (commerce équitable) – puisqu’il est déjà acheté aux récoltants à un prix supérieur aux cours du marché.

Disponible symboliquement depuis la fête de l’Epiphanie, plusieurs diocèses ont déjà accueilli favorablement le Projet Boswellia, comme ceux de La Rochelle, Bordeaux ou encore Cambrai. Et le vôtre ?

Source : Conférence des Evêques de France, 15 février 2013

Voir aussi :

Comme le café, l’encens a son commerce solidaire
Ethiopie : sur la route de l’encens solidaire (autre article sur le Projet Boswellia)
Site officiel du Projet Boswellia (pour en savoir plus et commander)

Un projet forestier en Ethiopie obtient les premiers crédits carbone dans le cadre du MDP

Le Projet de régénération naturelle assistée de Humbo dans le sud-ouest de l’Ethiopie est le premier projet forestier de grande ampleur en Afrique à être homologué dans le cadre du Mécanisme de développement propre (MDP) du Protocole de Kyoto. Le 5 octobre dernier, 73 000 crédits ont été émis en vertu du MDP. Ces crédits ont été achetés par le Fond Biocarbon de la Banque mondiale, générant une source de revenus pour la collectivité.

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« Les revenus sont réinvestis… financer des micro-entreprises comme l’apiculture, l’élevage et la construction d’un moulin à farine et des installations de stockage de céréales, remplacer les activités traditionnelles comme la collecte de combustible, qui était la principale source de revenus pour de nombreux habitants d’Humbo », indique la Banque mondiale dans un communiqué. Avec des prix des crédits au plus bas, autour de 1,75 €, les ventes devraient rapport environ 130 000 €.

Mise en œuvre par World Vision, en partenariat avec la Banque Mondiale et les autorités locales, le projet a permis de restaurer plus de 2 700 hectares de terres dégradées à Humbo depuis 2007. Dans ce projet, plus de 90 % de la zone d’implantation du projet Humbo a été reboisé en recourant à la Régénération naturelle des forêts gérée par les exploitants (FMNR), qui encourage les repousses à partir de souches d’arbres déjà abattus, mais encore vivants.

D’ici à 2017, la vente de crédit carbone représentera plus de 339 000 tonnes, dont l’équivalent de 165 000 tonnes sera acheté par la Banque mondiale sous forme de crédit carbone, indique la Banque mondiale.

Le Fonds BioCarbon est une initiative bénéficiant de contributions venant du secteur public et du secteur privé. Il achète des réductions d’émissions à des projets de boisement et de reboisement dans le cadre du MDP, ainsi qu’à des projets sectoriels portant sur l’aménagement des terres hors du cadre du MDP, comme les projets qui contribuent à la Réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des sols (REDD) et à l’accroissement des quantités de carbone piégées dans les sols par l’emploi de pratiques agricoles améliorées.

Source : Ecofin, 22 octobre 2012

Les derniers descendants d’une rare population de lions

Une récente étude vient de confirmer l’existence des derniers descendants d’une population de lions extrêmement rares au zoo d’Addis Abeba en Ethiopie.

Lions, Addis Abeba, Zoo, Ethiopie, EthiopiaLe zoo d’Addis Abeba en Ethiopie abrite depuis des années les descendants d’une lignée de lions ayant appartenu au dernier empereur du pays, Haïlé Selassié 1er, célèbre pour son impact sur le mouvement spirituel rastafari. Les félins, se distinguent de leurs autres congénères par leur crinière noire qui s’étend tout le long de leur poitrail et sur leur ventre. Une caractéristique physique qui en fait un spécimen à part, tout comme leur génome, selon une récente étude.

Une équipe de chercheurs, sous la direction de Susann Bruche, chercheur à l’Imperial College de Londres, a analysé l’ADN de huit mâles et sept femelles du zoo. Leurs résultats, publiés récemment dans la revue European Journal of Wildlife Research, révèlent que les lions d’Addis Abeba sont génétiquement distincts de tous les autres lions existants. Selon les spécialistes, les mâles du parc animalier pourraient ainsi bien être les derniers représentants de cette lignée à la crinière foncée, les populations sauvages ayant disparu à cause de la chasse excessive.

De récentes observations ont toutefois récemment Lions, Addis Abeba, Zoo, Ethiopie, Ethiopiafait part de l’existence de félins, au phénotype assez similaire dans l’est et le nord-est de l’Ethiopie. Une étude de terrain couplé d’un programme d’urgence d’élevage en captivité pourrait permettre à cette petite population de survivre encore quelques temps. 

« Une grande quantité de diversité génétique chez les lions a probablement déjà été perdue, en grande partie à cause de facteurs humains », explique Susann Bruche, dans un communiqué.

Citée par LiveScience, celle-ci conclut : 

« Nous espérons que les enquêtes sur le terrain permettront d’identifier les espèces sauvages au même génome que les lions du zoo d’Addis Abeba, mais pour le moment la conservation de la population captive est une première étape cruciale ».

Source : Maxi Sciences, 14 octobre 2012

Tous les problèmes ont de solutions, même le changement climatique

Il y a huit ans, Kenbesh Mengesha gagnait un revenu incertain en cherchant du bois de chauffage dans les forêts publiques locales et en le vendant aux autres habitants des bas-quartiers d’Addis Abeba, en Ethiopie.

Elle gagnait en moyenne environ 50 cents US par jour, si elle avait de la chance. Mais aujourd’hui, elle fait partie d’un projet agricole réussi de femmes, qui est un modèle pour former d’autres groupes urbains d’agriculteurs dans toute l’Afrique sur la façon de s’adapter aux changements climatiques.

Selon la Banque mondiale, l’Ethiopie est extrêmement vulnérable à la sécheresse et à d’autres catastrophes naturelles telles que les inondations, les fortes pluies, les vagues de gelée et de chaleur. Le réchauffement climatique mondial a aggravé cette situation, puisque les modèles de circulation générale prévoient une augmentation de 1,7 à 2,1 degrés centigrades de la température moyenne du pays d’ici à 2050.

Cela devrait avoir un impact important sur la sécurité alimentaire. Récemment en 2011, le pays et toute la Corne de l’Afrique ont été touchés par la pire sécheresse en 60 ans. Elle a entraîné une grave crise alimentaire, avec les Nations Unies qui ont déclaré la famine dans la région.

La Banque mondiale estime que l’insécurité alimentaire coûtera à l’Ethiopie 75 à 100 milliards de dollars chaque année pour s’adapter aux changements climatiques de 2010 jusqu’en 2050.

Alors, quand Mengesha et 29 autres femmes qui avaient aussi l’habitude de gagner leur vie en cherchant du bois de chauffage ont formé une organisation communautaire locale, celle-ci est devenue le début d’un moyen de vie plus sûr et plus durable.

« La collecte de bois de chauffage était et est toujours un travail risqué. Je connais plusieurs femmes qui ont été violées par des hommes qui ont profité d’elles pendant qu’elles étaient dans la brousse en train de chercher du bois de chauffage », déclare-t-elle.

Mais la vie d’aujourd’hui est moins incertaine pour Mengesha. Et elle n’abat plus les ressources naturelles du pays pour s’en sortir.

Dénommé “Association des femmes de Gourara”, qui compte aujourd’hui 200 membres, le groupe loue et exploite près de deux hectares de domaines publics inoccupés à proximité des bas-quartiers de Gourara, à Addis Abeba, en pratiquant ce qu’il appelle un système de bio-économie intégrée.

Les groupes d’entraide communautaires ici sont autorisés à demander des domaines publics à travers le gouvernement local et l’administration du district si le projet doit être mis en œuvre dans les environs de la ville. Ce groupe de femmes a un bail de cinq ans renouvelable.

Ce groupe de femmes a découvert des façons novatrices pour maîtriser les conditions climatiques toujours changeantes et lutter contre l’insécurité alimentaire.

Elles ont été formées par Bioeconomy Africa, une organisation non gouvernementale qui dirige l’Institut de développement des capacités en bio-économie en Afrique (ABCD Institute). Les femmes ont suivi deux semaines de formation sur différentes techniques intégrées dans l’agriculture à petite échelle.

Et cette initiative s’est révélée un succès puisqu’elle a permis aux membres de cette association de gagner assez d’argent pour nourrir leur famille, payer les frais de scolarité de leurs enfants et même de créer des opportunités d’emploi pour d’autres.

C’est en soi une grande prouesse dans cette nation d’Afrique de l’est, qui a une population de 82 millions d’habitants et est le deuxième pays le plus pauvre au monde. Selon l’Indice de pauvreté multidimensionnelle, élaboré par l’Université d’Oxford, 90 % des Ethiopiens vivent dans une pauvreté absolue, avec 39 % qui survivent avec 1,25 dollar par jour.

« Nous avons appris à utiliser le moindre espace fertile ou non, pour la production agricole maximale », a affirmé Fantanesh Atnafic, l’un des membres fondateurs de l’organisation.

« Dans un passé récent, nous avons vu des conditions environnementales changer radicalement. Les précipitations ne sont plus fiables comme elles l’étaient il y a 20 ans. Pourtant, lorsque la sécheresse arrive, elle est généralement plus longue que la normale, ce qui a un effet négatif sur l’agriculture en général », a-t-elle expliqué.

Mais un climat qui change ne signifie pas la défaite pour les petits fermiers, selon Dr Getachew Tikubet, le directeur des opérations de Bioeconomy Africa.

« Il est vrai que les conditions climatiques changent, ce qui est un énorme revers pour beaucoup de fermiers africains. Mais la vérité est que tous les problèmes ont de solutions. Et c’est ce que nous essayons d’aborder avec les petits agriculteurs africains », a-t-il déclaré.

L’association des femmes utilise différentes méthodes d’agriculture intensive qui créent un environnement idéal pour leurs cultures.

« Nous mélangeons généralement les connaissances agricoles indigènes, telles que l’utilisation de fumier, avec les techniques scientifiques apprises auprès de différentes organisations et des individus, qui comprennent l’extraction du biogaz et du gaz méthane à partir de la bouse de vache avant d’utiliser le résidu comme fumier », a indiqué Atnafic, une mère de six enfants dont le mari a été tué dans l’armée il y a 20 ans.

Source : All Africa, 29 août 2012

Comme le café, l’encens a son commerce solidaire

par Hugues-Olivier Dumez

Dans la région Tigré, en Éthiopie, une société coopérative développe l’encens solidaire à destination des Églises européennes.

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L’encens qui parfume nos églises lors des célébrations pourrait voir un jour ses réserves épuisées. Cette résine aromatique est issue de l’écorce du Boswellia, lequel ne pousse que dans la région de la Corne de l’Afrique et est actuellement victime d’une surexploitation alarmante. C’est le constat que fait Julien Charbonnier, fraîchement diplômé de l’Institut d’études politiques (IEP) de Toulouse. Le Français s’appuie sur les dernières recherches scientifiques concernant l’état des forêts de Boswellia dans la région du Tigré. Fin novembre 2011, le jeune homme décide avec plusieurs amis de monter le projet Boswellia.

Il se donne pour mission de fournir à l’Église catholique un encens à un prix équitable, c’est-à-dire convenant à la fois aux acheteurs et aux communautés chrétiennes de producteurs. « L’utilisation d’un encens naturel est cohérente avec les principes de la liturgie catholique, dans le respect des valeurs du travail décent et de la justice sociale promues par le conseil pontifical Justice et Paix », revendique Julien.

« Si rien n’est fait, l’encens aura pratiquement disparu d’Éthiopie »

L’équipe du projet est actuellement dans la région du Tigré, au nord de l’Éthiopie afin de « négocier directement avec les producteurs » et de distribuer en circuit court l’encens auprès des diocèses et des paroisses de France. Les produits d’encens consommés dans les églises, entièrement composés de myrrhe et d’oliban, sont des résines naturelles que l’on retrouve essentiellement en Éthiopie, en Érythrée, en Somalie et au Yémen.

« Actuellement, l’encens est importé massivement par des entreprises de transformation industrielle qui ne répondent à aucun critère de préservation de l’environnement, ni de soutien à l’agriculture ou à la sylviculture durable », observe Julien. « Si rien n’est fait pour augmenter les revenus des producteurs et préserver la ressource forestière, dans les cinquante prochaines années, l’encens aura pratiquement disparu d’Éthiopie ».

L’encens issu du projet sera disponible en 2013

Une société coopérative et participative a donc été montée afin de distribuer en France un encens biologique « de haute qualité à un prix équitable et compétitif ». Objectif : assurer l’approvisionnement de l’encens auprès des paroisses et des diocèses d’ici à 2013. Généralement, les églises se fournissent en encens de manière dispersée, des contacts ont donc directement été pris.

Les diocèses de Toulouse, Bordeaux et La Rochelle ont déjà accueilli favorablement ce projet. Le responsable est plein d’ambition : « La capacité de production s’établit à plusieurs dizaines de tonnes par an et répond à une demande en hausse dans toute l’Europe ». L’encens issu du projet Boswellia sera disponible en France en janvier 2013 pour la célébration de l’Épiphanie, lorsque le Messie reçut des Rois mages de l’or, de la myrrhe et… de l’encens.

Source : La Croix, 10 août 2012

Voir aussi :

Avec le Projet Boswellia, sauver l’encens d’Ethiopie
Ethiopie : sur la route de l’encens solidaire (autre article sur le Projet Boswellia)
Site officiel du Projet Boswellia (pour en savoir plus et commander)

Les faibles précipitations nécessitent une nouvelle aide alimentaire rapide

Les organisations humanitaires demandent de l’aide alimentaire supplémentaire dans les régions du sud et du nord-est de l’Ethiopie où la récolte de mi-février à mai a beaucoup souffert des précipitations irrégulières pendant le Belg (saison des pluies courtes).

« Nous avons une grave pénurie de nourriture dans la plupart des régions qui dépendent de la saison belg, notamment la région Peuples du Sud » a déclaré Mike McDonagh, directeur du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) en Ethiopie.

D’autres zones du nord-est du pays sont concernées, dans les régions Amhara, Oromia et Tigré.

La récolte belg, qui représente jusqu’à 40 % de la production alimentaire annuelle dans certaines régions, devrait diminuer en 2012. Ceci est dû au retard des précipitations entre mi-février et mai. Ces pluies sont tombées avec deux à huit semaines de retard et sont restées en dessous des prévisions.

« La situation est préoccupante et surveillée de près » a indiqué Judith Schuler, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) en Ethiopie, ajoutant que le nombre de personnes touchées par l’insécurité alimentaire pourrait augmenter.

Actuellement, il y aurait 3,2 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire en Ethiopie, soit moins que le pic de 4,5 millions atteint lors de la sécheresse de la Corne de l’Afrique en 2011. Ces chiffres doivent être actualisés à la mi-juillet.

Le PAM a besoin de 183 millions de dollars d’ici à la fin 2012 pour secourir 2,5 millions des 3,2 millions de personnes nécessitant une aide alimentaire d’urgence.

La situation dans la région Peuples du Sud, frontalière du Kenya et du Soudan du Sud, est particulièrement préoccupante.

La récolte belg représente dans cette région 35 à 40 % de la production. Les cultures racines, principalement des patates douces, représentent à elles seules 50 % de la récolte dans certains secteurs. Or, selon les dernières analyses (en mai) d’alerte précoce et de réponse du gouvernement, cette longue période de sécheresse a eu des conséquences désastreuses sur les récoltes et a également touché d’autres cultures comme les haricots, les pommes de terre et le maïs qui devaient combler le déficit alimentaire entre mars et juin.

Les organisations humanitaires ont déclaré qu’une période de récupération insuffisante après la sécheresse de 2011 pourrait aggraver la situation des ménages vulnérables dont les avoirs et autres stratégies de survie se révèlent insuffisants.

Augmentation de la malnutrition

« Le nombre de personnes atteintes de malnutrition est déjà en train d’augmenter », a indiqué M. McDonagh (OCHA).

Selon OCHA, pour la seule région Peuples du Sud, près de 90 000 enfants, femmes enceintes ou allaitant leur enfant sont relativement malnutris à présent, et ce chiffre augmente.

« Le mois de mars a été pire que février, avril a été pire que mars et nous prévoyons que mai sera pire qu’avril », a déclaré M. McDonagh. « Cela empire pendant un certain temps et ensuite, peut-être vers juillet août… cela pourrait diminuer de nouveau ».

« Nous avons besoin de rations alimentaires générales, ce que nous appelons des secours alimentaires. Nous avons besoin de plus de compléments alimentaires, ainsi que de nourriture thérapeutique. Nous avons également besoin d’autres éléments tels que des semences. »

Selon l’Unité de coordination de nutrition d’urgence du ministère de l’agriculture, il y a une augmentation du nombre d’enfants atteints de malnutrition sévère au sein des programmes d’alimentation thérapeutique, cette augmentation étant plus forte et plus avancée qu’en 2011.

Ainsi, les admissions à ces programmes ont augmenté de 15,3 % de janvier à février, et de 27 % de plus de février à mars. Les chiffres de mars à avril ne sont pas disponibles.

Selon Mitiku Kassa, ministre d’état de l’Agriculture, les ministères de l’agriculture et de la santé suivent la situation de près en matière d’insécurité alimentaire.

« L’irrégularité des saisons des pluies résultant [de] problèmes de [ce] type n’est pas quelque chose de nouveau pour nous », a ajouté Mitiku. « Nous avons connu la même situation l’année dernière et l’année d’avant et, jusqu’à présent, nous arrivons à gérer le problème… Le pays dispose de suffisamment de ressources et de mécanismes sur place pour faire face cette fois, cependant. »

Source : IRIN, 31 mai 2012

Stratégie de croissance verte
pour un développement durable

L’Ethiopie a lancé vendredi une ambitieuse stratégie de croissance économique verte pour un développement durable dont la mise en œuvre requiert 150 milliards de dollars américains sur 20 ans.

Dénommée économie verte résistant aux phénomènes climatiques (CRGE, sigle en anglais), l’initiative prévoit le double objectif de hisser l’Ethiopie au rang des économies à revenu intermédiaire d’ici à 2025, tout en maintenant le même niveau d’émissions de gaz à effet de serre.

Le CRGE fait de l’Ethiopie le premier pays africain à être doté d’une telle stratégie de mise en œuvre.

« Le problème que nous avons en Afrique c’est la mise en œuvre, mais le CRGE pourrait être reproduit dans d’autres pays africains afin de résoudre ce problème », a déclaré à la PANA, le directeur du Département de l’économie rurale et de l’agriculture de l’UA, Abeba Haïlé-Gabriel.

L’Ethiopie est appréciée pour sa croissance verte pionnière en Afrique, tandis que son Premier ministre est considéré comme le leader des discussions sur le changement climatique sur le continent et dirige le Comité des chefs d’Etat et de gouvernement sur les changements climatiques (CAHOSCC).

Seul représentant de l’Afrique lors des négociations concernant les changements climatiques, le CAHOSCC s’est réuni mercredi à Addis Abeba et a mis à jour la position continentale pour le sommet de Durban, en Afrique du Sud, qui doit se tenir à la fin de ce mois.

« Comme les autres pays, l’Ethiopie doit prendre des mesures pour s’adapter à l’inévitable réalité du changement climatique, mais nous allons beaucoup plus loin que cela. Nous démontrons que nous pouvons offrir un programme ambitieux de croissance économique, tout en le faisant de manière verte », a déclaré le directeur général de l’Autorité éthiopienne de protection de l’environnement (EPA), Tewolde G. Egziabher.

Le plan a pour but l’améliorer l’agriculture et l’élevage, le reboisement et la gestion efficace des forêts, l’expansion de la production d’électricité et la progression rapide des technologies de transport modernes et économes en énergie.

Source : Afrique en ligne, 19 novembre 2011

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