Archives de la catégorie 'Faune & Flore'

En Ethiopie, un loup et des hommes

par Grégoire Pourtier

Loup d'Abyssinie

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Il y a une vingtaine d’années, on a découvert qu’il existait un loup en Afrique, plus précisément sur les hauts plateaux éthiopiens. Mais, on s’est aussi vite rendu compte que celui, que l’on prenait jusqu’alors pour un chacal, était en voie d’extinction. Canidé le plus rare du monde, carnivore le plus rare d’Afrique, il n’en reste que quelques centaines ; et en 2003, l’Union internationale pour la conservation de la nature a donc placé le loup d’Ethiopie sur la liste des animaux en grand danger. 10 ans plus tard, la population est restée stable, autour de 500 spécimens, mais malgré les efforts, une épidémie de rage peut toujours décimer plusieurs meutes d’un coup : encore en 2008, 70 loups sont morts en quelques semaines. Or, protéger le seul loup d’Afrique, c’est protéger tout un équilibre environnemental fragile, et donc les humains qui vivent aux alentours.

Source : RFI, 24 mai 2013

Les derniers descendants d’une rare population de lions

Une récente étude vient de confirmer l’existence des derniers descendants d’une population de lions extrêmement rares au zoo d’Addis Abeba en Ethiopie.

Lions, Addis Abeba, Zoo, Ethiopie, EthiopiaLe zoo d’Addis Abeba en Ethiopie abrite depuis des années les descendants d’une lignée de lions ayant appartenu au dernier empereur du pays, Haïlé Selassié 1er, célèbre pour son impact sur le mouvement spirituel rastafari. Les félins, se distinguent de leurs autres congénères par leur crinière noire qui s’étend tout le long de leur poitrail et sur leur ventre. Une caractéristique physique qui en fait un spécimen à part, tout comme leur génome, selon une récente étude.

Une équipe de chercheurs, sous la direction de Susann Bruche, chercheur à l’Imperial College de Londres, a analysé l’ADN de huit mâles et sept femelles du zoo. Leurs résultats, publiés récemment dans la revue European Journal of Wildlife Research, révèlent que les lions d’Addis Abeba sont génétiquement distincts de tous les autres lions existants. Selon les spécialistes, les mâles du parc animalier pourraient ainsi bien être les derniers représentants de cette lignée à la crinière foncée, les populations sauvages ayant disparu à cause de la chasse excessive.

De récentes observations ont toutefois récemment Lions, Addis Abeba, Zoo, Ethiopie, Ethiopiafait part de l’existence de félins, au phénotype assez similaire dans l’est et le nord-est de l’Ethiopie. Une étude de terrain couplé d’un programme d’urgence d’élevage en captivité pourrait permettre à cette petite population de survivre encore quelques temps. 

« Une grande quantité de diversité génétique chez les lions a probablement déjà été perdue, en grande partie à cause de facteurs humains », explique Susann Bruche, dans un communiqué.

Citée par LiveScience, celle-ci conclut : 

« Nous espérons que les enquêtes sur le terrain permettront d’identifier les espèces sauvages au même génome que les lions du zoo d’Addis Abeba, mais pour le moment la conservation de la population captive est une première étape cruciale ».

Source : Maxi Sciences, 14 octobre 2012

Les églises, planches de salut des forêts éthiopiennes

Ces dernières décennies, une très grande partie des forêts éthiopiennes a été sacrifiée sur l’autel de l’agriculture. Pourtant, au milieu des kilomètres de terres arables, quelques oasis vertes résistent : les forêts sacrées qui entourent les églises orthodoxes éthiopiennes.

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Il y aurait près de 35 000 forêts sacrées en Ethiopie, dont la plupart se situent aux alentours du lac Tana. Leur taille varie entre un et 300 hectares. Selon les croyances des fidèles de l’église orthodoxe locale, toutes les créatures de dieu doivent pouvoir bénéficier d’un refuge aux abords des lieux sacrés. Ces forêts sacrées, qui abritent des espèces végétales en voie de disparition, représentent pour eux le jardin d’Eden sur terre.

Cette partie de la forêt éthiopienne est elle aussi menacée – non pas par des éléments extérieurs, mais par les fidèles eux-mêmes et le clergé de l’Église. Ces derniers utilisent les branches d’arbres comme du petit bois pour faire du feu, réparer l’église, fabriquer des objets sacrés. Ils cueillent également les plantes qui poussent dans ces forêts pour élaborer des teintures. Ils n’ont pas conscience de l’impact de leurs actions sur l’environnement.

Selon l’Institut des ressources mondiales, les forêts éthiopiennes ne représentent aujourd’hui que 5 % du territoire national. Certains experts prévoient que, sans une protection adaptée, les derniers arbres d’Ethiopie auront disparu d’ici une dizaine d’années.

Pour enrayer ce phénomène, la biologiste américaine Margaret Lowman a mis en place un partenariat avec le clergé de l’Église orthodoxe ainsi qu’avec le chercheur éthiopien Alemayehu Wassie Esheter afin d’impliquer les populations locales dans une protection durable des forêts sacrées.

Margaret Lowman, surnommée “Canopy Meg” (Meg des cimes, NDLR), par ses collègues est biologiste. Elle dirige le centre de recherche environnementale du musée de sciences naturelles de Caroline du nord. En août 2010, elle a passé plusieurs semaines en Ethiopie pour étudier les forêts sacrées.

« Le rôle des forêts sacrées est primordial dans la préservation de la très fragile biodiversité éthiopienne, pourtant la disparition de ces espaces constituent probablement la question environnementale la moins étudiée de notre époque. La déforestation est un problème majeur en Ethiopie comme dans beaucoup de pays d’Afrique de l’Est.

Depuis des dizaines d’années, les arbres sont coupés pour laisser la place aux surfaces agricoles, aux pâturages et aux habitations. En conseillant au gouvernement de planter des milliers d’eucalyptus à croissance rapide pour résoudre le problème, des organisations environnementales, certainement bien intentionnées, n’ont fait qu’empirer les choses. Les eucalyptus sont connus pour être des arbres nécessitant beaucoup d’eau, bien plus que les espèces présentes sur le sol éthiopien. Ces plantations ont contribué à assécher le sol, à le rendre moins fertile, ce qui a eu des conséquences autant sur les cultures de blé que sur les rares espaces de forêts.

Les forêts sacrées comptent parmi les derniers vestiges de la très ancienne forêt afromontane d’Ethiopie dont l’origine remonte au 4ème siècle. Leur existence est primordiale pour trois raisons :
– Elles constituent la seule pépinière d’espèces endémiques éthiopiennes
– Elles accueillent les oiseaux et les insectes qui jouent un rôle fondamental dans la pollinisation des campagnes et notamment dans la croissance du blé
– Elles abritent souvent des sources d’eau. Leur disparition serait un désastre pour le fragile écosystème rural éthiopien.

Protéger ces forêts est, malgré tout, facile. Pour cela, il faut construire des barrières autour de la végétation en laissant une trentaine de mètres entre le premier arbre et les champs de blé. Ce système permet d’éviter que la terre cultivée ne grignote la lisière de la forêt mais aussi empêche les villageois de venir y ramasser du bois. La meilleure des solutions serait évidemment de pouvoir relier toutes ces forêts fragmentées entre elles, mais ce serait pour l’instant impossible sans prendre le risque d’affamer une partie de la population dont l’alimentation dépend exclusivement de l’agriculture locale.

Quand je suis retournée en Ethiopie l’été dernier après ma première visite de sensibilisation en 2008, les prêtres locaux et les habitants étaient fiers de me montrer les barrières de pierres qu’ils avaient érigées. De nouveaux buissons et arbustes avaient même commencé à pousser à la lisière de la forêt. Ils ont aussi attiré mon attention sur un point auquel je n’avais jamais pensé : la nécessité d’avoir des toilettes à proximité de l’église. Quand nous avions étudié les insectes de la forêt, nous avions remarqué un nombre anormalement élevé de bousiers [scarabées qui se regroupent autour d’excréments]. Nous avons ensuite compris que c’était parce que les fidèles avaient pris l’habitude de se soulager dans la forêt. Donc maintenant, en plus d’étudier la biologie, j’étudie la construction des latrines et les questions de santé publique.

Les Ethiopiens aiment sincèrement leur forêt car elle a une signification spirituelle très forte. Notre objectif est que l’Église, et notamment les élèves en catéchisme, s’impliquent totalement dans les initiatives locales de préservation de l’environnement. Nous espérons que les générations futures seront les gardiens de ces forêts sacrées. »

Afin de financer la construction de barrières et de latrines, la biologiste et le programme américain “Tree Foundation” ont mis en place un système de levée de fond qui permettrait aux donateurs de voir leur nom attribué aux espèces d’insectes découvertes.

Voir le site www.canopymeg.com

Source : France 24, 17 mars 2011

Des chercheurs découvrent l’existence d’une espèce de loup gris en Ethiopie

Des scientifiques ont mis au jour l’existence d’une espèce de loup gris vivant en Ethiopie, un animal qu’ils considéraient jusqu’alors comme un chacal égyptien, une sous-espèce du chacal doré. Bien que soupçonnée, jamais la présence de loups n’avait encore été démontrée en Afrique.

Chacals dorés et loups gris cohabitent dans les montagnes d’Ethiopie. Mais jusqu’alors, les scientifiques pensaient que ces deux espèces n’en formaient qu’une. Cette découverte, révélée par des chercheurs de l’Université d’Oxford en Angleterre et de l’Université éthiopienne d’Addis Abeba, a été publiée par la revue scientifique PLoS One, confirmant ce que le biologiste britannique Thomas Huxley avançait déjà dans les années 1880, sans avoir réussi à le prouver.

C’est en analysant les selles des canidés, puis en les comparant avec des données de la Nucleotide, banque de gènes américaine recensant toutes les séquences ADN publiquement disponibles, que les scientifiques ont découvert que les chacals égyptiens étaient en réalité des loups gris, dont le loup Holartique, le loup indien et le loup Himalayen sont des sous-espèces.

Ils entendent désormais poursuivre leurs recherches sur le terrain, afin d’approfondir cette découverte, et évaluer la population de l’espèce en Afrique. Déjà, ils craignent qu’elle soit menacée. De nombreux biologistes mènent des études dans cette région du monde, et comme le souligne Nils Stenseth, de l’Université d’Oslo, ils n’auraient pas manqué de la découvrir si elle comptait de nombreux individus.

Source : Maxisciences, 2 février 2011

Le secteur de la faune sauvage pourrait rapporter plus de 2 milliards de dollars à l’Ethiopie

Le secteur de la faune sauvage pourrait rapporter des fonds annuels évalués à plus de 2 milliards de dollars (40 milliards de Birr) à l’Etat éthiopien, estime l’Autorité éthiopienne pour le Développement et la Conservation de la Faune sauvage (EWDCA).

Selon le coordinateur des services au sein de l’Autorité, Cherie Enawgaw, cité vendredi par l’Agence de presse WALTA, les revenus du secteur de la faune sauvage devraient provenir des différents parcs nationaux et des réserves fauniques, dont dispose le pays.

Les recettes provenant du secteur ces dernières années n’ont pas été à la hauteur des attentes, du fait que ce secteur n’a pas fait l’objet de stratégies de développement, a-t-il fait remarquer, soulignant que le nombre de touristes visitant la faune en Ethiopie est très limité par rapport à ceux qui fréquentent les différents sites historiques.

Il a ajouté que l’Autorité est en liaison avec les organismes internationaux en vue de promouvoir et de valoriser ce secteur, source de revenus potentiels.

L’Ethiopie renferme de nombreuses variétés d’oiseaux qui, tel le gypaète, sont réputés pour se laisser facilement approcher car ils n’ont pas été chassés par l’homme à travers l’histoire. Les espèces les plus nombreuses se rencontrent autour des lacs de la vallée du Rift, à 200 km environ au sud d’Addis Abeba : des aigles pêcheurs, des flamants roses, des ibis et des marabouts y vivent.

La faune classique d’Afrique (lions, girafes, éléphants, crocodiles, hippopotames) peuple le parc de la vallée de l’Omo et le parc d’Awash, tous deux propices à des safaris.

De même, le récent recensement de la faune éthiopienne a révélé une croissance de l’ibex avec une population atteignant 740. Le nombre d’ibex walia, l’une des espèces endémiques de l’Ethiopie, se serait multipliée par cinq, passant de 150 à 740 en seulement dix ans.

Source : Aufait Maroc, 24 décembre 2010

Réserves de biosphère en Ethiopie

Le Conseil international de coordination du Programme de l’UNESCO sur l’homme et la biosphère (MAB) a désigné pour la première fois des sites en Ethiopie au Réseau mondial de réserves de biosphère lors de sa 22ème session, qui se tient au siège de l’organisation à Paris.

Les nouveaux sites désignés sont le Kafa et le Yayu.

Le Kafa, qui s’étend sur plus de 700 000 hectares, est considéré comme un véritable trésor scientifique, économique, esthétique et culturel et est le berceau du caféier d’Arabie (Coffea Arabica), espèce rare et dangereusement menacée.

Le Yayu, situé au sud-ouest de l’Ethiopie, fait partie de la zone de grande diversité biologique de l’une des 34 zones au monde qui, bien qu’indispensables à la conservation de la biodiversité, sont sérieusement menacées.

« Les réserves de biosphère sont des zones désignées dans le cadre du Programme MAB de l’UNESCO, dans le but d’y tester différentes approches de gestion intégrée des ressources et de la biodiversité terrestres, qu’elles soient d’eau douce, côtières ou marines. Des expériences sur le développement durable y sont donc menées afin d’en tirer des enseignements », a précisé l’UNESCO.

Source : Afrique en ligne, 4 juin 2010

Voir aussi :

Site “Kafa Coffee Biosphere Reserve”

La faune éthiopienne en pleine croissance

Le récent recensement de la faune éthiopienne a révélé une croissance cette année, avec une population d’ibex atteignant 740 alors qu’elle était de 150 il y a quelques années, a appris APA mercredi.

Le recensement a eu lieu dans le Parc National du Simien, au Nord de l’Ethiopie, l’un des plus grands parc du pays.

Le nombre de walias ibex, l’une des espèces endémiques de l’Ethiopie, se serait multipliée par cinq, passant de 150 à 740 en seulement dix ans, a déclaré Derebe Deqseyos, expert écologiste.

Selon la radio éthiopienne, l’expert a déclaré que la population faunique spécifique à l’Ethiopie, dont le loup d’Abyssinie et le babouin gelada, ont connu une croissance exponentielle. Le nombre de loups d’Abyssinie est passé de 20 à 78, alors que celui de babouins gelada a atteint 8 000.

L’initiative de l’écotourisme, l’interdiction du braconnage et l’intensification de la sensibilisation au sein de la population auraient contribué à l’augmentation des animaux endémiques éthiopiens.

Cette augmentation permettrait de sauver des espèces fauniques dans le parc qui seraient autrement fortement menacées.

Le walia ibex, aussi connu sous le nom d’ibex abyssinien, est l’un des différentes espèces d’ibex sérieusement en danger.

Source : Agence de Presse Africaine, 18 décembre 2008

Vidéo : Le loup d’Abyssinie

Voir aussi :

 Le loup d’Abyssinie : La meute assiégée
Campagne de vaccination pour le loup d’Abyssinie

Campagne de vaccination pour le loup d’Abyssinie

Moins de 500 loups d’Abyssinie se partagent les montagnes éthiopiennes. Ils sont régulièrement suivis par des équipes de protecteurs de la nature, aussi bien anglais qu’éthiopiens.

Ces canidés sont très sensibles à la rage, or la population de ces loups établie dans le parc national du Bale vit à proximité des humains, les Oromo, et de leurs chiens.

Malgré les efforts des vétérinaires qui vaccinent tous les ans les chiens domestiques des villages du Bale, la rage a de nouveau fait son apparition en octobre. La maladie a déjà touché la population de loups, 13 animaux qui avaient contracté la rage sont morts. Si rien n’est tenté, ce sont les 2/3 des meutes de la vallée du Bale qui risquent de disparaître.

Les vétérinaires, après accord du groupe Canidés de l’UICN et de l’Autorité de Conservation de la Vie Sauvage d’Ethiopie, ont décidé de vacciner tous les autres loups à titre de prévention. Une rude tâche pour ces hommes qui doivent se déplacer à cheval et camper dans la montagne où la température atteint -15°C. Le premier animal a été vacciné le 20 octobre. Une précédente campagne menée en 2003 avait permis de stopper l’épidémie. Espérons qu’il en sera de même cette année.

Source : AVES France, 3 novembre 2008

Voir aussi :

 Le loup d’Abyssinie : La meute assiégée
Le loup d’Abyssinie

FAUNE & FLORE : Sommaire

Des montagnes comme des îles

FAUNE

Le Babouin gélada

Le babouin gélada : Un monarque aux pieds d’argile

Le Loup d’Abyssinie

Le loup d’Abyssinie : La meute assiégée

 Le loup d’Abyssinie

 Campagne de vaccination pour le loup d’Abyssinie

Le Marabout

Marabouts

FLORE

La végétation éthiopienne

Les plantes médicinales en Ethiopie

L’ensète (ou faux bananier), un arbre miraculeux

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