Archives de la catégorie 'Région Oromia'

En Éthiopie, les pèlerins de l’Aïd

Deux fois par an, des dizaines de milliers d’Oromos, une ethnie éthiopienne, se rendent sur la tombe de Cheikh Hussein. Un lieu saint à la croisée de l’islam et des croyances africaines.

Cheikh Hussein, Pèlerinage, Islam, Ethiopie, Ethiopia

La canne de bois tournoie au-dessus des têtes. Entre deux moulinets de son bâton fourchu dénommé oule, le derviche cheikh Hassan tonne au milieu des fidèles sagement assis sur les six gradins de terre battue soutenus par des murets de pierre. Face à eux, un modeste parvis conduit au mausolée de Cheikh Hussein. Subjugués, ils sont plusieurs centaines à écouter les harangues de ce prédicateur au visage cuivré, éclairé par des yeux vifs qui encadrent un nez aquilin en surplomb d’une bouche à la dentition hasardeuse. La foule des pèlerins applaudit, reprend les incantations, répète les slogans au signal de cet homme sec comme un coup de trique, étrangement coiffé de perles de couleur enchevêtrées dans sa tignasse. Ici et là, des mains se tendent avec un billet de quelques birrs, la monnaie éthiopienne. Le derviche saisit l’argent et postillonne dans le visage de chaque donateur en signe de bénédiction. Sur ces hauts plateaux désertiques, ni la chaleur de plomb ni les orages soudains de la saison des pluies ne dissuadent le pèlerin. Rôtir sous un soleil brûlant ou patauger dans la boue sont le prix à payer pour s’attirer les faveurs du saint inhumé à quelques dizaines de mètres, sous un dôme couvert d’une chaux tellement immaculée qu’elle éblouit le regard.

Figure musulmane du 13ème siècle, Cheikh Hussein fut le premier missionnaire à quitter les côtes pour islamiser les populations dans les profondeurs de l’Ethiopie. Les Oromos, ethnie la plus nombreuse d’Ethiopie – 26 millions, soit environ un tiers de la population totale -, lui prêtent non seulement une grande sagesse mais ils lui attribuent également toutes sortes de miracles qui ont donné naissance au culte. Les incantations, les suppliques et les vœux que les pèlerins lui adressent trahissent des origines préislamiques. Par une sorte de syncrétisme, les Oromos prient le saint pour écarter les esprits et se gagner les faveurs de Waq, la divinité que leurs ancêtres adoraient avant de se convertir, à parts égales, à l’islam ou au christianisme. Dans Le Dragon de Cheik Hussen, Henry de Monfreid évoque une légende toute africaine : l’histoire d’un prince tyrannique transformé en serpent avant d’être pétrifié dans une grotte. Les pèlerins les plus courageux descendent effectivement dans une sorte de canyon, à une bonne demi-heure de marche du village, par un sentier escarpé. Là, ils font halte devant deux grottes. Dans la première, d’où jaillit une source, se trouve un pilier rocheux que les dévots appellent “serpent”. Plus bas, une cavité plus vaste aurait abrité Cheikh Hussein lorsqu’il méditait.

Deux fois par an, le village de Cheikh Hussein accueille des dizaines de milliers d’Oromos venus vénérer le saint. Un premier pèlerinage a lieu en début d’année – autour de janvier-février – pour célébrer sa naissance. L’autre se tient au moment de l’Aïd el-Kébir, la fête du sacrifice. Cette année, elle tombait le 15 octobre. Pendant trois jours, cette petite bourgade démunie (elle n’est pas raccordée au réseau électrique) se mue en un gigantesque bivouac. Selon le chef de la sécurité de la région, plus de 700 cars bondés ont convoyé des pèlerins venus de toute l’Ethiopie, voire de Djibouti, d’Erythrée, d’Ouganda et de Somalie. Au bas mot, 35 000 âmes. S’y ajoutent les milliers de courageux, de dévots attachés à la tradition, ou de désargentés venus à pied, à cheval, à dos d’âne. Ceux qui ont pris le car d’Addis Abeba ont mis trois jours pour arriver. Ceux qui ne sont pas motorisés ont parfois dû marcher un mois avant d’apercevoir le dôme blanc… C’est que la route qui conduit aux sanctuaires n’est pas de tout repos. Pour la plupart des pèlerins, il a fallu franchir l’imposant massif des monts Balé, qui dépassent les 4000 mètres, avant de redescendre à travers des plateaux volcaniques plantés de céréales à perte de vue. Cols pentus, pistes boueuses criblées d’ornières, routes défoncées par les rivières en crue n’ont pas facilité le voyage. Pas plus que les moteurs essoufflés des autocars cacochymes qu’il faut réparer en rase campagne.

Avant d’effectuer le circuit rituel, les pèlerins s’installent. Lestés de leurs ballots, de quelques branches de bois de chauffage et de pauvres couvertures, ils organisent leurs bivouacs en famille – la polygamie multiplie les enfants – et entre gens du même village. Selon la coutume, on doit offrir l’hospitalité aux porteurs du oule. Les locaux les accueillent donc sur un bout de leur terrain. Parfois, ils leur concèdent un semblant de toit.

Plongés dans l’obscurité, les fidèles prient des heures durant

Le “sacrifice” est indolore : chaque pèlerin, selon ses moyens, fait des offrandes à plusieurs reprises pendant son séjour. De l’argent mais aussi du bétail (moutons, chèvres, bœufs, chevaux, dromadaires…). Et cette abondance est redistribuée aux autochtones par le chef du village, Cheikh Kadir, réputé descendant en ligne directe de Cheikh Hussein.

A peine installés, les arrivants dévalent la rue principale qui conduit tout droit au mausolée. Quelques pas avant le porche, ils ôtent leurs chaussures. Des pèlerins s’allongent à plat ventre à même le sol et restent ainsi de longues minutes. D’autres se plaquent contre le mur d’enceinte en écartant les bras. D’autres encore posent leurs lèvres sur les piliers, collent une joue contre la chaux, caressent la grossière maçonnerie.

Pourtant, c’est à l’intérieur du dôme que le culte prend toute sa ferveur. Deux portes, des trappes d’un mètre de haut, conduisent à la tombe de Cheikh Hussein. Il y fait noir comme dans un four. En avançant à tâtons, on n’arrête pas de trébucher sur des gens couchés à même la terre battue contre le tombeau. Ils saisissent de la poussière à pleines poignées, se maculent le visage avec, puis avalent ce qu’il reste. Prostrés, ils peuvent demeurer là des heures durant à prier Cheikh Hussein afin qu’il leur accorde une bonne récolte, une terre à cultiver, la naissance d’un enfant, une guérison, etc.

Aveuglés par la lumière du jour, le visage blanchi, les pèlerins ressortent du tombeau avec une expression béate. Coiffée d’un châle bleu et vêtue d’une robe imprimée sur fond rouge, Baysa Hussein, 55 ans, sourit de toutes ses dents. Dans sa main, elle tient un sachet de plastique qu’elle a rempli de terre du tombeau. Son mari, Gabyo Abdou, 75 ans, porte un jerricane jaune. A la sortie du tombeau, ils se dirigent vers l’étang couvert d’une couche d’algues vert vif pour y puiser l’eau zamzam (sacrée). L’eau et la terre rapportées du lieu saint les mettront à l’abri du malheur. Ils viennent à Cheikh Hussein deux fois par an : trois jours aller, trois jours retour et six jours sur place. « Il a exaucé tout ce que nous lui avons demandé, dit Baysa Hussein. Il a même guéri la stérilité d’une de nos filles. »

Une fois prières collectives et dévotions accomplies, les pèlerins regagnent leurs bivouacs en longeant les étals des marchands accourus pour l’événement. Un véritable souk s’organise autour de la rue principale. On y vend nourriture, vêtements, encens, bric-à-brac de cuisine. Mais le produit numéro un n’est pas un bien de première nécessité. C’est du khat. Toute la journée, une noria de motocyclettes, de chevaux et de dromadaires livrent des centaines de kilos de bottes de couleur verte. Partout, assis en groupes, hommes ou femmes, les pèlerins dépouillent ces branches pour en mâcher les feuilles les plus tendres. Drogue de la Corne de l’Afrique à laquelle on prête des vertus stimulantes, le khat a pris une place considérable en Ethiopie, au point de supplanter la culture du caféier dans certaines régions. A Cheikh Hussein, sa rumination occupe les longues soirées du pèlerinage.

A la fois grand ordonnateur de l’événement et chef du village, Cheikh Kadir, 62 ans, supervise campements, prières et offrandes. Haute stature, silhouette élancée, élégamment vêtu, il déambule autour du sanctuaire avec une canne de bois. Les passants lui baisent les mains pour témoigner le respect dû au descendant du saint. « Cheikh Hussein est là pour tous, explique son lointain rejeton. Pas seulement pour les musulmans : des chrétiens, des animistes viennent ici lui demander son aide. C’était un sage et un grand savant. Il a appris aux Oromos ce qui est haram (péché) et halal (licite).» Le khat est-il halal? « Il fait partie du culte, répond Cheikh Kadir. Là où Cheikh Hussein faisait sa prière, se trouvait un arbuste de khat. Et il a dit à chacun que ses feuilles étaient bonnes parce qu’elles calment. »

C’est à Cheikh Kadir qu’il revient d’animer le point d’orgue du pèlerinage: il conduit la grande prière de l’Aïd. Les dizaines de milliers de pèlerins se réunissent dans un champ à l’entrée du village, face à l’école primaire. Là, en rangs serrés, hommes devant, habillés en blanc, femmes derrière, vêtues de tenues colorées, ils prient tous Allah et son prophète Mahomet. L’espace de quelques heures, ce Cheikh Hussein aux pouvoirs miraculeux passe au second plan. Les Oromos retrouvent l’islam de tous les musulmans du monde. Pourtant, une fois retournés dans les campements, quand ils se regroupent autour du mouton grillé, de lentes mélopées s’élèvent du feu de camp. Les pèlerins chantent les louanges de… Cheikh Hussein.

Source : Le Figaro, 15 novembre 2013

Un trek au secours de la forêt

par Emmanuel Leroux-Nega

En Éthiopie, dans les montagnes du Balé, une région autrefois ignorée des touristes, une association de guides touristiques locaux tente de préserver ce qui reste de la forêt en proposant des treks écoresponsables.

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Voilà, près de trois heures que l’on marche. Le souffle coupé par l’altitude, nous peinons à franchir les derniers mètres qui nous séparent du sommet. L’air est frais, mais le soleil des montagnes nous terrasse. Ayano, le guide du trek, fait un signe : c’est la pause.

Autour de nous, les sommets nus des montagnes du Balé surplombent les magnifiques forêts tropicales que l’association Bale Trek travaille à préserver. Située à 400 km au sud-est d’Addis Abeba, la capitale éthiopienne, la chaîne de montagnes s’étend sur plus de 2 000 km². Il s’agit de la plus importante étendue alpine du continent et un des derniers grands poumons verts du pays.

« Quand j’étais jeune, il n’y avait que de la forêt ici, se désole Ayano en pointant une série de champs à flanc de montagne. Les habitants utilisent le bois des arbres pour se chauffer, cuisiner, construire leurs clôtures ou le vendre au marché de la ville. »

Trek, Marche, Balé, Ethiopie, EthiopiaLes montagnes ressemblent, en effet, à un grand fromage gruyère. Séparées les unes des autres de quelques kilomètres, des clairières viennent trouer la forêt. Elles abritent des habitations isolées, huttes de terre et de paille entourées d’une sommaire clôture de bois, mais surtout des champs et des pâturages. Des familles, que la surpopulation de la vallée pousse à s’établir toujours plus haut dans la montagne, y cultivent de quoi survivre, entraînant peu à peu la disparition de la forêt.

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Le lac Ziway

(Autre nom : Dambal)

Situé à 163 km d’Addis Abeba, le lac Ziway couvre 424 km² et atteint une profondeur maximale de 4 m. C’est le plus étendu des cinq lacs de la vallée supérieure du Rift.

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Des cinq îles, dont certaines n’hébergent que quelques personnes, Tullu-Guddu est la plus vaste et la plus peuplée. Selon la tradition, c’est ici, dans une église aujourd’hui en ruine, que l’Arche d’Alliance, accompagnée d’une importante escorte, aurait trouvé refuge après avoir fui Axoum en proie au désastre. La présence sur l’île de la petite communauté zaï, parlant un dialecte d’origine sémitique proche du tigréen, pourrait attester de l’histoire.

Les rives de ce lac poissonneux abritent une faune ornithologique très riche (cygnes, ombrettes du Sénégal, oies, aigles pêcheurs, aigrettes, ibis et parfois même des grues), tandis qu’une importante colonie d’hippopotames se concentre dans les anses plus calmes, à proximité de prairies où les imposants plantigrades paissent la nuit venue.

Source : Le Petit Futé : Ethiopie (Edition 2005/2006)

Voir aussi :

Album photo du lac Ziway

L’Ethiopie dévoile un projet d’énergie éolienne construit dans la ville d’Adama

L’Ethiopie a dévoilé, le week-end dernier, un projet d’énergie éolienne construit dans la ville d’Adama, au centre du pays, pour un coût global de 117 millions de dollars.

Eoliennes

La presse locale rapporte mardi que ce projet baptisé “Parc éolien Adama 1” est doté d’une capacité de production énergétique de 51 Mégawatts.

Selon la même source, le coût de réalisation du projet a été couvert à hauteur de 85 % par des prêts accordés par la Chine, le reste étant financé par le gouvernement éthiopien.

S’exprimant lors d’une cérémonie organisée samedi à l’occasion de l’inauguration du site, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, a souligné que le pays ambitionne de porter la production du parc à 10 000 MW à l’horizon 2015 et ce dans le cadre du Plan de croissance et de transformation (Growth and Transformation Plan- GTP) lancé par l’Ethiopie en 2010 avec pour objectif de développer des sources alternatives renouvelables comme l’éolien, le solaire ou la géothermie.

Pour sa part, le responsable du site, Fikadu Abraham, a mis en exergue la rentabilité du projet tant au niveau économique qu’écologique, soulignant que le projet n’aura aucun impact négatif sur l’environnement et les habitants des localités avoisinantes. Et d’ajouter que le parc éolien Adama 1 a été déjà connecté au réseau électrique du pays.

Le potentiel hydroélectrique de l’Ethiopie est estimé à 45 000 MW et celui de l’énergie géothermique à 5 000 MW.

Source : Atlas Info, 4 décembre 2012

Photo satellite de Nekemté


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Nekemté
Album photo de Nekemté
Vidéos de Nekemté

Nekemté
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(Autres noms : Lekemt, Naqamtee)

Nekemté (9°5′N, 36°33′E) est une ville autonome qui se situe à 2 088 m d’altitude et à 340 km d’Addis Abeba, dans la zone Welega Est de la région Oromia d’Ethiopie.

Nekemté, Lekemt, Naqamtee, Carte, Map, Ethiopie, Ethiopia

Nekemté, qui fut la capitale de l’ancienne province du Welega, n’est aujourd’hui qu’un gros bourg qui s’étend autour de la place principale où trône encore l’étoile rouge, symbole du régime marxiste du Derg, que personne n’a songé à déboulonner.

L’identité oromo, ici très marquée, trouve son expression dans un musée consacré à la culture de ce peuple qui constitue la majorité de la population éthiopienne. Outre les marchés du jeudi et du samedi, ce musée représente l’attraction majeure de la ville.

Nekemté, Ethiopie, Ethiopia

POINTS D’INTÉRÊT

Le musée Muziiyema Wallaggaa
Ouvert du mardi au dimanche, de 8h30 à 12h30 et de 14h à 18h. Entrée : 25 birr.
Complet et bien présenté, ce musée est indéniablement le plus intéressant, en dehors du Musée ethnologique d’Addis Abeba.
Objets et outils de culture traditionnelle oromo nous renseignent sur les activités regroupant le travail du coton, du bois, du cuir, de la corne, de la pierre ou de la terre. On y apprend que la région du Welega est particulièrement riche en essences d’arbres très diversifiées, mais aussi en ressources minières (or, platine, fer…).
Une des salles expose les habits traditionnels et les instruments de musique oromo ainsi que de l’ethnie jebelawi, cette population musulmane vivant autour d’Asosa. Parmi les objets religieux est conservée la première Bible traduite en oromo par Anismos Neciv au 19ème siècle. La lecture de certains panneaux explicatifs confirme, par l’idéologie des textes, qu’ils ont été réalisés à l’époque du Derg et non renouvelés depuis. Les commentaires du guide sont vivants et rendent cette visite agréable.

DÉMOGRAPHIE

D’après les estimations de l’Agence Centrale de la Statistique éthiopienne (CSA) pour 2010, Nekemté compte 84 111 habitants (42 886 hommes et 41 225 femmes).

Avec une superficie de 29,50 km², la ville a une densité de 2 851 habitants par km².

TRANSPORTS

Bus
Addis Abeba (30 birr – 9 h), Ambo (18 birr – 6/7 h), Jimma (17 birr – 6/7 h), Bédélé (20 birr – 5 h), Dembidolo (39 birr – 12 h). Pour Gambela, il faut se rendre à Métu via Bédélé.

HÉBERGEMENT – RESTAURANTS

Millifoli
Près de la place centrale, sur la route de Bahir Dar.
Chambres (20 à 25 birr).
Le meilleur rapport qualité-prix. Le rez-de-chaussée est occupé par une pâtisserie au décor rétro étonnamment soigné et idéale pour un petit déjeuner.

Ethiopia
Dans la même rue que le Millifoli, un peu plus bas. Tel : (07) 61 10 88.
Chambres avec douche (60 birr).
Hôtel gouvernemental typique par son mobilier et ses prix un peu exagérés. Le restaurant propose une bonne cuisine à des prix très corrects.

Wugagen
Sur la route d’Addis Abeba. Tel : (07) 61 18 08.
Chambres avec douche (54 à 60 birr).
Dans un grand bâtiment d’apparence moderne. Le restaurant propose un choix de plats varié.

Anger
Plus bas, sur la route de Bahir Dar. Tel : (07) 61 37 67.
Chambres avec douche commune (15 à 20 birr) ou privée (25 à 40 birr).
Les chambres les moins chères sont d’un confort minimal. Celles avec douche privée sont un peu mieux tenues. Grand restaurant traditionnel pour les adeptes de tej.

La ville compte de nombreuses pâtisseries servant gâteaux et jus de fruit frais.

Sources : Wikipedia
Agence Centrale de la Statistique éthiopienne
Le Petit Futé : Ethiopie (Edition 2005/2006)
Ethiopie : Au fabuleux pays du Prêtre Jean (Edition 2003)

Voir aussi :

Album photo de Nekemté
Photo satellite de Nekemté
Vidéos de Nekemté
La région Oromia
La zone Welega Est

Vidéos : Nekemté

Nekemté (1)

Nekemté (2)

Voir aussi :

Nekemté
Album photo de Nekemté
Photo satellite de Nekemté

REGION OROMIA : Sommaire

LA ZONE ARSI +

Le woreda Amigna

Le woreda Aseko

Le woreda Bekoji

Bekoji +

Le woreda Chole

Le woreda Digeluna Tijo

Le woreda Dodotana Sire

Le woreda Gedeb

Le woreda Gololcha

Le woreda Hitosa

Le woreda Jeju

Arboye

Bolo

Le woreda Kofele

Le woreda Merti

Le woreda Munesa

Le woreda Robe

Le woreda Seru

Le woreda Sherka

Le woreda Sude

Le woreda Tena

Le woreda Tiyo

Asela +

Le woreda Ziway Dugda

LA ZONE BALE +

Robé +

Le woreda Adaba

Le woreda Agarfa

Le woreda Berbere

Le woreda Dodola

Le woreda Gaserana Gololcha

Le woreda Ginir

Le woreda Goba

Goba

Le woreda Goro

Le woreda Guradamole

Le woreda Kokosa

Le woreda Legehida

Le woreda Meda Welabu

Le woreda Mennana Harena Buluk

Le woreda Nensebo

Le woreda Raytu

Le woreda Seweyna

Le woreda Sinanana Dinsho

LA ZONE BORENA +

Le woreda Adolana Wadera

Le woreda Arero

Le woreda Bore

Le woreda Dire

Le woreda Gelana Abaya

Le woreda Hagere Mariam

Le woreda Liben

Le woreda Moyale

Le woreda Odo Shakiso

Le woreda Teltele

Le woreda Uraga

Le woreda Yabelo

LA ZONE CHOA EST +

Le woreda Ada’a Chukala

Le woreda Adama

Le woreda Adami Tullu et Jido Kombolcha

Le woreda Akaki

Le woreda Arsi Negele

Le woreda Boset

Le woreda Dugda Baro

Le woreda Fentalé

Le woreda Gimbichu

Le woreda Lome

Le woreda Seraro

Le woreda Shashamene

LA ZONE CHOA NORD +

Le woreda Abichuna Gne’a

Le woreda Berehna Aleltu

Le woreda Dera

Le woreda Gegem

Le woreda Gerar Jarso

Le woreda Hidabu Abote

Le woreda Kembibit

Le woreda Kuyu

Le woreda Mulona Sululta

Le woreda Wara Jarso

Le woreda Wuchalena Jido

Le woreda Yaya Gulelena Debre Liban

LA ZONE CHOA OUEST

Le woreda Adda Berga

Le woreda Alem Gena

Le woreda Amaya

Le woreda Ambo

Ambo + +

Le woreda Bako Tibe

Le woreda Becho

Le woreda Cheliya

Le woreda Dano

Le woreda Dawo

Le woreda Dendi

Le woreda Ejerie (Addis Alem)

Le woreda Elu

Le woreda Ginde Beret

Le woreda Jeldu

Le woreda Kersana Kondaltiti

Le woreda Kokir

Le woreda Meta Robi

Le woreda Nono

Le woreda Tikur

Le woreda Tole

Le woreda Walisona Goro

Le woreda Walmara

Le woreda Wenchi

LA ZONE HARARGHE EST

Le woreda Babile

Babile

La Vallée de Dakhata +

Le woreda Bedeno

Le woreda Deder

Le woreda Fedis

Le woreda Girawa

Le woreda Gola Odana Meyumuluke

Le woreda Goro Gutu

Le woreda Gursum

Le woreda Haro Maya

Aweday + + +

Le woreda Jarso

Le woreda Kersa

Le woreda Kombolcha

Le woreda Kurfa Chele

Le woreda Malka Balo

Le woreda Meta

LA ZONE HARARGHE OUEST

Le woreda Boke

Le woreda Chiro

Asebe Teferi +

Le woreda Darolebu

Le woreda Doba

Le woreda Guba Koricha

Le woreda Habro

Le woreda Kuni

Le woreda Mesela

Le woreda Mieso

Le woreda Tulo

Hirna +

LA ZONE ILLUBABOR +

Le woreda Ale

Le woreda Bédélé

Le woreda Bure

Le woreda Chora

Le woreda Darimu

Le woreda Dega

Le woreda Didessa

Le woreda Gechi

Le woreda Metu

Le woreda Nono

Le woreda Supena Sodo

Le woreda Yayu

LA ZONE JIMMA +

Agaro

Le woreda Chora Botor

Le woreda Dedo

Le woreda Gera

Le woreda Gomma

Beshasha

Le woreda Guma

Le woreda Kersa

Le woreda Limu Kosa

Le woreda Limu Seka

Le woreda Mana

Le woreda Omo Nada

Le woreda Seka Chekorsa

Le woreda Setema

Le woreda Shebe Senbo

Le woreda Sigmo

Le woreda Sokoru

Le woreda Tiro Afeta

LA ZONE WELEGA EST +

Le woreda Abay Chomen

Le woreda Abe Dongoro

Le woreda Amuru Jarte

Le woreda Bila Seyo

Le woreda Diga Leka

Le woreda Gida Kiremu

Le woreda Guduru

Le woreda Guto Wayu

Le woreda Ibantu

Le woreda Jimma Arjo

Le woreda Jimma Horo

Le woreda Jimma Rare

Le woreda Limmu

Le woreda Nunu Kumba

Le woreda Sibu Sire

Le woreda Sasiga

Le woreda Wama Bonaya

LA ZONE WELEGA OUEST +

Le woreda Anfillo

Le woreda Ayra Guliso

Le woreda Begi

Le woreda Boji

Le woreda Dale Lalo

Le woreda Gawo Dale

Le woreda Gimbi

Le woreda Haru

Le woreda Hawa Welele

Le woreda Jarso

Le woreda Jimma Gidami

Le woreda Lalo Asabi

Le woreda Mana Sibu

Le woreda Nejo

Le woreda Nole Kaba

Le woreda Sayo

Le woreda Yubdo

Le Parc national des lacs Abijata et Shalla

Situés au niveau du lac Langano, de l’autre côté de la route, les lacs Abijata et Shalla constituaient un véritable paradis ornithologique, ce qui leur a valu leur classement en Parc national, dont ils recouvrent plus de la moitié des 887 km².

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Cet univers aquatique fut le refuge d’une myriade d’oiseaux, parmi lesquels des milliers de pélicans, et constituait en hiver une halte appréciée des oiseaux migrateurs. Malheureusement, depuis plusieurs années, le niveau des eaux du lac Abijata, qui représentait la réserve alimentaire de ces hordes de volatiles, ne cesse de baisser du fait de l’irrigation soutenue de la région de la rivière Bulbula, en amont, et du pompage industriel de l’usine d’extractions de cendre de soude, au nord du lac. La hausse de la salinité a entraîné la quasi-disparition des poissons du lac et la migration des pélicans vers le lac Ziway notamment. En revanche, cette nouvelle configuration semble faire le bonheur des flamants roses, qui se regroupent par dizaines de milliers sur les berges vaseuses du lac, un spectacle qui à lui seul vaut le déplacement. Et que dire de la beauté du site naturel dans lequel s’intègrent les lacs !

Bien que seulement séparés par une bande de terre que domine le mont Fike du haut de ses 2 075 m, ces lacs jumeaux possèdent des caractéristiques bien dissmeblables dont la différence de teinte est le premier indice.

Au nord, le lac Abijata, qui ne dépasse pas les 14 m de profondeur, est entouré de douces collines verdoyantes. La rivière Hora Kelo se fraye un chemin dans la forêt d’acacias avant de se jeter dans le lac.

Le lac Shalla, quant à lui, est, avec ses 250 m, le plus profond des lacs du Rift éthiopien. Il est alimenté au sud-est par la rivière Debaba et au nord-ouest par la rivière Dijo. Ses flancs abrupts, dominés par un escarpement de plus de 400 m irisé d’euphorbes et d’acacias, s’expliquent par son origine volcanique, que rappellent les sources bouillonnantes qui jaillissent de ses rives.

Dans la fraîcheur du petit matin, la vapeur qui s’en échappe crée une atmosphère saisissante. Ces sources varient considérablement en taille et en température (la plus importante produit quotidiennement 50 000 litres d’eau bouillante), mais leur composition chimique est identique à celle du lac. La température y est telle que les habitants des contrées avoisinantes y viennent faire cuire des aliments par simple immersion, tandis que d’autres profitent des vertus curatives de la source en se prélassant dans de petites vasques aménagées à cet effet.

Les petites îles qui parsèment la surface du lac constituent encore un refuge à l’abri des prédateurs et un lieu de nidification idéal pour les oiseaux. Certaines de ces îles ont une surface de quelques centaines de mètres carrés seulement, d’autres plus de 25 hectares.

Le lac Chitu est un petit lac de cratère (2 km de diamètre environ) situé au sud-ouest du lac Shalla. De la rive, on peut approcher et admirer des milliers de flamants roses qui se nourrissent dans les marécages bleu-vert au bord du lac. Le plumage rosé des flamants et la couleur des marais donnent une teinte insolite au décor.

Le parc abrite un nombre restreint de mammifères. Les hyènes tachetées, les chacals communs et les chacals à chabraque, les oréotragues et les grands koudous se terrent dans la région escarpée aux abords du lac Shalla. Ils se laissent difficilement approcher. Par contre, sur la plaine riveraine des lacs Abijata et Chitu, les babouins doguéras, les phacochères, les porcs-épics et les gazelles de Grant sont moins farouches et se manifestent plus fréquemment.

Un parcours idéal mène de l’entrée du parc au point de vue panoramique s’ouvrant sur les deux lacs et, plus bas, aux sources chaudes. Il est conseillé de rouler à bonne distance des lacs. Même si les berges semblent praticables, elles sont le plus souvent meubles et représentent de forts risques d’enlisement. A Abijata, de l’ancienne berge à l’eau proprement dite, une immense étendue de vase recouverte d’une croûte séchée s’est constituée, sur laquelle il ne faut s’aventurer qu’avec précaution. Plus on approche de l’eau, plus le sol devient élastique sous les pas, créant une sensation très étrange. Il est possible de s’approcher à environ 30 m des flamants roses, en veillant bien à éviter les taches sombre sur la croûte qui signalent les endroits les plus meubles.

INFORMATIONS PRATIQUES

Droit d’entrée
Touriste (pour 48 h) : 50 birr par adulte, 25 birr par enfant / Résident (pour 48 h) : 30 birr par adulte, 10 birr par enfant + 10 birr par véhicule.
Le droit d’entrée se règle au portail principal du parc, à Dole, sur le bas-côté droit de la route, face au chemin qui mène à l’hôtel Bekele Mola de Langano. D’ici, un scout armé, recommandé pour surveiller la voiture, peut vous accompagner (pourboire 30-50 birr).
L’accès au lac Chitu se fait par une piste débutant à 18 km de Shashamene, sur la route d’Arba Minch, au niveau d’Aware, et nécessite l’acquittement préalable du droit d’entrée. L’accès à Abijata est beaucoup plus facile par l’entrée du parc située quelques kilomètres après Bulbula. Mais, là aussi, il faut présenter le reçu délivré uniquement à l’entrée principale.

Quand visiter le parc ?

Le parc est accessible toute l’année. Les pistes sont carrossablesen 4×4 même pendant la saison des pluies qui dure de juin à septembre. A cette saison, le temps varie entre fortes pluies et grandes éclaircies. Des pluies occasionnelles s’abattent entre la fin du mois de janvier et début avril. La température est généralement clémente, entre 20°C et 24°C de mai à juin (les mois les plus chauds) et entre 16°C et 20°C de décembre à janvier (les mois les plus froids).

HÉBERGEMENT

Le petit refuge de Gike, situé entre les lacs Shalla et Chitu, peut accueillir 4 personnes. Perché au sommet d’une colline, il surplombe le lac Shalla. L’eau potable, le combustible et la nourriture doivent être amenés par les voyageurs. Pour y séjourner, il faut obtenir la permission des gardiens du parc.

Il est aussi possible de camper dans le parc. L’emplacement habituel pour le camping se situe entre le poste de contrôle du lac Shalla et les sources d’eau chaude. A votre demande, une personne se chargera de vous fournir du bois pour le feu de camp.

Sinon, les hôtels de Langano peuvent constituer des bases de départ idéales vers le parc.

Sof Omar

Après Robé, la piste descend progressivement vers les basses terres arides jusqu’à 1 300 m et atteint après 110 km Sof Omar. Le village s’étend le long des gorges de la rivière Web, qui ici se perd dans un labyrinthe souterrain formant le plus vaste réseau de grottes naturelles du continent africain.

Sof Omar, Grottes, Balé, Ethiopie, EthiopiaDans la roche calcaire blanche, l’érosion a façonné un formidable ensemble fait de porches imposants, de salles majestueuses, d’arches et de piliers, une véritable cathédrale naturelle où le bruit de la rivière participe à une atmosphère déjà envoûtante.

Le réseau de galeries s’étend sur 16 km, percés de 42 passages dont l’exploration complète nécessite un véritable équipement de spéléologie. Cependant, une promenade d’une heure permet de découvrir une partie de l’ensemble souterrain dont le “grand dôme” et la “chambre des colonnes”, entre le pont naturel d’Ayyo Mako et la résurgence de Hulluqa. D’étonnantes sculptures rocheuses, comme le “tapis de Sof Omar”, s’étendent tout au long du lit de la rivière. Si la présence d’un guide semble indispensable, il ne faut pas hésiter à négocier les prix. 20 à 30 birr par personne et 50 pour un groupe semble raisonnable.

Au-delà de sa grande beauté naturelle, le site est également un des hauts lieux de l’islam éthiopien. C’est en effet ici que le scheik Safiyullah Omar (Sof Omar) trouva refuge au premier temps de l’islam, avant que la nouvelle religion ne se diffuse dans la région du Balé. Ici pourtant, les rites animistes immémoriaux vénérant les esprits souterrains se mêlent au culte musulman à la mémoire du saint homme et, lors des pèlerinages, de très nombreuses offrandes païennes s’accumulent à l’entrée des grottes.

La région et les abords de la rivière sont un bon lieu d’observation de la vie animale où vivent singes, koudous, dik-dik ou encore des tortues et des reptiles, ainsi que de nombreuses espèces d’oiseaux et de papillons. Il est intéressant de combiner la visite des grottes avec celle du marché qui, à Sof Omar, se tient le samedi.

Source : Le Petit Futé : Ethiopie (Edition 2005/2006)

Voir aussi :

Album photo de Sof Omar

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