Archives de la catégorie 'Art & Artisanat'

Yosef Lule, peintre et pionnier de la tendance contemporaine en Éthiopie

par Gaëlle Laleix

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À Addis Abeba, l’Habesha Art Gallery marque cette année les dix ans d’association de ses cinq artistes contemporains. Dawit, Girmachew, Mathias, Workneh et Yosef travaillent ensemble depuis leur école d’art. Yosef peint. Avec ses collègues et amis, il est l’un des pionniers de la tendance contemporaine en Éthiopie.

Source : RFI, 13 août 2011

Voir aussi :

Site officiel de l’Habesha Art Gallery

L’Ethiopie annonce un plan pour la promotion du secteur du cuir

L’Ethiopie a annoncé la mise en place d’un plan destiné à la promotion de ses exportations en cuir, rapporte dimanche l’Agence de presse éthiopienne ENA.

« Ce plan permettra d’obtenir des revenus annuels de 500 millions de dollars à partir des exportations des produits de cuir », a précisé l’Agence de développement de l’industrie du cuir, citée par ENA.

L’Ethiopie, pays du plus important parc d’élevage d’Afrique, produit et exporte des millions de peaux chaque année, surtout sous forme de cuir semi-fini.

En 2008/2009, l’Ethiopie a exporté des produits de cuir d’une valeur de 101 millions de dollars, un chiffre appelé à doubler lors de l’exercice fiscal en cours, selon l’Institut éthiopien du Cuir.

L’Ethiopie écoule ses produits de la maroquinerie dans les marchés européens et asiatiques.

Espérant en tirer plus de profit, le pays a commencé à élaborer ses propres produits de cuir de marque.

L’Agence américaine pour le développement international (USAID) aide le pays à développer le secteur du traitement et de la finition du cuir, avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et d’autres agences de développement.

Source : Casafree, 27 septembre 2010

L’Ethiopie s’apprête à abriter une semaine de la mode féminine africaine

L’Ethiopie accueillera une semaine de la mode africaine du 23 au 25 septembre 2010 à Addis Abeba, ont indiqué ce lundi les organisateurs de cet évènement.

Cette manifestation vise à « unifier l’industrie de la mode africaine pour promouvoir le développement durable » en mettant en vedette de jeunes stylistes talentueux à travers le continent.

La semaine de la mode, la première du genre en Afrique, réunira des créateurs en provenance de l’Ethiopie, du Kenya, de l’Afrique du Sud, de la Somalie, de la RD Congo et de la Tanzanie.

L’industrie du textile, les acheteurs aussi bien que les vendeurs et divers instituts de mode prendront part à cet évènement qui est organisé par l’agence Clairvoyant Marketing en partenariat avec Yoha Entertainment avec le soutien du ministère éthiopien du commerce et de l’industrie, de l’Union Africaine, de l’USAID VEGA/AGOA, entre autres.

« L’agence Clairvoyant a su relever le défi de l’organisation d’un évènement annuel qui met en relief la contribution de l’industrie de la mode au développement durable et à l’économie des pays africains », ont expliqué les organisateurs.

L’objectif de la semaine de la mode consiste à unifier et à renforcer le réseau des stylistes africains sur le continent.

« Il s’agit d’une manifestation destinée à promouvoir le développement durable en encourageant les jeunes stylistes à mettre leurs talents au service de l’industrie africaine de la mode », ont ajouté les organisateurs.

Source : Agence de Presse Africaine, 20 septembre 2010

La plus ancienne Bible illustrée se trouve en Ethiopie

Le manuscrit d’Abba Gerima, conservé dans un monastère en Ethiopie, et jusque-là considéré comme un codex du 11ème siècle, a fait un bond en arrière dans le temps. Les examens au carbone 14 ont révélé une datation plus ancienne : entre 330 et 650 après Jésus Christ. L’Ethiopie abrite les Evangiles illustrés les plus anciens du monde.

Impossible de se douter que l’un des manuscrits conservés dans le monastère d’Abba Gerima, près d’Adwa, dans le nord de l’Ethiopie, était la plus ancienne Bible illustrée jamais découverte. Et pourtant, d’après un récent examen au carbone 14, le verdict est sans appel, le manuscrit d’Abba Gerima, du nom du moine à qui il est attribué, ne date pas du 11ème siècle après Jésus Christ comme les spécialistes s’évertuaient à le croire mais a été écrit entre le 4ème et le 6ème siècle de notre ère.

Cette nouvelle donne vient bouleverser toutes les théories échafaudées par les scientifiques. L’Ethiopie, qui se distingue par sa grande culture de moines copistes, ne possédait pas de manuscrits enluminés antérieurs au 11ème siècle, à tel point que les savants en avaient conclu que cet art s’y était développé tardivement. Or, cette récente découverte atteste du contraire. L’existence même de ce manuscrit relève également du miracle, il a en effet échappé aux troupes de Mohammed Gragn qui ont dévasté au 16ème siècle ces contrées. La situation difficile d’accès du monastère y est sans doute pour beaucoup.

Vieux de 1 600 ans, ces documents, qui n’ont jamais quitté le monastère, sont dans un état de conservation stupéfiant selon les experts. « Les Evangiles de Gerima ont été maintenus au sec et dans l’obscurité, ce qui a contribué à les préserver de toutes ces années. Les couleurs sont étonnamment fraîches », explique Blair Priday du Fond du patrimoine éthiopien, organisme de bienfaisance britannique qui collabore avec l’Eglise orthodoxe éthiopienne.

Selon la légende, ce manuscrit aurait été écrit en un jour par le moine Abba Gerima, arrivé de Constantinople en 494 après J-C, ce qui coïncide avec la récente datation du codex. Pour permettre cet exploit, Dieu aurait alors retardé le coucher du soleil. Les textes saints, retranscrits en langue guèze, une langue sud-sémitique attestée en Ethiopie dès le 3ème siècle et exclusivement littéraire, constituent deux volumes enluminés. Ces illustrations mettent en scène les quatres Evangélistes – Matthieu, Marc, Luc et Jean – et représentent pour la première fois le Temple des Juifs.

Les experts souhaitent vivement que le manuscrit d’Abba Gerima reste dans le monastère d’autant plus que les moines ont toujours considéré que ce livre sacré avait des pouvoirs magiques : « Si quelqu’un tombait malade, les moines lisaient des passages de l’ouvrage pour le soigner et lui redonner de la force », explique Mark Winstanley, qui a contribué à assurer la conservation. Reste à convaincre les autorités éthiopiennes. Le manuscrit d’Abba Gerima n’est pas à un miracle près.

Source : Afrik, 9 juillet 2010

Pour aller plus loin :

# LEROY Jules : L’évangéliaire éthiopien du couvent d’Abba Garima et ses attaches avec l’ancien art chrétien de Syrie. In : Comptes-rendus des séances de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, Vol. 104, n°1, pp. 200-204, 1960. Lire le document

Un ancien livre de psaumes volé il y a 30 ans restitué à l’Ethiopie

Un livre de psaumes éthiopien vieux d’une centaine d’années et volé il y a trois décennies, a été restitué volontairement à l’Ethiopie par un collectionneur américain.

La précieuse relique de psaumes écrits en guèze, l’ancienne langue des Ethiopiens avant l’amharique, illustrés d’enluminures colorées de saints chrétiens, appartenait à l’empereur Menelik, au pouvoir de 1889 à 1913.

Le livre avait disparu il y a trente ans et a été récemment localisé par Steve Delamarter, un professeur américain en contact avec plusieurs collectionneurs de pièces d’art éthiopiennes vivant aux Etats-Unis.

« Gerald Weiner est le plus grand collectionneur d’antiquité éthiopiennes en Amérique du nord. Je suis allé le voir pour lui expliquer que les pièces venaient d’Ethiopie », a expliqué mercredi soir Steve Delamarter, enseignant l’Ancien testament à l’Université américaine George Fox, au cours d’une cérémonie de remise du livre à des responsables universitaires éthiopiens.

« A ma surprise, il a pensé que c’était une bonne idée et a décidé de faire preuve de bonne volonté », a-t-il poursuivi.

Selon des responsables éthiopiens, des milliers d’objets historiques éthiopiens sont encore détenus par des collectionneurs et des musées étrangers, notamment en Grande-Bretagne.

Source : La Croix, 3 juin 2010

Foulards d’Ethiopie

L’artiste suisse Monique Baumann crée des œuvres d’art globales où l’Europe et l’Ethiopie tissent ensemble leur trame.

L’histoire de ce foulard commence à Paris, dans le 20ème arrondissement où la célèbre artiste suisse Monique Baumann a installé son atelier. Un jour, dans son quartier, elle tombe sur une boutique éthiopienne qu’elle se met à fréquenter de plus en plus souvent. Elle se lie d’amitié avec Guenette Kebede, la propriétaire, qui lui parle, au hasard d’une conversation, d’un vieux tisserand, là-bas dans son village natal au cœur des montagnes du nord de l’Ethiopie. L’idée du foulard était née.

Monique Baumann dessine des foulards aux motifs colorés – rose, violet, bleu, vert, jaune éclatant, noir et blanc cassé. Guenette Kebede achemine ses esquisses jusqu’à son village natal où elles prennent forme et deviennent réalité.

Mera Tayé, le tisserand, a plus de 80 ans et c’est en prison qu’il a appris son métier. Le soir, après le travail aux champs, il rentre chez lui et tisse. Mera Tayé ne sait ni lire, ni écrire. Il ne connaît ni mètre, ni centimètre. La distance entre le coude et le bout des doigts lui sert de mesure. Il se sert d’un vieux métier à tisser dont l’archaïsme crée des irrégularités caractéristiques dans l’étoffe. En 2009, plus de cinquante foulards ont ainsi vu le jour, pièce chaque fois unique, accompagné d’un booklet et signé. A quelques variations près, ils mesurent 190 x 60 cm; et, naturellement, ils sont entièrement fabriqués à la main.

Le coton biologique est cueilli et filé à la main, puis teinté de façon entièrement artisanale. Ces robustes foulards ne décolorent pas et ne rétrécissent jamais au lavage. Chacun d’eux raconte une histoire et témoigne d’un échange inhabituel entre l’Europe et l’Ethiopie, par-delà la politique et l’aide humanitaire. Ce sont des œuvres d’art d’usage quotidien où l’Europe et l’Afrique tissent ensemble leur trame.

Prix : 190 Euros
Commande à monique@moniquebaumann.ch
Infos : www.moniquebaumann.ch

Source : Swisscom, 8 décembre 2009

Des chaussures “vertes” pour le développement durable

Quand elle a lancé son entreprise, Bethlehem Tilahun Alemu, voulait juste améliorer les conditions de vie dans son village. Mais aujourd’hui elle fait vivre 40 employés, plus de 75 fournisseurs et vend ses chaussures “vertes” dans le monde entier.

« Les pneus usés sont utilisés depuis longtemps ici pour faire des sandales traditionnelles, j’ai décidé de prendre cette idée et de la développer avec des tissus traditionnels éthiopiens en coton organique ou en cuir local », explique la jeune femme de 30 ans qui dirige la société SoleRebels, créée il y a cinq ans.

« Quand j’étais jeune, il y avait la guerre et les rebelles, qui portaient ce genre de sandales à la semelle en pneus usés, donnaient de l’espoir au gens, c’est pourquoi nous avons choisi ce nom », confie cette mère de deux enfants qui se vante de produire des chaussures « sans émission de carbone ».

Installée dans un petite villa du village de Zenabework, dans la banlieue d’Addis Abeba, SoleRebels ressemble à une ruche où retentissent les coups de marteaux des cordonniers, hommes et femmes mélangés, dans une ambiance détendue, saturée d’odeur de colle. Les baskets, sandales et autres tongs aux couleurs vives s’amoncellent sur les établis, avant d’être emballées dans des sacs plastiques et des cartons pour être expédiées aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, en Pologne ou en Grande-Bretagne. Bethlehem assure qu’elle peut produire jusqu’à 500 paires de sandales par jour ou 200 paires de chaussures facturées entre 15 et 30 dollars, uniquement pour l’exportation.

« Dans mon village, j’avais remarqué qu’il y avait beaucoup de gens talentueux, mais pas d’opportunité de travail. J’ai grandi dans ce village, je sais combien ils souffrent et je voulais aider les gens », explique-t-elle ajoutant que « quand on dit qu’on veut changer la vie des gens on doit leur donner un bon salaire ». A la production de chaussures écologiques entièrement faites à la main, SoleRebels ajoute la dimension commerce équitable et appartient à un réseau, la Fair trade organisation, qui a participé au développement de la compagnie.

« Je gagne 3 000 birr par mois (240 USD, presque quatre fois le salaire moyen en Ethiopie). La compagnie nous assure une couverture médicale pour nous et notre famille, paie les frais de scolarité des enfants et parfois donne des bonus », déclare Gesachew Sherefa, 27 ans, superviseur. « Si je pouvais toujours travailler ici ce serait bien parce qu’il y a la stabilité et la sécurité », confie l’ancien tâcheron.

Pour Webayu Legasse, mère célibataire de 30 ans, « les conditions sont bien meilleures ici » que dans l’association où elle travaillait avant : « je gagnais 350 birr par mois, je ne pouvais pas survivre et en plus de mon travail je devais aller de maison en maison pour laver et repasser le linge ».

SoleRebels encourage aussi ses employés à monter leur propre société : « c’est aussi notre but et ceux qui l’ont fait gagnent bien plus maintenant », indique Mme Bethlehem.

Enfin, SoleRebels utilise internet pour sa promotion et ses ventes. « Grâce à notre site (http://solerebelsfootwear.weebly.com), nous avons beaucoup de retours des clients et nous gérons nos commandes, c’est rapide et fiable », assure la jeune femme. Avec ses différents modèles aux noms évocateurs : Urban runner, Purelove, Freedom edition ou Gruuverebel, Bethlehem compte bien poursuivre son développement et espère gagner « 500 000 USD l’année prochaine et devenir les Timberland, Adidas ou Nike de l’Afrique ».

Source : Romandie News, 22 septembre 2009

Acheter les produits SoleRebels :

Chez Amazon.com
Chez Endless.com

Anna Getaneh : Mosaïque éthiopienne

Pendant près de dix ans, Anna Getaneh a défilé à travers le monde sur les plateaux les plus prestigieux. Elle a travaillé pour de grands noms comme Christian Lacroix, Yves Saint Laurent ou Ralph Lauren et a notamment fait la une de Vogue, Elle et Cosmopolitan.

Après sa carrière de top, elle décide en 1994, à Johannesburg, de créer “African Mosaïque” en raison de la faible présence de la mode en Afrique et de l’absence de structure consacrée au monde de la mode.

Pour ses créations, elle utilise de vastes motifs, des textiles très colorés typiquement africains. Les créations d’African Mosaïque ont été présentées dans le monde entier, de Washington à New York, en passant par le Carroussel du Louvre à Paris.

Anna Getaneh a également fondé en 1992 l’association “Ethiopian Children Fund Project“, qui vient en aide aux enfants éthiopiens.

Source : Courrier International, 6 mars 2008

Voir aussi :

African Mosaïque
Ethiopian Children Fund Project
Mohammed Osman : Un nouveau ras éthiopien

Mohammed Osman : Un nouveau ras éthiopien

Ce styliste d’origine éthiopienne, surnommé Ras Africa Design, se considère comme un « autodidacte passionné par la mode ».

Mohammed Osman est né en 1980 en Ethiopie. Depuis son plus jeune âge, il pratique le dessin et la peinture. A l’âge de 12 ans, il découvre l’univers de la mode et se met à confectionner ses propres vêtements et ses uniformes scolaires. En 2002, il reçoit son diplôme de l’université des Beaux-Arts d’Addis Abeba.

Sa matière de prédilection, dans laquelle il fait preuve d’un grand savoir-faire, est le cuir – « le seul matériau noble de mon pays », précise-t-il -, qu’il marie à la soie et au coton. Il privilégie les découpes asymétriques qui accentuent le mélange de matières, fil conducteur de ses créations, qu’il veut, épurées et éclairées par une palette de couleurs rafraîchissantes.

Fin 2007, il remporte le deuxième prix (Fil d’argent) du concours de stylistes “L’Afrique est à la mode !”, organisé à Niamey (Niger) dans le cadre du “Festival de la mode africaine” (FIMA). Cette distinction lui permet de résider pendant trois mois dans une maison de haute couture, Anne Valérie Hash, et de bénéficier d’une somme de 3 000 euros pour créer une collection.

Source : Courrier International, 6 mars 2008
Coeur d’Afrique Madame, 5 décembre 2007
Cultures France

Voir aussi :

Anna Getaneh : Mosaïque éthiopienne

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