Le village de Tiya (8°26′N, 38°37′E) se situe dans la région Peuples du Sud d’Ethiopie (zone Gouragué – woreda Sodo). Il est célèbre pour son champ de stèles de 2 à 5 m de hauteur, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1980. Le plateau qui supporte ce site présente une position-clé face au massif de Kondaltiti (2 400 m). Il semble avoir été intensément occupé et marque une limite de territoire depuis longtemps.

L’histoire ne nous apprend rien sur les populations qui ont érigé ces monuments et dont les restes y reposent, mais les datations ont fixé le cimetière au 13ème et 14ème siècle de notre ère. Le nombre total de stèles décorées s’élève à 40, dont certaines sont brisées ou couchées (d’autres n’ont toujours pas été déterrées) ; elles mesurent entre 2 et 3 m de longueur. L’une d’elles atteignait 5 m mais elle est aujourd’hui cassée en deux.
Il faut ajouter à cela 6 dalles perforées non décorées qui ne semblent pas avoir été des stèles, mais des dalles assurant le marquage superficiel des tombes, d’où des squelettes, en position assise, genoux repliés sur la poitrine, ont été exhumés. Chaque stèle semble correspondre à plusieurs sépultures appartenant peut-être à une même famille qui y aurait déposé ses morts pendant plusieurs générations.
Les stèles ont généralement une, voire deux ou trois perforations à la base qui se trouvent dans le sol lorsque la pierre est dressée. Un signe ramifié apparaît normalement en premier au-dessus du sol. Ce symbole n’est pas sans rappeler les scarifications que se font les Dinka, peuple nilotique, au-dessus du nombril. Il est associé à d’autres signes mystérieux : des cercles, des motifs en W renversé ou en X. Les épées, plus haut encore sur la stèle et souvent pointe en haut, semblent marquer un troisième étage de la figuration. Au centre du site, une stèle qui semble avoir été décapitée est gravée d’une poitrine féminine, alors qu’une autre, au sol, laisse clairement apparaître un buste de femme.
Enfin, trois éléments au décor géométrique paraissent liés à une stèle débitée d’origine locale. Ils marquaient l’aire quadrangulaire d’une tombe où les squelette était allongé sur le dos, mains croisées sur le bassin dans un cercueil en bois. Cette tombe pourrait marquer une utilisation du cimetière après l’arrivée du christianisme dans la région, aux 14ème-15ème siècles.
Bien que la clôture qui entoure le site n’empêche personne de passer, il est préférable de se faire accompagner par l’un des deux guides (Senay ou Getachew) que l’on trouve facilement dans le village près de la station Agip. Dans les environs de ce site principal, une multitude d’autres stèles ou de pierres taillées, dont la signification demeure mystérieuse, se dissimulent près des villages, dans les champs ou au milieu des plantations d’ensète.
HÉBERGEMENT
L’unique hôtel de Tiya, récemment ouvert au centre du village, propose des chambres bien tenues entre 10 et 15 birr.
Sources : Wikipedia
Le Petit Futé : Ethiopie (Edition 2005/2006)
Ethiopie : Au fabuleux pays du Prêtre Jean (Edition 2003)
Voir aussi :
Album photo de Tiya
Photo satellite de Tiya
La région Peuples du Sud
La zone Gouragué
Le woreda Sodo
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Tags: Tiya