Un trek au secours de la forêt
par Emmanuel Leroux-Nega
En Éthiopie, dans les montagnes du Balé, une région autrefois ignorée des touristes, une association de guides touristiques locaux tente de préserver ce qui reste de la forêt en proposant des treks écoresponsables.

Voilà, près de trois heures que l’on marche. Le souffle coupé par l’altitude, nous peinons à franchir les derniers mètres qui nous séparent du sommet. L’air est frais, mais le soleil des montagnes nous terrasse. Ayano, le guide du trek, fait un signe : c’est la pause.
Autour de nous, les sommets nus des montagnes du Balé surplombent les magnifiques forêts tropicales que l’association Bale Trek travaille à préserver. Située à 400 km au sud-est d’Addis Abeba, la capitale éthiopienne, la chaîne de montagnes s’étend sur plus de 2 000 km². Il s’agit de la plus importante étendue alpine du continent et un des derniers grands poumons verts du pays.
« Quand j’étais jeune, il n’y avait que de la forêt ici, se désole Ayano en pointant une série de champs à flanc de montagne. Les habitants utilisent le bois des arbres pour se chauffer, cuisiner, construire leurs clôtures ou le vendre au marché de la ville. »
Les montagnes ressemblent, en effet, à un grand fromage gruyère. Séparées les unes des autres de quelques kilomètres, des clairières viennent trouer la forêt. Elles abritent des habitations isolées, huttes de terre et de paille entourées d’une sommaire clôture de bois, mais surtout des champs et des pâturages. Des familles, que la surpopulation de la vallée pousse à s’établir toujours plus haut dans la montagne, y cultivent de quoi survivre, entraînant peu à peu la disparition de la forêt.
Pour l’heure, le tourisme ne représente que 5,5 % du PIB éthiopien. Cinq cent mille touristes ont visité l’Ethiopie en 2010 et d’ici 2020, le pays espère en recevoir le double. L’Ethiopie a plus de quatre-vingts ethnies différentes, une richesse culturelle immense mais aussi une faiblesse politique qui coûte chère au secteur.
Selon le coordinateur des services au sein de l’Autorité, Cherie Enawgaw, cité vendredi par l’Agence de presse WALTA, les revenus du secteur de la faune sauvage devraient provenir des différents parcs nationaux et des réserves fauniques, dont dispose le pays.
Cette stratégie se propose de promouvoir la richesse et le potentiel culturel et naturel de l’Ethiopie et à ériger le pays en une destination touristique par excellence en Afrique. L’Ethiopie regorge en effet de magnifiques sites pour attirer les touristes dont huit d’entre eux sont classés patrimoines mondiaux de l’UNESCO. « La nouvelle politique va se concentrer sur la diversité culturelle et le patrimoine historique, social et religieux du pays », a expliqué le ministre.