Archives de la catégorie 'Conditions de vie'

Le début de la faim

Véritable plaie du pays dans les années 1970-1980, la famine menace à nouveau quelque 15 millions de personnes.

Dolo Odo, Camp, Ethiopie, Ethiopia

D’ici à 2030, on ne parlera plus de malnutrition en Éthiopie. En tout cas, c’est ce que promet Addis Abeba. Mi-juillet, le gouvernement a même consigné son engagement dans la Déclaration de Sekota, rendue publique dans cette ville du nord du pays, principal foyer de la famine dans les années 1980. « Nous avons pris les dispositions nécessaires pour améliorer la nutrition infantile et les conditions sanitaires dans les zones sensibles », jure un conseiller au ministère de l’Agriculture. Mais silence radio ou presque lorsqu’il s’agit de mesurer l’impact de la menace que fait peser aujourd’hui El Niño sur le pays.

Ce phénomène climatique, causé par le réchauffement de l’océan Pacifique, risque en effet d’accentuer la sécheresse et de provoquer de fortes pluies suivies d’inondations, selon les Nations unies. Mettant notamment en péril les récoltes. « On en est conscients et on y travaille », se contente de lâcher le conseiller. Le sujet dérange, à l’évidence. En 1974, l’empereur Haïlé Selassié était tombé après que la population ait protesté contre son incapacité à lutter contre la famine sévissant dans l’ancienne région de Wollo.

La menace d’une crise alimentaire plane toujours au-dessus du pays, telle une épée de Damoclès

Quatre décennies plus tard, malgré tous les efforts entrepris ces dernières années et un taux de croissance à deux chiffres, la menace d’une crise alimentaire plane toujours au-dessus du pays, telle une épée de Damoclès. À en croire le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), « plus de 3 millions d’enfants dans 198 woredas » sur les quelque 500 districts que compte l’Éthiopie sont déjà victimes d’El Niño.

Dans les régions concernées (Afar et Somali principalement), « les familles ne parviennent plus à subvenir aux besoins alimentaires, et encore moins à envoyer leurs enfants à l’école », rapporte l’Ocha. Des ONG sur place tirent la sonnette d’alarme : 15 millions d’Éthiopiens risquent d’être frappés de famine ! Selon elles, il faudrait au moins 411 millions de dollars pour répondre aux besoins urgents (alimentation, santé, éducation…) dans les six prochains mois.

Source : Jeune Afrique, 19 octobre 2015

Ethiopie : nouveau Far East

par Florence Beaugé

Les expatriés reviennent, et une classe moyenne émerge dans ce pays qui affiche, en dépit d’une misère persistante, l’un des taux de croissance les plus élevés d’Afrique.

Café de Paris, Addis Abeba, Ethiopie, Ethiopia

C’est une drôle de capitale. Un gigantesque chantier à ciel ouvert, à 2 500 mètres d’altitude. Immeubles, avenues, ronds-points… La ville sort de terre. Partout, des gravats, des édifices en construction, des échafaudages de bois, des tranchées où les femmes travaillent comme les hommes… Construire : voilà le mot d’ordre du régime. Les Chinois dirigent les opérations, sans états d’âme. Peu importe que les Ethiopiens aient la vie encore plus dure, dans l’immédiat…

Voilà dix ans que le pays, longtemps symbole de pauvreté absolue et de famines, comme en 1984 et 1985, affiche l’un des taux de croissance les plus élevés du continent, entre 8 % et 10 % du produit intérieur brut. Bien qu’un Ethiopien sur trois vive encore sous le seuil de pauvreté – avec moins de 0,60 dollar par jour -, une classe moyenne émerge, en ville surtout. Elle ne peut se comparer à celles des pays occidentaux. Très hétérogène dans ses revenus, dans ses trajectoires sociales, un esprit commun la fédère pourtant : la volonté farouche de s’en sortir.

Mekonnen Tilahun, un comptable de 32 ans, n’a jamais vu la mer, jamais foulé une plage de sable. Par sa soeur, qui est allée une fois à Djibouti, il sait « à quel point c’est beau ! ». Ambitieux, réfléchi, il change d’employeur tous les deux ans. En huit ans, sa rémunération a ainsi plus que quintuplé. Il vit encore chez sa mère, pour faire des économies. S’il ne subissait le fléau de l’inflation – 33 % en 2011, 20 % en 2012, 12 % aujourd’hui -, Mekonnen Tilahun s’estimerait chanceux. Un jour, peut-être, s’il a mis suffisamment d’argent de côté, il se mariera. Il aura alors « deux enfants, pas plus ! », assure-t-il. En attendant, il travaille dur. Son seul luxe, c’est la salle de sports où il se rend trois soirs par semaine. Sa jeune sœur rêve d’émigrer aux Etats-Unis. Pas lui. « Ici, il y a tout à faire », dit-il.

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Avec le Projet Boswellia, sauver l’encens d’Ethiopie

Avec l’encens solidaire du Projet Boswellia, Julien Charbonnier espère sauver une ressource naturelle en voie de disparition, tout en garantissant aux communautés chrétiennes de la région Tigré, en Ethiopie, des revenus et des conditions de travail justes. Il lance un appel aux diocèses français.

Julien CharbonnierJulien Charbonnier, 26 ans, est fier de présenter l’encens du Projet Boswellia. Ces petits amas résineux et irréguliers, offerts par les mages à Jésus qui vient de naître, ont pris une place considérable dans sa vie depuis novembre 2011.

Un voyage en Afrique aura été déterminant pour que ce diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Toulouse comprenne ce qui l’intéresse vraiment : « la recherche et la gestion de la forêt ». Un cas retient alors son attention, celui de la surexploitation du Boswellia papyrifera au Nord de l’Ethiopie.

Entaillé, le tronc de cet arbre souple, à l’écorce qui pèle, “pleure” une résine laiteuse. Séchée à l’abri de la lumière, celle-ci donnera l’encens qui parfume nos églises lorsqu’entre en scène le thuriféraire balançant l’encensoir.

Mais le prix d’achat de la résine millénaire étant tombé très bas, l’arbre est devenu un combustible quotidien pour les populations rurales. Or l’épuisement de cette ressource est catastrophique pour les sols pauvres, menacés de désertification.

Au Tigré, 30 000 arbres répartis sur 300 hectares

Après avoir rencontré les villageois de la région Tigré – et bu chez eux beaucoup de café – Julien décide d’agir concrètement pour contribuer à « la sauvegarde de ce patrimoine naturel en danger ».

Il entend surtout “relier” dans le mot “religion”. En démarchant les diocèses, il souhaite rappeler aux catholiques français l’existence de chrétiens orthodoxes dans ce pays isolé, perché à 2 500 mètres d’altitude. Il décrit les (très) longues liturgies dominicales, l’ascèse pratiquée dans les monastères dont certains sont d’ailleurs inaccessibles aux femmes…

Avec 2 contacts en France et 3 autres en Ethiopie, l’équipe s’est donnée pour mission de fournir directement aux diocèses un encens naturel « aux légères notes d’agrumes », récolté à la main, séché, calibré et empaqueté sur place dans des sacs en toile de fabrication locale.

« L’objectif est aussi de créer une pépinière et de préserver les repousses des arbres » complète Julien. L’équipe cherche également à apporter des solutions techniques, notamment du matériel agricole devenu obsolète en France, comme des tamis et des cylindres de tri, qui seraient bien utiles pour calibrer la résine. A terme, l’encens du Projet Boswellia devrait obtenir les certifications “Ecocert” (agriculture biologique) – puisqu’il ne contient aucun colorant de synthèse – et “Max Haavelar” (commerce équitable) – puisqu’il est déjà acheté aux récoltants à un prix supérieur aux cours du marché.

Disponible symboliquement depuis la fête de l’Epiphanie, plusieurs diocèses ont déjà accueilli favorablement le Projet Boswellia, comme ceux de La Rochelle, Bordeaux ou encore Cambrai. Et le vôtre ?

Source : Conférence des Evêques de France, 15 février 2013

Voir aussi :

Comme le café, l’encens a son commerce solidaire
Ethiopie : sur la route de l’encens solidaire (autre article sur le Projet Boswellia)
Site officiel du Projet Boswellia (pour en savoir plus et commander)

Un système de facturation unifié lancé à Addis Abeba

Pour les populations éthiopiennes, il est désormais possibles de payer sa facture de téléphone, d’eau et d’électricité en même temps et au même endroit. Le système de facturation unifié qui rend cela possible, baptisé “Lehulu”, a été mis en fonction la semaine dernière à travers 31 centres répartis dans Addis Abeba, la capitale.

Debretsion Gebremichael, le ministre de l’information et des TIC a d’ailleurs été le premier à utiliser ce service dans le centre situé près de l’école de musique Yared de Sidist Killo. Il a payé sa facture d’eau de 116,33 birrs (1 euro = 24,5 birrs). Il aura fallu deux ans au ministère pour arriver à ses fins.

Le ministère a du louer des équipements dans le cadre d’un partenariat public-privé avec Kifiya Financial Technology Plc en juin 2011. Ensuite, un investissement de près de 102 millions de birrs a été fourni conjointement pour lancer le service. De manière pratique, Kifiya Financial Techonology est chargé de la gestion des 31 centres qui fournissent le système de facturation unifié. La société transfère les fonds au gouvernement après avoir prélevé ses frais de transaction qui s’élèvent à 2,54 birrs pour chaque service.

Le partenariat dure trois ans. A son terme, le gouvernement pourra décider de gérer lui-même le système de facturation unifié ou de le confier à une entreprise privée. Il est prévu l’ajout de 10 centres de plus à Addis Abeba. Puis le système sera progressivement lancé dans quatre villes régionales, à travers 15 centres de services.

Source : Ecofin, 12 février 2013

La Banque mondiale veut stimuler la lutte contre la pauvreté en Ethiopie

La Banque mondiale a approuvé un crédit sans intérêt de 1,15 milliard de dollars américains pour aider l’Ethiopie à promouvoir le commerce régional, soutenir l’éducation et embaucher des enseignants supplémentaires et des dizaines de milliers d’agents de santé et de l’agriculture, ont déclaré mercredi les responsables de la banque.

La Banque mondiale a approuvé une stratégie nationale d’aide qui vise à améliorer la prestation des services dans les institutions de l’Etat. Cette dernière a été approuvée par le conseil d’administration de la Banque tenu à New-York, aux Etats-Unis.

La récente facilité de prêt représente près d’un tiers de l’aide annuelle accordée à l’Ethiopie qui représente un montant de quatre milliards de dollars par an.

Les crédits sans intérêt appuient les services essentiels destinés aux populations locales pauvres. La Banque mondiale a indiqué que les fonds permettront de développer les réseaux routiers pour aider à promouvoir le commerce régional et améliorer les déplacements internes.

Le directeur du Bureau de la Banque mondiale pour l’Ethiopie, Guang Zhe Chen, a déclaré que le plan de lutte contre la pauvreté contribuera au progrès rapide enregistré par l’Ethiopie en vue d’atteindre la plupart des Objectifs du millénaire pour le développement, en fournissant un financement pour aider à améliorer les services essentiels tels que l’éducation, la santé, la production alimentaire, l’eau et l’assainissement.

Lancé en 2006, le programme a permis d’embaucher plus de 100 000 nouveaux enseignants des écoles primaires, plus de 38 000 agents de vulgarisation sanitaire et quelque 45 000 agents de vulgarisation agricole.

Le programme a également favorisé la transparence et l’engagement citoyen en publiant ses budgets et ses fiches de performance dans 84 % des districts dans lesquels il opère et encourage une plus grande responsabilité sociale.

Les bailleurs de fonds ont récemment félicité l’Ethiopie pour avoir fait passer son taux de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans de 123 pour 1 000 naissances vivantes en 2005 à 88 pour 1 000 naissances vivantes en 2010.

La Banque mondiale a déclaré qu’elle soutiendra les progrès impressionnants du gouvernement éthiopien dans le développement du réseau routier; le Projet éthiopien du secteur des transports va investir 415 millions de dollars pour mettre à niveau cinq routes principales qui joueront un rôle important dans la croissance économique de l’Ethiopie à moyen et à long termes.

Source : Afrique en ligne, 27 septembre 2012

Les faibles précipitations nécessitent une nouvelle aide alimentaire rapide

Les organisations humanitaires demandent de l’aide alimentaire supplémentaire dans les régions du sud et du nord-est de l’Ethiopie où la récolte de mi-février à mai a beaucoup souffert des précipitations irrégulières pendant le Belg (saison des pluies courtes).

« Nous avons une grave pénurie de nourriture dans la plupart des régions qui dépendent de la saison belg, notamment la région Peuples du Sud » a déclaré Mike McDonagh, directeur du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) en Ethiopie.

D’autres zones du nord-est du pays sont concernées, dans les régions Amhara, Oromia et Tigré.

La récolte belg, qui représente jusqu’à 40 % de la production alimentaire annuelle dans certaines régions, devrait diminuer en 2012. Ceci est dû au retard des précipitations entre mi-février et mai. Ces pluies sont tombées avec deux à huit semaines de retard et sont restées en dessous des prévisions.

« La situation est préoccupante et surveillée de près » a indiqué Judith Schuler, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) en Ethiopie, ajoutant que le nombre de personnes touchées par l’insécurité alimentaire pourrait augmenter.

Actuellement, il y aurait 3,2 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire en Ethiopie, soit moins que le pic de 4,5 millions atteint lors de la sécheresse de la Corne de l’Afrique en 2011. Ces chiffres doivent être actualisés à la mi-juillet.

Le PAM a besoin de 183 millions de dollars d’ici à la fin 2012 pour secourir 2,5 millions des 3,2 millions de personnes nécessitant une aide alimentaire d’urgence.

La situation dans la région Peuples du Sud, frontalière du Kenya et du Soudan du Sud, est particulièrement préoccupante.

La récolte belg représente dans cette région 35 à 40 % de la production. Les cultures racines, principalement des patates douces, représentent à elles seules 50 % de la récolte dans certains secteurs. Or, selon les dernières analyses (en mai) d’alerte précoce et de réponse du gouvernement, cette longue période de sécheresse a eu des conséquences désastreuses sur les récoltes et a également touché d’autres cultures comme les haricots, les pommes de terre et le maïs qui devaient combler le déficit alimentaire entre mars et juin.

Les organisations humanitaires ont déclaré qu’une période de récupération insuffisante après la sécheresse de 2011 pourrait aggraver la situation des ménages vulnérables dont les avoirs et autres stratégies de survie se révèlent insuffisants.

Augmentation de la malnutrition

« Le nombre de personnes atteintes de malnutrition est déjà en train d’augmenter », a indiqué M. McDonagh (OCHA).

Selon OCHA, pour la seule région Peuples du Sud, près de 90 000 enfants, femmes enceintes ou allaitant leur enfant sont relativement malnutris à présent, et ce chiffre augmente.

« Le mois de mars a été pire que février, avril a été pire que mars et nous prévoyons que mai sera pire qu’avril », a déclaré M. McDonagh. « Cela empire pendant un certain temps et ensuite, peut-être vers juillet août… cela pourrait diminuer de nouveau ».

« Nous avons besoin de rations alimentaires générales, ce que nous appelons des secours alimentaires. Nous avons besoin de plus de compléments alimentaires, ainsi que de nourriture thérapeutique. Nous avons également besoin d’autres éléments tels que des semences. »

Selon l’Unité de coordination de nutrition d’urgence du ministère de l’agriculture, il y a une augmentation du nombre d’enfants atteints de malnutrition sévère au sein des programmes d’alimentation thérapeutique, cette augmentation étant plus forte et plus avancée qu’en 2011.

Ainsi, les admissions à ces programmes ont augmenté de 15,3 % de janvier à février, et de 27 % de plus de février à mars. Les chiffres de mars à avril ne sont pas disponibles.

Selon Mitiku Kassa, ministre d’état de l’Agriculture, les ministères de l’agriculture et de la santé suivent la situation de près en matière d’insécurité alimentaire.

« L’irrégularité des saisons des pluies résultant [de] problèmes de [ce] type n’est pas quelque chose de nouveau pour nous », a ajouté Mitiku. « Nous avons connu la même situation l’année dernière et l’année d’avant et, jusqu’à présent, nous arrivons à gérer le problème… Le pays dispose de suffisamment de ressources et de mécanismes sur place pour faire face cette fois, cependant. »

Source : IRIN, 31 mai 2012

La femme est l’avenir de l’homme éthiopien

par Annette Lévy-Willard

Comment ça va, les Ethiopiennes ? Un peu mieux. L’ONU et le Programme alimentaire mondial s’appuient maintenant sur elles pour lutter contre la famine et la pauvreté. Rencontres avec Sahra, Hamdi, Lete, Fretsumbirhan…

Femmes, Women, Ethiopie, Ethiopia

Pas drôle d’être un paysan en Ethiopie ou un réfugié somalien, mais on sait qu’il y a plus terrible : être leur femme. Encore qu’il vaille mieux être une femme qu’un âne – l’Ethiopie détient le record du nombre d’ânes au monde après la Chine – qu’on frappe sans cesse à coups de bâton et de pied pour qu’il avance en traînant une charrette surchargée. D’ailleurs, comme partout, c’est l’homme qui conduit la bagnole (la charrette).

Reçu ce matin un mail de Paris : « C’est comment le 8 mars en Afrique ? » Bien sûr, la Journée internationale de la femme, comment avais-je pu oublier ? Nous sommes dans le campement fortifié de l’ONU et du Programme alimentaire mondial (PAM) à Dolo Ado, dans le sud du pays, à la frontière avec la Somalie. Impossible de téléphoner dans ce lieu hérissé de barbelés et de murs de protection contre les attentats terroristes des shebab, les islamistes somaliens associés à Al-Qaeda. Mais le wi-fi a été installé, on peut surfer sur Internet, tout en regardant le soir Al-Jezira avec les travailleurs de l’humanitaire.

C’est ici qu’est installé le QG de l’aide internationale qui, avec le gouvernement éthiopien, fait fonctionner les camps de Dolo Ado où vivent 150 000 réfugiés somaliens. L’été dernier, fuyant la sécheresse exceptionnelle, et la guerre, ils étaient 2 000 à franchir chaque jour le pont minuscule au-dessus de la rivière polluée qui sépare, sans aucun signe ou barrière, Dolo Ado Somalie de Dolo Ado Ethiopie. Nous en voyons encore quelques centaines passer sur ce pont sous le regard indifférent d’un soldat qui les fouille vaguement pour vérifier qu’ils ne cachent pas d’armes. Fouille facile : à part le précieux bidon jaune, vital pour avoir un peu d’eau, ils n’ont rien. Le traditionnel bout de bois pour marcher, parfois un sac en plastique.

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OMD de réduction de la pauvreté extrême en Ethiopie

L’Ethiopie va atteindre l’Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) centré sur la réduction de la pauvreté extrême, indique un rapport du gouvernement sur la pauvreté dans ce pays rendu public ce vendredi.

Pauvreté, Ethiopie, EthiopiaLa pauvreté a reculé en Ethiopie malgré les chocs internationaux et régionaux que le pays a supportés, révèle cette analyse.

La proportion des personnes pauvres dans ce pays est passée de 38,7 % en 2004/2005 à 29,6 % en 2010/2011, plaçant l’Ethiopie sur la voie de l’atteinte de la cible OMD de réduction de la pauvreté extrême, a déclaré le ministre délégué des Finances et du Développement économique à l’occasion de la présentation de ce rapport. Un pays doit avoir un taux de pauvreté maximum de 22 % pour atteindre cet OMD.

L’Ethioipie a également été félicitée pour ses bons résultats dans le cadre d’autres OMD concernant l’éducation et la santé.

Les niveaux d’inégalité en Ethiopie sont restés presque les mêmes, avec un léger recul en zone urbaine où le pourcentage de la pauvreté extrême a également beaucoup plus baissé qu’en zone rurale, selon le rapport.

Ceci est le résultat de mesures politiques davantage concentrées sur les zones urbaines après les élections de 2005, où le parti au pouvoir a perdu dans presque toutes les zones urbaines, a déclaré le Dr Tassew Woldehanna, le consultant principal qui a mené cette analyse sur la pauvreté sur cinq ans.

Source : Afrique en ligne, 17 mars 2012

En Ethiopie, les ânes portent toute la société

par Nicolas Hénin

L’Éthiopie compte un âne pour dix habitants. Ils servent à tout et sont une bénédiction pour les familles qui peuvent en avoir un.

Âne, Ethiopie, EthiopiaPour quiconque parcourt les campagnes éthiopiennes, c’était une évidence. Mais jamais aucune étude n’avait démontré l’ampleur du phénomène. Partout, sur les sentiers escarpés comme au bord des routes, des ânes, souvent surchargés, transportent paysans et fardeaux, cruches et carrioles.

Combien sont-ils ? Huit millions, selon un premier recensement, soit près d’un âne pour dix habitants. L’Éthiopie a le troisième parc équin au monde. Et ils servent à tout, dans ce pays où plus de huit personnes sur dix vivent à la campagne, d’une culture d’autosubsistance.

Pour la première fois, deux scientifiques éthiopiens, professeurs à l’Université de Tufts, se sont penchés sur le sort de ces équidés à longues oreilles. Une étude de cas dans trois woredas (districts administratifs proches du canton) du sud du pays : Lemo, Meskan et Shashago.

Une fois sur dix, ils servent d’ambulance !

Des régions isolées où ils sont souvent le seul moyen de locomotion, faute de route, et donc de véhicules à moteur, comme le souligne Berhanu Admassu, l’un des auteurs de l’étude, par ailleurs président de l’Association vétérinaire d’Éthiopie.

Pour cette étude, des centaines de foyers ont été sondés. Il en ressort que les ânes servent à tout, mais d’abord à transporter du bois ou de l’eau. C’est 40 % de leur usage. Ils viennent alors « alléger le fardeau des femmes, qui s’occupent d’habitude de ces tâches », souligne Yossef Shiferaw, coauteur de l’étude. Les femmes, d’ailleurs, leur sont reconnaissantes puisque ce sont presque toujours elles qui les soignent.

Le transport de personnes est le second usage. Y compris dans des circonstances inattendues : une fois sur dix, ils servent d’ambulance ! Le malade est alors simplement posé sur la carriole plate pour atteindre le dispensaire. Ils sont aussi de tous les travaux publics, pour construire des écoles par exemple.

Souvent mal traités

« Pour les familles qui en possèdent un, l’âne est une bénédiction », s’enthousiasme Yossef Shiferaw. « Pas étonnant qu’il soit cité 81 fois dans la Bible ! » D’autant que l’âne est rentable.

Sa contribution au budget du foyer est aussi positive que l’ensemble des autres animaux, bétail et volailles ensemble. Pour un euro dépensé à son achat ou son entretien, il permet en moyenne d’en gagner ou d’en épargner quatre.

Malgré tout, les ânes sont souvent mal traités. Plus de la moitié ont eu besoin de soins vétérinaires durant l’année écoulée. Beaucoup ont des problèmes de santé chroniques, dus à la malnutrition ou à un labeur trop intensif.

Prochaine étape pour les auteurs de ce rapport : lancer une campagne pour que les habitants des campagnes éthiopiennes prennent conscience du trésor qui dort dans leur écurie.

Source : La Croix, 22 décembre 2011

Les mises en garde ne suffisent pas à dissuader les futurs migrants

Les Ethiopiens se déplacent beaucoup. Non seulement les populations rurales viennent s’installer dans les villes, mais le nombre d’Ethiopiens qui quittent le pays a considérablement augmenté au cours des dernières années.

Beaucoup tentent d’atteindre l’Arabie Saoudite en traversant le Yémen ; des milliers d’autres se dirigent vers l’Afrique du Sud, Israël et l’Europe, traversent déserts et océans et mettent leur vie à la merci des passeurs qui pour la plupart ne se soucient guère de leur bien-être.

La plus grande partie des migrations en provenance de l’Ethiopie n’est pas documentée et il est donc difficile de trouver des chiffres exacts. Mais l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué en 2010 que, rien qu’au Yémen, près de 35 000 nouveaux arrivants étaient des Ethiopiens, ce qui représentait les deux tiers de tous les nouveaux arrivants sur l’année. Entre janvier et octobre 2011, près de 52 000 Ethiopiens ont réussi à passer au Yémen.

Les réfugiés somaliens suivent des routes semblables et utilisent souvent les mêmes passeurs, mais les motifs qui les poussent à entreprendre ces dangereux voyages sont plus évidents : La Somalie subit un conflit armé depuis deux décennies et se trouve actuellement en pleine famine.

L’Ethiopie, elle, n’est pas engagée dans une guerre civile, et quoique certaines régions aient été durement frappées par la sécheresse, le pays est l’un des plus grands bénéficiaires de l’aide au développement du monde. Cependant, il compte aussi l’une des plus importantes populations de l’Afrique – l’estimation est de 75 millions d’habitants – et souffre d’un taux de chômage croissant parmi les jeunes et d’un manque de perspectives d’emploi.

« La raison principale qui pousse les gens à émigrer d’Ethiopie au Yémen est la nécessité. C’est pour gagner de l’argent qu’ils partent là-bas [en Arabie Saoudite] », a dit Daud Elmi, 28 ans, qui a quitté son village de Lafaisa à l’est de l’Ethiopie (dans la zone Jijiga) en 2006, pour aller chercher du travail en Arabie.

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