Archives de la catégorie 'SOCIÉTÉ & CULTURE'

Une équipe cycliste d’Ethiopie souhaite s’installer en France

Une équipe de jeunes coureurs éthiopiens, qui a fait ses débuts en Europe cet été en Espagne, envisage de disputer des épreuves amateur en France en 2016. Elle pourrait même établir son quartier général en Franche-Comté, « l’endroit idéal pour notre projet », indique un représentant de l’équipe.

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Les coureurs, une vingtaine au maximum, seront regroupés au sein de l’Ethiopia Academy-Ner Group, qui propose un programme éducatif en parallèle des compétitions sportives (cours de langues et d’informatique).

En 2015, les cinq coureurs ont fait leur baptême du feu en Europe sur des épreuves au Pays-Basque, au mois de juin. « En dix jours, ils ont fait d’énormes progrès », soulignent les responsables espagnols du projet. Tesmegen Buru se classe ainsi 10ème à Irun, le 29 juin. Ils ont aussi participé à des courses dans le sud-ouest de la France dont le Tour du Piémont Pyrénéen.

« La France présente des atouts sportifs et éthiques »

La saison prochaine, l’Académie entend « se renforcer », avec un calendrier plus long (de mars à septembre), un effectif d’environ 18 coureurs (issus du Guna Cycling Team, l’un des clubs majeurs en Ethiopie) et quatre encadrants (contre un seul en 2015).

L’encadrement pourrait comprendre quelques Espagnols, déjà très engagés dans le projet, à l’image d’Urtzi Murgia, 25 ans, ex-coureur de Bidelan-Kirolgi.

« Malgré les difficultés, nous allons continuer avec enthousiasme, explique l’un des représentants. Nous cherchons un endroit pour que nos jeunes puissent vivre et nous pensons que la France présente des atouts sportifs et éthiques très intéressants. Ce qui est indispensable pour un projet avant tout éducatif comme le nôtre ».

L’Ethiopie est l’une des nations émergentes du cyclisme, dont le meilleur représentant, Tsgabu Grmay, est actuellement professionnel chez Lampre-Merida.

Source : DirectVelo, 15 octobre 2015

Megemeria : Des jeunes éthiopiens créent une start up dans la joaillerie

En langue amharique, Megemeria c’est le commencement. Nom d’une expérience très particulière, Megemeria est devenu pour quelques dizaines d’Israéliens immigrés d’Ethiopie, le lieu d’un début et d’un espoir.

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Fondateurs de Yvel, une chaîne israélienne qui exporte ses bijoux dans toutes les grandes capitales du monde, Orna et Isaac Levy se sont rappelés les difficultés de l’immigration, les affres de l’intégration, du chômage, des fins de mois douloureuses. A la tête d’une des marques les plus en vue de la bijouterie israélienne, ils ont décidé de conférer à leur succès une dimension universelle et humaine. C’est ainsi qu’est né Megemeria.

Les fondateurs n’ont pas voulu faire du charity business ni de la philanthropie. L’idée est née d’un win-win. D’un côté le besoin réel d’une main d’œuvre de qualité de la joaillerie de luxe en pleine expansion en Israël. De l’autre le désarroi d’une population de migrants éthiopiens sans formation aucune, vouée à un avenir sans espoir et à des emplois mal payés dans le gardiennage et dans le nettoyage.

Aujourd’hui l’école intègre chaque année, gratuitement, une vingtaine de femmes et d’hommes de la communauté éthiopienne, souvent rejetés par les cadres classiques d’intégration, en raison de leur âge, de leur condition familiale et surtout de leur manque de formation de base.

Et pourtant, où d’autres ont échoué, l’expérience Megemeria a réussi. Cette année, les élèves diplômés ont été employés dans l’industrie israélienne de la joaillerie. Un d’entre eux a même voulu aller plus loin et créé une ligne de bijoux inspirée par l’art éthiopien et l’art juif traditionnel. Des étoiles de David entrelacées avec des lettres amhariques, des iconiques finitions brossées sur or et argent, gravée de messages en langue des contrées éthiopiennes ou encore des formes créées à partir d’un mélange de l’art juif ancestral et des souvenirs de l’Ethiopie. Une sorte de social business dont le capital est contrôlé par ces jeunes éthiopiens qui élaborent d’une manière indépendante leur stratégie sur le long terme, tout en pouvant jouir de la réputation du joaillier.

« En Israël, les Start up ne sont pas seulement dans le domaine de la haute-technologie », dit un de ses élèves. Réussir à créer une identité artistique commune entre la culture juive, éthiopienne et israélienne, et convaincre le monde très exigeant de la joaillerie de luxe, n’est-ce pas aussi une forme de start up ?

L’école située à l’intérieur du centre de visiteurs de Yvel à Motza peut être visitée sur rendez-vous.

Source : Israel Valley, 21 novembre 2013

En Éthiopie, les pèlerins de l’Aïd

Deux fois par an, des dizaines de milliers d’Oromos, une ethnie éthiopienne, se rendent sur la tombe de Cheikh Hussein. Un lieu saint à la croisée de l’islam et des croyances africaines.

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La canne de bois tournoie au-dessus des têtes. Entre deux moulinets de son bâton fourchu dénommé oule, le derviche cheikh Hassan tonne au milieu des fidèles sagement assis sur les six gradins de terre battue soutenus par des murets de pierre. Face à eux, un modeste parvis conduit au mausolée de Cheikh Hussein. Subjugués, ils sont plusieurs centaines à écouter les harangues de ce prédicateur au visage cuivré, éclairé par des yeux vifs qui encadrent un nez aquilin en surplomb d’une bouche à la dentition hasardeuse. La foule des pèlerins applaudit, reprend les incantations, répète les slogans au signal de cet homme sec comme un coup de trique, étrangement coiffé de perles de couleur enchevêtrées dans sa tignasse. Ici et là, des mains se tendent avec un billet de quelques birrs, la monnaie éthiopienne. Le derviche saisit l’argent et postillonne dans le visage de chaque donateur en signe de bénédiction. Sur ces hauts plateaux désertiques, ni la chaleur de plomb ni les orages soudains de la saison des pluies ne dissuadent le pèlerin. Rôtir sous un soleil brûlant ou patauger dans la boue sont le prix à payer pour s’attirer les faveurs du saint inhumé à quelques dizaines de mètres, sous un dôme couvert d’une chaux tellement immaculée qu’elle éblouit le regard.

Figure musulmane du 13ème siècle, Cheikh Hussein fut le premier missionnaire à quitter les côtes pour islamiser les populations dans les profondeurs de l’Ethiopie. Les Oromos, ethnie la plus nombreuse d’Ethiopie – 26 millions, soit environ un tiers de la population totale -, lui prêtent non seulement une grande sagesse mais ils lui attribuent également toutes sortes de miracles qui ont donné naissance au culte. Les incantations, les suppliques et les vœux que les pèlerins lui adressent trahissent des origines préislamiques. Par une sorte de syncrétisme, les Oromos prient le saint pour écarter les esprits et se gagner les faveurs de Waq, la divinité que leurs ancêtres adoraient avant de se convertir, à parts égales, à l’islam ou au christianisme. Dans Le Dragon de Cheik Hussen, Henry de Monfreid évoque une légende toute africaine : l’histoire d’un prince tyrannique transformé en serpent avant d’être pétrifié dans une grotte. Les pèlerins les plus courageux descendent effectivement dans une sorte de canyon, à une bonne demi-heure de marche du village, par un sentier escarpé. Là, ils font halte devant deux grottes. Dans la première, d’où jaillit une source, se trouve un pilier rocheux que les dévots appellent “serpent”. Plus bas, une cavité plus vaste aurait abrité Cheikh Hussein lorsqu’il méditait.

Deux fois par an, le village de Cheikh Hussein accueille des dizaines de milliers d’Oromos venus vénérer le saint. Un premier pèlerinage a lieu en début d’année – autour de janvier-février – pour célébrer sa naissance. L’autre se tient au moment de l’Aïd el-Kébir, la fête du sacrifice. Cette année, elle tombait le 15 octobre. Pendant trois jours, cette petite bourgade démunie (elle n’est pas raccordée au réseau électrique) se mue en un gigantesque bivouac. Selon le chef de la sécurité de la région, plus de 700 cars bondés ont convoyé des pèlerins venus de toute l’Ethiopie, voire de Djibouti, d’Erythrée, d’Ouganda et de Somalie. Au bas mot, 35 000 âmes. S’y ajoutent les milliers de courageux, de dévots attachés à la tradition, ou de désargentés venus à pied, à cheval, à dos d’âne. Ceux qui ont pris le car d’Addis Abeba ont mis trois jours pour arriver. Ceux qui ne sont pas motorisés ont parfois dû marcher un mois avant d’apercevoir le dôme blanc… C’est que la route qui conduit aux sanctuaires n’est pas de tout repos. Pour la plupart des pèlerins, il a fallu franchir l’imposant massif des monts Balé, qui dépassent les 4000 mètres, avant de redescendre à travers des plateaux volcaniques plantés de céréales à perte de vue. Cols pentus, pistes boueuses criblées d’ornières, routes défoncées par les rivières en crue n’ont pas facilité le voyage. Pas plus que les moteurs essoufflés des autocars cacochymes qu’il faut réparer en rase campagne.

Avant d’effectuer le circuit rituel, les pèlerins s’installent. Lestés de leurs ballots, de quelques branches de bois de chauffage et de pauvres couvertures, ils organisent leurs bivouacs en famille – la polygamie multiplie les enfants – et entre gens du même village. Selon la coutume, on doit offrir l’hospitalité aux porteurs du oule. Les locaux les accueillent donc sur un bout de leur terrain. Parfois, ils leur concèdent un semblant de toit.

Plongés dans l’obscurité, les fidèles prient des heures durant

Le “sacrifice” est indolore : chaque pèlerin, selon ses moyens, fait des offrandes à plusieurs reprises pendant son séjour. De l’argent mais aussi du bétail (moutons, chèvres, bœufs, chevaux, dromadaires…). Et cette abondance est redistribuée aux autochtones par le chef du village, Cheikh Kadir, réputé descendant en ligne directe de Cheikh Hussein.

A peine installés, les arrivants dévalent la rue principale qui conduit tout droit au mausolée. Quelques pas avant le porche, ils ôtent leurs chaussures. Des pèlerins s’allongent à plat ventre à même le sol et restent ainsi de longues minutes. D’autres se plaquent contre le mur d’enceinte en écartant les bras. D’autres encore posent leurs lèvres sur les piliers, collent une joue contre la chaux, caressent la grossière maçonnerie.

Pourtant, c’est à l’intérieur du dôme que le culte prend toute sa ferveur. Deux portes, des trappes d’un mètre de haut, conduisent à la tombe de Cheikh Hussein. Il y fait noir comme dans un four. En avançant à tâtons, on n’arrête pas de trébucher sur des gens couchés à même la terre battue contre le tombeau. Ils saisissent de la poussière à pleines poignées, se maculent le visage avec, puis avalent ce qu’il reste. Prostrés, ils peuvent demeurer là des heures durant à prier Cheikh Hussein afin qu’il leur accorde une bonne récolte, une terre à cultiver, la naissance d’un enfant, une guérison, etc.

Aveuglés par la lumière du jour, le visage blanchi, les pèlerins ressortent du tombeau avec une expression béate. Coiffée d’un châle bleu et vêtue d’une robe imprimée sur fond rouge, Baysa Hussein, 55 ans, sourit de toutes ses dents. Dans sa main, elle tient un sachet de plastique qu’elle a rempli de terre du tombeau. Son mari, Gabyo Abdou, 75 ans, porte un jerricane jaune. A la sortie du tombeau, ils se dirigent vers l’étang couvert d’une couche d’algues vert vif pour y puiser l’eau zamzam (sacrée). L’eau et la terre rapportées du lieu saint les mettront à l’abri du malheur. Ils viennent à Cheikh Hussein deux fois par an : trois jours aller, trois jours retour et six jours sur place. « Il a exaucé tout ce que nous lui avons demandé, dit Baysa Hussein. Il a même guéri la stérilité d’une de nos filles. »

Une fois prières collectives et dévotions accomplies, les pèlerins regagnent leurs bivouacs en longeant les étals des marchands accourus pour l’événement. Un véritable souk s’organise autour de la rue principale. On y vend nourriture, vêtements, encens, bric-à-brac de cuisine. Mais le produit numéro un n’est pas un bien de première nécessité. C’est du khat. Toute la journée, une noria de motocyclettes, de chevaux et de dromadaires livrent des centaines de kilos de bottes de couleur verte. Partout, assis en groupes, hommes ou femmes, les pèlerins dépouillent ces branches pour en mâcher les feuilles les plus tendres. Drogue de la Corne de l’Afrique à laquelle on prête des vertus stimulantes, le khat a pris une place considérable en Ethiopie, au point de supplanter la culture du caféier dans certaines régions. A Cheikh Hussein, sa rumination occupe les longues soirées du pèlerinage.

A la fois grand ordonnateur de l’événement et chef du village, Cheikh Kadir, 62 ans, supervise campements, prières et offrandes. Haute stature, silhouette élancée, élégamment vêtu, il déambule autour du sanctuaire avec une canne de bois. Les passants lui baisent les mains pour témoigner le respect dû au descendant du saint. « Cheikh Hussein est là pour tous, explique son lointain rejeton. Pas seulement pour les musulmans : des chrétiens, des animistes viennent ici lui demander son aide. C’était un sage et un grand savant. Il a appris aux Oromos ce qui est haram (péché) et halal (licite).» Le khat est-il halal? « Il fait partie du culte, répond Cheikh Kadir. Là où Cheikh Hussein faisait sa prière, se trouvait un arbuste de khat. Et il a dit à chacun que ses feuilles étaient bonnes parce qu’elles calment. »

C’est à Cheikh Kadir qu’il revient d’animer le point d’orgue du pèlerinage: il conduit la grande prière de l’Aïd. Les dizaines de milliers de pèlerins se réunissent dans un champ à l’entrée du village, face à l’école primaire. Là, en rangs serrés, hommes devant, habillés en blanc, femmes derrière, vêtues de tenues colorées, ils prient tous Allah et son prophète Mahomet. L’espace de quelques heures, ce Cheikh Hussein aux pouvoirs miraculeux passe au second plan. Les Oromos retrouvent l’islam de tous les musulmans du monde. Pourtant, une fois retournés dans les campements, quand ils se regroupent autour du mouton grillé, de lentes mélopées s’élèvent du feu de camp. Les pèlerins chantent les louanges de… Cheikh Hussein.

Source : Le Figaro, 15 novembre 2013

Chirurgie réparatrice : Le salut des personnes sujettes aux becs de lièvres en Ethiopie

par Grégoire Pourtier

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En Ethiopie, on déplore des milliers de personnes sujettes aux becs de lièvres ou aux nomas, une gangrène provoquant des trous sur le visage. La vie des victimes, défigurées, en est bouleversée, et les traitements sont très difficiles. Régulièrement, des missions de chirurgiens occidentaux bénévoles viennent donc pour opérer les cas les plus délicats. Ce fut le cas la semaine dernière en Ethiopie, où le projet Harar a pu soigner plusieurs centaines de becs de lièvres et une cinquantaine de nomas, redonnant à ses patients une apparence, et donc une existence, plus agréable et moins marginale socialement.

Source : RFI, 25 mai 2013

Les stars de l’athlétisme bâtissent leurs empires

Les stars éthiopiennes de l’athlétisme investissent massivement dans l’économie, en particulier dans l’immobilier. Au point que certains érigent de véritables petits empires.

Haïlé Gebreselassié, AwassaHaïlé Gebreselassié, double champion olympique du 10 000 m, possède trois immeubles à Addis Abeba. Deux de plus que Derartu Tulu, la première femme noire africaine à avoir remporté une médaille d’or olympique, en 1992. Quant à Gebregziabher Gebremariam, champion de cross-country, il est en train de faire construire le sien. Dans la capitale éthiopienne, les bâtiments poussent au fil des succès remportés par les enfants du pays qui, avec leurs rivaux kényans, dominent la course de fond mondiale depuis plus de vingt ans. Il est vrai qu’une seule victoire dans l’un des grands marathons mondiaux, avec des gains qui peuvent aller jusqu’à 200 000 dollars (environ 150 000 euros) à Dubaï, permet de se constituer une petite fortune à faire fructifier. Surtout dans un pays où 30 % des habitants vivent encore avec moins de 0,60 dollar par jour.

Pour ces sportifs souvent issus de milieux très modestes, le bâtiment reste le secteur le plus sûr pour placer des revenus aléatoires, et la vigueur du marché de l’immobilier dans la capitale leur promet de jolies plus-values. Leurs investissements ne sont cependant pas toujours guidés par la stricte rationalité économique. Ainsi la ville d’Asela, qui a vu naître nombre de grands athlètes, compte aujourd’hui presque autant d’hôtels que de champions – Derartu Tulu et Haïlé Gebreselassié en possèdent notamment un chacun. « Il y a très peu de touristes dans la région. Ces établissements servent plus à inviter leurs amis, faire plaisir à leur famille et contribuer au développement de la région qu’à être rentables », constate Sileshi Bisrat, directeur de la communication de la Fédération éthiopienne d’athlétisme. « Contrairement à ce qui se passe ailleurs, poursuit-il, nos athlètes placent leur argent au pays plutôt qu’à l’étranger. Même Maryam Yusuf Jamal, une coureuse bahreïnie d’origine éthiopienne, a choisi de faire construire à Addis Abeba. »

Secrets abyssins

La longévité de certaines carrières a en revanche donné naissance à des entreprises rentables. Ainsi le triple médaillé d’or olympique et recordman du 5 000 m et du 10 000 m Kenenisa Bekele fait construire un hôtel international à proximité de l’aéroport d’Addis Abeba. À Sululta, le lieu d’entraînement traditionnel des athlètes, sur les hauteurs de la capitale, il possède en outre un centre d’entraînement privé, avec piste d’athlétisme aux normes et chambres d’hôtel. Il cible une clientèle internationale intriguée par les secrets des coureurs abyssins.

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Israël : Une voix pour les Juifs de l’ombre

Par Lahav Harkov

Pnina Tamnou-Shata, du parti Yesh Atid, première femme députée d’origine éthiopienne.

Pnina Tamnou-ShataQuand la députée Pnina Tamnou-Shata du parti Yesh Atid, a prononcé son discours d’investiture à la Knesset, pas un œil n’est resté sec dans le plénum.

La jeune femme de 31 ans, est arrivée d’Éthiopie à l’âge de 3 ans, avec “l’opération Moïse”. Elle a évoqué ce voyage de son Éthiopie natale aux rives israéliennes, les vagues souvenirs qu’elle en a gardés, lorsque tiraillée entre espoir et désespoir, elle voyait pour la première fois les soldats de Tsahal qui leur distribuaient de l’eau et des bonbons, l’intensité avec laquelle elle priait pour que sa mère puisse les rejoindre dans le camp de réfugiés du Soudan.

« Et 28 ans plus tard, me voici debout devant vous, à la Knesset. Moi, fille d’Israël, fière d’appartenir à la magnifique communauté juive éthiopienne, femme, juive et noire, dont l’identité a été modelée par tous ces paramètres », déclarait-elle.

Un discours poignant

Debout sur l’estrade parlementaire, Tamnou-Shata a affirmé vouloir combattre, sans attendre, le racisme et les discriminations auxquels elle a dû faire face en grandissant, de pensionnats en mauvais quartiers, pour finalement arriver à grimper l’échelle sociale et devenir avocate, puis journaliste (elle a été journaliste juridique pour la chaîne israélienne Aroutz 1).

Mais la députée a aussi insisté pour que les griefs et les différends soient mis de côté. Elle souhaite se consacrer à l’amélioration du sort de toute la société israélienne, sans exception. Tamnou-Shata est fière d’avoir pu offrir son soutien aux communautés juives et groupes pro-israéliens de par le monde, fière d’avoir été l’ambassadrice de son pays au sein d’organisations comme l’”Appel unifié pour Israël” et la “Fédération juive”, en leur faisant valoir ce qu’elle appelle « le beau côté d’Israël ». Au terme de son discours, la première femme députée israélienne d’origine éthiopienne à faire son entrée à la Knesset s’est levée pour réciter le Chehe’heyanou, la bénédiction avec laquelle on remercie Dieu de nous avoir « donné la vie et assuré notre subsistance jusqu’à ce jour, et nous permet de vivre ce moment-là ».

Maintenant que le nouveau gouvernement est formé, maintenant qu’elle est membre à part entière de la coalition, Tamnou-Shata peut s’atteler à sa tâche et commencer sérieusement son travail parlementaire. Elle s’est confiée au Jérusalem Post, pour évoquer son passé, sa nouvelle vie en tant que député et ses espoirs pour l’avenir.

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Ethiopie : nouveau Far East

par Florence Beaugé

Les expatriés reviennent, et une classe moyenne émerge dans ce pays qui affiche, en dépit d’une misère persistante, l’un des taux de croissance les plus élevés d’Afrique.

Café de Paris, Addis Abeba, Ethiopie, Ethiopia

C’est une drôle de capitale. Un gigantesque chantier à ciel ouvert, à 2 500 mètres d’altitude. Immeubles, avenues, ronds-points… La ville sort de terre. Partout, des gravats, des édifices en construction, des échafaudages de bois, des tranchées où les femmes travaillent comme les hommes… Construire : voilà le mot d’ordre du régime. Les Chinois dirigent les opérations, sans états d’âme. Peu importe que les Ethiopiens aient la vie encore plus dure, dans l’immédiat…

Voilà dix ans que le pays, longtemps symbole de pauvreté absolue et de famines, comme en 1984 et 1985, affiche l’un des taux de croissance les plus élevés du continent, entre 8 % et 10 % du produit intérieur brut. Bien qu’un Ethiopien sur trois vive encore sous le seuil de pauvreté – avec moins de 0,60 dollar par jour -, une classe moyenne émerge, en ville surtout. Elle ne peut se comparer à celles des pays occidentaux. Très hétérogène dans ses revenus, dans ses trajectoires sociales, un esprit commun la fédère pourtant : la volonté farouche de s’en sortir.

Mekonnen Tilahun, un comptable de 32 ans, n’a jamais vu la mer, jamais foulé une plage de sable. Par sa soeur, qui est allée une fois à Djibouti, il sait « à quel point c’est beau ! ». Ambitieux, réfléchi, il change d’employeur tous les deux ans. En huit ans, sa rémunération a ainsi plus que quintuplé. Il vit encore chez sa mère, pour faire des économies. S’il ne subissait le fléau de l’inflation – 33 % en 2011, 20 % en 2012, 12 % aujourd’hui -, Mekonnen Tilahun s’estimerait chanceux. Un jour, peut-être, s’il a mis suffisamment d’argent de côté, il se mariera. Il aura alors « deux enfants, pas plus ! », assure-t-il. En attendant, il travaille dur. Son seul luxe, c’est la salle de sports où il se rend trois soirs par semaine. Sa jeune sœur rêve d’émigrer aux Etats-Unis. Pas lui. « Ici, il y a tout à faire », dit-il.

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Addis Abeba, la livraison de khat à domicile

par Grégoire Pourtier

Khat

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En Ethiopie, la consommation de khat existe depuis toujours, mais cette plante dont on mâchouille les feuilles et la tige pendant plusieurs heures semble être de plus en plus populaire. Et alors qu’il est considéré comme une drogue dans plusieurs pays, dont la France, le commerce du khat est florissant dans la corne de l’Afrique. Ainsi, depuis quelques temps a même été lancé, à l’image des pizzas par exemple, un service de livraison à domicile, moyennant un petit supplément bien sûr. Une innovation payante pour la société Tsegesh Beleche, puisqu’elle a déjà ouvert quatre boutiques, et en prévoit deux autres cette année. Alors que les embouteillages sont souvent un enfer à Addis Abeba, les livreurs de khat ne manquent pas de travail.

Source : RFI, 24 avril 2013

Maintenir les enfants d’éleveurs éthiopiens à l’école

Dans les régions pastorales d’Éthiopie, des milliers d’enfants ont abandonné l’école, en dépit des efforts déployés par le gouvernement et par les bailleurs de fonds pour rapprocher les établissements d’apprentissage des enfants. Les catastrophes naturelles récurrentes, telles que la sécheresse et les inondations, et les conflits inter-ethniques sont les principales causes de leur déscolarisation.

Nomade, Ethiopie, EthiopiaEn février, au moins 17 000 enfants scolarisés dans l’enseignement primaire avaient abandonné l’école depuis le début de l’année scolaire 2012-2013, principalement en raison des migrations liées à la sécheresse.

Dans la région Afar, située au nord-est du pays, une quinzaine d’écoles ont été fermées en raison du manque d’eau pendant la saison sèche, affectant environ 1 899 enfants, dont 29 % de filles, selon un rapport publié par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) le 11 mars.

La persistance du conflit entre les Oromos et les Somalis perturbe l’enseignement. « Dans les zones affectées par le conflit dans la zone Hararghe Est, situé dans la région Oromia, environ 10 600 enfants (40 % de filles) scolarisés dans 35 écoles primaires [des woredas] Kumbi, Gursum, Meyumuluke et Chenasken ne sont pas allés à l’école pendant plus de trois mois », indique le rapport.

Dans la région Somali, au sud-est du pays, les inondations saisonnières, le conflit ethnique entre les résidents des zones frontalières et les conflits internes au groupe ethnique somali affectent bien souvent la scolarisation des enfants, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

Par exemple, les écoles de plusieurs districts de la région ont été sévèrement endommagées lors des inondations intervenues en 2012. « Lors des inondations de juin 2012, 3 196 filles ont quitté l’école. La plupart des établissements ont été inondés, le matériel et les infrastructures scolaires ont été détruits », a indiqué l’UNICEF.

Durant la crise, l’UNICEF a soutenu la création d’espaces d’apprentissage temporaires pour les enfants affectés.

Écoles alternatives

Les enfants des régions pastorales et leur famille se déplacent au rythme des saisons pour échapper aux intempéries ou à l’insécurité.

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Des handicapés à l’université

par Grégoire Pourtier

Université, Addis Abeba, Ethiopie, Ethiopia

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Alors qu’il est souvent difficile pour les handicapés physiques d’étudier à l’université, l’Ethiopie a décidé il y a quelques années de donner une vraie chance à l’éducation supérieure pour tous. A l’université d’Addis Abeba, on essaye donc d’adapter un maximum de programmes et d’équipements pour que les handicapés moteur, mais aussi les aveugles et les sourds muets puissent accéder aux cours. Ils sont ainsi plus de 300 inscrits à mener une scolarité presque normale et à s’intégrer dans la sociabilité étudiante, alors que dans d’autres circonstances, les handicapés peuvent être plutôt rejetés.

Source : RFI, 17 mars 2013

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