Archives de la catégorie 'Religion'

Les églises, planches de salut des forêts éthiopiennes

Ces dernières décennies, une très grande partie des forêts éthiopiennes a été sacrifiée sur l’autel de l’agriculture. Pourtant, au milieu des kilomètres de terres arables, quelques oasis vertes résistent : les forêts sacrées qui entourent les églises orthodoxes éthiopiennes.

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Il y aurait près de 35 000 forêts sacrées en Ethiopie, dont la plupart se situent aux alentours du lac Tana. Leur taille varie entre un et 300 hectares. Selon les croyances des fidèles de l’église orthodoxe locale, toutes les créatures de dieu doivent pouvoir bénéficier d’un refuge aux abords des lieux sacrés. Ces forêts sacrées, qui abritent des espèces végétales en voie de disparition, représentent pour eux le jardin d’Eden sur terre.

Cette partie de la forêt éthiopienne est elle aussi menacée – non pas par des éléments extérieurs, mais par les fidèles eux-mêmes et le clergé de l’Église. Ces derniers utilisent les branches d’arbres comme du petit bois pour faire du feu, réparer l’église, fabriquer des objets sacrés. Ils cueillent également les plantes qui poussent dans ces forêts pour élaborer des teintures. Ils n’ont pas conscience de l’impact de leurs actions sur l’environnement.

Selon l’Institut des ressources mondiales, les forêts éthiopiennes ne représentent aujourd’hui que 5 % du territoire national. Certains experts prévoient que, sans une protection adaptée, les derniers arbres d’Ethiopie auront disparu d’ici une dizaine d’années.

Pour enrayer ce phénomène, la biologiste américaine Margaret Lowman a mis en place un partenariat avec le clergé de l’Église orthodoxe ainsi qu’avec le chercheur éthiopien Alemayehu Wassie Esheter afin d’impliquer les populations locales dans une protection durable des forêts sacrées.

Margaret Lowman, surnommée “Canopy Meg” (Meg des cimes, NDLR), par ses collègues est biologiste. Elle dirige le centre de recherche environnementale du musée de sciences naturelles de Caroline du nord. En août 2010, elle a passé plusieurs semaines en Ethiopie pour étudier les forêts sacrées.

« Le rôle des forêts sacrées est primordial dans la préservation de la très fragile biodiversité éthiopienne, pourtant la disparition de ces espaces constituent probablement la question environnementale la moins étudiée de notre époque. La déforestation est un problème majeur en Ethiopie comme dans beaucoup de pays d’Afrique de l’Est.

Depuis des dizaines d’années, les arbres sont coupés pour laisser la place aux surfaces agricoles, aux pâturages et aux habitations. En conseillant au gouvernement de planter des milliers d’eucalyptus à croissance rapide pour résoudre le problème, des organisations environnementales, certainement bien intentionnées, n’ont fait qu’empirer les choses. Les eucalyptus sont connus pour être des arbres nécessitant beaucoup d’eau, bien plus que les espèces présentes sur le sol éthiopien. Ces plantations ont contribué à assécher le sol, à le rendre moins fertile, ce qui a eu des conséquences autant sur les cultures de blé que sur les rares espaces de forêts.

Les forêts sacrées comptent parmi les derniers vestiges de la très ancienne forêt afromontane d’Ethiopie dont l’origine remonte au 4ème siècle. Leur existence est primordiale pour trois raisons :
– Elles constituent la seule pépinière d’espèces endémiques éthiopiennes
– Elles accueillent les oiseaux et les insectes qui jouent un rôle fondamental dans la pollinisation des campagnes et notamment dans la croissance du blé
– Elles abritent souvent des sources d’eau. Leur disparition serait un désastre pour le fragile écosystème rural éthiopien.

Protéger ces forêts est, malgré tout, facile. Pour cela, il faut construire des barrières autour de la végétation en laissant une trentaine de mètres entre le premier arbre et les champs de blé. Ce système permet d’éviter que la terre cultivée ne grignote la lisière de la forêt mais aussi empêche les villageois de venir y ramasser du bois. La meilleure des solutions serait évidemment de pouvoir relier toutes ces forêts fragmentées entre elles, mais ce serait pour l’instant impossible sans prendre le risque d’affamer une partie de la population dont l’alimentation dépend exclusivement de l’agriculture locale.

Quand je suis retournée en Ethiopie l’été dernier après ma première visite de sensibilisation en 2008, les prêtres locaux et les habitants étaient fiers de me montrer les barrières de pierres qu’ils avaient érigées. De nouveaux buissons et arbustes avaient même commencé à pousser à la lisière de la forêt. Ils ont aussi attiré mon attention sur un point auquel je n’avais jamais pensé : la nécessité d’avoir des toilettes à proximité de l’église. Quand nous avions étudié les insectes de la forêt, nous avions remarqué un nombre anormalement élevé de bousiers [scarabées qui se regroupent autour d’excréments]. Nous avons ensuite compris que c’était parce que les fidèles avaient pris l’habitude de se soulager dans la forêt. Donc maintenant, en plus d’étudier la biologie, j’étudie la construction des latrines et les questions de santé publique.

Les Ethiopiens aiment sincèrement leur forêt car elle a une signification spirituelle très forte. Notre objectif est que l’Église, et notamment les élèves en catéchisme, s’impliquent totalement dans les initiatives locales de préservation de l’environnement. Nous espérons que les générations futures seront les gardiens de ces forêts sacrées. »

Afin de financer la construction de barrières et de latrines, la biologiste et le programme américain “Tree Foundation” ont mis en place un système de levée de fond qui permettrait aux donateurs de voir leur nom attribué aux espèces d’insectes découvertes.

Voir le site www.canopymeg.com

Source : France 24, 17 mars 2011

Les Juifs éthiopiens mettent fin à leur grève de la faim

Plus de 2 500 juifs éthiopiens ont stoppé leur grève de la faim qui a duré presque une semaine pour réclamer la reconnaissance de leur communauté par Tel-Aviv, après que l’un d’entre eux est mort et que plus de 40 autres personnes ont été hospitalisées, a annoncé vendredi la presse éthiopienne.

La communauté a entamé la grève de la faim lundi pour amener Israël à les rapatrier vers ce qu’ils considèrent comme la terre promise.

Ils ont mis fin à la grève jeudi, suite au décès d’un membre de leur communauté. Deux des 40 personnes hospitalisées sont dans un état critique, selon le journal Sub saharan.

Jusque-là, il n y a pas de communiqué officiel provenant de l’ambassade d’Israël à Addis Abeba sur la question.

Le gouvernement israélien a ignoré leurs demandes répétées après qu’ils ont déménagé à Addis Abeba en provenance de leur ville natale de Gondar située au nord de l’Ethiopie, a indiqué le représentant de la communauté.

Quelque 6 000 juifs éthiopiens ont passé presque une décennie près de l’ambassade d’Israél à Addis Abeba, espérant bénéficier de titres de voyage promis par Tel-Aviv.

Le nombre des juifs éthiopiens est estimé à plus de 300 000 et presque 32 000 d’entre eux espèrent être rapatriés en Israël.

Ceux qui ont été acheminés jusque-là en Israël souffriraient d’isolement et de racisme malgré les affirmations du gouvernement israélien selon lesquelles il prenait des dispositions pour leur intégration.

Source : Afrique en ligne, 1er janvier 2011

Des Juifs éthiopiens en grève de la faim pour obtenir de rejoindre Israël

Environ 2 500 Juifs éthiopiens ont entamé une grève de la faim lundi pour obliger Israël à les transporter vers ce qu’ils considèrent comme la Terre Promise. Les manifestants ont affirmé que rester en Ethiopie les soumettaient à des souffrances indicibles.

Les conditions de vie des membres de cette communauté sont inhumaines et beaucoup d’entre eux sont morts de maladies transmissibles, selon leurs responsables.

Le gouvernement israélien a toujours ignoré leurs appels répétés depuis qu’ils se sont installés à Addis Abeba, en provenance de leur terre natale de Gondar, à 700 km au nord de la capitale.

Six mille Juifs éthiopiens ont passé près d’une décennie près de l’ambassade d’Israël à Addis Abeba, espérant bénéficier des dispositions promises par Tel-Aviv pour voyager facilement.

Le mois dernier, le gouvernement israélien a approuvé un projet de loi pour faire venir en Israël les derniers 8 000 Juifs éthiopiens.

« Nous allons poursuivre notre grève de la faim jusqu’à ce qu’ils réagissent de manière positive », a déclaré un des coordonnateurs du mouvement.

Les Juifs éthiopiens en Israël sont victimes d’isolement et de racisme, même si le gouvernement israélien prétend travailler à leur intégration.

Selon l’ambassade d’Israël à Addis Abeba, environ 120 000 immigrés éthiopiens vivent en Israël et forment 1,53 % de la population.

Sur ces derniers, 4 500 ont des diplômes universitaires, mais seulement 782 membres de la communauté sont employés comme fonctionnaires et ne représentent que 1,4 % des 61 000 membres de la Fonction publique en Israël.

Source : Afrique en ligne, 29 décembre 2010

Les religieux demandent pardon pour les ex-dirigeants militaires

Les représentants des principales religions en Ethiopie ont demandé samedi au pouvoir actuel de pardonner les anciens dirigeants militaires du Derg, chassés du pouvoir en 1991 après des années de terreur.

Le conseil militaire du Derg avait renversé l’empereur Haïlé Selassié en 1974 puis, sous la direction de Mengistu Haïlé Mariam, il avait instauré un régime de répression (la Terreur Rouge, 1977-1978) marqué par plusieurs milliers d’assassinats.

Les anciens responsables du Derg, aujourd’hui emprisonnés, « regrettent leurs actes et ils ont demandé pardon au gouvernement ainsi qu’à la population », indiquent les représentants des religions orthodoxe, musulmane, catholique et protestante dans un communiqué.

« Lorsque nous demandons à la population de pardonner à ces gens, nous n’oublions pas les graves conséquences des atrocités qu’ils ont perpétrées. Nous avons tous été victimes de cette période noire », poursuivent les dignitaires religieux.

Ces mêmes chefs religieux ajoutent que, d’ici deux semaines, une rencontre devrait avoir lieu entre les anciens dirigeants du Derg et des familles de victimes.

La Cour suprême éthiopienne avait condamné à mort pour génocide en mai 2008 Mengistu Haïlé Mariam, réfugié en exil au Zimbabwe depuis la chute de son régime, et 17 de ses anciens collaborateurs. Ces peines n’ont cependant pas été exécutées, et une dizaine d’anciens dirigeants devraient avoir purgé leur peine de prison dans les semaines ou les mois à venir.

Source : AFP, 18 décembre 2010

8 000 Falashmoras d’Ethiopie autorisés à immigrer en Israël

Le gouvernement israélien a décidé, dimanche 14 novembre 2010, que quelque 8 000 Falashmoras éthiopiens pourront immigrer en Israël durant les quatre prochaines années. Cette population, descendante des juifs, est actuellement regroupée dans des camps, en Ethiopie, dans des conditions déplorables selon le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.

Convertis de force au christianisme au XIXème siècle, les Falashmoras sont les descendants d’une communauté de juifs d’Ethiopie. En tout, quelque 8 000 personnes, considérées comme des ayant-droits à l’immigration en Israël, qui sont regroupées dans des camps de transit de l’agence juive en Ethiopie, dans la région de Gondar.

Après des années de tergiversations, le gouvernement israélien vient donc de décider de permettre leur immigration au cours des quatre prochaines années. « Nous avons le devoir moral, en tant que juifs et peuple d’Israël, de trouver une solution à ce problème », a déclaré le Premier ministre Benyamin Netanyahu.

600 Falashmoras seront amenés en Israël dans les prochains mois. Le rythme des arrivées sera ensuite fixé à 200 par mois, durant les trois prochaines années. Le plan prévoit également la fermeture des camps où cette population est regroupée.

A l’issue de ce processus, aucun autre membre de la communauté ne sera autorisé à immigrer, sauf dans le cas d’exception humanitaire. A leur arrivée en Israël, ils devront se plier aux exigences du rabbinat et se convertir au judaïsme.

Actuellement, plus de 120 000 juifs éthiopiens vivent en Israël, sans que cette communauté n’ait réellement réussi à s’intégrer au sein de la société.

Source : RFI, 15 novembre 2010

La plus ancienne Bible illustrée se trouve en Ethiopie

Le manuscrit d’Abba Gerima, conservé dans un monastère en Ethiopie, et jusque-là considéré comme un codex du 11ème siècle, a fait un bond en arrière dans le temps. Les examens au carbone 14 ont révélé une datation plus ancienne : entre 330 et 650 après Jésus Christ. L’Ethiopie abrite les Evangiles illustrés les plus anciens du monde.

Impossible de se douter que l’un des manuscrits conservés dans le monastère d’Abba Gerima, près d’Adwa, dans le nord de l’Ethiopie, était la plus ancienne Bible illustrée jamais découverte. Et pourtant, d’après un récent examen au carbone 14, le verdict est sans appel, le manuscrit d’Abba Gerima, du nom du moine à qui il est attribué, ne date pas du 11ème siècle après Jésus Christ comme les spécialistes s’évertuaient à le croire mais a été écrit entre le 4ème et le 6ème siècle de notre ère.

Cette nouvelle donne vient bouleverser toutes les théories échafaudées par les scientifiques. L’Ethiopie, qui se distingue par sa grande culture de moines copistes, ne possédait pas de manuscrits enluminés antérieurs au 11ème siècle, à tel point que les savants en avaient conclu que cet art s’y était développé tardivement. Or, cette récente découverte atteste du contraire. L’existence même de ce manuscrit relève également du miracle, il a en effet échappé aux troupes de Mohammed Gragn qui ont dévasté au 16ème siècle ces contrées. La situation difficile d’accès du monastère y est sans doute pour beaucoup.

Vieux de 1 600 ans, ces documents, qui n’ont jamais quitté le monastère, sont dans un état de conservation stupéfiant selon les experts. « Les Evangiles de Gerima ont été maintenus au sec et dans l’obscurité, ce qui a contribué à les préserver de toutes ces années. Les couleurs sont étonnamment fraîches », explique Blair Priday du Fond du patrimoine éthiopien, organisme de bienfaisance britannique qui collabore avec l’Eglise orthodoxe éthiopienne.

Selon la légende, ce manuscrit aurait été écrit en un jour par le moine Abba Gerima, arrivé de Constantinople en 494 après J-C, ce qui coïncide avec la récente datation du codex. Pour permettre cet exploit, Dieu aurait alors retardé le coucher du soleil. Les textes saints, retranscrits en langue guèze, une langue sud-sémitique attestée en Ethiopie dès le 3ème siècle et exclusivement littéraire, constituent deux volumes enluminés. Ces illustrations mettent en scène les quatres Evangélistes – Matthieu, Marc, Luc et Jean – et représentent pour la première fois le Temple des Juifs.

Les experts souhaitent vivement que le manuscrit d’Abba Gerima reste dans le monastère d’autant plus que les moines ont toujours considéré que ce livre sacré avait des pouvoirs magiques : « Si quelqu’un tombait malade, les moines lisaient des passages de l’ouvrage pour le soigner et lui redonner de la force », explique Mark Winstanley, qui a contribué à assurer la conservation. Reste à convaincre les autorités éthiopiennes. Le manuscrit d’Abba Gerima n’est pas à un miracle près.

Source : Afrik, 9 juillet 2010

Pour aller plus loin :

# LEROY Jules : L’évangéliaire éthiopien du couvent d’Abba Garima et ses attaches avec l’ancien art chrétien de Syrie. In : Comptes-rendus des séances de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, Vol. 104, n°1, pp. 200-204, 1960. Lire le document

Les dirigeants religieux appellent à un scrutin pacifique

Les quatre principales confessions d’Ethiopie ont appelé dans un message commun à ce que le scrutin de dimanche se déroule dans la paix, selon un document transmis à l’AFP vendredi.

Le patriarche de l’Eglise orthodoxe d’Ethiopie, la première confession du pays, l’Abuna Paulos, « prie ardemment pour que les élections soient conduites de manière juste et équitable ».

« Tous les vœux et les espoirs de croissance de notre société, son développement et sa prospérité, pour l’égalité et la justice pour nos citoyens et qu’ils aient une meilleure vie, tout cela ne peut devenir réalité que si et seulement si la paix, la compréhension mutuelle, l’amour et la tolérance dominent entre les partis en présence », dit-il dans son message.

Aux électeurs, il rappelle que ce sont eux « qui feront la décision dans les élections à venir (…) C’est pourquoi vous devez exercer vos devoirs et responsabilité sur la base de la vérité ».

Pour le président du Conseil suprême des affaires islamiques, Sheck Ahmedin Sheck Abdulahi, « le principal objectif des élections nationales (…) est de renforcer la justice, la liberté et l’égalité, libérer notre pays de son retard et de la pauvreté, de même il est temps d’élire un parti qui mènera son peuple vers le progrès et la prospérité ».

Le président de la conférence des évêques, Mgr Abune Berhaneyesus, appelle les partis à « résoudre leurs différences par le dialogue », « éviter l’usage de la violence » et à « ne pas répéter les erreurs du passé », en référence au scrutin de 2005 où des violences meurtrières avaient fait quelque 200 morts.

Le vice-président de l’Eglise évangélique d’Ethiopie, le révérend Dereje Jenberu, rappelle que « tout pouvoir politique vient de la volonté populaire exprimée dans des élections libres et justes. Tous les partis aspirant à exercer le pouvoir politique dans ce pays devrait se soumettre à cette volonté populaire ».

En Ethiopie, pays de 80 millions d’habitants, 45 % de la population est orthodoxe, entre 6 et 10 % catholique et protestant, 40 % musulmane et 5 % animiste, selon des chiffres officiels.

Le scrutin de dimanche est le premier au niveau national depuis 2005 où l’opposition avait enregistré les meilleurs scores de son histoire.

Source : La Croix, 21 mai 2010

La mixité religieuse comme stratégie politique :
La dynastie des Māmmadoč du Wollo, du milieu du 18ème siècle au début du 20ème siècle

par Éloi Ficquet

La région du Wollo, en Éthiopie centrale, fut dominée entre la fin du 18ème siècle et le début du 20ème siècle par une dynastie de chefs musulmans, portant le titre d’imām et appelés Māmmadoč. Ils se distinguèrent par leurs faits d’armes dans les conflits entre les pouvoirs régionaux caractéristiques de la période désignée comme “Ére des princes” (fin 18ème-mi-19ème). Les rares sources historiques publiées relatives à cette période décrivent les imām Māmmadoč comme des musulmans fanatiques orientés vers la destruction des souverainetés chrétiennes voisines. Cependant, ces représentations peuvent être mises en perspective par des données inédites recueillies dans les années 1840 par le voyageur Arnauld d’Abbadie, auprès d’un informateur du Wollo qui semble avoir vécu dans l’entourage de ces imām. L’histoire de cette dynastie, telle qu’elle est relatée par les notes de d’Abbadie, révèle que ces imām ont entretenu des relations très ambivalentes entre les appartenances religieuses. À chaque génération, ou presque, on observe en effet que ces potentats musulmans qui étaient très fortement engagés dans la défense et dans la diffusion de leur foi, entretenaient des liens étroits avec la religion chrétienne, souvent concrétisés par des alliances matrimoniales. La plupart de ces imām étaient de mère chrétienne et vécurent parmi leurs collatéraux une enfance chrétienne, avant de retourner à l’islam et d’avoir à leur tour des épouses chrétiennes. Ce schéma d’alliances interreligieuses est unique par le fait de sa répétition sur plusieurs générations. De cette façon, les imām Māmmadoč semblent avoir été les précurseurs de pratiques de mixité matrimoniale et de conversion réversible qui sont plus tard devenus la norme au Wollo.

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Source : Afriques, n°1 (printemps 2010)

La circoncision et l’excision en Éthiopie du 15ème au 18ème siècle : Lectures d’un rituel

par Marie-Laure Derat

À partir de l’extrait du Maṣḥāfa Berhān écrit sous la supervision du roi Zar’a Yā‘eqob (1434-1468) qui décrit la manière dont l’excision des jeunes filles doit être effectuée conformément à la loi de l’Ancien Testament, cet article analyse la manière dont l’excision et la circoncision étaient liées à l’Église éthiopienne au 15ème siècle. Mais, au 17ème siècle, les jésuites ont essayé de convertir le royaume éthiopien au catholicisme : ils ont considéré la circoncision comme une pratique juive et l’excision comme une coutume païenne. Pour répondre à cette condamnation, les Éthiopiens ont tenté de se justifier en gardant le lien entre la circoncision et l’excision et en les considérant comme des coutumes plutôt que des rites chrétiens. Cet exemple montre comment un rite a pu être considéré de différentes manières selon les enjeux du moment.

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Source : Afriques, n°1 (printemps 2010)

Le patriarche d’Ethiopie appelle à la paix

Le patriarche de l’Eglise orthodoxe autocéphale d’Ethiopie, l’Abuna Paulos, a appelé, dans un message à l’occasion des célébrations de Pâques, ses ouailles à œuvrer pour la paix et à se montrer solidaires des victimes du VIH-Sida.

« La paix doit être recherchée non seulement pour la sécurité personnelle, mais aussi pour la prospérité et la croissance nationales », a-t-il déclaré dans un message diffusé par l’Agence éthiopienne d’information (Ena, officielle). « La paix permettra de sortir le pays de la pauvreté (…) les citoyens doivent lutter ensemble et unis contre la pauvreté », a-t-il ajouté.

Il a également appelé « les croyants à soutenir les enfants dans le besoin ainsi que les personnes âgées (…) et montrer de la compassion pour les personnes vivants avec le VIH-Sida ».

Selon l’Ena, ce message a également été relayé par l’évêque catholique d’Ethiopie, Birhane Eyesus.

Source : Le Figaro, 3 avril 2010

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