Archives de la catégorie 'Agriculture'

La politique foncière revue et corrigée

Après avoir facilité l’accaparement de vastes étendues de terres par des firmes étrangères, le gouvernement est en train de revoir sa politique foncière.

Terres, Ethiopie, Ethiopia

En privé, les officiels éthiopiens reconnaissent l’échec de leur politique d’agriculture commerciale basée sur la location à bas prix d’immenses portions de terres à des firmes étrangères. Celles-ci les ont accaparées dans un but de spéculation foncière et n’en ont mis en culture qu’une toute petite partie. Outre les 300 000 hectares attribués à la société indienne Karuturi Global LTD (loi n°1324) avant l’adoption du Growth and Transformation Plan (GTP) en 2010, 470 000 hectares l’ont ensuite été à d’autres firmes au nom de ce programme.

Les compagnies bénéficiaires ont été autorisées à raser les forêts pour entreprendre leurs projets agricoles et ont obtenu divers allègements fiscaux. Mais, malgré tous ces avantages, « aucune compagnie n’a répondu aux attentes du gouvernement » selon Bizualem Bekele, un directeur du ministère de l’agriculture. D’après lui, « même Karuturi, n’a pas pu développer plus de 5 000 hectares ». L’équipe de Bizualem a évalué ce programme foncier en juillet et fait des découvertes alarmantes : nombre d’investisseurs n’avaient pas d’idée précise sur le type de terres qu’ils souhaitaient, certains ne savaient même pas à quoi ressemblait un hectare de terre. Sur les quarante-trois compagnies ayant obtenu des terres agricoles, plusieurs ont ensuite abandonné ce secteur après avoir tiré partie des mesures de détaxation et seize sont dans une période d’essai. Elles ont six mois pour démarrer leurs projets, sinon l’Etat peut leur reprendre la terre.

Les résultats de l’enquête menée par l’équipe de Bizualem ont été transmis, en août, au National Agriculture Investment Committee présidé par le premier ministre Hailemariam Desalegn. Après délibération, ce comité a pris deux décisions importantes : récupérer les terres attribuées à ces compagnies et qui n’ont pas été utilisées ; limiter la quantité de terres concédées aux investisseurs de ce secteur. Suite à ces instructions, le ministère de l’agriculture va limiter à 5 000 hectares les terres allouées à un investisseur étranger et donnera la priorité aux investisseurs locaux, avec dans ce cas une limitation des terres attribuées à un maximum de 3 000 hectares.

Source : Africa Intelligence, 27 septembre 2013

Ecopia, une entreprise sociale aux revenus équitablement partagés

par Grégoire Pourtier

Travailleurs, Ecopia, Ethiopie, Ethiopia

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En Ethiopie, l’agriculture compte pour 50 % du produit intérieur brut (PIB) et constitue donc la base de l’économie mais aussi du quotidien d’une population à 80 % rurale. Le pays n’est pourtant toujours pas à l’abri d’une famine, notamment pour des raisons climatiques, par manque d’infrastructures ou à cause de la surpopulation. Alors que tous ces problèmes de fonds ne sont pas réglés dans l’immédiat, une petite société essaie d’optimiser les ressources agricoles et leur distribution. Ecopia a ainsi choisi d’impliquer concrètement des paysans de tout le pays, et se veut donc une entreprise sociale aux revenus équitablement partagés.

Source : RFI, 10 avril 2013

Voir aussi :

Site de la société Ecopia

La Chine appuie le plan sucrier de l’Ethiopie

L’entreprise étatique Ethiopia Sugar Corporation a conclu avec la China Development Bank Corp des accords de prêts pour un montant de $ 500 millions pour la construction de deux raffineries de sucre en Ethiopie dans la zone Omo Sud, selon l’agence Bloomberg.

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L’année dernière, l’Ethiopie a lancé un vaste plan de développement de son secteur sucrier comprenant la construction de 10 usines avec l’ambition de devenir en 2025 un des 10 premiers exportateurs mondiaux de sucre.

Aujourd’hui, le pays est un importateur net. L’objectif est de faire passer la production de 265 000 tonnes, réalisées en 2011, à 2,3 millions de tonnes en 2025. Le coût de ce programme est estimé à 100 milliards de birrs ($ 5,5 millions), dont environ 50 % seraient financés en devises.

Source : Ecofin, 27 septembre 2012

Production sucrière : L’Ethiopie espére devenir un exportateur majeur

L’Ethiopie s’emploie à augmenter sa production sucrière pour atteindre 2,3 millions de tonnes d’ici 2015 et devenir ainsi l’un des dix premiers exportateurs mondiaux, un objectif à sa portée vu les projets ambitieux lancés dans ce vaste pays.

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Pas moins de dix nouvelles usines sont en cours de construction et nombre d’unités de production connaissent actuellement des travaux d’extension et de rénovation dans la perspective de renforcer les capacités de production du pays en cette matière.

La réalisation de ces nouveaux projets notamment dans les régions Amhara, Tigré et Afar, a nécessité des investissements d’un montant global d’environ 80 milliards de birr (4,44 milliards de dollars).

« Nous concentrons nos efforts sur l’extension des usines et le développement de la culture de la canne à sucre en vue d’augmenter la production », a confié à la presse le directeur des Relations publiques à la compagnie Sugar Corporation , Yilma Tibebu.

Pour donner un exemple sur ces projets ambitieux, il a cité le cas de l’usine Sugar Factory Wonjis. Cette unité a fait l’objet d’un programme de restructuration dans le but d’augmenter sa production annuelle à plus de 173 000 tonnes, contre 75 000 actuellement.

De même, Sugar Factory Fincha a connu des travaux d’extension dans le but de doubler sa capacité de production annuelle, pour atteindre 270 000 tonnes, contre 110 000 actuellement.

L’Ethiopie a lancé en 2010 un plan quinquennal visant à promouvoir la croissance économique du pays en accordant une place de choix notamment au développement du secteur agricole.

Dans le cadre de ce projet, cinq millions d’hectares sont destinés à la production sucrière, ce qui illustre l’intérêt particulier accordé à cette filière. Ce programme tend aussi à renforcer la compétitivité des agriculteurs sur le marché international et à assurer une formation pointue à près de 9 300 agents de développement.

L’Ethiopie a, en outre, développé une politique de location de terres agricoles à des investisseurs étrangers et nationaux afin d’accroître la productivité et réaliser des recettes en devises.

Pour séduire les investisseurs, le gouvernement offre des mesures d’incitation telles que les délais de grâce pour le paiement de la location. L’agriculture est le moteur de l’économie éthiopienne dans la mesure où elle représente environ la moitié du PIB, 60% des exportations et 80% des emplois.

La superficie des terres arables irriguées, qui est actuellement de 835 mille ha, devrait passer à 1,8 million ha avec la mise en œuvre du Plan de croissance et de développement élaboré par le gouvernement. Le pays compte une population rurale de plus de 57 millions qui tire ses revenus de l’agriculture de subsistance.

Plusieurs analystes soulignent que l’Ethiopie dispose d’atouts importants pour traduire dans les faits les objectifs fixés. Le pays est doté d’un grand potentiel en termes de climat, de ressources hydriques et de terres arables, ce qui le positionne avantageusement sur le créneau de la production sucrière.

En dépit de ce potentiel, il continue néanmoins à importer cette denrée. En 2010, ses importations de sucre se chiffraient à 150 mille tonnes.

L’Ethiopie vise à assurer son autosuffisance en cette matière d’ici fin 2013 et à multiplier par huit la production de sucre d’ici 2015. Avec une production de 2,3 millions de tonnes à cette date, ce pays de la corne de l’Afrique espère en exporter 1,25 million de tonnes.

Source : Le Matin, 18 août 2012

Un projet pour augmenter la production laitière

par Gaëlle Laleix

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Bétail, Bovin, Vaches, Ethiopie, EthiopiaAvec plus de 40 millions de vaches, l’Ethiopie dispose du plus important bétail bovin du continent africain, et du 10ème dans le monde. Et pourtant, malgré cela, le pays n’arrive pas encore à tirer un profit commercial, ni de la viande, ni du lait. Il n’y a pas encore d’élevage extensif. Les familles ne disposent souvent que de quelques vaches, souvent utilisées pour les travaux agricoles jusqu’à un âge avancé. Subventionné par l’ONG Sida Canada à hauteur de 20 millions de dollars canadiens par an, le projet IPMS tente de changer cet état de fait, notamment près de Debré Zeit, à une heure d’Addis Abeba.

Source : RFI, 12 avril 2012

L’Ethiopie pourrait un jour exporter de la nourriture

par Vincent Defait

Le pays possède le plus important cheptel du continent. Un potentiel qu’Addis Abeba veut optimiser.

Ces vaches hybrides “hollandaises” ont changé sa vie. Depuis que le gouvernement lui a donné un de ces bovins noir et blanc capable de produire plusieurs dizaines de litres de lait par jour, Kefne Bermeje a pu faire des profits, acheter d’autres animaux à engraisser, construire une nouvelle maison et envoyer ses sept enfants à l’école. Une révolution. A Debré Zeit, à une heure de route au sud de la capitale Addis Abeba, le paysan est désormais à la tête d’un petit cheptel et produit assez de céréales pour nourrir sa famille et faire des économies.

Un résultat à rebours des alertes qui commencent à fleurir concernant la maigre saison des pluies dans la Corne de l’Afrique. Début avril, l’agence américaine de détection précoce des famines (Fews Net) affirmait ainsi qu’une “augmentation de la population en insécurité alimentaire ainsi que de la sévérité de cette insécurité alimentaire est probable”.

Et si, malgré cette faible pluviométrie, l’Ethiopie cessait d’importer chaque année des milliers de tonnes de biens alimentaires et inversait la tendance ? Et si l’Ethiopie… exportait de la nourriture ? En théorie, rien d’insensé. Car le potentiel du pays est énorme.

Un château d’eau

L’Ethiopie est en effet à l’Afrique de l’Est ce que la Suisse est à l’Europe : un château d’eau. Ses rivières traversent d’innombrables hectares de terres arables inexploitées car peu irriguées. Et, chose méconnue, avec 50 millions de bovins, 25 millions de moutons et 22 millions de chèvres, l’Ethiopie possède le plus grand cheptel d’Afrique, le dixième au niveau mondial. Enfin, côté marché, les richissimes Etats pétroliers du Golfe sont à la porte d’à-côté. Un capital méconnu est sous-exploité alors que les signes d’une énième sécheresse apparaissent. Qu’il s’agisse d’agriculture, de viande ou de lait, “notre production et notre productivité restent très basses”, reconnaît Admealem Shitaye, dans son bureau du Ministère de l’agriculture. La faute à “des pratiques traditionnelles, des races bovines à faible potentiel génétique et un commerce du bétail pas assez orienté vers le marché”, poursuit le fonctionnaire, directeur adjoint du Département d'”extension agricole”.

“C’est vrai qu’à comparer le cheptel de l’Ethiopie et la façon dont ses ressources sont utilisées, le paradoxe est terrible”, lui fait écho Azage Tegegne, chercheur à l’Institut international de recherche sur le bétail (International Livestock Research Institute, ILRI). “Récemment, j’ai emmené mon équipe aux Pays-Bas. Ils étaient abasourdis : avec seulement 1,8 million de vaches laitières, le pays inonde l’Europe de lait de bonne qualité tout en produisant de façon responsable !”

Alors pourquoi pas l’Ethiopie ? Problème : ici, un bovin est un trésor. Pas question de l’abattre pour sa viande, et les races laitières peinent à produire plus d’un litre de lait par jour. Quand ils en ont les moyens, les paysans préfèrent donc acheter une bête de somme qu’ils utilisent pendant dix ans avant de l’envoyer à la boucherie. Beaucoup trop tard pour produire de la viande de qualité.

La solution ? “En augmentant la productivité agricole grâce à des fertilisants, une plus grande maîtrise des semis et une certaine mécanisation, on peut assurer aux paysans une sécurité alimentaire. Ils nourriront donc mieux leurs animaux, qui pourront être utilisés à d’autres fins”, explique Azage Tegegne. A quoi s’ajoutent des campagnes d’insémination artificielle et l’importation de races européennes, plus productives.

Terres louées

Dans son très ambitieux Plan de croissance et de transformation (Growth and Transformation Plan, GTP), le gouvernement éthiopien prévoit ainsi de quadrupler la part de ces races hybrides, plus productives, dans le cheptel national, d’ici à 2015. Dans le même temps, la production de nourriture pour le bétail triplerait pour atteindre 145 000 quintaux. EN parallèle, 3,3 millions d’hectares sont loués à bas prix à des investisseurs étrangers, chargés d’industrialiser l’agriculture éthiopienne. De quoi assurer au pays de subvenir à ses besoins, à défaut d’exporter ? “Sans aucun doute”, assure Admealem Shitaye, en renvoyant à l’objectif national d’intégrer le club des pays émergents d’ici à 2025.

En attendant, dans les environs de Debré Zeit, la très prosaïque Firehiwot Gezagn, à la tête de cinq bonnes vaches laitières, se plaint de la chute des prix du lait et de la viande. La faute au long jeûne de Pâques, très observé en Ethiopie. Cette mère de quatre enfants se rattrape autrement : depuis qu’elle a acheté une télévision, les matches de la Champions League attirent du monde chez elle. A raison de 3 birrs par personne, le ballon rond compense le manque à gagner. “J’ai entre 20 et 30 personnes quand Manchester United ou Chelsea jouent. Les autres équipes n’attirent personne.” Un paramètre que, pour le coup, l’Ethiopie ne maîtrise pas.

Source : Le Temps, 11 avril 2012

Les espoirs déçus des paysans réinstallés

Quand le gouvernement éthiopien a proposé à Thwol Othoy de déménager vers de nouvelles terres, il a accepté, séduit par la promesse d’une meilleure vie : une terre à cultiver, non loin d’un centre médical et d’une école pour ses enfants. Mais à Abobo, dans la région occidentale de Gambela, il ne lui a été octroyé que la moitié des dix ares de terres qu’il possédait auparavant et sur lesquels il cultivait du maïs. Et il lutte désormais pour nourrir sa famille.

Rizière, Gambela, Ethiopie, Ethiopia

« Il n’y a pas assez de nourriture », explique Thwol Othoy, 35 ans, assis pieds nus, vêtu d’un short en lambeaux et d’une chemise ouverte sur son torse osseux, près d’une modeste hutte, « on attend que le gouvernement défriche cette terre pour pouvoir la cultiver ».

Thwol Othoy a été réinstallé à Abobo dans le cadre du programme gouvernemental “Commune” qui prévoit de regrouper des communautés rurales éparses afin de leur fournir un meilleur accès aux soins, à l’école et aux moulins.

Environ 1,5 million de personnes au total doivent être réinstallées d’ici 2013 dans le cadre de ce programme, mais des organisations de défense des droits de l’Homme accusent le gouvernement de chasser de force des habitants de leurs terres fertiles au profit d’investisseurs, souvent étrangers.

Selon Human Rights Watch (HRW), ces investisseurs occupent déjà 500 000 hectares de terres dans la région et 1,2 million d’hectares supplémentaires leur sont destinés d’ici les trois prochaines années.

Les autorités éthiopiennes démentent ces accusations: « si une société est éparpillée, il n’est pas possible d’entendre sa voix ou de fournir des services sociaux et économiques. Il est préférable de [créer] des regroupements organisés au sein de ces communautés », se défend le ministre éthiopien des Affaires fédérales, Shiferaw Teklemariam.

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Les fleurs dominent les exportations horticoles en Ethiopie

Les exportations horticoles de l’Ethiopie ont rapporté quelque $133,7 millions sur les sept premiers mois de l’année fiscale (juillet à juillet) 2011/12, en hausse de 20 % par rapport à la même période en 2010/11, selon l’Ethiopian Horticulture Development Agency (EHDA).

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Les fleurs remportent la part du lion avec $107,5 millions pour 1,1 milliard de tiges exportées.

Le solde est constitué de fruits, légumes et épices. A noter que dans le secteur des fruits, l’Ethiopie est devenue un exportateur de banane.

Elle a réalisé début février son premier embarquement de 40 tonnes bananes biologiques à destination de l’Arabie Saoudite. Les expéditions vers Djeddah devraient se poursuivre au rythme de 200 tonnes par semaine.

Les principaux marchés d’exportations sont l’Europe (Pays-Bas, Allemagne, Angleterre, Belgique), la Russie, le Japon et le Moyen-Orient.

Source : Ecofin, 23 février 2012

Des pois chiches pour nourrir la Corne de l’Afrique

Un partenariat public-privé envisage d’accroître la production de pois chiches en Ethiopie, aujourd’hui confrontée à une des pires famines de son histoire.

Pois chiches, Chickpeas

Le projet “Enterprise EthioPEA” a été lancé lors d’une conférence de l’Initiative mondiale Clinton organisée à New York par l’ancien président Bill Clinton, en collaboration avec l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), le Programme alimentaire mondial (PAM), la compagnie PepsiCo et la Fondation PepsiCo. Le projet vise à doubler la production actuelle de 200 000 tonnes de pois chiches de l’Ethiopie avec des semences de meilleure qualité, des techniques agricoles améliorées et une bonne irrigation pour 10 000 agriculteurs.

Avec une moyenne de 22 % de protéines, les pois chiches constituent une alternative nutritionnelle à la viande, permettant de réduire les maladies artérielles coronariennes et le diabète. Ces aliments supplémentaires seront distribués à 40 000 enfants éthiopiens âgés de 6 à 23 mois. Cela permettra également au PAM d’augmenter ses capacités d’aide alimentaire pour assister ceux qui sont le plus dans le besoin. A plus long terme, tous les partenaires étendront le programme afin de prévenir la malnutrition dans toute la Corne de l’Afrique. L’initiative profitera également de l’expertise agricole de PepsiCo et de l’USAID pour développer de nouveaux marchés intérieur et à l’exportation en améliorant la chaîne d’approvisionnement. « Les produits à base de pois chiches constituent un élément essentiel d’une stratégie visant à construire un commerce mondial de la nutrition de 30 milliards de dollars d’ici à 2020 », indique un communiqué de PepsiCo.

« Ce partenariat unique illustre les solutions que nous avons mises au point en nous fondant sur les réalités du marché et en combinant nos ressources afin de produire un effet durable de réduction de la faim et de la pauvreté, particulièrement essentielle au vu de la crise dans la Corne de l’Afrique », se félicite Rajiv Shah, un administrateur de l’USAID. Pour PepsiCo, l’investissement dans Enterprise EthioPEA entre dans le cadre d’une stratégie mondiale pour jouer le rôle de chef de file dans l’agriculture durable. « Nous sommes heureux de pouvoir combiner des réseaux locaux puissants, le savoir-faire qui a fait ses preuves dans l’aide au développement et les connaissances solides de l’industrie pour contribuer à la création de nouveaux marchés nationaux et d’exportations alimentaires », se réjouit Indra Nooyi, la PDG de PepsiCo. « Cette initiative aura un effet positif sur les revenus des agriculteurs locaux et sur la situation grave de la Corne de l’Afrique, et créera de nouvelles possibilités d’affaires pour PepsiCo. »

Source : L’Usine nouvelle, 29 septembre 2011

L’Ethiopie se lance dans la production de vin

par Pierre Lepidi

Faire du vin en Ethiopie, dont les images de famine ont fait le tour du monde, pourrait sembler absurde, voire même indécent. Mais ce serait oublier que ce pays de 88 millions d’habitants a une superficie équivalente à celle de deux fois la France et que la malnutrition frappe essentiellement l’extrême sud du pays, une région aux frontières du Kenya et de la Somalie.

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L’Ethiopie n’est pas qu’une terre aride. Le pays possède un environnement très diversifié qui se compose aussi de hauts plateaux, de vallées luxuriantes, de dizaines de lacs et de volcans. On y compte six zones climatiques différentes.

L’idée de produire du vin en Ethiopie ne date pas d’hier. Les soldats italiens, qui ont partiellement occupé le pays de 1936 à 1941, avaient planté quelques vignobles aux alentours de la capitale, Addis Abeba, et dans le Sud-Est, mais uniquement pour leur consommation personnelle.

“AMÉLIORER L’IMAGE DE NOTRE PAYS”

Le projet est cette fois différent, notamment parce qu’il devrait permettre au pays de gagner quelques devises. Lancé en 2007 par le gouvernement éthiopien et le groupe français Castel – déjà implanté dans le pays grâce notamment à la bière et aux brasseries –, le projet s’inscrit aussi dans une démarche de diversification de l’agriculture et de promotion de ses produits.

« Si ce vin peut contribuer à améliorer l’image de notre pays, alors le pari sera gagné, affirme Robel Seido, responsable des ventes au sein de la société Castel. Nous envisageons d’exporter près de la moitié de notre production, notamment aux Etats-Unis, où réside une forte communauté éthiopienne ». Les autres bouteilles seront destinées au marché intérieur, mais dans un niveau de gamme largement supérieur aux quelques vins de table déjà existants.

Il aura fallu sept mois de recherche pour choisir l’emplacement du nouveau vignoble. Le site de Diré Dawa, à l’est du pays, fut initialement retenu. Mais difficilement accessible par camion et estimé trop proche de la Somalie, pays frappé par une guerre civile depuis 1986, l’idée fut abandonnée.

800 000 BOUTEILLES PAR AN

C’est finalement à quelques encablures de la ville de Ziway, à 170 km au sud d’Addis Abeba, que 750 000 pieds de vigne ont été plantés en 2008. L’opération a nécessité l’emploi de 750 personnes, principalement issues de la région.

Acheminées depuis la région bordelaise, les vignes s’étendent sur un domaine de 125 hectares et devraient permettre une production d’environ 800 000 bouteilles par an. Les cépages choisis sont tous français : merlot, syrah et cabernet sauvignon pour le vin rouge (90 %) ; chardonnay pour le blanc (10 %). Comme le veut la tradition et surtout pour alerter en cas d’affection d’oïdium, une maladie qui touche les vignobles, un rosier a été planté à l’extrémité de chaque rangée de pieds.

« Le sol est légèrement sableux et nous sommes dans une zone tempérée où le climat est idéal, explique Olivier Spillebout, œnologue chargé de la qualité de la production. Les conditions climatiques pourraient même permettre d’effectuer deux vendanges par an. Mais, comme nous souhaitons privilégier la qualité, nous n’en ferons qu’une seule… On devrait obtenir des vins légers et fruités. »

INTRUSIONS DE PYTHONS, DE HYÈNES, D’HIPPOPOTAMES

Les premières vendanges auront lieu début novembre et la commercialisation des bouteilles est prévue pour le premier trimestre 2012. A terme, l’objectif est de concurrencer les excellentes productions sud-africaines, considérées aujourd’hui comme les meilleures du continent.

Mais planter des vignes au cœur de la vallée du Rift, au bord d’un lac situé à 1 600 mètres d’altitude, ne se fait pas sans quelques péripéties. « On a eu des intrusions de pythons, de hyènes et même d’hippopotames dans le vignoble, se souvient Guy Campillo, responsable du domaine. On a donc creusé un fossé de deux mètres autour de la vigne pour la protéger. Depuis, tout va bien ! »

Début août, il restait à attendre que les raisins arrivent à maturité, à finir les murs de la cave et à débâcher les dizaines de cuves en inox. Juste à l’extérieur du domaine, on pouvait apercevoir un troupeau d’antilopes.

Source : Le Monde, 19 août 2011

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