Le miel blanc du Tigré
Trois types de miel sont produits, de couleur rouge, jaune et blanc. 90% de la production consiste en un miel de couleur blanche, avec une bonne consistance et de gros grains sans homogénéité. Connu et apprécié dans toute l’Éthiopie, le miel blanc est traditionnellement servi lors des fêtes avec du pain blanc, cuit à la vapeur, à base de blé.

Situé sur un plateau à 2 000 mètres d’altitude, le Tigré est la région la plus au nord de l’Ethiopie, à la frontière avec l’Erythrée au Nord et à l’Est avec la plaine du Danakil. Le paysage est ponctué par d’impressionnantes montagnes rouges et des canyons spectaculaires où, selon un dicton local, « les montagnes se regroupent pour une réunion ». La zone est connue pour ses nombreuses églises rupestres : ce sont des structures monolithiques datant des années 1200, accrochées aux pentes raides et creusées dans le grès.
Après la saison des pluies, le paysage change et devient plus vert. C’est dans cette période que les abeilles vont butiner sur les fleurs. Malgré la sécheresse de la région, la production de miel est très élevé chaque année en raison de la généralisation de l’apiculture. Le miel est récolté deux fois par an : la première fois, avec un rendement plus élevé, tout de suite après la pluie (septembre à décembre), tandis que le second a lieu seulement dans les années particulièrement pluvieuses, de mai à juin.
Le miel blanc
Trois types de miel sont produits, de couleur rouge, jaune et blanc. 90 % de la production consiste en un miel de couleur blanche, avec une bonne consistance et de gros grains sans homogénéité. Sa saveur n’est pas très douce et il a un arrière-goût intense. Sa couleur est due à la flore de la zone : une étude doit être effectuée afin de déterminer les espèces, mais on peut présumer qu’elles appartiennent principalement à la famille des labiées ou labiacées (comme la sauge), et dans une moindre mesure, à celle des figues de Barbarie. Connu et apprécié dans toute l’Éthiopie, le miel blanc est traditionnellement servi lors des fêtes avec du pain blanc, cuit à la vapeur, à base de blé. Avant la création du Présidium, les producteurs vendaient le miel à des intermédiaires qui le mélangeaient souvent avec des miels de moindre qualité puis revendaient un produit qui ne ressemblait plus à celui d’origine.
Le Présidium est un groupe de 16 apiculteurs qui ont formé l’association Selam dans la ville de Wukro. En utilisant plus de 420 ruches, il produit environ 30 quintaux de miel par an et est progressivement devenu indépendant de la chaîne des intermédiaires en vendant directement à travers un petit magasin de détail sur un terrain fourni par l’autorité locale. Le Miel Blanc du Tigray Présidium a deux traits distinctifs. Premièrement, le produit lui-même, qui est de haute qualité et ne nécessite pas d’importantes améliorations. Deuxièmement, la gestion et la coordination qui s’élargit à de nouvelles communautés. Le Présidium a également fourni des bocaux en verre – offert par Saint-Gobain (maintenant Verallia) – et les étiquettes pour mieux présenter et vendre le produit. En outre, des experts techniques de CONAPI (Consortium italien des apiculteurs et des agriculteurs biologiques) vont aider à élaborer la réglementation des produits afin de garantir l’authenticité et la qualité du miel.
Source : Afrik, 8 août 2012
Voir aussi :
Plus d’informations sur le site Slow Food, initiateur du projet
Ce soir vous n’allez pas au restaurant, non, vous êtes invités par Sisay et Sitina, chez eux. C’est un peu l’impression que l’on a quand on franchit la porte d’entrée du Négus.
Nous nous transformons donc en oisillons affamés et ouvrons la bouche. Sisay fait preuve d’une dextérité sans faille. Un peu surpris au début, on se laisse finalement faire et je commence à donner la becquée à la personne qui m’accompagne. Tout le repas ne se passe pas comme ça, soyez rassurés, vous pourrez manger seul mais toujours sans couverts !
Le Walya (petit bouquetin éthiopien) ne paie pas de mine. L’intérieur – un bar et une salle pour une trentaine de places assises – est joliment arrangé, et au rythme de douces percussions africaines, s’y décline une carte exotique : le Beyayennatou, assortiment de 12 plats cuisinés éthiopiens, accompagnés de pois chiches, petits pois, lentilles et haricots verts ; le Chouro, des petits pois moulinés ou encore, le Tres Sega, cousin africain du tartare de bœuf agrémenté de la très épicée sauce mitmita. Wagaye Assefa, originaire d’Addis Abeba, propriétaire des lieux et seule aux fourneaux, commence très tôt puisque la viande doit mijoter environ quatre heures. Pour ses clients, ce voyage gustatif n’est pas ruineux : entre 9 et 18 € à la carte, avec un ticket moyen de 15 €. Et Bruk, l’unique employé du Walya, conseille les vins. Même si on peut leur préférer les bières blondes éthiopiennes, la Saint-Georges ou la Bati.
Marcus Samuelsson est né en Ethiopie en 1970. A l’époque, il s’appelait encore Kassahun Tsegie. En 1973, sa mère biologique décéda suite à une épidémie de tuberculose. Marcus et sa sœur aînée furent alors adoptés par Ann Marie et Lennart Samuelsson, un jeune couple suédois qui vivait à Göteborg. Marcus décrit son enfance en Suède comme une période idyllique partagée avec sa famille et ses amis proches. Dès son plus jeune âge, il manifesta un vif intérêt pour la cuisine, grâce à sa grand-mère qui était cuisinière professionnelle.
Après cette expérience à l’Aquavit, Marcus retourna en Europe. Il obtint une place au Georges Blanc, à Lyon, fameux restaurant récompensé par 3 étoiles au Guide Michelin. « Au Georges Blanc, j’ai appris que pour être un grand chef, il faut avoir la passion du succès, en plus de la passion de la cuisine. », explique Marcus. « Ce n’est pas suffisant de savoir préparer de délicieux plats. Il faut aussi être régulier et servir deux repas remarquables par jour et pour chaque client. »
Le 24 novembre 2009, Samuelsson officia en tant que chef à la Maison Blanche pour le premier dîner officiel de la présidence Obama. A cette occasion, la première dame, Michelle Obama, affirma qu’il était « un des meilleurs chefs du pays ».
Aimez-vous manger avec les doigts ? Si oui, poussez la porte du restaurant Abyssinia, rue du Hâ. Si non ralliez quand même cette adresse qui n’est pas commune et demandez les ustensiles d’usage. Mais ce faisant vous vous priverez d’un plaisir qui n’est pas seulement régressif. Curieusement, en effet, le contact direct avec la nourriture la rend plus prégnante, plus convaincante.