Archives de la catégorie 'Musique'

Junaid Jemal, danseur éthiopien

par Grégoire Pourtier

Junaid Jemal

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Junaid Jemal s’est produit ce vendredi soir à l’Alliance éthio-française d’Addis Abeba, avec une partie de sa troupe de danse contemporaine, Adugna. Adugna est la seule compagnie de ce type en Ethiopie. Tout a démarré il y a une quinzaine d’années, quand un programme a décidé de former à la danse une vingtaine d’adolescents défavorisés. Ainsi, alors que son destin était sans doute de vivre de petits travaux dans la rue, Junaid voyage aujourd’hui à travers le monde pour présenter ses spectacles et aide son pays à faire passer un certain nombre de messages grâce à la danse.

Source : RFI, 16 février 2013

Arat Kilo

L’Éthiopie fascine depuis longtemps les mondes de la musique. Bien sûr, on connaît le rastafarisme, mystique de Marcus Garvey injectée dans les gènes du reggae de la Jamaïque. Rien à voir avec la musique d’Arat Kilo (Kilomètre 4, le nom d’un faubourg d’Addis Abeba), dont le terrain d’aventures est l’ethio-jazz et l’ethio-groove. Oui, Arat Kilo est un des déjà nombreux groupes européens qu’une période très spéciale de la musique éthiopienne a fasciné, au point d’en faire le cœur de leur répertoire, et, dans ce cas, de ce dense album “A night in Abyssinia”.

Arat Kilo

Tout commence en 2008 quand un noyau de jeunes musiciens parisiens des galaxies world et funk se découvrent un amour commun pour cette singulière nébuleuse “Ethiopiques”, la tranche de vie d’un monde d’une époque très ciblée (1967/74) et d’une sorte de capitale excentrée de l’Afrique, Addis Abeba, siège de l’Organisation de l’Unité Africaine. Cette pêche miraculeuse mêlant soul, orient, Afrique noire, jazz, distillée sous forme de collection discographique par Francis Falceto, en a halluciné du monde, d’Elvis Costello à Oliver Stone. Un groove venu de nulle part qui a tôt fait de réunir cinq jeunes musiciens. Ils mettent en commun leurs compétences, recherche, compositions. Un premier disque, artisanal, en 2008, l’ébauche d’un territoire en friche doublé d’un acte de naissance, des concerts qui resserrent la cohésion du quintet et qui ciblent cette ethio-jazz french style, volontairement instrumental.

Enfin, voici l’opus qui va les projeter dans la cour des grands, “A night in Abyssinia”, pulsation groovy avec échappées lancinantes, jusqu’aux confins du langoureux, aux reflets cuivrés pas si loin du Blue Note période sixties : le répertoire mêle compositions originales dans l’esprit de cet ethio-jazz avec reprises de thèmes locaux seventies, notamment de Tlahoun Gèssèssè, grande figure du cru. Et trois guests de choc dont deux voix : d’une part le facétieux rappeur canadien SoCalled, sorti de son yiddishland, de l’autre une éblouissante ballade chantée en bambara par la Malienne Rokia Traoré, à lui seul un afro mix haut dans la stratosphère. Enfin, le vibraphone du vétéran Mulatu Astatké, baroudeur (et mercenaire !) de ce jazz à l’Ethiopienne.

Avec Arat Kilo, on n’est pas dans l’orthodoxie, les garçons n’hésitent pas à flirter avec le reggae et à frayer avec le dub atmosphérique, histoire de dater à 2011 cet album, rebondissement d’un ailleurs antérieur. Ajoutez-y une prise de son et un mixage à la hauteur de leurs ambitions : nous voilà embarqués avec Camille, Michael, Fabien, Samuel et Arnold pour une… Nuit en Abyssinie. Et plus si affinités.

Fabien Girard guitar, balafon Michael Havard saxophones, flute Camille Floriot trumpet, bugle, ney Samuel Hirsch bass guitar, kalimba Arnold Turpin drums, melodica

Voir aussi :

Vidéos d’Arat Kilo
Album “A night in Abyssinia” d’Arat Kilo
Site officiel d’Arat Kilo
Page Myspace d’Arat Kilo

Vidéos : Badume’s Band

Badume’s Band : Album Addis Kan

Badume’s Band : Live à FiestaSète 2008

Badume’s Band & Selamnesh Zéméné (1)

Badume’s Band & Selamnesh Zéméné (2)

Voir aussi :

Badume’s Band
Album “Addis Kan” de Badume’s Band
Album “Ale Gena – Ethiopia” de Badume’s Band & Selamnesh Zéméné
Page Myspace de Badume’s Band

Badume’s Band

Dans le milieu des années 80, des cassettes de musiques éthiopiennes des sixties débarquent dans les oreilles de jeunes jazzmen bretons. Rencontre décisive. Fascinés par les rythmes pentatoniques et les beats ternaires de ces morceaux aux colorations soul et au groove implacable, les jeunes autodidactes veulent en savoir plus. Ils pratiquent leurs instruments dans des groupes traditionnels comme le Gwenfol Orchestra ou la Kreizh Breizh Académi, jouent régulièrement dans des fest noz et ont une solide expérience de la scène. À l’oreille, ils retranscrivent alors leurs propres instruments sur partition, jusqu’à l’amharique, langue éthiopienne complexe qu’Eric Menneteau, la stupéfiante voix du Badume’s, chante à l’aveugle, et fait corriger par des musiciens éthiopiens.

Badume's Band

Le groupe reprend des compositions de Mahmoud Ahmed, pièce maîtresse de la décade d’or de la musique éthiopienne, d’Alèmayèhu Eshèté, le James Brown d’Addis, et de bien d’autres artistes issus du catalogue d’Amha Records. C’est en effet cette maison de disques, dont les sorties ont été rééditées dans leur intégralité par la collection Ethiopiques de Francis Falcetto, qui édita l’essentiel de la musique éthiopienne contemporaine. Addis Abeba, phare de culture de la sous-région à la fin des années 60, connut une période fascinante (1969-1979) où soul, groove, funk se mêlèrent aux rythmes nationaux, débauchant massivement les musiciens des orchestres officiels de police et de gendarmerie, qui abandonnaient leurs uniformes au profit des cols pelles à tartes et autres pattes d’éléphant. À partir de 1974, l’évolution de cette musique est stoppée dans son élan par la chute de l’empereur Haïlé Selassié Ier et l’instauration d’une dictature militaire. Dix-huit années particulièrement sombres pendant lesquelles l’industrie du disque périclite et le couvre-feu est rapidement instauré, sabotant toute possibilité de vie nocturne. Le répertoire du Badume’s raconte la fulgurance de l’explosion musicale de ces prestigieuses années.

Après trois années de reprises fidèles, plusieurs scènes avec Mahmoud Ahmed, des concerts au festival d’Addis Abeba en janvier dernier, l’aval des aînés musiciens, le Badume’s a décidé de proposer une relecture plus personnelle de la période. Dans son premier album Addis Kan, au titre en forme de clin d’œil au kan ha diskan, le chant de Centre Bretagne, le Badume’s travaille les arrangements des morceaux d’origine en en conservant les mélodies chantées. La voix entêtante d’Eric Menneteau, le clavier de Franck Lemasle, la section cuivres jazzy ou carrément funky et la rythmique ravageuse refont vivre la chaleur des nuits d’Addis, en y faisant souffler un délicieux vent de fraîcheur.

Eric Menneteau chant Rudy Blas guitare Etienne Callac basse Franck Le Masle claviers Pierre-Yves Mérel sax ténor Xavier Pusset sax ténor Antonin Volson batterie Jonathan Volson percussions

Source : Mondomix

Voir aussi :

Vidéos de Badume’s Band
Album “Addis Kan” de Badume’s Band
Album “Ale Gena – Ethiopia” de Badume’s Band & Selamnesh Zéméné
Page Myspace de Badume’s Band

Imperial Tiger Orchestra

L’aventure d’Imperial Tiger Orchestra commence en 2007. Passionné par la musique éthiopienne, le trompettiste suisse Raphaël Anker réunit six musiciens pour réinterpréter, le temps d’un concert, les standards musicaux de ce pays d’Afrique. Ce projet imaginé à court terme aboutit à la formation d’un groupe et à l’enregistrement d’un album. En 2009, ils se rendent en Ethiopie et mesure l’importance de la tradition au côté de l’émergence d’une scène moderne.

Imperial Tiger Orchestra

À l’heure où les compilations déferlent de toute part pour exhumer l’héritage musical éthiopien, Imperial Tiger Orchestra propose un son inédit et original alliant modernité et inspiration traditionnelle. Ce sextet surprenant, aux allures improbables interprète et revisite autant l’âge d’or de la musique éthiopienne que les standards traditionnels en passant par les dernières productions d’Addis Abeba.

Composé d’une section de cuivres puissante (trompette, saxophones baryton et alto) et d’une section rythmique implacable (batterie, percussions, claviers vintage et midi/basse électrique), Imperial Tiger Orchestra distille des sets à l’énergie redoutable. Musique essentiellement chantée à l’origine, le groupe préserve la beauté des lignes mélodiques et des modes éthiopiens, tout en sortant des sentiers battus.

En faussaires assumés, Imperial Tiger Orchestra distille du groove instrumental, des rythmes hypnotiques menant à la transe et des lignes obsessionnelles qui puisent dans le vocabulaire de la musique électronique. Loin des notions puristes, les musiciens n’hésitent pas à brouiller les cartes en utilisant un phin, guitare traditionnelle thaïlandaise au son acéré comme le couteau à côté du traditionnel kebero éthiopien.

Télécharger un article sur l’Imperial Tiger Orchestra
(Vibrations – Avril 2011)

Voir aussi :

Album “Addis Abeba” d’Imperial Tiger Orchestra
Album “Mercato” d’Imperial Tiger Orchestra
Page Myspace d’Imperial Tiger Orchestra

Musiques du monde : Spéciale Ethiopie

par Laurence Aloir

A l’occasion de la sortie du disque “Noise & Chill Out : Ethiopian Groove Worldwide”, nous recevons le plus fin spécialiste de la musique éthiopienne, Francis Falceto.

Le patrimoine musical élaboré à partir de l’après-guerre se découvre des héritiers de toutes origines et de toutes couleurs. Ils ont en commun une volonté passionnée de l’honorer aussi brillamment que possible. Soul, funk, afropop, punk, jazz, electronica, expérimental, ambient, quatuor à cordes, du soliste absolu à l’orchestre symphonique. Grâce à la collection Ethiopiques, créée par Francis Falceto, qui a permis au monde entier de découvrir la musique éthiopienne, on ne compte plus les reprises de standards éthiopiens un peu partout sur la planète. Nous avons nous-mêmes reçu dans notre célèbre studio 136, le maître Mulatu Astatké et quelques-uns de ses héritiers, Akalé Wubé, ETH, Arat Kilo, Ukandanz. A cela, s’ajoutent les déclarations passionnées d’aficionados de premier plan tels qu’ Elvis Costello, Patti Smith, Tom Waits, Jim Jarmusch, Robert Plant, Gilles Peterson ou John Zorn.

A l’occasion de la sortie de son nouveau projet Ethio Sonic, prolongement de la collection Ethiopiques, Laurence Aloir reçoit Francis Falceto.

Ecouter la 1ère partie de l’émission

Ecouter la 2ème partie de l’émission

Source : RFI, 28 janvier 2012

30ème anniversaire de la disparition de Bob Marley

par Gaëlle Laleix

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La communauté rasta d’Addis Abeba en Ethiopie célèbre le 30ème anniversaire de la disparition de Bob Marley.

Source : RFI, 11 mai 2011

Festival international “Musique sans frontières” du 4 au 6 mai à Addis Abeba

Le festival international “Musique sans frontières” aura lieu du 4 au 6 mai prochain à Addis Abeba. Selon les organisateurs, le festival verra la participation d’une brochette d’artistes de renommée nationale et internationale, qui se produiront dans trois principales villes d’Ethiopie à savoir la capitale Addis Abeba, Harar et Gondar.

Le festival se propose de promouvoir le patrimoine matériel et immatériel de l’Ethiopie et de faciliter le partager des expériences entre les différents artistes venant des quatre coins du globe. Les artistes qui prendront part à cette manifestation artistique seront en provenance d’Afrique, d’Europe, d’Asie et des Etats-Unis, indiquent les organisateurs.

L’Ethiopie a, récemment, mis en œuvre une nouvelle stratégie touristique visant à promouvoir la richesse et le potentiel culturel et naturel de l’Ethiopie et à ériger le pays en une destination touristique par excellence en Afrique. Le pays table sur des recettes touristiques de plus de 370 millions de dollars d’ici 2014. Durant l’exercice fiscal écoulé, les recettes touristiques de l’Ethiopie ont été à 222,2 millions de dollars (3 milliards de Birr), ce qui 2 % du produit national brut.

Source : Atlas Info, 30 avril 2011

R. Kelly en Ethiopie pour le concert du nouvel an

Pour perpétuer la tradition du magnat saoudien d’origine éthiopienne, Mohammed Hussein Al Amoudi, le chanteur noir américain R. Kelly est arrivé à Addis Abeba, la capitale éthiopienne, où il doit offrir un concert marquant le début du nouvel an ce vendredi soir.

R. Kelly et son orchestre, arrivés jeudi à Addis Abeba, vont se produire dans un concert ayant fait l’objet d’une grande promotion et marquant la fête de la Saint-Sylvestre dans le très luxueux hôtel Sheraton Addis.

Al Amoudi, qui a récemment été nommé 3ème homme le plus riche du Moyen-Orient et 10ème mondial, a perpétué la tradition de faire venir de célèbres chanteurs américains à l’occasion des grandes fêtes, notamment à la Saint-Sylvestre, en payant d’énormes sommes d’argent pour de tels spectacles. Des célébrités éthiopiennes se produisent également en de pareilles occasions.

Beyonce, Black-Eyed Peas, Sean Paul et Shaggy, entre autres, ont précédemment joué à Addis Abeba dans ce cadre.

Le billet d’entrée du concert de R. Kelly est de près de 130 dollars américains, ce qui en fait un évènement exclusivement réservé aux riches citadins et expatriés vivant à Addis Abeba, à l’image des précédents spectacles. La majeure partie des Ethiopiens suivent la retransmission en direct de ces spectacles à la télévision nationale.

Les Ethiopiens célèbrent leur nouvel an en septembre, mais une bonne partie des riches citadins et de la diaspora partagent la célébration du nouvel an occidental.

Source : Afrique en ligne, 31 décembre 2010

Gétatchèw Mèkurya
ጌታቸው መኩሪያ

Gétatchèw Mèkurya est un compositeur et saxophoniste de jazz, né en 1937 dans la province du Choa, en Ethiopie.

Dans sa jeunesse, il s’initia aux instruments traditionnels éthiopiens tels que le krar et le mèssengo, avant d’opter pour le saxophone et la clarinette. A l’âge de 13 ans, il fit ses débuts au sein du Municipality Band d’Addis Abeba avant d’intégrer le fameux Police Orchestra en juillet 1964. Gétatchèw Mèkurya fit ensuite une longue carrière au sein de plusieurs des grands orchestres de la capitale éthiopienne. Il accompagna également Alèmayèhu Eshèté, Hirut Beqele et Ayaléw Mèsfin.

Mais c’est la réédition de son album Negus of the Ethiopian Sax, au sein de la collection Ethiopiques, qui lui permit de se faire connaître sur le plan international comme l’un des musiciens les plus importants de l’Éthio-jazz. Depuis 2004, il collabore régulièrement avec le groupe post-punk The Ex, qui a participé à son album Moa Anbessa en 2006.

Aujourd’hui, Gétatchèw Mèkurya vit toujours à Addis Abeba et se produit régulièrement au Sunset Bar de l’hôtel Sheraton. Les érudits définissent ses interprétations comme une adaptation du shellèla au saxophone. Le shellela étant un style vocal guerrier, pratiqué jusqu’au 20ème siècle pour galvaniser les troupes avant les batailles. Il s’agissait d’aiguiser le patriotisme éthiopien et d’invectiver l’ennemi, par des chants hurlés et improvisés avant chaque assaut.

Sources : Wikipedia
Les Nouvelles d’Addis

Voir aussi :

Ethiopiques Volume 14 : Gétatchèw Mèkurya : Negus of Ethiopian Sax

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