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Chirurgie réparatrice : Le salut des personnes sujettes aux becs de lièvres en Ethiopie

par Grégoire Pourtier

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En Ethiopie, on déplore des milliers de personnes sujettes aux becs de lièvres ou aux nomas, une gangrène provoquant des trous sur le visage. La vie des victimes, défigurées, en est bouleversée, et les traitements sont très difficiles. Régulièrement, des missions de chirurgiens occidentaux bénévoles viennent donc pour opérer les cas les plus délicats. Ce fut le cas la semaine dernière en Ethiopie, où le projet Harar a pu soigner plusieurs centaines de becs de lièvres et une cinquantaine de nomas, redonnant à ses patients une apparence, et donc une existence, plus agréable et moins marginale socialement.

Source : RFI, 25 mai 2013

L’Éthiopie enregistre des progrès considérables en matière de santé

La route qui mène à Dongore Difurda, une localité (kebele) de la vaste région Oromia, en Éthiopie, s’éloigne de la capitale vers l’est. La circulation y est intense en direction de Djibouti et de la côte. Après environ 125 kilomètres, il faut quitter la route, emprunter une piste non signalée et progresser parmi les chameaux qui ruminent et les charrettes tirées par des ânes pour atteindre le cœur du village, niché au pied d’une colline.

Santé, Ethiopie, Ethiopia

Une jeune femme du nom d’Etagegn Gebre examine une file de patients au milieu de cases en terre aux toits de chaume coniques. Ceux-ci attendent leur tour devant le petit bâtiment d’un étage abritant le poste sanitaire local pour la voir. Parmi eux, une femme enceinte de plusieurs mois accompagnée d’un enfant en bas âge qui s’accroche à sa robe, un fermier blessé à la main et un homme semblant souffrir du paludisme.

Etagegn fait entrer la femme enceinte dans le centre sanitaire par un rideau rose immaculé. Une fois à l’intérieur, elle examine prestement la patiente et réalise un bilan prénatal en palpant son abdomen. Elle prend également des notes et des mesures. Elle congédie ensuite cette dernière avec des vitamines et quelques mots d’encouragement. À l’extérieur, elle désinfecte et panse une blessure, puis administre rapidement un test de dépistage du paludisme.

« J’aime mon travail, car il me permet de répondre aux problèmes de santé de ma communauté, ce qui est très important », explique Etagegn. « Ce que je préfère, c’est que je peux sauver des vies : je ne travaille pas uniquement pour l’argent. C’est très gratifiant. »

Plus de 35 000 professionnelles de la santé travaillent désormais en milieu rural

Etagegn est une professionnelle de la santé qualifiée : il s’agit de l’une des 35 000 personnes déployées par l’Etat éthiopien ces dernières années pour offrir des soins dans les zones rurales. Tout comme elle, deux femmes ayant terminé l’enseignement secondaire et effectué une année de formation sont affectées à chaque kebele. Elles sont aidées par des bénévoles, des hommes dont le rôle est de leur adresser les personnes souffrant de problèmes de santé.

Des enfants jouent à l’extérieur du poste sanitaire d’Etagegn, mêlant leurs chants et leurs applaudissements à la poussière qu’ils soulèvent du pied dans la chaleur de l’après-midi. Une petite fille, Deratu, observe timidement les plus grands s’amuser d’un peu plus loin.

« Nous soignons au moins 10 à 30 enfants par jour », précise Etagegn en posant sa main sur la tête de Deratu. « Ils viennent pour toutes sortes de maladies : le paludisme, la malnutrition, les diarrhées et d’autres symptômes. Si nous pouvons les soigner ici, c’est ce que nous faisons. Sinon, nous leur prescrivons une consultation chez le médecin».

En voie d’atteindre certains objectifs cruciaux en matière de santé

Le réseau éthiopien de travailleurs de la santé est un atout formidable pour aider le pays à réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en matière de santé. À ce rythme, l’Éthiopie devrait déjà en atteindre certains d’ici 2015, y compris en matière de réduction de la mortalité infantile et de lutte contre le VIH/SIDA et le paludisme.

La mortalité des enfants de moins de cinq ans est ainsi passée de 123 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2005 à 88 en 2011. Même si le niveau actuel de mortalité infantile reste élevé, la rapidité des progrès observés est particulièrement encourageante.

« L’Éthiopie a réalisé des efforts importants pour améliorer les soins de santé au niveau local », explique M. Ahmed Shide, ministre éthiopien des Finances et du développement économique. « Il reste encore toutefois des défis de taille à relever. Aucune mère ne devrait mourir en mettant son enfant au monde et tous les enfants devraient avoir le droit de vivre pleinement leur vie. »

Les efforts en direction des femmes enceintes et des mères s’intensifient

Le travail d’Etagegn ne se résume pas à informer des groupes de villageoises sur la nutrition et les pratiques d’alimentation. Elle rend également visite aux femmes enceintes chez elles. Équipée d’une grande trousse à pharmacie, elle empreinte maintenant un sentier ombragé pour se rendre chez Dase, âgée de 25 ans et mère de deux enfants.

Ses dernières semaines de grossesse ayant été difficiles, Dase est contente de la voir. Les deux femmes ont une longue conversation à l’intérieur de sa case de deux pièces construite en terre et en bois. L’un des enfants de Dase, une petite fille de deux ans, reste aux côtés de sa mère tout au long de la visite.

« Lorsque j’étais enceinte de mon premier enfant, j’allais à Walanchite pour recevoir des soins », se souvient Dase. « Il fallait que je marche de longues distances et j’ai dû accoucher chez moi. Lorsque je suis tombée enceinte pour la deuxième fois, je devais aller jusqu’à Adama. Ce n’était pas possible alors j’ai accouché à la maison. »

Les accouchements à domicile sont toujours très courants en Éthiopie et contribuent aux chiffres encore élevés de la mortalité maternelle et néonatale. L’engagement du pays vis-à-vis des OMD devrait toutefois se traduire par de nouvelles améliorations de la situation des femmes et des enfants.

Des partenariats avec les donateurs pour renforcer les services vitaux

« Il reste encore beaucoup à faire. Avec l’aide de ses partenaires et donateurs œuvrant pour le développement, le gouvernement va poursuivre ses efforts pour que l’Éthiopie atteigne tous les Objectifs du millénaire pour le développement, en particulier ceux qui concernent la prestation des services de santé », certifie M. Shide, le ministre.

De nombreux partenaires de développement aident en effet l’Éthiopie à renforcer son système de santé et à améliorer ses services vitaux en mettant davantage l’accent sur les résultats. Ensemble, ils contribuent à hauteur d’environ 4,5 milliards de dollars à l’actuel programme de développement du secteur de la santé. Ces fonds s’ajoutent à la somme d’environ 1,5 milliard investie par l’Etat éthiopien.

Approuvé en février 2013, le prêt à taux zéro consenti par la Banque mondiale dans le cadre de son nouveau Prêt-programme axé sur les résultats (PforR) permettra à l’Éthiopie de bénéficier de 100 millions de dollars sous réserve d’obtenir des résultats concrets en matière de santé sur les quatre prochaines années.

« Parmi ces objectifs figurent notamment l’augmentation du nombre de femmes bénéficiant d’examens prénataux et celle du nombre d’accouchements assurés par des personnes qualifiées. Mais il en existe beaucoup d’autres, tous très précis », explique Ramana Gandham, spécialiste en chef de la santé à la Banque mondiale et responsable de l’équipe d’intervention pour le PforR. « Je suis convaincu que l’Éthiopie dispose des structures nécessaires pour atteindre ces résultats. Cette première application du PforR dans le domaine de la santé en Afrique permettra de mettre de côté les intrants et les transactions pour s’intéresser davantage aux résultats tangibles et aux systèmes crédibles permettant de les mesurer. »

« Subordonner le décaissement du prêt à l’obtention de résultats concrets donnera au gouvernement la motivation nécessaire pour travailler sur les goulets d’étranglement, répondre aux problèmes et s’efforcer de mettre au point des solutions durables », ajoute Angela Spilsbury, conseillère principale en matière de santé au Département britannique du développement international (DfID) à Addis Abeba et co-présidente du Groupe de partenaires pour le développement de la santé (HDPG).

Le prêt consenti à l’Éthiopie par la Banque mondiale dans le cadre du PforR sera complété par une subvention de 20 millions de dollars accordée par le Fonds spécial pour l’innovation en matière de résultats sanitaires, financé par le Royaume-Uni et la Norvège. Ce Fonds encourage l’utilisation de financements axés sur les résultats afin d’améliorer la couverture des services de santé fondamentaux pour les femmes et les enfants.

« C’est l’occasion unique de voir comment nous pouvons utiliser l’argent de la manière la plus efficace possible pour obtenir des résultats sur le terrain », révèle Mme Spilsbury. « Nous espérons que les leçons tirées grâce à ce programme pourront nous aider à optimiser nos aides dans le monde entier, et pas seulement en Éthiopie. »

À Dongore Difurda, Dase est ravie du nouveau poste sanitaire qui a ouvert non loin de chez elle et qui lui évitera les longues marches d’antan.

« Désormais, je préfère aller au poste sanitaire pour accoucher », déclare-t-elle. « Je ne veux pas le regretter plus tard. »

Source : News Press, 5 mars 2013

Israël-Ethiopie : Des aveux gênants

Après des années de polémique, le ministère israélien de la Santé a reconnu avoir contraint des Éthiopiennes juives à prendre un contraceptif avant de les autoriser à immigrer. Sans les informer des risques.

Ethiopienne, IsraëlC’est une enquête diffusée en décembre 2012 par la chaîne éducative israélienne IETV qui a ravivé les soupçons. Interrogées par le journaliste Gal Gabbaï, plusieurs femmes d’origine éthiopienne y racontent l’odieux chantage auquel elles ont été soumises il y a huit ans. Pour obtenir le droit d’immigrer en Israël, elles ont été contraintes, affirment-elles, de recevoir une injection de Depo-Provera, un contraceptif supposé les rendre parfaitement stériles pendant trois mois.

Mais leur calvaire ne s’est pas arrêté à leur départ des camps de transit éthiopiens. Arrivées en Terre promise, ces femmes se seraient vu administrer le même traitement à plusieurs reprises par des représentants du Joint Distribution Committee (JDC), une ONG américaine d’aide aux réfugiés juifs, assistés par le ministère israélien de la Santé. Le résultat est édifiant. D’après Gal Gabbaï, le taux de natalité au sein de la communauté falasha d’Israël aurait chuté de 50 % au cours de la décennie écoulée.

Négationnisme

À aucun moment ces immigrantes n’ont été alertées des risques encourus en cas d’usage prolongé du Depo-Provera (ostéoporose et naissances prématurées notamment). Certaines d’entre elles ont préféré ne rien dévoiler à leur époux, de crainte d’éveiller sa colère.

Pendant de longues années, l’État hébreu a nié en bloc les accusations portées à son encontre. Jusqu’à ce que la télévision israélienne diffuse une lettre dans laquelle le ministère de la Santé félicite le JDC d’avoir imposé le contraceptif à 30 % des nouvelles immigrantes africaines. Secouée par ces révélations, l’Association pour les droits civiques en Israël (Acri) a alors exigé des explications du gouvernement. Le ministère de la Santé a réagi en demandant l’arrêt immédiat de la contraception sans le consentement des femmes concernées. Un aveu à demi-mot qui témoigne des humiliations et discriminations infligées à la communauté juive éthiopienne (120 000 personnes) depuis son installation en Israël, au début des années 1980.

Source : Jeune Afrique, 7 février 2013

Combattre la mortalité maternelle en Éthiopie

L’Éthiopie a fait des progrès dans la réduction du taux de mortalité maternelle, mais son système de santé fragile fait que beaucoup de femmes succombent encore à des complications (avant, pendant et après l’accouchement) qui peuvent être évitées.

Mortalité maternelle, EthiopieSelon les estimations du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), 25 000 femmes décèdent chaque année des suites de complications pendant l’accouchement et 500 000 autres souffrent de handicaps à long terme du fait de complications liées à la grossesse et à l’accouchement.

« Il y a eu des interventions, mais leur impact n’est pas aussi significatif. Le système de santé est toujours très fragile », a déclaré à IRIN Luwei Pearson, chef de la section Santé du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) en Éthiopie.

« Il faut faire des efforts pour s’assurer que les centres de santé ne soient pas seulement accessibles, mais également fonctionnels, en installant l’électricité et l’eau courante, par exemple ».

D’après un rapport de 2010, l’Éthiopie fait partie des cinq pays qui totalisent ensemble 50 % des décès maternels dans le monde. En 2011, le pays a enregistré 676 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, contre 673 décès en 2005. L’Éthiopie veut ramener ce chiffre à 267 d’ici 2015.

Selon l’Enquête démographique et de santé (EDS) menée en Éthiopie en 2011, la proportion de femmes enceintes qui accouchent en présence d’un soignant qualifié est passée de 6 % en 2005 à 10 % en 2011.

Limiter les décès maternels

Des études montrent que les complications liées à l’avortement, la rupture de l’utérus, la septicémie puerpérale, l’hémorragie post-partum et la prééclampsie/éclampsie sont les cinq principales causes de mortalité maternelle en Éthiopie.

Le gouvernement affirme qu’il a pris des mesures pour limiter les décès maternels, telles que l’utilisation d’un tableau de bord pour mesurer l’efficacité du système de santé maternelle et infantile.

« Le tableau de bord est un outil très utile… Cela nous servira à suivre de près les taux enregistrés à l’échelle du centre de santé, de la communauté et du pays. Par conséquent, cela nous permettra aussi de garantir un système de soins médicaux équitable dans tout le pays et d’essayer de réduire les inégalités qui existent dans certains endroits », a déclaré Kesetebirhan Admassu, ministre de la Santé.

Le programme de vulgarisation sanitaire de l’Éthiopie, grâce auquel le gouvernement forme 30 000 agents de santé, doit également améliorer l’accès des femmes aux soins prodigués par un personnel qualifié lors de l’accouchement.

Zones rurales

De nouvelles approches sont particulièrement nécessaires dans les zones rurales, où vit 83 % des 87,1 millions d’habitants que compte la population éthiopienne. Si 45 % des naissances ont lieu en présence d’un personnel de santé qualifié dans les zones urbaines, c’est le cas pour seulement 3 % des naissances en zone rurale.

Dans ces régions reculées, les femmes sont confrontées au nombre limité de centres de santé adaptés et aux pratiques traditionnelles néfastes, telles que le mariage des enfants et les mutilations génitales féminines, qui augmentent les risques durant la grossesse et l’accouchement. La sous-fréquentation des centres de santé existants ne fait qu’aggraver la situation.

« Diminuer les décès maternels, en particulier dans les zones rurales, ne demande pas seulement des soins médicaux, mais aussi une mobilisation de la société. Il est important de limiter les grossesses et les mariages précoces, et faire en sorte que les centres de santé soient accessibles », a déclaré Mme Pearson de l’UNICEF.

Une évaluation de la région rurale du Tigré, réalisée en 2009 par l’université d’Addis Abeba, a révélé que 80 % de l’ensemble des décès maternels avaient lieu à domicile et que 50 % de ces décès étaient dus à un transport tardif vers un centre de santé.

Dans les zones rurales, de nombreuses Éthiopiennes sont encore attachées aux pratiques traditionnelles qui accompagnent habituellement les naissances à domicile, mais qui ne sont généralement pas réalisées dans les centres de santé. Mme Pearson pense que l’intégration de certaines de ces pratiques dans le système de santé officiel pourrait augmenter le nombre d’accouchements en centre de santé.

« Il y a des mères qui voudraient, par exemple, accoucher en présence d’une voisine ou qui souhaiteraient une cérémonie traditionnelle du café. Cela pourrait être intégré afin de convaincre plus de femmes d’accoucher à l’hôpital », a-t-elle expliqué.

Services d’urgence et de planification familiale

L’Éthiopie pourrait aussi grandement améliorer la santé maternelle en investissant davantage dans les soins obstétricaux d’urgence. Une étude de Médecins Sans Frontières (MSF) de 2012, menée en Sierra Leone et au Burundi, a révélé que l’investissement dans des soins obstétriques simples et peu coûteux permettait de diminuer les décès maternels jusqu’à 74 %.

Le recours plus systématique aux services de planification familiale pourrait également réduire le nombre de grossesses précoces et non désirées, limitant à terme les décès maternels. Selon l’EDS de 2011, en Éthiopie, seuls 23 % des femmes ont déjà eu recours à un service de planification familiale dans les zones rurales, contre 53 % dans les zones urbaines.

« Nous avons bon espoir que [l’]objectif [de réduire la mortalité maternelle et infantile] soit atteint… car nous avons constaté une réduction de plus de 40 % de la mortalité infantile [chez les enfants] de moins de cinq ans au cours des cinq dernières années en Éthiopie. Nous avons constaté une réduction de 39 % en Afrique subsaharienne », a déclaré Rajiv Shah, administrateur de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), un des principaux partenaires de santé maternelle de l’Éthiopie.

« Nous avons désormais accès à de nouvelles technologies, de nouveaux vaccins, de nouvelles données et de nouvelles approches pour atteindre les populations vulnérables dans leurs communautés, dans les zones urbaines et rurales, et cibler les personnes démunies afin de continuer à améliorer ces résultats ».

Source : IRIN, 5 février 2013

La mouche tsé-tsé en Ethiopie

par Grégoire Pourtier

Mouche tsé-tsé

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La mouche tsé-tsé continue de faire des ravages en Afrique, empêchant le développement de zones entières où elle détruit les cheptels, voire tue les êtres humains. L’Ethiopie est notamment touchée, mais le pays espère éradiquer définitivement cet insecte de son territoire. Pour cela, elle reprend une méthode utilisée avec succès à Zanzibar à la fin des années 90 : après le traitement chimique des zones infectées qui permettent d’en éliminer de 90 % à 95 %, on lâche des mâles stériles qui vont empêcher les femelles de se reproduire.

Source : RFI, 17 janvier 2013

En Éthiopie, davantage de mères séropositives mettent au monde des bébés exempts du VIH

par Indrias Getachew

Femme, Grossesse, VIH, Sida, Ethiopie, EthiopiaQuand les premières douleurs de l’accouchement ont commencé, Adanech s’est précipitée au dispensaire de Saris, à Addis Abeba. Adanech est séropositive et, sans soins appropriés, elle aurait pu transmettre le virus à son bébé.

« Je veux que mon enfant soit exempt du VIH », dit-elle. « Je ne veux pas qu’il connaisse mon sort. C’est ce que je souhaite ».

Adanech avait une bonne chance pour que ses vœux se réalisent parce qu’il existe au dispensaire un programme efficace de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME) appuyé par l’UNICEF.

Appui pour les mères séropositives

Rahel Wondafrash, l’infirmière de la salle d’accouchement, a donné à Adanech une dose de médicaments prophylactiques. Ils font partie d’un traitement pour les mères et les bébés afin de faciliter la prévention de la transmission du VIH.

Le bébé d’Adanech restera sous ce traitement pendant qu’il sera allaité au sein jusqu’à ce qu’on dise à Adanech d’arrêter de le lui donner. Ces prestations, toutes gratuites, devraient garantir à son bébé qu’il ne contractera pas le VIH à cause d’elle.

En Éthiopie, seulement 24 % des femmes enceintes ayant droit à des prestations de santé en matière de lutte contre le VIH les reçoivent. Adanech est l’une de ces privilégiées.

En plus d’effectuer des tests de dépistage du VIH lors des examens prénatals et de dispenser une prophylaxie, le dispensaire possède aussi un “groupe de soutien mère-à-mère” qui offre une aide psychologique aux mères qui apprennent qu’elles sont séropositives. Le groupe les guide durant leur grossesse, l’accouchement et le suivi médical pour garantir le meilleur résultat possible à la fois pour la mère et l’enfant.

Faire en sorte que ces femmes accouchent dans un dispensaire constitue une grande partie des activités du groupe. Moins de 10 % des femmes éthiopiennes accouchent dans un établissement médical, ce qui représente un facteur aggravant pour le taux élevé de mortalité maternelle du pays. Selon l’Enquête démographique et de santé pour l’année 2011, le chiffre est de 676 décès pour 100 000 naissances vivantes.

Apprendre à faire face à la maladie

Apprendre qu’elle était séropositive était la dernière chose à laquelle s’attendait Fikirte, une femme de 23 ans enceinte pour la première fois, lorsqu’elle elle s’est rendue au dispensaire pour son première examen prénatal.

« J’étais venue pour un contrôle régulier de grossesse et, après les conseils qu’on m’a donnés, j’ai subi un test de dépistage », dit-elle. « On m’a dit que j’étais séropositive. Quand j’ai su cela, j’ai été très perturbée ».

Le groupe de soutien mère-à-mère l’a aidée à faire face à la situation.

« Quand elle vient dans notre salle, il y a d’autres mères qui ont subi la même chose », dit Emebet Tamrat, une mère qui sert de conseillère au groupe de soutien.

« À présent, j’ai reçu beaucoup de conseils psychologiques », dit Fikirte. « J’ai vu des gens plus jeunes que moi qui sont séropositifs, des enfants qui prennent leur traitement et qui parviennent à vivre leurs vies. J’ai vu qu’ils allaient même à l’école et cela m’a convaincue et j’ai maintenant commencé à prendre des médicaments ».

« Exempt de VIH »

L’UNICEF épaule le Gouvernement éthiopien pour le développement et la mise en œuvre du Plan d’extension du site de prévention accélérée de la transmission mère-enfant en 2012 ainsi que pour le projet de Plan pour l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH et de la syphilis congénitale.

L’UNICEF et ses partenaires appuient également la formation de 2 000 infirmiers, infirmières et sages-femmes à l’obstétrique d’urgence et aux soins intégrés du nouveau-né avec PTME dans tout le pays.

Lemlem, une autre mère séropositive, est arrivée au dispensaire de Saris avec son fils de 18 mois pour son dernier test de dépistage. Lemlem a accouché au dispensaire après être passée par le programme de PTME. Quand les résultats de l’examen lui ont été présentés, elle était folle de joie. Après 20 mois d’attente, Lemlem a eu la confirmation que son fils n’avait pas la maladie.

« Ce que je veux, c’est travailler et élever mon enfant, l’éduquer et je souhaite qu’il devienne un médecin qui s’occupera de gens comme moi avec respect, je veux qu’il soit au service de son pays et qu’il me soutienne », dit Lemlem. « Qu’il ne soit pas séropositif, cela a donné un sens à ma vie ».

Voir un reportage sur ce sujet (en anglais) :

Source : UNICEF, 1er août 2012

En Éthiopie, des services de santé protègent de la malnutrition les enfants touchés par la sécheresse

par Indrias Getachew

Malnutrition, Enfants, Sécheresse, Dispensaires, Ethiopie, EthiopiaDans le village de Korre Rogicha, Shilime Erbo, mère célibataire de deux enfants, est assise à l’extérieur de sa case, réfléchissant à l’avenir de sa famille.

L’économie agricole de Korre Rogicha dépend de deux saisons annuelles de pluies. Les fortes pluies “kiremt” se produisent normalement de juin à septembre et sont à l’origine de l’essentiel des récoltes. Les petites pluies “belg”, de février à avril ou mai, produisent des récoltes plus faibles et aident les agriculteurs pendant la période de soudure.

Mais cette année, les petites pluies sont en retard. La famille de Shilime Erbo espérait que la récolte de maïs les aiderait à attendre les pluies kiremt mais la récolte ne s’est pas produite. Le retard des pluies aggrave leur situation déjà précaire ; la sécheresse de 2011 a laissé leur ménage sans réserve alimentaire. « Il n’y pas eu de récolte l’an dernier », dit-elle. « Nous avons replanté cette année mais les plants sont petits et je ne sais pas s’ils arriveront à maturité ».

Présence vitale des agents sanitaires de proximité

Shilime Erbo essaye de compléter le revenu familial en travaillant comme journalière mais le travail est rare et ses employeurs payent souvent avec retard. Par conséquent, ses enfants ont perdu du poids. Sa fille, Shegitu Tule, 18 mois, a commencé à souffrir de sous-alimentation sévère. « Quand je l’ai vue si malade, je ne savais pas quoi faire. Je pensais qu’elle allait mourir », dit Shilime Erbo.

Elle a amené Shegitu au dispensaire du village où les agents sanitaires de proximité, qui sont formés avec l’appui de l’UNICEF, offrent une alimentation thérapeutique de jour aux enfants malnutris.

Worke Bati Julati est l’une des deux agents sanitaires de proximité du dispensaire de Korre Rogicha. Elle fait partie des 34 000 agents sanitaires de proximité rétribués par le gouvernement qui ont été déployés dans 15 000 dispensaires de village à travers tout le pays pour apporter un ensemble intégré de prestations en matière de santé, de nutrition, d’assainissement et d’hygiène.

« Shegitu était une enfant très malade quand elle est venue me voir », dit Worke Bati Julati. Shegitu a été placée sous un régime d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (RUTF). Une semaine après, l’état de la petite fille s’est considérablement amélioré.

Renforcement de la résilience dans les zones rurales

« Avant le démarrage du programme d’alimentation thérapeutique de jour, la malnutrition sévissait à Korre Rogicha et beaucoup d’enfants mouraient », dit Worke Bati Julati. Mais aujourd’hui, les enfants survivent.

« Nous avons commencé à donner des RUTF en 2009 », dit-elle. « Avant cela, les familles devaient aller jusqu’au dispensaire de Fajee Gole [à deux heures à pied d’ici] et beaucoup d’enfants mouraient. Mais après la mise en place du dispensaire, le changement a été énorme ».

Tout cela entre dans le cadre d’une stratégie destinée à renforcer la résilience chez les habitants des zones rurales qui représentent plus de 80 % de la population éthiopienne.

Les femmes bénévoles sélectionnées par la communauté pour assurer le suivi de la santé des familles vivant dans le secteur sont également un élément central de cette stratégie. Elles ont été formées pour dépister les enfants malades et souffrant de malnutrition et les orienter vers le dispensaire pour une évaluation et un traitement. Cela a permis des consultations rapides, prévenant ainsi la malnutrition sévère, le retard de croissance et diverses conséquences indésirables.

« Avant, les enfants étaient dans une très mauvaise condition », dit Worke Bati Julati. « Mais à présent, il y a une forte amélioration. Et la raison est que, chaque semaine, ils reçoivent les RUTF. Ceux-ci sont si efficaces qu’à présent, ils ne meurent plus. Au cours des quatre dernières années, beaucoup de vies d’enfants ont été sauvées ».

Les agents sanitaires de proximité offrent aussi un ensemble intégré de services comprenant la vaccination contre des maladies comme la rougeole et la pneumonie ; le suivi de la croissance pour les enfants de moins de deux ans ; l’administration de suppléments de vitamine A et de comprimés vermifuges. Ils encouragent aussi le lavage des mains avec du savon et l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie.

À pied d’œuvre pour empêcher une catastrophe

Alors qu’une nouvelle sécheresse menace, le nombre d’enfants souffrant de malnutrition modérée est en augmentation à Korre Rogicha. « Je redoute une augmentation du nombre de cas de malnutrition », dit Worke Bati Julati.

Les agents sanitaires, avec le gouvernement et les partenaires, sont à pied d’œuvre pour empêcher ceci d’arriver.

Le nombre de centres offrant des services thérapeutiques de jour est passé de 500, en 2008, à plus de 10 000 aujourd’hui. Cette augmentation de moyens – aux côtés du Programme de filet de sécurité productif (PSNP), le programme du gouvernement vivres/nourriture contre travail pour les districts touchés par l’insécurité alimentaire – assure que les communautés vulnérables pourront surmonter les épreuves.

Le gouvernement et ses partenaires de développement veillent aussi à ce que les agriculteurs soient capables de renouveler leurs semences pour la saison agricole kiremt.

En attendant, Shilime Erbo est soulagée de voir sa fille se rétablir. « Mon souhait est que les enfants survivent et atteignent l’âge adulte », dit-elle.

Voir un reportage sur ce sujet (en anglais) :

Source : UNICEF, 3 juillet 2012

L’expansion des services de soins de santé dans les zones rurales est la clé de la reduction de la mortalité infantile

par Sacha Westerbeek

Dans le monde, la mortalité des moins de cinq ans a baissé, passant de plus de 12 millions de décès en 1990 à 7,6 millions en 2010. Pourtant, des milliers d’enfants meurent encore chaque jour de maladies évitables. Les 14 et 15 juin 2012, les Gouvernements d’Éthiopie, d’Inde et des États-Unis, en collaboration avec l’UNICEF, organisent l’Appel à l’action pour la survie de l’enfant (Child Survival Call to Action), une rencontre visant à mobiliser le monde autour d’un objectif ambitieux mais simple : mettre fin aux décès évitables d’enfants. Cette histoire s’inscrit dans le cadre d’une série d’histoires illustrant les efforts réalisés dans le monde pour l’amélioration de la survie de l’enfant.

Moges Teshome, huit mois, est endormi, enroulé dans une couverture, sur le lit de ses parents, à côté du feu où le diner est en préparation. Mais son sommeil est perturbé par la toux et une respiration sifflante. Il a la pneumonie.

Moges est le premier enfant de sa mère de 20 ans Kobeb Ngussie. « Il y a quelques jours mon fils avait une très mauvaise toux, et une respiration très rapide. J’ai eu peur », explique-t-elle. « Mon mari m’a dit que je ferais mieux de l’amener au poste de santé à quelques minutes de là où nous vivons ».

Au poste, Haimanot Hailu, qui est agente de vulgarisation sanitaire depuis cinq ans, examine Moges et donne à Kobeb Ngussie un antibiotique à lui administrer. Haimanot Hailu apprend à Kobeb Ngussie comment se laver les mains avec du savon avant de donner des médicaments à Moges.

Après trois jours de traitement, Moges va mieux. « Il accepte bien les médicaments, et aujourd’hui je vois qu’il va mieux », raconte Kobeb Ngussie.

Prioriser la survie de l’enfant

La pneumonie est l’une des causes principales de la mortalité chez les moins de cinq ans en Éthiopie. Environ 18 % des décès d’enfants de moins de cinq ans peuvent être attribués à des infections respiratoires aigües, et 13 % sont dus à des diarrhées. Le Programme IV éthiopien de développement du secteur de santé donne la priorité aux interventions destinées à lutter contre toutes ces causes majeures de la mortalité infantile.

« Les jeunes enfants sont exposés à toutes sortes de maladies. Beaucoup d’enfants meurent de pneumonie, sans que nous le sachions », explique Haimanot Hailu. « Nous ne savions pas de quoi ils mourraient, mais en juillet dernier nous avons été formés à détecter et soigner la pneumonie dans le cadre de l’approche programme “communautaire de gestion intégrée des maladies communes de l’enfance” ».

La formation supplémentaire a permis le diagnostic et le traitement plus rapides de la pneumonie.

« Nous avons reçu une montre pour compter les respirations de l’enfant. Nous savons maintenant que s’il respire plus vite, l’enfant peut avoir une pneumonie et nous pouvons lui administrer un traitement », continue Haimanot Hailu. « Il n’est plus nécessaire d’amener les enfants au centre de santé ou à l’hôpital ».

Des agents de vulgarisation sanitaire sauvent des vies

Au cours des deux dernières années, l’Éthiopie a connu un développement économique et social stable, en même temps qu’une rapide expansion des services de soins de santé en zones rurales. Le programme d’extension des soins de santé a été lancé en 2004, et actuellement plus de 34 000 agents féminins de vulgarisation sanitaire salariées du gouvernement sont déployés et travaillent par paires dans 15 000 postes de santé villageois.

Les services de santé de base comprennent une gestion communautaire des cas de malnutrition sévère aigüe, de diarrhée, de paludisme et de pneumonie. L’Éthiopie a également introduit récemment le vaccin pneumococcique conjugué (VPC), qui protège de la pneumonie tous les enfants âgés entre 6 semaines et un an.

« Cela m’a pris au moins vingt minutes de convaincre la mère de faire vacciner son enfant », raconte Haimanot Hailu. « Elle pensait que son bébé était trop jeune pour qu’on lui administre tant de vaccins. Je lui ai dit que son enfant avait le droit d’être vacciné ».

Les parents de Moges avaient déjà reçu la visite de Haimanot Hailu avant la naissance pour leur expliquer comment rester en bonne santé pendant la grossesse, les options pour un accouchement sûr et comment améliorer leur environnement familial.

Aujourd’hui, Haimanot Hailu visite la maison de Moge pour administrer une nouvelle dose de vaccin et pour faire un examen impromptu de la santé de l’enfant et du foyer. Elle recommande à Kobeb Ngussie de construire un four non polluant (sans fumée) pour protéger la santé de la famille.

« Une maison enfumée n’est pas saine pour l’enfant et c’est mauvais pour toi aussi. Tu peux te brûler et tu seras exposée aux maladies pulmonaires », lui explique Haimanot Hailu, en décrivant comment construire le four avec des matériaux facilement disponibles. Elle évoque aussi les pratiques d’hygiène comme l’utilisation de latrines et le lavage des mains.

Sur la voie de la réduction de la mortalité infantile

Selon les résultats de l’Enquête démographique et de santé menée en Éthiopie en 2011, le taux de mortalité des moins de cinq ans a été divisé par deux au cours de la dernière décennie, chutant de 166 à 88 décès pour 1 000 naissances vivantes. Le pays est sur la voie de parvenir à réaliser l’Objectif IV du Millénaire pour le développement, qui vise à réduire la mortalité infantile des deux tiers d’ici à 2015. Intensifier les services de base aidera substantiellement l’Éthiopie à atteindre cet objectif.

Cependant, éliminer toutes les causes évitables des décès d’enfant demandera un système de santé plus solide, ainsi que des partenariats, des ressources et des engagements à tous les niveaux.

Voir un reportage sur ce sujet (en anglais) :

Source : UNICEF, 13 juin 2012

Les séropositifs n’ont plus la foi en l’eau bénite

L’Éthiopie est l’un des pays au monde le plus touché par la pandémie de sida. Sur une population de 90 millions d’habitants, 1,2 millions de personnes sont séropositives.

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Dans cet État de la Corne de l’Afrique, les superstitions sont encore bien présentes. Comme l’explique The Wall Street Journal, les communautés chrétiennes orthodoxes éthiopiennes (la religion dominante dans le pays) tentent souvent de combattre le virus par des pratiques religieuses.

Les fidèles de cette Eglise croient notamment dans le pouvoir de l’eau bénite. Selon eux, une source de la montagne d’Entoto, située au-dessus de la capitale Addis Abeba, permet de guérir la maladie.

Une journaliste du quotidien américain est allée à la rencontre de certains de ces pratiquants. Elle a recueilli le témoignage de Melaku, un séropositif, âgé de 30 ans. Il y a cinq ans, il est venu lui aussi à Entoto à la recherche d’un miracle.

« A l’aube chaque jour, il descendait un ravin escarpé et s’étendait nu dans une piscine naturelle. Les prêtres tenant des croix, versaient à six reprises de l’eau sur les gens », peut-on lire dans l’article.

Malgré le décès de nombreux malades, Melaku est resté sur place: « J’essayais d’avoir la foi dans l’eau bénite ».

Il a ensuite fait la rencontre d’une autre séropositive, Tigist. Elle aussi a rejoint le groupe de croyants, mais le remède n’a pas été efficace : « Elle est devenue plus malade, elle vomissait l’eau bénite ».

Melaku a alors décidé de transporter sa compagne à l’hôpital. Tout en continuant à prendre de l’eau bénite, Tigist a finalement accepté la thérapie antirétrovirale, un traitement qui permet de réduire la mortalité chez les personnes infectées par le VIH.

Comme le constate The Wall Street Journal, de plus en plus d’Ethiopiens ont accès aux médicaments. Même s’ils continuent à croire en Dieu, ils ne sont plus réfractaires à la médecine.

« J’encourage les gens à se faire baptiser et à prendre leurs médicaments chaque jour », explique ainsi un prêtre d’Entoto.

Selon les dernières données disponibles, en février 2010, 250 000 Ethiopiens avaient débuté une thérapie antirétrovirale, alors qu’ils n’étaient que 72 000 en 2007.

Le nombre de morts liés au sida a ainsi baissé de 71 900 en 2007, à 28 100 trois ans plus tard.

Melaku et sa compagne ne sont plus retournés à la source miraculeuse depuis deux ans. Tout en tenant dans sa main deux flacons de rétroviraux, Tigist conclut le reportage : «Je crois toujours dans le pouvoir de l’eau, mais comme les médicaments m’aident, je pense qu’ils sont plus puissants ».

Source : Slate Afrique, 7 mars 2012

Le HCR craint la polio dans les camps de réfugiés

Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est dit mardi « très préoccupé », dans un communiqué, par des informations reçues cette semaine concernant deux cas suspects de poliomyélite parmi les réfugiés somaliens dans le camp de Bur Amino, à Dollo Ado en Ethiopie, et trois cas suspects au sein de la communauté d’accueil environnante.

Poliomyélite, Vaccin« Dans les cinq camps de réfugiés à Dollo Ado, nous travaillons en étroite coopération avec le ministère éthiopien de la Santé, les partenaires du gouvernement local, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Médecins sans frontières (MSF) et d’autres partenaires de santé pour coordonner la réponse », a déclaré la porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d’une conférence de presse à Genève.

Dans l’immédiat, des échantillons ont été prélevés et envoyés dans la capitale éthiopienne, Addis Abeba, pour confirmation par le laboratoire. Une fois la souche de virus identifiée, le vaccin adapté sera expédié à Dollo Addo pour une grande campagne de vaccination dans les camps et les communautés environnantes, toujours selon le communiqué.

Quelque 143 000 Somaliens vivent actuellement dans cinq camps éthiopiens à Dollo Ado. Plus de 100 000 d’entre eux sont arrivés rien qu’en 2011. Après Dadaab, au nord-est du Kenya, Dollo Ado est désormais le deuxième plus grand camp de réfugiés dans la Corne de l’Afrique. Près d’un million de Somaliens vivent comme réfugiés dans la région, et 1,36 million d’autres sont déplacés à l’intérieur de leur pays.

Source : Afriquinfos, 25 janvier 2012

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