L’écriture éthiopienne
Elle n’a pas de nom, son origine reste l’objet de conjectures, mais elle est mère de toutes les langues du pays. L’écriture antique éthiopienne serait née de part et d’autre de la mer Rouge, en symbiose avec le royaume de Saba. « On évoque souvent un substrat yéménite, sans plus de précision étant donné la rareté des inscriptions », explique Meaza Revol-Tissot, chercheuse à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).
Dès le 5ème siècle avant notre ère, les relations entre Saba et Erythrée ne font aucun doute : la langue, mais aussi les dieux et même l’emblème royal sont intimement liés. Jusqu’à la création en Ethiopie, au 1er siècle après J.-C., du royaume d’Axoum, avec sa propre langue, le guèze (ou éthiopien classique), qui va s’étendre de la province du Tigré à une partie de l’Erythrée.
« Elle était la langue des milieux savants et de la religion, ce qui explique sa durée dans le temps, puisqu’elle va être utilisée jusqu’au 10ème siècle de notre ère », ajoute Meaza Revol-Tissot. Avant de préciser : « On peut la comparer au latin, puisque d’elle sont nés le tigrigna parlé au nord et surtout l’amharique, qui demeure, aujourd’hui, la deuxième langue sémitique la plus parlée au monde (après l’arabe) et la plus importante d’Ethiopie. » Au point de jouer un rôle identitaire de premier ordre.
Source : L’Express, 6 août 2010
Dans un communiqué transmis samedi à l’AFP, l’agence éthiopienne d’information (Ena, officielle) annonce qu’une « version en amharique du programme Microsoft Vista a été lancée ».