Archives de la catégorie 'Linguistique'

L’écriture éthiopienne

Elle n’a pas de nom, son origine reste l’objet de conjectures, mais elle est mère de toutes les langues du pays. L’écriture antique éthiopienne serait née de part et d’autre de la mer Rouge, en symbiose avec le royaume de Saba. « On évoque souvent un substrat yéménite, sans plus de précision étant donné la rareté des inscriptions », explique Meaza Revol-Tissot, chercheuse à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).

Dès le 5ème siècle avant notre ère, les relations entre Saba et Erythrée ne font aucun doute : la langue, mais aussi les dieux et même l’emblème royal sont intimement liés. Jusqu’à la création en Ethiopie, au 1er siècle après J.-C., du royaume d’Axoum, avec sa propre langue, le guèze (ou éthiopien classique), qui va s’étendre de la province du Tigré à une partie de l’Erythrée.

« Elle était la langue des milieux savants et de la religion, ce qui explique sa durée dans le temps, puisqu’elle va être utilisée jusqu’au 10ème siècle de notre ère », ajoute Meaza Revol-Tissot. Avant de préciser : « On peut la comparer au latin, puisque d’elle sont nés le tigrigna parlé au nord et surtout l’amharique, qui demeure, aujourd’hui, la deuxième langue sémitique la plus parlée au monde (après l’arabe) et la plus importante d’Ethiopie. » Au point de jouer un rôle identitaire de premier ordre.

Source : L’Express, 6 août 2010

Microsoft lance Vista en amharique

Le géant américain de l’informatique, Microsoft a lancé une version en langue amharique (la principale langue d’Ethiopie) d’un de ses système d’exploitation en partenariat avec le gouvernement éthiopien.

Dans un communiqué transmis samedi à l’AFP, l’agence éthiopienne d’information (Ena, officielle) annonce qu’une « version en amharique du programme Microsoft Vista a été lancée ».

Selon le directeur de l’Agence éthiopienne de développement des technologies de l’information et de la communication (EICTDA), Debretsion Gebremichael cité par le texte, ce lancement « constitue un grand pas en avant pour faire de l’amharique une langue de technologie ».

L’EICTDA a effectué la traduction du logiciel, mobilisant une quarantaine d’universitaires de l’Université d’Addis Abeba, Microsoft finançant le projet de 85 000 dollars, précise l’Ena.

L’EICTDA a indiqué qu’elle a l’intention de « procéder à la traduction du même logiciel dans d’autres langues locales éthiopiennes ».

Le patron de Microsoft pour l’Afrique, Cheikh Modibo Diarra, cité par l’Ena a souligné que « des millions de gens dans le monde, qui ne parlent pas une des langues technologiques dominantes, ont des difficultés à utiliser des ordinateurs ».

« C’est le désir de Microsoft que ces millions de gens puissent utiliser sa technologie dans leur propre langue, et en même temps aider au développement de leur langue et de leur culture », a-t-il ajouté.

Le téléchargement du programme est gratuit pour l’interface Microsoft Office standard de 2007 et Windows Vista, précise l’Ena.

L’Ethiopie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique, compte quelque 80 millions d’habitants, une faible couverture électrique et un très faible taux d’équipements informatique, mais représente un marché et une économie en pleine croissance.

L’amharique, qui dispose de son propre alphabet, est une des langues officielles du pays qui en compte plus de 80, mais c’est la plus répandue et elle sert pour les échanges courants entre les différentes ethnies.

Source : Cyberpresse, 8 février 2010

« Chacun devrait porter le nom que l’homme lui aurait donné » : La politique des noms en Éthiopie

par Alain Gascon

Jamais colonisée, l’Éthiopie n’a pas connu les “nettoyages toponymiques” post-coloniaux. La Révolution marxiste et athée n’y a pas changé en profondeur les noms de lieux. Leur examen révèle de nombreux emprunts à la toponymie de l’Orient chrétien. De la restauration salomonienne (13ème siècle) au règne de Ménélik II (1889-1913), tous les souverains ont affirmé que l’Éthiopie était la Terre sainte et les Éthiopiens, le Peuple élu. La répartition des toponymes bibliques traduit les avancées et les reculs territoriaux du royaume chrétien. La Constitution fédérale de 1994, prônant le retour aux identités régionales, les mouvements régionalistes demandent un retour aux toponymes indigènes.

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Source : L’Espace géographique, Tome 37 (2008)

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