Archives de la catégorie 'Le régime de l’EPRDF'

Fonder un régime sur le recensement ethnique : Le fédéralisme éthiopien

par Éloi Ficquet

Indésirable, impraticable, inopérante, conflictuelle, contraire à l’histoire. Les qualificatifs employés pour analyser la mise en place d’une nouvelle organisation fédérale en Éthiopie à partir de 1991 exprimaient le désarroi et le scepticisme. La plupart des analystes familiers de ce pays avaient vu en quelques années s’effondrer le régime révolutionnaire tenu par
la plus grande armée d’Afrique, sous l’autorité du lieutenant-colonel Mengistu Haïlé Mariam. L’époque était à la perte des repères les plus assurés. Cette perte, provoquée par la dislocation du bloc communiste et l’autodissolution de l’URSS, était d’autant plus fracassante qu’elle avait été largement imprévue. Il s’agissait de garder l’oeil ouvert, et le bon, afin de discerner pour chaque régime de transition le scénario d’évolution le plus probable et les obstacles majeurs qui devraient être franchis.

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Source : Critique internationale, n°45 (2009)

“Shining Ethiopia” : L’Éthiopie post-communiste du nouveau millénaire

par Alain Gascon

“Shining Ethiopia”, en référence au slogan électoral hindouiste “Shining India”, traduit l’importance des changements qui ont suivi la chute de la dictature militaro-marxiste (1991). La capitale se hérisse de tours de bureaux et d’hôtels de luxe, détruit ses quartiers précaires et se dote d’un réseau d’égouts. Cette fièvre de la construction a gagné les autres villes facilement accessibles grâce au bitumage des routes. L’exode rural, que le gouvernement ne cherche plus à enrayer, gonfle les effectifs de la population urbaine. Ce “miracle économique” est financé par l’aide internationale, les ONG, les capitaux du Golfe et de la diaspora qui revient au pays. Administré par le haut, ce vigoureux essor, quoique soumis aux aléas de la conjoncture mondiale, paraît s’inscrire dans la durée, mais creuse les inégalités sociales et spatiales. Le pouvoir, qui prône un État fédéral, s’en sert afin de compenser les effets de la décentralisation poussée, en renforçant son emprise territoriale.

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Source : Autrepart, n°48 (2008)

Heurs et malheurs du grand marché d’Addis Abeba face à l’ouverture éthiopienne

par Solène de Poix

Depuis la chute du régime dictatorial socialiste en 1991, l’Éthiopie semble s’ouvrir lentement à l’économie de marché et aux influences internationales. Cette entrée dans la mondialisation, bien que timide, n’en est pas moins réelle et c’est la capitale, Addis Abeba, qui fait office de porte d’entrée principale des inspirations diverses, venues autant du monde occidental que d’un Orient proche ou lointain (États-Unis, Dubaï et Chine en tête). En descendant à une échelle d’analyse plus fine, le plus grand marché de la ville (le Mercato) peut être analysé comme un reflet des élans et des crispations liés à cette ouverture. En effet, en tant que point central de la vie addissoise et de l’économie du pays, il est aujourd’hui l’objet de toutes les attentions de la part des urbains, des marchands et d’un pouvoir qui s’en est longtemps méfié. La convergence de ces vues attise les convoitises et contribue aujourd’hui à exclure les plus pauvres d’un espace essentiel à leur survie en ville.

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Source : Les Cahiers d’Outre-Mer, n°237 (2007)

L’après-Mengistu dans la Corne de l’Afrique : Une stabilisation impossible ?

par Roland Marchal

La fin de la bipolarité, à savoir l’effondrement du système soviétique n’a pas joué dans la corne de l’Afrique comme un facteur d’atténuation voire même de disparition de la conflictualité. Les situations régionales, et plus particulièrement celles de Ethiopie, du Soudan seul véritable bénéficiaire au niveau local de la chute du régime de Mengistu, de la Somalie, et même de Djibouti, doivent selon Roland Marchal s’analyser plus comme les conséquences d’un phénomène de résonances entre des logiques internes et internationales que comme le résultat d’une induction par l’extérieur, quel que soit le rôle joué par la faiblesse ou la modération soviétique.

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Source : Cultures & Conflits, janvier 1992

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