Archives de la catégorie 'La formation de l’Ethiopie moderne'

Le château de Ras Mikael Sehul

par Grégoire Pourtier

Gondar, Château, Ras Mikael Sehul, Ethiopie, Ethiopia

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Au nord d’Addis Abeba, la ville de Gondar fut la capitale de l’Ethiopie aux 17ème et 18ème siècles, comme en témoigne la fascinante cité royale regroupant six palais. Mais à moins de 300 mètres de là se dresse un autre château, celui de Ras Mikael Sehul, l’un des “faiseur de roi” de l’époque. Construit entre 1730 et 1755, il a depuis traversé l’histoire éthiopienne, quartier général italien pendant l’occupation, résidence de l’empereur Haïlé Selassié lors de ses passages en ville, ou lieu de torture lors du régime du Derg dans les années 1980. En cours de rénovation grâce à un partenariat avec la ville de Vincennes, elle aussi connue pour son château, il devrait rouvrir dans quelques mois sous forme de musée historique et culturel.

Source : RFI, 1er janvier 2013

Abba Jifar II
አባ ጂፋር

Abba Jifar II fut, de 1877 à 1933, le sixième souverain d’une puissante dynastie oromo musulmane qui régnait sur le royaume de Jimma. Il parvint à conserver son territoire, malgré l’expansion du royaume chrétien du Choa, grâce à ses relations amicales avec l’empereur Menelik II, a qui il devait néanmoins verser d’importantes taxes.

Abba Jifar IIL’homme, qui impressionnait par sa taille de 2,10 m, était le fils du roi Abba Gomol et de la reine Gumiti. Dans les années 1880, il conquit une partie du royaume de Janjero, qui se situe à l’est de Jimma.

Ecoutant les conseils de sa mère, il se soumit volontairement à Menelik II, Negus du Choa, en 1884. Ce geste lui permit de conserver l’autonomie du royaume de Jimma mais impliquait le paiement régulier d’un important tribut (esclaves, ivoire, miel, vêtements, objets en bois ou en argent, armes…). L’allégeance d’Abba Jifar à Menelik supposait également un soutien militaire aux conquêtes choannes des royaumes de Koullo, Wallamo et Keffa. Par ailleurs, la stabilisation du pouvoir d’Abba Jifar II passa aussi par son union avec 6 femmes issues des différentes provinces environnantes.

C’est également la reine Gumiti qui lui conseilla d’étendre la culture du café, ce qui lui permit d’augmenter significativement ses revenus et ceux de ses sujets.

Vers la fin de sa vie, Abba Jiffar II fut atteint de sénilité. Son petit-fils, Abba Jofir, essaya de prendre le pouvoir et de remettre en cause sa soumission au Negus. Haïlé Selassié réagit alors rapidement en envoyant des forces militaires qui capturèrent Abba Jofir et l’emprisonnèrent à Addis Abeba.

En 1930, le vieillissant Abba Jifar fut écarté du pouvoir par Haïlé Selassié, qui le remplaça par son propre gendre, Ras Desta Damtew. Il se vit néanmoins attribuer le titre de Negus, dans ce cas purement honorifique. Abba Jifar II mourut en 1933 et le royaume de Jimma perdit alors son autonomie.

Sources : Wikipedia
Le Petit Futé : Ethiopie (Edition 2005/2006)

Yohannes IV
ዮሐንስ አራተኛ

Yohannes IV (1837-1889) est un militaire et un homme politique éthiopien, empereur de 1872 à 1889. Né Kassa Mercha (ካሳ መርቻ), il est également connu sous son nom de cavalier Abba Bezbez (አባ በዝብዝ).

S’il a été un unificateur moins impressionnant que Téwodros, sa politique n’a pas eu pour autant moins d’effet. Son règne a permis de préparer et faciliter la lutte de Menelik contre la nouvelle offensive coloniale italienne. Aux yeux des Éthiopiens, Yohannes demeure un souverain dévoué à sa religion et à sa patrie, pour laquelle il a su donner sa vie.

JEUNESSE ET DÉBUTS POLITIQUES

NAISSANCE, FAMILLE ET ÉDUCATION

Kassa Mercha est né le 12 juillet 1837 à Mai Beha, dans la province de Tembien de l’ancienne région Tigré, dans le Nord de l’Empire éthiopien. Son père, Mercha, est le Shum (gouverneur) de son district natal et sa mère est Woyzero Selass Demtsou. Né dans une famille de la noblesse tigréenne, Yohannes compte parmi ses parents, Ras Mikaël Sehul, Dejazmatch Sabadagis ou encore Ras Welde Selassie, des grands seigneurs du Zemene Mesafent. Son ascendance familiale lui assure donc une légitimité politique régionale. Yohannes a un frère, Gougsa Mercha, et une sœur, Denqnesh Mercha, tous deux plus âgés que lui. Sa sœur épousera plus tard Wagshum Gobezé, futur Negus Negest Tekle Giyorgis II et rival de Yohannes lors de sa montée au pouvoir.

Vers la moitié du 19ème, une prophétie annonce la venue d’un jeune Kassa, censé devenir souverain de l’Empire. La prophétie s’est diffusée dans les régions de Gondar et du Tigré ; ainsi, les parents de Yohannes ont vu en leur fils le Negus Negest qu’il est devenu. D’ailleurs, durant la jeunesse de Yohannes, un autre Kassa fait parler de lui dans la province de Begemder, il s’agit de Téwodros II, Negus Negest de 1855 à 1868. Le père de Yohannes s’occupe de l’éducation de son fils. Il l’envoie dans une école religieuse locale, lui apprend l’étiquette royale et assure sa formation militaire. En parallèle, sa mère souhaitant élever un jeune homme fort et courageux, aurait ajouté des herbes amères et de l’aloès aux plats de son fils.

DÉBUTS EN POLITIQUE

En 1855, Téwodros II arrive au pouvoir et compte réunifier l’Empire éthiopien en centralisant les pouvoirs des seigneurs locaux. Le Tigré perd progressivement son autonomie mais reste aux mains de Yohannes, membre de la dynastie en place durant le Zemene Mesafent. Vers 1860, Yohannes s’allie avec Téwodros afin de pacifier le Tigré, en rébellion. En retour, il est nommé, en 1864, Balambaras, rang le plus bas des titres aristocratiques éthiopiens. Or, il apprend l’élévation de Menelik II, qui grandit à la cour de Téwodros, à la dignité de Dejazmatch alors que le jeune garçon est à peine âgé de douze ans. À ce sentiment d’injustice s’ajoutent des facteurs plus politiques. Yohannes est choqué par les mesures d’expropriation des terres de l’Église par Téwodros II. Homme pieux, il ne peut contenir sa colère lorsqu’il apprend l’emprisonnement par le Negus Negest de l’Abuna Selama à Maqdala. Enfin, face aux multiples révoltes régionales que connaît l’Empire, il est persuadé qu’un nouveau souverain doit remplacer Téwodros. Il partage avec ses parents, Ras Welde Selassié et Dejazmatch Sabagadis, le rêve d’une Éthiopie chrétienne et unie, dirigée depuis le Tigré.

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Mengesha Yohannes
መንገሻ ዮሐንስ

Ras Mengesha Yohannes (1868-1906) est le fils naturel du Negus Negest (empereur) Yohannes IV et le père de Seyum Mengesha. Il fut Ras du Tigré (1889-1898) et, en tant que prétendant au trône impérial, il avait également le titre de Leul.

Avant la bataille de Metemma, Mengesha était considéré comment un neveu de Yohannes IV. Pendant la bataille, le Negus Negest fut mortellement blessé et sur son lit de mort, il reconnut que Mengesha était son fils et celui-ci fut désigné son héritier.

Les affrontements entre les différents prétendants empêchèrent Mengesha de s’affirmer comme seul véritable souverain. Finalement ce sera Menelik II qui, le 3 novembre 1889, sera couronné Negus Negest. Mengesha refusa alors de se soumettre à son autorité et fut tenté pendant une période de s’allier avec la nouvelle colonie italienne d’Erythrée afin de renverser le nouveau souverain. Toutefois, le danger que représentait les Italiens pour l’Abyssinie et qu’il affronte sans succès lors des batailles de Coatit et de Senafé en 1895, amena Mengesha à se soumettre à se battre du côté de Menelik II lors de la bataille d’Adwa.

Mengesha était marié à Woyzero Kefey Welle, la nièce de l’impératrice Taytu Betul. Lorsqu’il se vit refuser le titre de Roi de Sion, il se rebella contre Menelik. Il fut capturé et assigné à résidence dans un ancien palais royal à Ankober et mourut en 1906.

Source : Wikipedia

Un ancien livre de psaumes volé il y a 30 ans restitué à l’Ethiopie

Un livre de psaumes éthiopien vieux d’une centaine d’années et volé il y a trois décennies, a été restitué volontairement à l’Ethiopie par un collectionneur américain.

La précieuse relique de psaumes écrits en guèze, l’ancienne langue des Ethiopiens avant l’amharique, illustrés d’enluminures colorées de saints chrétiens, appartenait à l’empereur Menelik, au pouvoir de 1889 à 1913.

Le livre avait disparu il y a trente ans et a été récemment localisé par Steve Delamarter, un professeur américain en contact avec plusieurs collectionneurs de pièces d’art éthiopiennes vivant aux Etats-Unis.

« Gerald Weiner est le plus grand collectionneur d’antiquité éthiopiennes en Amérique du nord. Je suis allé le voir pour lui expliquer que les pièces venaient d’Ethiopie », a expliqué mercredi soir Steve Delamarter, enseignant l’Ancien testament à l’Université américaine George Fox, au cours d’une cérémonie de remise du livre à des responsables universitaires éthiopiens.

« A ma surprise, il a pensé que c’était une bonne idée et a décidé de faire preuve de bonne volonté », a-t-il poursuivi.

Selon des responsables éthiopiens, des milliers d’objets historiques éthiopiens sont encore détenus par des collectionneurs et des musées étrangers, notamment en Grande-Bretagne.

Source : La Croix, 3 juin 2010

La tête qui fume de l’église de Narga Selassié :
Histoire des mœurs et histoire politique du royaume d’Éthiopie du 16ème au 20ème siècle

par Claire Bosc-Tiessé

Dans l’église de Narga Selassié, construite dans les années 1738-1750, une sculpture très inhabituelle montre un homme qui fume. Cette représentation est d’autant plus surprenante que nous pensons généralement que le fait de fumer était fortement condamné dans la société chrétienne, comme en témoignent les textes qui prolifèrent à la fin du 19ème siècle. Mais les images et l’archéologie donnent des informations contradictoires sur cette pratique, ce qui nous conduit à reconsidérer l’histoire des textes. Du 16ème au 20ème siècle, fumer a été stigmatisé comme une activité païenne pour montrer du doigt l’étranger, et par conséquent, affirmer la domination de l’État chrétien sur la région du Choa méridional. Enfin, la position de la sculpture de Narga Selassié au sein de l’église, en relation avec la liturgie, montre que l’image du “roi arrogant” a été utilisée pour créer une représentation religieuse du mal.

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Source : Afriques, n°1 (printemps 2010)

La mixité religieuse comme stratégie politique :
La dynastie des Māmmadoč du Wollo, du milieu du 18ème siècle au début du 20ème siècle

par Éloi Ficquet

La région du Wollo, en Éthiopie centrale, fut dominée entre la fin du 18ème siècle et le début du 20ème siècle par une dynastie de chefs musulmans, portant le titre d’imām et appelés Māmmadoč. Ils se distinguèrent par leurs faits d’armes dans les conflits entre les pouvoirs régionaux caractéristiques de la période désignée comme “Ére des princes” (fin 18ème-mi-19ème). Les rares sources historiques publiées relatives à cette période décrivent les imām Māmmadoč comme des musulmans fanatiques orientés vers la destruction des souverainetés chrétiennes voisines. Cependant, ces représentations peuvent être mises en perspective par des données inédites recueillies dans les années 1840 par le voyageur Arnauld d’Abbadie, auprès d’un informateur du Wollo qui semble avoir vécu dans l’entourage de ces imām. L’histoire de cette dynastie, telle qu’elle est relatée par les notes de d’Abbadie, révèle que ces imām ont entretenu des relations très ambivalentes entre les appartenances religieuses. À chaque génération, ou presque, on observe en effet que ces potentats musulmans qui étaient très fortement engagés dans la défense et dans la diffusion de leur foi, entretenaient des liens étroits avec la religion chrétienne, souvent concrétisés par des alliances matrimoniales. La plupart de ces imām étaient de mère chrétienne et vécurent parmi leurs collatéraux une enfance chrétienne, avant de retourner à l’islam et d’avoir à leur tour des épouses chrétiennes. Ce schéma d’alliances interreligieuses est unique par le fait de sa répétition sur plusieurs générations. De cette façon, les imām Māmmadoč semblent avoir été les précurseurs de pratiques de mixité matrimoniale et de conversion réversible qui sont plus tard devenus la norme au Wollo.

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Source : Afriques, n°1 (printemps 2010)

L’Ethiopie célèbre le 114ème anniversaire de la débâcle des italiens

L’Ethiopie a célébré mardi le 114ème anniversaire de sa victoire contre l’Italie qui tentaient de coloniser ce pays d’Afrique de l’est.

Cet anniversaire appelé également “Journée de la liberté de l’Afrique” est célébrée chaque année, pour marquer la défaite des Italiens face à l’armée éthiopienne, dirigée alors par l’Empereur Ménélik II, lors de la fameuse bataille d’Adwa en 1896.

Cette journée a été célébrée avec faste à Addis Abeba sur la Place Ménélik, en présence d’un public nombreux et d’officiels gouvernementaux.

S’exprimant à cette occasion, le président de la Chambre des représentants, l’ambassadeur Teshome Toga a encouragé la jeunesse à saisir cette opportunité pour s’engager davantage pour le développement du pays. Il a estimé que la génération actuelle devrait chercher à sortir le pays de la pauvreté et de son retard, tout comme leurs ancêtres avaient préservé la souveraineté de cette nation.

Le président de l’Association nationale des patriotes éthiopiens, Astatke Abate a déclaré pour sa part que la jeunesse devrait engager et gagner la guerre contre la pauvreté.

Adwa est une ville de la région Tigré. Le 1er mars 1896, elle a été le théâtre d’une bataille décisive entre les troupes éthiopiennes et italiennes, qui s’est soldée par la déroute de l’envahisseur italien.

Source : Agence de Presse Africaine, 1er mars 2010

Les structures d’enseignement et leur rôle dans l’histoire de l’Ethiopie impériale

par Alain Verhaagen

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Source : Civilisations, 1993

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