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Les Ethiopiens dans l’attente des largesses du Nil “sacré” | Toi qui viens d'Ethiopie...

Les Ethiopiens dans l’attente des largesses du Nil “sacré”


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A l’ombre du mont Gish, les sources du Nil sont réputées pour leurs vertus curatives, mais les Ethiopiens estiment que c’est bien là le seul avantage qu’ils gagnent à voir naître le plus long fleuve d’Afrique.

« Ces eaux sont sacrées, elles accomplissent des guérisons miracles », assure Berhanu Melak, un vieux fermier qui remplit un abreuvoir à la source au profit d’une foule en blanc qui fait la queue dès le lever du jour à Gish Abay, à 400 km au nord d’Addis Abeba.

De là, le cours d’eau se jette dans le lac Tana, puis creuse son lit sur plus de 1 600 kilomètres à travers le Soudan, sous le nom de Nil bleu.

A Khartoum, le fleuve rejoint le Nil blanc avant de continuer sa course en Egypte et de se jeter dans la Méditerranée.

« Regardez autour de vous, il n’y a rien ici. Le grand fleuve ne nous nourrit pas », ajoute le paysan, dont la voie est couverte par le brouhaha des baigneurs tout proches.

Ce sentiment d’injustice perdure depuis des siècles en Ethiopie : les terres où le fleuve sacré prend sa source sont constamment ravagées par la sécheresse, alors que les pays où il achève son périple en cumulent les bénéfices.

Dans la région Amhara, d’où proviennent 85 % des eaux du Nil, près de 850 000 personnes dépendent de l’aide alimentaire, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). Les récoltes ne peuvent pousser que s’il pleut, aux antipodes de la situation en Egypte, avec ses énormes fermes, voire ses parcours de golf à proximité du fleuve roi.

L’Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda, ont signé un accord cette année censé garantir une exploitation plus équitable des eaux du plus grand fleuve du monde avec l’Amazone.

S’appuyant sur ce nouveau document, Addis Abeba compte utiliser ses ressources en eau pour construire des barrages, exporter de l’énergie hydraulique vers les pays voisins et mettre en place des systèmes d’irrigation.

Le Soudan et l’Egypte dénoncent un projet qui réduirait drastiquement, selon eux, le débit du fleuve. « Leurs récriminations sont infondées », affirme à l’AFP le ministre des Ressources hydrauliques Asfaw Dingamo, qui assure qu’à ce jour, toutes les demandes de prêt international présentées par l’Ethiopie pour utiliser ses ressources hydrauliques ont été rejetées en raison des objections égyptiennes et soudanaises.

L’Ethiopie compte désormais autofinancer ses projets. « Notre partie du Nil a le potentiel de produire 10 000 mégawatts et d’irriger 1,1 million d’hectares », estime Fekahmed Negash, un expert du ministère, qui assure que son pays ne compte utiliser que 6% du flux du Nil dans un délai de 50 ans.

Au cœur du différend, un accord de 1929 entre le Caire et le colonisateur britannique, qui donnait à l’Egypte droit de veto sur les projets en amont.

Un autre accord entre le Soudan et l’Egypte en 1959 a permis à cette dernière de disposer de 55,5 milliards de m3 d’eau chaque année – 87% du flux du Nil – contre 18,5 M m3 pour Khartoum.

Egypte et Ethiopie ont paru à plusieurs reprises au bord de la guerre pour le contrôle du Nil et les Ethiopiens soupçonnent Le Caire de soutenir des mouvements insurgés éthiopiens.

« Si l’Egypte voulait empêcher l’Ethiopie d’utiliser les eaux du Nil, elle devrait nous occuper, ce qu’aucun pays au monde n’est parvenu à faire », prévenait il y a quelques années le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi.

Loin de ces déclarations belliqueuses, les experts rêvent, eux, d’une coopération régionale. « Le scénario idéal serait celui où le bassin du Nil ne serait plus seulement une entité hydrologique mais également politique et économique, grâce auquel les pays seraient capables de coopérer et de développer des projets pour le bénéfice de tous », espère Ana Cascao, chef de projet de l’Institut international de l’eau de Stockholm (SIWI).

Source : Romandie News, 23 septembre 2010

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