Le ton monte entre l’Egypte et l’Ethiopie à propos du Nil

L’Ethiopie et l’Egypte, les deux pays les plus peuplés d’Afrique, sont engagés pour la première fois dans une guerre des mots à travers les médias internationaux après que l’Ethiopie a accusé l’Egypte de soutenir la rébellion armée en activité sur son territoire, a appris APA vendredi de source sûre.

La guerre des mots a éclaté après l’entretien du Premier ministre éthiopien Meles Zenawi accordé mercredi à l’agence de presse Reuters dans lequel il a accusé l’Egypte de soutenir les groupes de rebelles qui s’insurgent contre l’Etat éthiopien. Cependant, il n’a donné aucune précision sur les groupes de rebelles en question.

Le président égyptien Hosni Moubarak a déclaré sur la chaîne de télévision Al Jazeera lors de sa visite officielle mercredi dernier à Doha que l’Egypte n’a jamais soutenu aucun groupe rebelle d’un pays quelconque. « C’est la première fois que l’on apprend que l’Egypte soutient un mouvement rebelle dans un pays donné », a confié le chef de l’Etat égyptien.

« Nous entretenons d’excellentes relations avec l’Ethiopie. Nous ne pouvons pas faire cela dans un pays africain ou arabe. Ce n’est pas notre façon de faire », s’est indigné le président Moubarak.

Il faut rappeler que l’Egypte et le Soudan ont récemment refusé de signer un nouvel accord relatif à l’utilisation des eaux du Nil, qui constitue une ressource pour l’Egypte. L’Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda, ont signé un nouvel accord en mai dernier selon lequel les eaux du Nil seront utilisées de manière équitable, juste et durable par les Etats riverains.

Les observateurs estiment que la guerre des mots entre les deux pays est liée à l’utilisation des eaux du Nil, qui font l’objet d’une entente conclue par l’Egypte et le Soudan en 1959 qui leur donne droit de jouir respectivement de 85 et 15 % des eaux, à l’insu des autres pays riverains y compris l’Ethiopie, où environ 86 % des eaux du fleuve prennent source.

« L’Egypte n’a pas eu raison sur l’Ethiopie en ce qui concerne les eaux Nil. Nous avons les moyens de neutraliser la rébellion, et de ce fait, empêcher les égyptiens de pêcher dans ces eaux litigieuses parce qu’il n’y en aura plus », a déclaré à Reuters le Premier ministre éthiopien.

« J’espère que cela persuadera les égyptiens de se rendre à l’évidence que le fait d’engager un conflit direct ne règlera pas la question, d’autant que le recours à un conflit indirect s’est avéré infructueux ; la solution la plus appropriée c’est de s’assoir autour de la table de négociations », a fait remarquer M. Zenawi.

Source : Agence de Presse Africaine, 27 novembre 2010

Voir aussi :

Le partage des eaux du Nil

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