Inauguration d’un nouveau centre d’information des États-Unis
Lorsque, le 24 octobre, Michael McClellan, porte-parole de l’ambassade des États-Unis à Addis Abeba, est descendu de l’avion à Jimma et s’est avancé vers le terminal, il a vu une foule de gens habillés sur leur 31 avancer vers lui. « On dirait une procession nuptiale », a dit un de ses collègues. « C’est peut-être pour nous », a supposé M. McClellan.
Et dans un sens, il avait raison. Quelques secondes plus tard, ces personnes l’accueillaient sur la piste. Des femmes lui remplissaient les bras de bouquets de fleurs tropicales. Le maire, le chef de la police, le directeur du bureau du tourisme et d’autres dignitaires lui serraient la main et l’embrassaient. Dans le parking, ils se sont tous engouffrés dans un cortège de 13 véhicules. Un camion de la police, sirène allumée, était en tête. Le cortège a lentement traversé la ville et s’est ensuite engagé sur une route poussiéreuse bordée de caféiers sauvages, de chèvres et d’enfants agitant les mains, et s’est arrêté à une petite mosquée située au sommet de la montagne qui domine la ville. Là, le maire de Jimma, Mohammedamin Jemal, a prononcé le premier des nombreux discours que l’on entendrait ce jour-là.
Après la visite d’un ancien palais et un déjeuner de ragoût éthiopien et d’injera, une sorte de galette que l’on déchire et dont on se sert pour porter la nourriture à la bouche, M. McClellan a été conduit à la bibliothèque publique de Jimma. Il y a été accueilli par des musiciens et des danseuses.
Les responsables de cette ville de 200 000 habitants, dont on dit qu’elle est le berceau du café, avaient organisé toutes ces festivités en l’honneur de l’inauguration d’un “American Corner” (littéralement “coin des États-Unis”, ou “quartier américain”), c’est-à-dire une salle équipée de terminaux d’ordinateurs, de livres, de vidéos et de cédéroms. L’objectif de cette salle est de fournir aux habitants des informations sur les États-Unis, sur le VIH/sida et bien d’autres choses encore.
« Je suis très très heureuse », a dit Ilma Tamiru, ancienne enseignante qui travaille maintenant dans une entreprise de relations publiques. « Les mots me manquent pour exprimer ce que je ressens. Pendant de nombreuses années, cette bibliothèque a été dépourvue de nouveaux livres et d’information. »
Assefa Korsa, un responsable du bureau municipal de l’éducation, a déclaré : « Tout le monde peut obtenir des informations de référence et des livres. Grâce à l’American Corner, les gens pourront améliorer leurs compétences. »
Jusqu’en 1970, Jimma avait une bibliothèque du Service d’information des États-Unis (centre culturel américain). Certains s’en souviennent encore. Elle prêtait des livres et des magazines et organisait des projections de films et des cours afin d’informer les habitants de Jimma au sujet des États-Unis. La junte militaire communiste qui a pris le pouvoir en 1974 a fermé la bibliothèque.
« Je suis heureux de renouveler et de continuer un partenariat qui a une solide histoire de réussite et de service dans cette communauté », a dit M. McClellan. Il a mentionné Andrew Carnegie, un homme d’affaires et philanthrope américain qui, à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, a construit des milliers de bibliothèques publiques aux États-Unis et dans d’autres pays anglophones. Il considérait qu’un service gratuit de bibliothèque publique était l’élément le plus solide de l’établissement de la démocratie dans le monde, a précisé M. McClellan.
Il a ensuite souligné que l’American Corner fonctionnait grâce à un partenariat entre les gouvernements américain et éthiopien pour le bien des habitants de Jimma. Il a ajouté que les deux gouvernements avaient décidé d’un commun accord que cet American Corner serait ouvert à tous, et c’est pourquoi il a été installé au sein de la bibliothèque publique.
M. McClellan espère que tous les utilisateurs de cette salle pourront puiser dans les ressources et l’expertise du centre d’information de l’ambassade des États-Unis à Addis Abeba, tout particulièrement ceux qui envisagent des études universitaires aux États-Unis.
L’American Corner de Jimma est le quatrième que les États-Unis ouvrent en Éthiopie. C’est l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) qui, par le truchement de son fonds pour l’éducation en Éthiopie, a décaissé la majeure partie des 32 000 dollars nécessaires à son installation.
Le maire adjoint de Jimma, Ato Shemelis, a déclaré que la résolution des États-Unis d’aider à améliorer la performance académique des étudiants de Jimma était encore plus importante que les informations fournies à la bibliothèque. « Cela nous incite à penser à l’échelle mondiale et à agir localement. C’est le début d’une nouvelle relation avec le peuple américain. »
Source : Organisation de la Presse Africaine, 31 octobre 2008
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