Rapt en Ethiopie : La Grande-Bretagne sur la piste afar

La Grande-Bretagne a estimé mercredi « probable » que l’enlèvement de cinq Européens dans le nord-est de l’Ethiopie soit lié au « problème régional Afar », du nom de la région où ils ont été capturés, frontalière avec l’Erythrée.

« Nous n’écartons aucune piste. On ne peut pas être catégorique, mais les indications portent à croire qu’il est probable que ce soit un problème régional Afar », a déclaré une porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères à Addis Abeba.

« Nous sommes en train de restreindre le nombre d’options. Je ne peux pas entrer dans les détails, ce serait irresponsable », a-t-elle ajouté, évoquant la sécurité des touristes capturés le 1er mars à Hamed Ela (région Afar).

Les enquêteurs britanniques, arrivés vendredi en Ethiopie, semblent donc écarter de plus en plus la thèse du président de la région Afar, Ismail Ali Sero, qui avait accusé la semaine dernière les ravisseurs d’être « des soldats érythréens » et d’avoir emmené les otages en Erythrée.

De son côté, le gouvernement éthiopien a affirmé qu’il ne pouvait « accuser personne », et l’Erythrée, qui entretient des relations très tendues avec Addis Abeba depuis leur guerre frontalière (1998-2000), a démenti à plusieurs reprises être impliquée dans cette affaire.

Les touristes enlevés sont quatre Britanniques et une Française. L’un des otages britanniques, une femme, a aussi la nationalité italienne.

Les Afars sont répartis entre trois pays de la Corne de l’Afrique, l’Ethiopie, Djibouti et l’Erythrée. Une rébellion de basse intensité est présente dans cette zone, revendiquant l’indépendance pour les Afars, notamment contre l’Ethiopie.

Mardi soir à Addis Abeba, l’ambassade britannique en Ethiopie a organisé pour la presse un briefing sur la région Afar et ses « complexités », semblant confirmer l’orientation de l’enquête. « La région Afar d’Ethiopie est l’une des plus pauvres du pays, avec le plus bas niveau d’infrastructures et d’équipements », a expliqué lors de cette rencontre Paul Ackroyd, chef du Département pour le développement international (DFID) de l’ambassade britannique à Addis Abeba.

Certains des touristes disparus travaillaient pour ce département de l’ambassade à Addis Abeba. La région Afar est « une région qui émerge après avoir été longtemps marginalisée », a ajouté M. Ackroyd, notant qu’elle compte « environ 1,4 million de personnes sur 75 millions d’Ethiopiens ». « La majorité de la population est nomade, c’est une zone où il y a beaucoup de conflits », a-t-il ajouté, précisant que le DFID « tente de faire entendre (la voix de ces populations) et subventionne un programme pour réduire la pauvreté ».

Source : TV5 Monde, 07 mars 2007

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