Musulmans et chrétiens orthodoxes d’Ethiopie à l’unisson pour célébrer leur foi

par Mamadou Ndiaye

Les musulmans et les chrétiens orthodoxes d’Ethiopie sont sortis massivement pour la prière du vendredi pour les uns et la célébration, pour les autres, de l’ange Saint Urael, auquel ils vouent une adoration sans borne, a constaté APA dans les grandes artères d’Addis Abeba.

Vêtus de blanc et d’habits traditionnels, femmes et hommes d’obédience orthodoxe ont organisé d’impressionnantes processions, à une cadence soutenue, en direction de l’église Saint Urael, unique lieu de prière de rayonnement national pour cette communauté forte de 34 millions d’adeptes en Ethiopie.

Urael, guide intemporel, est perçu par les Ethiopiens orthodoxes comme le grand pont les reliant à Dieu.

Le 22 de chaque mois du calendrier éthiopien donne lieu à cette célébration spécialement dédiée à Saint Urael qui permet aux orthodoxes d’offrir des présents à l’église, en signe de bénédictions souhaitées ou de reconnaissance à leur bienfaiteur.

Vieille terre de foi, l’Ethiopie abrite les vestiges des premiers lieux de cultes, à l’image de la mosquée d’Al Negashi, la première à être construite en terre africaine, dans la région Tigré, au nord du pays.

Les musulmans, au nombre de 25 millions, selon des données recoupées par APA, se montrent assidus à la prière du vendredi pour manifester leur solidarité active à l’endroit des moins nantis tout au long de cette journée.

Celle-ci commence chez eux par des lectures du Livre saint, le Coran, suivies d’offrandes et d’aumônes avant de se conclure, pour certains, par des visites de personnes âgées ou malades.

La mosquée Anouar, située au cœur du Mercato d’Addis Abeba, est remplie dès les premières heures de la matinée. En flots continus les musulmans viennent de partout, espérant gagner des places de choix pour prêter attention aux prêches de l’imam.

Les petits commerces ceinturent la mosquée, proposant des attributs du musulman que sont entre autres chapelets, chéchias, encens, cure-dents, livres ou récipients d’ablution.

Une série ininterrompue de prières subrogatoires s’effectuent à l’intérieur et à l’extérieur où règne une franche chaleur atténuée par moments d’une légère brise d’alizé.

Dans un alignement impeccable, les mendiants jalonnent le chemin menant au lieu de prière dans une frappante tenue qui contraste avec l’indiscipline observée aux abords des lieux de culte, notamment en Afrique de l’Ouest. Il en est tout autant des entrées que des sorties encadrées par des volontaires dont l’autorité en cette circonstance est fortement respectée par les fidèles.

La prière terminée, les adeptes des différentes religions regagnent leurs lieux de travail sans trop d’ostentation et petit à petit, Addis Abeba retrouve les aspects de son train-train quotidien.

Source : Agence de Presse Africaine, 30 janvier 2009

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