Les journalistes suédois nient à nouveau
un soutien aux rebelles

Les deux journalistes suédois jugés à Addis Abeba pour “activités terroristes” ont de nouveau rejeté les accusations de soutien à un groupe rebelle portées contre eux mardi, à la reprise de leur procès.

Martin Schibbye et Johan Persson, arrêtés en juillet près de la frontière somalienne avec des rebelles du Front national de libération de l’Ogaden (ONLF), avaient plaidé le 20 octobre non coupables des chefs d’accusation retenus contre eux. La reprise du procès était consacrée mardi à l’accusation.

Devant la cour, un policier, Mohamed Ahmed, a affirmé que les deux journalistes lui avaient confié être venus en Ethiopie pour soutenir l’ONLF, un groupe qualifié de terroriste par Addis Abeba. « Ils nous ont dit qu’ils étaient venus pour organiser et entraîner l’ONLF », a-t-il assuré.

Interrogés à la pause par des journalistes sur ce témoignage, les Suédois ont nié de la tête. « Non », a lâché M. Schibbye.

Le 1er juillet, les journalistes avaient été arrêtés alors qu’ils venaient d’entrer en Ethiopie, via la Somalie, avec des membres de l’ONLF. Ils avaient ensuite été inculpés d’« activités terroristes, soutien à un groupe terroriste » et accusés d’avoir « illégalement pénétré sur le territoire éthiopien ».

Mardi, le policier appelé à la barre par le procureur a donné sa version de leur arrestation.

Selon lui, la voiture des Suédois avait été repérée en pleine nuit à quelque 90 kilomètres de la Somalie. La police affirme avoir poursuivi les deux hommes, qui voyageaient avec 13 hommes armés, pendant onze heures avant que des échanges de tir ne surviennent.

Les journalistes avaient été blessés dans l’affrontement.

« Les étrangers ont été blessés par leurs propres gardes », a poursuivi le policier. Selon lui, les Suédois n’étaient alors pas armés, mais portaient appareils photos, téléphones portables et passeports.

Mardi, MM. Schibbye et Persson ont comparu en costume, chaussés de sandales. Ils avaient l’air plus fatigués que lors de leur première comparution, selon une journaliste de l’AFP.

Depuis sa création en 1984, l’ONLF lutte pour l’indépendance de l’Ogaden, une région du sud-est de l’Ethiopie à majorité somali et marginalisée, selon les rebelles, par Addis Abeba.

Source : AFP, 1er novembre 2011

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