Une tannerie chinoise tente d’exporter illégalement du cuir éthiopien semi-transformé

Les autorités éthiopiennes envisagent de prendre « des mesures appropriées » contre une tannerie chinoise basée en Ethiopie, qui a tenté d’exporter illégalement deux conteneurs remplis d’environ 100 000 pièces de cuir semi-traité, selon la presse locale.

La Friendship Tannery and Shoe Factory, située dans la ville de Mojo, à environ 62 km de la capitale éthiopienne, Addis Abeba, comptait expédier cette cargaison en la faisant passer pour du cuir entièrement transformé vers la Chine.

Cette nouvelle usine est un des principaux acteurs du secteur du cuir et de la chaussure en Ethiopie.

Le ministre délégué à l’Industrie, Tadesse Haile, s’est dit consterné par cette tentative illégale d’exportation.

« Tenter d’exporter ce qui ne doit pas l’être est vraiment malheureux. Nous ne savions pas que de telles choses se passaient. Nous sommes très stricts concernant ce genre d’affaires et des sanctions judiciaires seront prises », a-t-il indiqué.

Mais, selon The Reporter, peu parmi la quarantaine de tanneries locales exportent du cuir véritable et entièrement traité.

La Friendship Tannery génère 10 millions de dollars par an de la production et de l’exportation de différents types de cuir fini.

Malgré les encouragements du gouvernement au secteur du cuir pour qu’il valorise les articles en cuir, ce secteur n’a pas réussi à générer plus de recettes.

En outre, The Reporter a indiqué que les usines locales accusaient régulièrement leurs homologues étrangères de profiter des failles de la réglementation régissant le secteur du cuir.

Pendant des années, l’Ethiopie a exporté de très grandes quantités de peaux brutes et semi-traitées jusqu’en 2002, année où le gouvernement a restreint les exportations de peaux à faible valeur ajoutée et de cuir semi-transformé, pour toucher de nouveaux marchés d’exportation et encourager les produits à forte valeur ajoutée.

Une des mesures utilisées pour restreindre les exportations de peaux à faible valeur ajoutée est une taxe à l’exportation de 150 % sur les peaux.

« Ces mesures ont eu un impact notable sur la composition des exportations du secteur du cuir, en aidant à passer à des produits finis », indique le Rapport économique 2013 sur l’Afrique, co-rédigé par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et la Commission de l’Union africaine (CUA).

Ce rapport souligne que ces mesures forment la base de l’engagement des sociétés internationales de premier plan à aider les secteurs locaux de la tannerie et de la confection à améliorer leurs activités.

Les secteurs du café et du cuir sont les deux principaux moteurs de la croissance économique en Ethiopie, selon le rapport. Environ 10 000 Ethiopiens travaillent dans le secteur du cuir, qui se caractérise par une croissance de la concurrence locale. Le marché de l’exportation, qui était dominé par l’Europe, l’est désormais par la Chine et l’Inde.

Source : African Manager, 13 mai 2013

Trackback this Post | Feed on comments to this Post

Laissez un commentaire sur cet article

web development