L’Égypte menace de guerre l’Éthiopie

Le régime a diffusé lundi en direct une réunion au cours de laquelle des responsables islamistes imaginent avec le président Morsi comment détruire le barrage éthiopien sur le Nil Bleu, grand fleuve qui fournit les Égyptiens en eau.

Nil bleu, Ethiopie, Ethiopia

Plusieurs politiciens islamistes égyptiens, réunis par leur président, Mohammed Morsi, ont envisagé, lundi lors d’une émission en direct sur la télévision publique, tous les actes de guerre susceptibles de stopper la construction du barrage sur le Nil Bleu engagée par l’Éthiopie.

Le président Morsi, membre de la confrérie des Frères musulmans, s’est bien gardé de condamner les suggestions de sabotage ou d’attaques contre l’Éthiopie que ses invités formulaient devant lui. « Nous ne pouvons rien laisser passer qui puisse avoir un impact sur une goutte d’eau du Nil », a seulement déclaré le chef de l’État égyptien.

Que l’Éthiopie ait engagé, le 28 mai, une déviation sur le Nil Bleu, en vue de la construction d’un important barrage hydroélectrique dénommé “Grande Renaissance”, ne semble pas acceptable par l’Égypte. Le Nil Bleu rejoint le Nil Blanc au Soudan, avant de former ce Nil qui irrigue la terre et la culture égyptienne depuis les pharaons.

Le spectre de missiles longue portée

Parmi les responsables de partis islamistes, convoqués lundi par le président Morsi, Younis Makhyoun a proposé d’armer les rebelles en Éthiopie, en jouant sur les dissensions tribales et ethniques, avant, en dernier ressort, de détruire le barrage. L’Éthiopie, a-t-il analysé, est « fragilisée » par plusieurs mouvements de rébellion. « On peut entrer en contact avec eux et les utiliser comme une carte dans la négociation avec le gouvernement éthiopien. Si tout échoue, il n’y aura pas d’autre choix pour l’Égypte que d’utiliser ses services secrets pour détruire le barrage », affirme ce membre du parti Nour, qui a remporté environ 25 % de sièges au Parlement, lors des élections de la fin 2011 et début 2012.

Un autre homme politique, Ayman Nour, a proposé de distiller des rumeurs sur l’achat par l’Égypte d’avions de ravitaillement en vol, afin de suggérer qu’une attaque aérienne contre le barrage était en préparation.

Un intervenant, cité par RFI, a eu l’idée suivante : « Nous devons conclure des accords avec la Somalie, l’Érythrée et Djibouti, pour les utiliser comme bases contre l’Éthiopie, et, comme vous le savez, tout s’achète en Afrique ». « Il faut se doter de missiles de longue portée », a renchéri un autre responsable islamiste, devant le président égyptien, muet et souriant.

Source : Le Figaro, 4 juin 2013

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