Aid Al Adha, un grand jour de dévotion et de convivialité familiale

par Hicham El Alaoui

La communauté musulmane en Ethiopie se prépare dans un climat de dévotion et de purification pour célébrer l’Aïd Al Adha, une occasion pour chaque fidèle de renouveler sa foi en Dieu, d’être meilleur en faisant valoir l’esprit de générosité et de renforcer les liens familiaux loin de toute divergence conflictuelle.

L’annonce du jour de l’Aïd Al Adha en Ethiopie, qui coïncide les dates de toutes les fêtes religieuses avec l’Arabie Saoudite, est un moment de joie, de partage et de fraternité pour les musulmans de ce pays estimés à plus de 32 millions de personnes.

Célébrée le 10ème jour du mois de Doul Hijja, la fête de l’immolation commémore le sacrifice par le prophète Sidna Ibrahim d’un bélier, dont Dieu a décidé qu’il compensait le sacrifice qu’Ibrahim projetait, sur ordre du Très Haut, de son fils Sidna Ismaïl .

A l’instar des autres pays musulmans, l’Ethiopie met à la disposition des musulmans un nombre suffisant d’ovins, de bovins et de caprins pour accomplir le rituel de l’immolation.

Pays à vocation agricole et d’élevage, l’Ethiopie détient 15 % du cheptel africain se situant ainsi au neuvième rang mondial. Pour 75 millions d’habitants, on comptabilise environ 31 millions de bovins, 20 millions de moutons, 15 millions de chèvres, 6 millions de chevaux et d’ânes et plus d’un million de dromadaires.

La veille de l’Aïd, le bêlement des moutons résonne dans les quartiers et les grandes villes se transforment en un souk pour bétail. Des parkings, lieux inhabités et impasses servent d’espaces de vente pour les commerçants d’ovins.

Cependant, les Ethiopiens éprouvent des difficultés pour acheter le mouton de l’Aïd du fait de leur situation matérielle qui ne leur permet pas de se procurer ce “luxe du mouton”.

L’Ethiopie est l’un des pays les plus pauvres au monde dans la mesure où près de 77 % de la population vivent avec moins de 2 dollars par jour.

La matinée du jour d’Al Aïd, des centaines de milliers de fidèles, parés de leurs plus beaux habits, se rendent au lieu de la prière, habituellement au Stade d’Addis Abeba, dans une atmosphère de recueillement et de piété en glorifiant la grandeur d’Allah.

Après l’accomplissement du rituel de l’immolation, les pères de famille, accompagnés de leurs enfants effectuent des visites familiales, un moment très attendu des enfants puisque c’est l’occasion pour eux de porter leurs nouveaux habits et leurs nouvelles chaussures.

L’Aïd Al Adha est du reste beaucoup plus qu’un simple événement religieux. C’est aussi une grande fête familiale et sociale, et à l’instar de toute fête, elle est synonyme de rencontre, de joie, de partage et de fraternité.

Fête du partage et de solidarité, l’Aid Al Adha dans le monde musulman en général et en Ethiopie en particulier traduit parfaitement le sens de l’entraide entre personnes qui est une nécessité impérieuse permettant de créer des liens aussi bien spirituels que sociaux avec tous les êtres humains qu’ils soient musulmans ou non dans cette terre de tolérance religieuse et de pluralisme culturel et ethnique.

Rappelons à cet égard que l’Ethiopie avait constitué un refuge pour les compagnons du prophète Sidna Mohammed (Paix et Salut soient sur Lui) qui fuyant l’oppression, la torture et les supplices y avaient séjourné près de 15 ans sous la protection de son Roi Najachi (Negus en langue éthiopienne, l’Amharique).

“Terre de vérité”, comme l’a qualifié le Prophète Sidna Mohamed dans son Hadith, Habasha a abrité une centaine de compagnons du Prophète dont le retour avait été effectué jusqu’après la victoire des musulmans à la bataille de Khaybar.

Source : Casafree, 26 novembre 2009

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