Le peuple Afar (Texte 2)

Tribu indigène ancienne, d’origine couchitique, elle n’est mentionnée qu’à partir du 13ème siècle par le géographe Ibn Saïd sous le nom de Dankal. Les légendes locales font correspondre l’unification de l’ethnie à l’époque de sa conversion à l’islam, vers le 8ème siècle. Au 16ème siècle, les Afar s’allient aux armées du Gragn contre le pouvoir chrétien, puis, à la fin du 18ème siècle, malgré la pression oromo, ils étendent leur territoire vers le sud. Appelés aussi Danakil, ils résident dans un vaste espace, le triangle Danakil, dont la pointe sud est la région d’Awash en Ethiopie, limité à l’est par Djibouti et au nord par les îles Dahlak, face à l’Erythrée. La majorité, 75 %, soit environ 1 million d’âmes, habite l’Ethiopie.

La vie est rude dans cette dépression dont l’altitude est, par endroits, négative (-110 m) et la température, avoisinant les 50°C, parmi les plus élevées du globe. Laves, sables et obsidiennes encerclent de miraculeux lacs saumâtres, des sources d’eau sulfureuse ou des bassins en ébullition. Les marmites crachent de la vapeur et le volcan Erta Alé projette des laves incandescentes, visibles de nuit.

L’eau est rare et la pluie seule garantit la survie des pâturages, des troupeaux et des hommes, au prix de nombreux efforts et de fastidieux déplacements. Quelques précieuses oasis parsèment le désert balayé par les tornades de chaleur, immenses colonnes de poussières tourbillonnantes.

L’ethnie est divisée en clans, eux-mêmes séparés en lignées et les conflits sont fréquents. Il n’y a pas de pouvoir central et, sur un territoire délimité par des frontières naturelles, chaque clan obéit à un chef assisté d’un représentant. La réunion des responsables de toutes les tribus forme le conseil des anciens, cour de justice traditionnelle.

L’élevage est, pour un Afar, l’occupation la plus valorisante. Son dédain de l’agriculture lui impose un semi-nomadisme, une recherche vitale d’eau et de pâturages. Les huttes, qui peuvent se regrouper par dizaines si l’endroit le permet, ont une ossature légère de bâtons croisés en dôme, sur laquelle des nattes végétales sont appliquées. Démontées et attachées sur les chameaux, par les femmes, elles sont remontées ailleurs ; de plus, un minimum de possessions matérielles facilite les déplacements.

Aux femmes appartiennent en propre les troupeaux de chèvres et de moutons, les hommes possèdent les zébus et surtout les dromadaires, animaux nobles entre tous. Leur viande est mangée pour des occasions spéciales et son lait est le nectar suprême. Rarement monté, il peut être lourdement chargé.

La production féminine, le lait, le beurre clarifié, la vannerie et les peaux, s’échange sur les marchés contre du grain, des légumes, du tabac et des objets manufacturés. Les hommes vendent les animaux et ramènent les plaques de sel détachées des salines de Dobi et de Dallol. Dans ces deux zones, les altitudes sont négatives et les caravanes cheminent sous une chaleur implacable.

Musulman, de rite chafite, le peuple afar est considéré comme peu orthodoxe, car multiples croyances traditionnelles ont survécu. Les immolations d’animaux, en des lieux sacrés, assurent la prospérité et la puissance du clan.

Le costume féminin est simple : un long tissu drapé de la taille aux chevilles. Les adolescentes vont, la poitrine nue, tandis que les femmes mariées se couvrent la tête et les seins d’un léger tulle noir. La chevelure est divisée en des dizaines de fines tresses, puis tissée. Sur le “casque” ainsi formé, s’accrochent d’éclatantes décorations de perles. Colliers, bracelets et protections coraniques complètent la parure.

Les hommes marchent fièrement ; un châle négligemment jeté sur une épaule dénudée côtoie l’arme automatique. Un large ceinturon à multiples pochettes recèle l’indispensable : allumettes, lame de rasoir ou munitions et maintient l’étoffe écrue qui tombe jusqu’aux genoux. Sur le côté, dans un étui, pend le gilé le grand couteau courbe dont la lame est meurtrière. Le bâton, tout aussi indispensable, se porte en travers de la nuque pour équilibrer la pression sanguine des mains pendant la marche. Les coiffures favorites sont : la coupe “afro” ronde et volumineuse ou un “carré” souple, mi-long, de mèches ondulées, soigneusement beurrées. La présence d’un peigne fiché dans les cheveux signifie, parfois, que l’homme a tué un ennemi.

Le dernier critère esthétique, commun à tous, est le limage en pointe des incisives et des canines supérieures.

Leur jeu national , le kwosso, est une sorte de rugby très violent, se soldant quelquefois par la mort d’un participant. Deux équipes, réunissant 100 à 200 personnes se disputent la possession d’une balle en cuir. Le match dure jusqu’à la tombée du jour, les héros sont adulés et, dans la foule en fête, se donnent les rendez-vous amoureux.

La règle générale veut que les parents choisissent le futur époux, sans demander l’avis de la jeune fille, et qu’elle soit vierge. Pour garantir sa pureté, elle subir l’excision et l’infibulation. La “couture” sera rouverte par le mari, le jour de l’accomplissement du mariage.

L’homme est polygame et prend la femme de son frère, si celui-ci décède, afin de conserver le troupeau.

Source : Ethiopie (Guide Marcus)

Voir aussi :

Le peuple Afar (Texte 1)
Album photo du peuple Afar
Vidéos du peuple Afar
Affiches du peuple Afar
Chants traditionnels Afar
Abay, jeune femme Afar

2 commentaires pour “Le peuple Afar (Texte 2)”

  1. FATOUMA on 25 Aug 2010 at 9:29

    tres joli culture afar

  2. Telescope on 07 Jun 2016 at 23:04

    Oui, “très joli culture”, sauf sans doute le traitement réservé aux femmes : quelle horreur, alors que ces gens sont si beaux !

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