Le HCR inaugure un système d’eau potable

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) vient d’inaugurer dans une région semi-aride à l’est de l’Ethiopie un projet de plusieurs millions de dollars pour la distribution d’eau et d’électricité qui bénéficiera à des dizaines de milliers de personnes, y compris des réfugiés somaliens et des membres de la communauté locale.

Ce programme – d’un montant de cinq millions de dollars – pour l’alimentation en eau de la vallée de Jarrar dans la région Somali en Ethiopie vise à utiliser l’électricité pour pomper 1,3 million de litres d’eau potable au bénéfice de 51 000 personnes, y compris 16 000 réfugiés. Le projet a été récemment inauguré par le Haut Commissaire adjoint des Nations Unies pour les réfugiés T. Alexander Aleinikoff et prévoit de fournir de l’eau potable à 100 000 personnes durant la saison sèche.

« C’est un projet novateur et un bon modèle », a déclaré T. Alexander Aleinikoff, qui effectuait son premier voyage en Afrique en tant que Haut Commissaire adjoint du HCR. « Il permet de fournir une importante source d’eau pour les réfugiés et il bénéficie également à la communauté locale. Il respecte l’environnement et permet d’économiser de l’argent. »

Le projet a été bien accueilli par ses futurs bénéficiaires. « Après des années pendant lesquelles nous avons vécu d’énormes difficultés, nous avons désormais de l’eau potable en quantité abondante pour cuisiner et nous laver », a déclaré Rodo, une mère de quatre enfants qui a passé les deux dernières décennies dans le camp de Kebribeyah après avoir fui le conflit dans sa Somalie natale. « Grâce à un bien meilleur approvisionnement en eau, nous sommes beaucoup plus propres et en meilleure santé qu’avant. »

Dans le passé, des camions-citernes étaient utilisés pour amener l’eau à Kebribeyah, mais son acheminement coûtait cher et représentait un défi au niveau logistique. Le HCR et les autorités régionales avaient alors foré des puits en 2004 dans la vallée de Jarrar à une distance de 21 km et ils acheminaient l’eau vers le camp au moyen de canalisations en utilisant des pompes à moteur diesel.

Dans le but de réduire encore les coûts, le HCR a financé l’extension du réseau électrique de la vallée de Jarrar. Les travaux ont été réalisés l’an dernier et 15 générateurs pompent désormais l’eau de sept puits à Kebribeyah, garantissant ainsi un approvisionnement régulier en eau pour les réfugiés et les membres de la communauté locale qui vivent le long de la route de l’eau ainsi que de nouvelles lignes électriques.

« Nous sommes maintenant en mesure de répondre pleinement aux besoins des réfugiés et il était évidemment logique d’étendre ce service à la population locale », a déclaré Anthony Mulenga, l’ingénieur hydraulicien du HCR responsable du système de la vallée de Jarrar. « Ce système est également rentable. En passant du diesel à l’électricité, nous avons réduit nos coûts de 7 000 dollars à 2 700 dollars par mois », a-t-il ajouté.

Kebribeyah dispose désormais de 28 points de distribution d’eau contre quatre il y a cinq ans. L’utilisation quotidienne d’eau a par ailleurs augmenté, passant de 12 litres à 20 litres pour chacun des 16 000 réfugiés qui vivent actuellement dans le camp. Cette quantité de 20 litres correspond au volume minimal établi par les normes humanitaires internationales. L’accès facile à l’eau dans cette région semi-aride signifie également que les femmes n’ont plus à risquer leur sécurité en parcourant de longues distances à pied pour se procurer de l’eau.

Ce projet contribue également à apaiser les tensions entre les habitants et les réfugiés, car il bénéficie aussi à la communauté locale. A la fois le réseau électrique et les canalisations d’eau sont reliés aux villages et à des points le long de la route, améliorant ainsi la vie des Ethiopiens et stimulant l’économie locale.

L’Ethiopie accueille actuellement quelque 149 000 réfugiés, dont 60 000 Somaliens hébergés dans cinq camps à l’est du pays. Quelque 16 600 d’entre eux sont des réfugiés de longue date ayant fui la Somalie dans les années 1990, alors que les autres réfugiés sont arrivés après 2006.

Source : ONU, 6 mai 2010

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