Rejet des recours de l’opposition sur les résultats aux législatives

La cour suprême éthiopienne a rejeté vendredi les recours de la principale coalition de l’opposition éthiopienne, qui dénonce des malversations au cours des législatives du 23 mai et réclame la tenue d’un nouveau scrutin.

La cour suprême a rejeté tous les appels du Medrek (Forum pour la démocratie et le dialogue, opposition) en se basant « sur le fait qu’ils manquaient de preuves et ne respectaient pas les procédures », a déclaré à l’issue de l’audience le juge Asegid Gashaw.

Le Medrek, qui regroupe huit partis d’opposition, avait exigé dès la fin du scrutin que de nouvelles législatives soient organisées, après la victoire écrasante de la coalition du Premier ministre Meles Zenawi.

Selon le juge Asegid, le Bureau national éthiopien des élections (NEBE) « a déjà enquêté sur les accusations d’irrégularités et la cour suprême ne trouve aucune justification légale au rejet de la décision du bureau. Les appels étaient injustifiés parce que toutes les plaintes ont été traitées dans les délais ».

« Il est choquant de noter que le système judiciaire n’a pas fait montre d’indépendance ni de sérieux. Les décisions légales ici viennent d’en haut », a réagi le président du Medrek, Beyene Petros.

Selon les résultats officiels les plus récents mais encore partiels, le Front révolutionnaire et démocratique des peuples éthiopiens (EPRDF, au pouvoir depuis 1991) du Premier ministre et ses alliés ont conquis 535 sièges sur les 547 que compte l’Assemblée nationale éthiopienne. Le Medrek n’a gagné qu’un seul siège. Les résultats définitifs doivent être publiés le 21 juin.

Deux autres partis d’opposition, le parti Berhan pour l’Unité et la Démocratie et le Front Démocratique éthiopien ont aussi exigé un nouveau scrutin, accusant notamment le gouvernement d’avoir intimidé leurs partisans.

La mission européenne d’observation du scrutin ainsi que les Etats-Unis ont jugé que le processus électoral n’avait pas rempli les normes internationales requises.

Lors des précédentes élections en 2005, l’opposition avait organisé d’importantes manifestations pour protester contre les résultats. La violente répression de ces manifestations avait fait 200 morts, dont sept policiers.

Source : La Tribune de Genève, 18 juin 2010

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