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"Toi qui viens d'Ethiopie..."

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Ecobank : Et maintenant, l’Éthiopie !

En s’installant en Éthiopie, le groupe bancaire panafricain Ecobank est désormais présent dans 35 pays au sud du Sahara.

Ecobank peaufine sa couverture géographique. Le groupe bancaire panafricain, qui vient de débuter ses activités au Soudan du Sud, a annoncé le 25 octobre l’ouverture officielle de son bureau de représentation en Éthiopie. Ecobank est désormais présent dans 35 pays d’Afrique subsaharienne, en attendant son installation au Mozambique, l’un des rares pays de la zone où il n’est pas présent. « Nous avons obtenu une licence pour exploiter un bureau de représentation en juillet 2013, souligne le groupe dans un communiqué de presse. Le bureau de représentation est situé dans le quartier Ber Yerer d’Addis Abeba, proche de l’aéroport et du centre-ville. Il démarrera ses opérations avec une équipe de trois personnes. » James R. Kanagwa, ancien responsable de la banque domestique à Ecobank Ouganda, a été nommé à la tête du bureau.

Les banques locales éthiopiennes ainsi que les multinationales, les organisations internationales et non gouvernementales ayant des activités dans ce pays d’Afrique de l’Est pourront désormais accéder aux services de correspondant d’Ecobank, ainsi qu’à ses activités de financement du commerce à travers l’Afrique et en Europe via la filiale de Ecobank à Paris, EBI SA. Le groupe commercialisera aussi quelques-uns de ses produits phares de la banque de détail. La banque d’affaires du groupe, Ecobank Development Corporation, pourrait également intervenir notamment dans le cadre de la politique gouvernementale souhaitant favoriser les investissements étrangers dans les secteurs agricole et manufacturier. Toutefois, elle ne pourra pas collecter de dépôts (en raison de son statut de bureau de représentation).

Nouveau marché

« L’Éthiopie a émergé comme l’un des plus intéressants parmi les nouveaux marchés en Afrique et devrait être la troisième plus forte croissance économique du monde entre 2011 et 2015, derrière la Chine et l’Inde », a commenté le directeur général du groupe Ecobank, Thierry Tanoh. Avec 92 millions d’habitants et un taux de bancarisation très bas (autour de 10 %), l’Éthiopie est un marché prioritaire pour les banques internationales mais celles-ci ne peuvent y opérer que dans le cadre de bureaux de représentation, le secteur étant réservé aux nationaux. Selon le site de la Banque centrale éthiopienne, 19 banques opèrent dans le pays. Le géant public Commercial Bank of Ethiopia domine très largement. Mais quelques banques privées détenues par des Éthiopiens se développent très vite (comme Dashen Bank ou Awash International Bank).

La banque sud-africaine Standard Bank, très présente en Afrique anglophone, a également annoncé son intention d’ouvrir un bureau de représentation à Addis Abeba.

Source : Jeune Afrique, 25 octobre 2013

La politique foncière revue et corrigée

Après avoir facilité l’accaparement de vastes étendues de terres par des firmes étrangères, le gouvernement est en train de revoir sa politique foncière.

Terres, Ethiopie, Ethiopia

En privé, les officiels éthiopiens reconnaissent l’échec de leur politique d’agriculture commerciale basée sur la location à bas prix d’immenses portions de terres à des firmes étrangères. Celles-ci les ont accaparées dans un but de spéculation foncière et n’en ont mis en culture qu’une toute petite partie. Outre les 300 000 hectares attribués à la société indienne Karuturi Global LTD (loi n°1324) avant l’adoption du Growth and Transformation Plan (GTP) en 2010, 470 000 hectares l’ont ensuite été à d’autres firmes au nom de ce programme.

Les compagnies bénéficiaires ont été autorisées à raser les forêts pour entreprendre leurs projets agricoles et ont obtenu divers allègements fiscaux. Mais, malgré tous ces avantages, « aucune compagnie n’a répondu aux attentes du gouvernement » selon Bizualem Bekele, un directeur du ministère de l’agriculture. D’après lui, « même Karuturi, n’a pas pu développer plus de 5 000 hectares ». L’équipe de Bizualem a évalué ce programme foncier en juillet et fait des découvertes alarmantes : nombre d’investisseurs n’avaient pas d’idée précise sur le type de terres qu’ils souhaitaient, certains ne savaient même pas à quoi ressemblait un hectare de terre. Sur les quarante-trois compagnies ayant obtenu des terres agricoles, plusieurs ont ensuite abandonné ce secteur après avoir tiré partie des mesures de détaxation et seize sont dans une période d’essai. Elles ont six mois pour démarrer leurs projets, sinon l’Etat peut leur reprendre la terre.

Les résultats de l’enquête menée par l’équipe de Bizualem ont été transmis, en août, au National Agriculture Investment Committee présidé par le premier ministre Hailemariam Desalegn. Après délibération, ce comité a pris deux décisions importantes : récupérer les terres attribuées à ces compagnies et qui n’ont pas été utilisées ; limiter la quantité de terres concédées aux investisseurs de ce secteur. Suite à ces instructions, le ministère de l’agriculture va limiter à 5 000 hectares les terres allouées à un investisseur étranger et donnera la priorité aux investisseurs locaux, avec dans ce cas une limitation des terres attribuées à un maximum de 3 000 hectares.

Source : Africa Intelligence, 27 septembre 2013

Les hyènes de Harar que l’on peut nourrir à la tombée de la nuit

par Grégoire Pourtier

Hyène, Harar, Ethiopie, Ethiopia

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A l’extrême ouest de l’Ethiopie, Harar est l’une des plus belles villes du pays, qui avait notamment séduit le poète Arthur Rimbaud. Mais après s’être promené dans le labyrinthe de ruelles colorées, à la tombée de la nuit, les touristes actuels se rendent bien souvent à l’extérieur de la vieille-ville fortifiée. Car là, se déroule une attraction unique au monde : une demi-douzaine de hyènes viennent se faire nourrir, et les visiteurs peuvent même s’approcher et leur donner directement à manger. Alors que ces carnivores effrayants font bien des ravages dans le reste du pays et sont impossibles à dresser, ils font partie de la tradition religieuse d’Harar, qui en a fait un symbole lucratif.

Source : RFI, 26 septembre 2013

L’Ethiopie rêve d’être l’atelier du monde

par Vincent Defait

Le pays de la Corne de l’Afrique espère supplanter l’Asie dans le secteur du textile. Ses arguments : une main-d’œuvre bon marché et un soutien sans faille du gouvernement. Certains grands groupes se laissent séduire.

La boulette de coton file sur le sol immaculé et disparaît, aspirée à travers une fente large comme deux doigts. « Impressionnant, non ? Ce système de ventilation a coûté cher mais ça nous permet de garder les lieux aussi propres que possible », commente Ercan Turkoglu, la mine réjouie. Le patron poursuit la visite au pas de charge, sert la main de ses cadres à l’entrée de chaque atelier, puis invite à admirer l’automatisme de longues rangées de machines.

Ercan Turkoglu dirige depuis plus d’un an la plus grosse usine de textile d’Ethiopie, à trois quarts d’heure de route au sud-ouest de la capitale Addis Abeba. Ayka Addis Group, filiale éthiopienne de la société turque Ayka Textile, emploie 7 000 personnes rétribuées en moyenne 1 400 birrs, produit 40 000 pièces par jour et espère bientôt faire sortir quotidiennement de ses usines 40 tonnes de tissus. Le tout pour l’exportation. L’affaire a déjà englouti 230 millions de dollars. « Pour le textile, l’Asie, c’est mort. En revanche, l’Afrique est encore vierge et présente les meilleures projections en termes de rentabilité », tranche Ercan Turkoglu.

Main-d’œuvre bon marché

Un discours qui ravit les autorités d’Addis Abeba qui s’escriment depuis quelques années à attirer les investisseurs étrangers. Leur offre : une main-d’œuvre bon marché et en nombre, de l’électricité pas chère, des exemptions de taxes et des terrains en leasing pour une bouchée de pain. Leur objectif, inscrit dans le marbre du Plan de croissance et de transformation (GTP) quinquennal : 1 milliard de dollars de profit généré par l’exportation d’ici à fin 2015. L’an dernier, les résultats plafonnaient à 84,6 millions de dollars.

« Grand potentiel »

Dans son bureau garni de drapeaux nationaux, au deuxième étage d’un bâtiment à moitié fini dans la capitale, Seleshi Lemma affiche la confiance de rigueur. « Nous sommes compétitifs, assure le directeur de l’Institut de développement de l’industrie textile. Les pays asiatiques deviennent trop chers et passent d’une industrie à forte main-d’œuvre à une économie de services. » Enfoncé dans un fauteuil en cuir, l’homme évoque son dernier voyage à Hong­kong, où le groupe H&M aurait tenté de convaincre ses fournisseurs de s’installer en Ethiopie. Contacté, le géant suédois, convaincu du « grand potentiel » de l’Ethiopie, affirme n’en être qu’aux premiers stades d’une étude de faisabilité avec des usines locales.

H&M n’est pas le seul à lorgner sur l’Ethiopie. La semaine dernière, le patron du groupe britannique Tesco a fait le déplacement jusqu’aux installations d’Ayka Addis Group. « Nous avons de la visite tous les jours. Nous sommes le premier et le plus gros investisseur textile en Afrique », se vante Ercan Turkoglu. A terme, l’usine devrait employer 20 000 personnes. « On va faire de l’argent ici, sans aucun doute. » De sa fenêtre, les hauts plateaux éthiopiens s’étirent à perte de vue. L’horizon est dégagé.

Elias Meshesha, lui, affiche un enthousiasme débonnaire dans son bureau surplombant des ateliers aux deux tiers vides. L’usine qu’il dirige, propriété du richissime Ethio-Saoudien Cheikh Al Amoudi, est sur le point d’accueillir l’un des principaux intermédiaires du secteur, l’israélien Bagir, qui s’enorgueillit d’habiller un « Anglais sur six » avec ses costumes. Les exportations de l’usine d’Elias Meshesha s’élèvent à 7 milliards de dollars. Ici, les ouvriers sont payés 1 000 birrs. « On y arrivera, assure ce pur produit de la diaspora, rentré au pays pour y investir ses dollars. Mais si le pays veut développer une vraie industrie, il y a encore du chemin. Ici, la qualité du tissu est médiocre, les accessoires doivent tous être importés, la main-d’œuvre doit être formée et les coupures d’électricité sont quotidiennes. Sans parler des fournisseurs : pour acheter une petite pièce défectueuse, je dois me rendre à Dubaï. Sinon, toute la ligne de montage est à l’arrêt. »

Désillusion

Un autre patron, qui préfère taire son nom, est encore plus pessimiste. A la tête d’une usine rachetée au milieu des années 2000 à l’aube des promesses gouvernementales, il n’a pas le soutien politique et financier des deux précédents. Faute de commandes, ses 300 employés sont au chômage technique. Quid du marché local ? « Avec les taxes, pour 1 dollar d’investissement, je dois en sortir 1,7. Impossible », assure-t-il la calculette à la main. Une façon pour Addis Abeba d’obliger ses producteurs à se hisser au niveau des standards internationaux en se concentrant sur l’exportation. « Franchement, si c’était à refaire, je ne me lancerais pas dans ce business. Ma porte de sortie, c’est le marché régional, mais je n’ai plus les fonds. »

Avant d’habiller le monde, l’Ethiopie a bien des problèmes à régler.

Source : Le Temps, 25 septembre 2013

L’Égypte menace de guerre l’Éthiopie

Le régime a diffusé lundi en direct une réunion au cours de laquelle des responsables islamistes imaginent avec le président Morsi comment détruire le barrage éthiopien sur le Nil Bleu, grand fleuve qui fournit les Égyptiens en eau.

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Plusieurs politiciens islamistes égyptiens, réunis par leur président, Mohammed Morsi, ont envisagé, lundi lors d’une émission en direct sur la télévision publique, tous les actes de guerre susceptibles de stopper la construction du barrage sur le Nil Bleu engagée par l’Éthiopie.

Le président Morsi, membre de la confrérie des Frères musulmans, s’est bien gardé de condamner les suggestions de sabotage ou d’attaques contre l’Éthiopie que ses invités formulaient devant lui. « Nous ne pouvons rien laisser passer qui puisse avoir un impact sur une goutte d’eau du Nil », a seulement déclaré le chef de l’État égyptien.

Que l’Éthiopie ait engagé, le 28 mai, une déviation sur le Nil Bleu, en vue de la construction d’un important barrage hydroélectrique dénommé “Grande Renaissance”, ne semble pas acceptable par l’Égypte. Le Nil Bleu rejoint le Nil Blanc au Soudan, avant de former ce Nil qui irrigue la terre et la culture égyptienne depuis les pharaons.

Le spectre de missiles longue portée

Parmi les responsables de partis islamistes, convoqués lundi par le président Morsi, Younis Makhyoun a proposé d’armer les rebelles en Éthiopie, en jouant sur les dissensions tribales et ethniques, avant, en dernier ressort, de détruire le barrage. L’Éthiopie, a-t-il analysé, est « fragilisée » par plusieurs mouvements de rébellion. « On peut entrer en contact avec eux et les utiliser comme une carte dans la négociation avec le gouvernement éthiopien. Si tout échoue, il n’y aura pas d’autre choix pour l’Égypte que d’utiliser ses services secrets pour détruire le barrage », affirme ce membre du parti Nour, qui a remporté environ 25 % de sièges au Parlement, lors des élections de la fin 2011 et début 2012.

Un autre homme politique, Ayman Nour, a proposé de distiller des rumeurs sur l’achat par l’Égypte d’avions de ravitaillement en vol, afin de suggérer qu’une attaque aérienne contre le barrage était en préparation.

Un intervenant, cité par RFI, a eu l’idée suivante : « Nous devons conclure des accords avec la Somalie, l’Érythrée et Djibouti, pour les utiliser comme bases contre l’Éthiopie, et, comme vous le savez, tout s’achète en Afrique ». « Il faut se doter de missiles de longue portée », a renchéri un autre responsable islamiste, devant le président égyptien, muet et souriant.

Source : Le Figaro, 4 juin 2013

Chirurgie réparatrice : Le salut des personnes sujettes aux becs de lièvres en Ethiopie

par Grégoire Pourtier

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En Ethiopie, on déplore des milliers de personnes sujettes aux becs de lièvres ou aux nomas, une gangrène provoquant des trous sur le visage. La vie des victimes, défigurées, en est bouleversée, et les traitements sont très difficiles. Régulièrement, des missions de chirurgiens occidentaux bénévoles viennent donc pour opérer les cas les plus délicats. Ce fut le cas la semaine dernière en Ethiopie, où le projet Harar a pu soigner plusieurs centaines de becs de lièvres et une cinquantaine de nomas, redonnant à ses patients une apparence, et donc une existence, plus agréable et moins marginale socialement.

Source : RFI, 25 mai 2013

En Ethiopie, un loup et des hommes

par Grégoire Pourtier

Loup d'Abyssinie

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Il y a une vingtaine d’années, on a découvert qu’il existait un loup en Afrique, plus précisément sur les hauts plateaux éthiopiens. Mais, on s’est aussi vite rendu compte que celui, que l’on prenait jusqu’alors pour un chacal, était en voie d’extinction. Canidé le plus rare du monde, carnivore le plus rare d’Afrique, il n’en reste que quelques centaines ; et en 2003, l’Union internationale pour la conservation de la nature a donc placé le loup d’Ethiopie sur la liste des animaux en grand danger. 10 ans plus tard, la population est restée stable, autour de 500 spécimens, mais malgré les efforts, une épidémie de rage peut toujours décimer plusieurs meutes d’un coup : encore en 2008, 70 loups sont morts en quelques semaines. Or, protéger le seul loup d’Afrique, c’est protéger tout un équilibre environnemental fragile, et donc les humains qui vivent aux alentours.

Source : RFI, 24 mai 2013

Les stars de l’athlétisme bâtissent leurs empires

Les stars éthiopiennes de l’athlétisme investissent massivement dans l’économie, en particulier dans l’immobilier. Au point que certains érigent de véritables petits empires.

Haïlé Gebreselassié, AwassaHaïlé Gebreselassié, double champion olympique du 10 000 m, possède trois immeubles à Addis Abeba. Deux de plus que Derartu Tulu, la première femme noire africaine à avoir remporté une médaille d’or olympique, en 1992. Quant à Gebregziabher Gebremariam, champion de cross-country, il est en train de faire construire le sien. Dans la capitale éthiopienne, les bâtiments poussent au fil des succès remportés par les enfants du pays qui, avec leurs rivaux kényans, dominent la course de fond mondiale depuis plus de vingt ans. Il est vrai qu’une seule victoire dans l’un des grands marathons mondiaux, avec des gains qui peuvent aller jusqu’à 200 000 dollars (environ 150 000 euros) à Dubaï, permet de se constituer une petite fortune à faire fructifier. Surtout dans un pays où 30 % des habitants vivent encore avec moins de 0,60 dollar par jour.

Pour ces sportifs souvent issus de milieux très modestes, le bâtiment reste le secteur le plus sûr pour placer des revenus aléatoires, et la vigueur du marché de l’immobilier dans la capitale leur promet de jolies plus-values. Leurs investissements ne sont cependant pas toujours guidés par la stricte rationalité économique. Ainsi la ville d’Asela, qui a vu naître nombre de grands athlètes, compte aujourd’hui presque autant d’hôtels que de champions – Derartu Tulu et Haïlé Gebreselassié en possèdent notamment un chacun. « Il y a très peu de touristes dans la région. Ces établissements servent plus à inviter leurs amis, faire plaisir à leur famille et contribuer au développement de la région qu’à être rentables », constate Sileshi Bisrat, directeur de la communication de la Fédération éthiopienne d’athlétisme. « Contrairement à ce qui se passe ailleurs, poursuit-il, nos athlètes placent leur argent au pays plutôt qu’à l’étranger. Même Maryam Yusuf Jamal, une coureuse bahreïnie d’origine éthiopienne, a choisi de faire construire à Addis Abeba. »

Secrets abyssins

La longévité de certaines carrières a en revanche donné naissance à des entreprises rentables. Ainsi le triple médaillé d’or olympique et recordman du 5 000 m et du 10 000 m Kenenisa Bekele fait construire un hôtel international à proximité de l’aéroport d’Addis Abeba. À Sululta, le lieu d’entraînement traditionnel des athlètes, sur les hauteurs de la capitale, il possède en outre un centre d’entraînement privé, avec piste d’athlétisme aux normes et chambres d’hôtel. Il cible une clientèle internationale intriguée par les secrets des coureurs abyssins.

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Un trek au secours de la forêt

par Emmanuel Leroux-Nega

En Éthiopie, dans les montagnes du Balé, une région autrefois ignorée des touristes, une association de guides touristiques locaux tente de préserver ce qui reste de la forêt en proposant des treks écoresponsables.

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Voilà, près de trois heures que l’on marche. Le souffle coupé par l’altitude, nous peinons à franchir les derniers mètres qui nous séparent du sommet. L’air est frais, mais le soleil des montagnes nous terrasse. Ayano, le guide du trek, fait un signe : c’est la pause.

Autour de nous, les sommets nus des montagnes du Balé surplombent les magnifiques forêts tropicales que l’association Bale Trek travaille à préserver. Située à 400 km au sud-est d’Addis Abeba, la capitale éthiopienne, la chaîne de montagnes s’étend sur plus de 2 000 km². Il s’agit de la plus importante étendue alpine du continent et un des derniers grands poumons verts du pays.

« Quand j’étais jeune, il n’y avait que de la forêt ici, se désole Ayano en pointant une série de champs à flanc de montagne. Les habitants utilisent le bois des arbres pour se chauffer, cuisiner, construire leurs clôtures ou le vendre au marché de la ville. »

Trek, Marche, Balé, Ethiopie, EthiopiaLes montagnes ressemblent, en effet, à un grand fromage gruyère. Séparées les unes des autres de quelques kilomètres, des clairières viennent trouer la forêt. Elles abritent des habitations isolées, huttes de terre et de paille entourées d’une sommaire clôture de bois, mais surtout des champs et des pâturages. Des familles, que la surpopulation de la vallée pousse à s’établir toujours plus haut dans la montagne, y cultivent de quoi survivre, entraînant peu à peu la disparition de la forêt.

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Israël : Une voix pour les Juifs de l’ombre

Par Lahav Harkov

Pnina Tamnou-Shata, du parti Yesh Atid, première femme députée d’origine éthiopienne.

Pnina Tamnou-ShataQuand la députée Pnina Tamnou-Shata du parti Yesh Atid, a prononcé son discours d’investiture à la Knesset, pas un œil n’est resté sec dans le plénum.

La jeune femme de 31 ans, est arrivée d’Éthiopie à l’âge de 3 ans, avec “l’opération Moïse”. Elle a évoqué ce voyage de son Éthiopie natale aux rives israéliennes, les vagues souvenirs qu’elle en a gardés, lorsque tiraillée entre espoir et désespoir, elle voyait pour la première fois les soldats de Tsahal qui leur distribuaient de l’eau et des bonbons, l’intensité avec laquelle elle priait pour que sa mère puisse les rejoindre dans le camp de réfugiés du Soudan.

« Et 28 ans plus tard, me voici debout devant vous, à la Knesset. Moi, fille d’Israël, fière d’appartenir à la magnifique communauté juive éthiopienne, femme, juive et noire, dont l’identité a été modelée par tous ces paramètres », déclarait-elle.

Un discours poignant

Debout sur l’estrade parlementaire, Tamnou-Shata a affirmé vouloir combattre, sans attendre, le racisme et les discriminations auxquels elle a dû faire face en grandissant, de pensionnats en mauvais quartiers, pour finalement arriver à grimper l’échelle sociale et devenir avocate, puis journaliste (elle a été journaliste juridique pour la chaîne israélienne Aroutz 1).

Mais la députée a aussi insisté pour que les griefs et les différends soient mis de côté. Elle souhaite se consacrer à l’amélioration du sort de toute la société israélienne, sans exception. Tamnou-Shata est fière d’avoir pu offrir son soutien aux communautés juives et groupes pro-israéliens de par le monde, fière d’avoir été l’ambassadrice de son pays au sein d’organisations comme l’”Appel unifié pour Israël” et la “Fédération juive”, en leur faisant valoir ce qu’elle appelle « le beau côté d’Israël ». Au terme de son discours, la première femme députée israélienne d’origine éthiopienne à faire son entrée à la Knesset s’est levée pour réciter le Chehe’heyanou, la bénédiction avec laquelle on remercie Dieu de nous avoir « donné la vie et assuré notre subsistance jusqu’à ce jour, et nous permet de vivre ce moment-là ».

Maintenant que le nouveau gouvernement est formé, maintenant qu’elle est membre à part entière de la coalition, Tamnou-Shata peut s’atteler à sa tâche et commencer sérieusement son travail parlementaire. Elle s’est confiée au Jérusalem Post, pour évoquer son passé, sa nouvelle vie en tant que député et ses espoirs pour l’avenir.

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