Archives du mot-clé 'Athlétisme'

L’Ethiopie en force lors d’un marathon de Jérusalem décrié

Deux Ethiopiens ont remporté vendredi les catégories homme et femme du troisième marathon de Jérusalem, auquel ont participé plus de 20 000 personnes sous l’œil d’un millier de policiers, malgré des appels au boycott de l’OLP.

Abraham Kabeto Ketla, Jerusalem, Marathon

Le parcours débutait au Parlement israélien et traversait Jérusalem-Est occupé et annexé, notamment la Vieille ville.

L’Ethiopien Abraham Kabeto Ketla s’est imposé en 2 heures 16 minutes 29 secondes, établissant un record de l’épreuve pour la deuxième année consécutive, et devançant deux coureurs kényans, selon un communiqué des organisateurs.

Chez les dames, l’Ethiopienne Mihriet Anamo, déjà victorieuse l’année dernière, l’a emporté en améliorant son temps, avec 2 heures 47 minutes 26 secondes, devant une autre Ethiopienne.

Source : RFI, 1er mars 2013

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L’Ethiopie, la piste aux étoiles

Cette année, l’Ethiopie a brillé sur les podiums mondiaux d’athlétisme. Metro est allé à la rencontre des champions de demain.

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Ils courent. Il est 6 heures du matin et ils sont tous sur le terrain. Rythme rapide puis lent, en côte ou en pente… Les coureurs passent devant des ados menant des ânes chargés de marchandises ou des ouvriers chinois sur les chantiers de construction. L’élite de l’athlétisme éthiopien s’entraîne.

« Je veux me développer et devenir célèbre, nous explique Edao Weliy après sa séance de trois heures d’entraînement matinal. Je veux améliorer mon temps, car le temps, c’est de l’argent. » D’ailleurs, Edao, timide athlète de 22 ans, avance dans ce sens : il a remporté les 10 000 mètres de Bristol et d’Oxford (Royaume-Uni).
Edao et ses coéquipiers sont membres de Running Across Borders (RAB). Cette organisation non gouvernementale a été fondée il y a trois ans par un Britannique, Malcolm Anderson, et un Américain, Garrett Ash, dans le but d’aider les athlètes éthiopiens à obtenir de bonnes conditions d’entraînement.

Pourquoi l’Ethiopie ? Car courir est ici dans les mœurs. Tout Addis Abeba court. « Les Ethiopiens ont la course dans le sang », explique Malcolm Anderson. « Ils sont ambitieux et ont des modèles de réussite. Ils sont très disciplinés. De plus, nous sommes en altitude (2 300 mètres). S’entraîner ici, c’est comme dans une chambre d’oxygène. » Gefyel Fisseha, un coureur inscrit à RAB, est plus terre-à-terre : « On court pour des raisons économiques. C’est pour cela que les Ethiopiens sont les meilleurs au monde. »

Un lien social

Certes, l’Ethiopie domine la scène mondiale de la course. Même le Kenya, pourtant habitué des podiums, ne suit pas. Et le fer de lance n’est autre que Haïlé Gebreselassié, 27 records du monde au compteur et roi sur les distances 5 000 et 10 000 mètres. Gebreselassié, qui a levé le pied cette année, est considéré comme l’un des plus grands coureurs de l’histoire. « 95 % des Ethiopiens ne deviendront pas des athlètes professionnels », avance Malcolm Anderson. « Mais ils continuent de courir car c’est un lien social. Dans beaucoup de pays, les gens se retrouvent dans un lieu de culte. Ici, ils se retrouvent sur la piste de course. »

Le gouvernement n’est pas en reste. Et la fédération sportive d’Ethiopie soutient depuis longtemps les athlètes prometteurs. Mais elle ne peut pas dénicher tous les espoirs de la piste. De plus, selon certains, seuls les sportifs étant politiquement corrects sont sélectionnés. Pour rappel, l’ONG Freedom House, qui note les avancées de la démocratie et des droits de l’homme dans le monde, l’Ethiopie n’est pas un pays “libre”.

RAB, de son côté, entraîne et loge quinze athlètes. Un salaire leur est reversé, couvrant le loyer et les dépenses courantes, en attendant qu’ils remportent des courses à l’étranger. Le but de l’organisation est d’ailleurs d’aider les athlètes à transformer leur talent en job bien rémunéré. Car le produit intérieur brut par habitant en Ethiopie est de 851 euros.

Urga Negewo, l’athlète à suivre

A l’image d’Edao Weliy, la plupart de jeunes inscrits à RAB viennent de la région Oromia et vivent seuls à Addis Abeba. Ils sont souvent colocataires. Et courir est leur métier. « Je veux être en bonne santé et gagner de l’argent, précise Gudesa Tolosa. Etre coureur est le meilleur métier qu’on puisse avoir ici. » Ce jour-là, il fêtait son anniversaire. Il estime avoir 20 ans, mais rien n’est sûr, le pays n’utilisant pas le calendrier grégorien. Son coach, Mersha Ashrat, tempère l’enthousiasme de Gudesa : « Il veut émigrer, mais ce n’est pas une bonne idée. Il devrait juste participer à des courses à l’étranger. »

Urga Negewo, 21 ans, est l’athlète le plus accompli du groupe. Il a déjà remporté le marathon de Belfast (Irlande du nord) deux fois et vise une place dans l’équipe nationale. Il est l’étoile montante de la course en Ethiopie. Mais qu’adviendra-t-il après ? « Je continuerai de courir », s’exclame Urga.

Selon le blog The Science of Sport (La Science du sport), le succès des Ethiopiens réside dans leur finish très rapide. Et pour y arriver, ils s’entraînent durement en montant et descendant sans cesse des collines. Et ils courent, toujours.

Source : Metro, 4 octobre 2012

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JO 2012 : 1 500 m dames (demi-finales) : Aregawi en patronne !

Abeba AregawiComme prévu, l’Ethiopienne Abeba Aregawi a montré qu’elle était la patronne du 1 500 m en réalisant la meilleure performance des demi-finales (4’04”55). Elle a devancé la Russe Tatyana Tomashova de 50 centièmes de seconde et repoussé la Kényane Hellen Onsando Obiri à une seconde.

Dans la seconde course , beaucoup plus lente, la Marocaine Siham Hilali s’est qualifiée en se contentant de rester dans la foulée de la Britannique Lisa Dobriskey. A la surprise générale, l’Ethiopienne Meskerem Assefa (4’15”52) et la Kényane Eunice Jepkoech Sum (4’16”95) ont été sorties.

La troisième demi-finale ressembla à un cimetière pour championnes africaines, puisque l’une des favorites de l’épreuve, l’Ethiopienne Genzebe Dibaba (4’11”15) et la Kényane Faith Chepngetich Kipyegon (4’08”78) ont également été éliminées.

Source : Star Africa, 7 août 2012

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JO 2012 : Tiki Gelana gagne le marathon sous la pluie

Ethiopie 2, Kénya 0. Après la victoire de Tirunesh Dibaba vendredi sur le 10 000 mètres, la délégation éthiopienne a de nouveau dominé le Kénya, dimanche, sur le marathon féminin des Jeux Olympiques de Londres. La victoire est revenue à Tiki Gelana, 24 ans, dominatrice sur les 42,195 km, et sous la pluie, d’une course très incertaine jusqu’au bout.

Tiki Gelana

Gelana s’impose en 2h 23 min 07 sec, avec une vingtaine de mètres d’avance sur la longue silhouette de la Kényannne Priscah Jeptoo (2h 23:12.), dimanche. La Russe Tatyana Petrova Arkhipova (2h 23:29) a complété le podium d’un marathon débloqué dans les deux derniers kilomètres. Gelana succède à la Britannique Paula Radcliffe, victorieuse à Pékin mais contrainte de renoncer à Londres, blessée.

Nièce d’un champion olympique du… marathon

A son 7ème marathon, Tiki Gelana, nièce de Gezahegne Abera, champion olympique messieurs du marathon à Sydney, en 2000, a donc continué à écrire l’histoire de son pays sur 42,195 km après qu’Abebe Bikila eut ouvert la voie, pieds nus, sous l’Arc de Constantin aux Jeux de Rome en 1960. Alors qu’aucune Ethiopienne ne s’était classée dans les 10 premières à Pékin-2008, elle apporte une revanche éclatante à son pays.

Elle est aussi la deuxième Ethiopienne à s’imposer sur la distance introduite aux Jeux en 1980 pour les dames, Fatuma Roba ayant conquis l’or en 1996 à Atlanta. « C’était mon héroïne. Je suis heureuse désormais de partager l’histoire avec elle », a ajouté la nouvelle championne olympique.

Une pluie qui fait du bien

« La pluie a rendu la course intéressante. Quand elle s’est intensifiée au départ, j’ai remercié Dieu. J’aime courir sous la pluie depuis que je suis enfant », a révélé la lauréate.

Dans ce contexte favorable pour elle, Gelana a même surmonté une glissade à mi-course, avec pour souvenir un coude égratigné. « J’avais confiance en mes possibilités et j’ai surtout essayé de ménager mes forces durant l’épreuve », a ajouté la jeune femme. Gelana avait remporté cette année le marathon de Rotterdam, établissant pour l’occasion un nouveau record national (2h 18:58.).

Les athlètes des hauts-plateaux ont imprimé leur rythme à partir du 25ème km. Pour résultat, et dans une parité parfaite, on retrouvait trois Ethiopiennes et trois Kényanes au commandement. Si Petrova Arkhipova parvenait à raccrocher le bon train, l’Ethiopienne Aselefech Mergia en était décrochée. Subissant le poids des ans (42 ans), la Roumaine Constantina Dita, surprenante championne olympique à Pékin il y a quatre ans, a été dépassée dès le départ, pour terminer 86ème à 18 min 27 sec de Gelana.

Source : RTL, 5 août 2012

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JO 2012 : Tirunesh Dibaba, star du 10 000 m

La première journée d’athlétisme à Londres a sacré une immense championne : Tirunesh Dibaba. Dans un stade comble (80 000 spectateurs) et en feu, l’Ethiopienne est devenue championne olympique du 10 000 m (30′20”75), quatre ans après son sacre à Pékin. Elle rejoint dans les annales sa cousine Derartu Tulu, la seule à avoir été elle aussi deux fois championne olympique sur la distance.

Tirunesh Dibaba

Le mano a mano entre les Kényanes et les Ethiopiennes fut magnifique. Jamais sur le podium jusqu’à présent aux JO sur 10 000 m, les Kényanes ont tout fait pour lancer leur “fusée de poche” Vivian Cheruiyot, double championne du monde, mais celle-ci n’a rien pu faire contre les 500 derniers mètres dévastateurs de Dibaba. Avant de placer son accélération, l’Ethiopienne a jeté un regard furtif et lucide au panneau géant du stade pour observer les Kényanes. Le temps de voir qu’elles peinaient, elle s’en allait pour un dernier tour à toute vitesse (62”), au terme duquel elle ajoutait une nouvelle médaille d’or à sa collection, qui en compte désormais sept (pour ne parler que de la piste) : quatre titres mondiaux et trois titres olympiques (deux fois sur 10 000 et une fois sur 5 000 m). Tout cela après une saison 2011 blanche pour cause de blessures.

Les Kényanes repartent avec les médailles d’argent, avec Sally Kipyego (30′26”37), et de bronze pour Cheruiyot (30′30”44).

Source : SwissInfo, 3 août 2012

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Kenenisa Bekele, pour l’histoire

L’Éthiopien, sur 10  000 m, peut doubler Zatopek et les plus grands.

Kenenisa Bekele

Des champions de légende, l’Éthiopie en a produit un certain nombre, dont le dernier grand s’appelait Haïlé Gebreselassié, champion aux pieds nus. À 39 ans, ayant échoué dans sa qualification pour le marathon des Jeux, le grand homme des hauts plateaux a endossé le rôle de parrain des jeunes coureurs de fond. Mais, de l’équipe d’Éthiopie, il en est un avec qui les rapports n’ont jamais été au beau fixe, Kenenisa Bekele. À 29 ans, le petit homme à l’éternel sourire discret est une légende. Rien à voir avec le charisme du géant Usain Bolt. Et pourtant, lui aussi, à Londres, peut entrer au panthéon de l’athlétisme, en décrochant samedi soir un troisième titre olympique sur 10 000 m.

«  Je ne cesse pas d’y penser  »

« Entrer dans l’histoire tient une grande place dans mon cœur », avait-il confié à Paris, il y a deux mois. « Ce n’est pas facile de décrocher trois titres aux Jeux. Si j’y parvenais, ce serait grand. Je ne cesse pas d’y penser. » Détenteur du record du monde sur 5 000 m et du 10 000 m, triple champion olympique et quintuple champion du monde sur ces deux distances, Kenenisa Bekele va tenter de reléguer dans le passé éternel quatre immenses figures de ce sport, Paavo Nurmi, Emile Zatopek, Lasse Viren et… son compatriote Haïlé Gebreselassié, qu’il avait égalées à Pékin.

La première fois qu’il battit son aîné sur 10 000 m, ce fut aux Mondiaux de Paris en 2003. Depuis, Kenenisa Bekele n’a pas perdu une seule course jusqu’en 2011. L’an passé, il a dû déclarer forfait pour les Mondiaux de Daegu en raison de blessures qui ne l’ont pas laissé en paix depuis 2009. D’aucuns le voyaient arrêter sa carrière. Il est reparti aussi fort qu’avant, claquant à Bruxelles un chrono (26′43”16) proche de son record mondial (26′17”53) : « Ce fut une course importante pour me donner confiance et la force de continuer. » Et de reconnaître qu’il avait à plusieurs reprises pensé à raccrocher : « Je reprenais parfois l’entraînement et je ressentais tellement de souffrance que je n’y croyais plus. J’étais au plus bas. Ce fut des moments très durs. »

Après Londres, quoi qu’il arrive, Bekele a « un dernier rêve », se mettre à la route, sur le marathon. Pour tenter là aussi de battre le record du monde, comme l’avait fait en son temps son aîné Haïlé Gebreselassié. « Tout le monde attendra de moi que je tente de battre ce record », détenu aujourd’hui par le Kenyan Patrick Makau Musyoki (2 h 03′38”). « J’ai toujours voulu courir plus vite que les autres. C’est mon objectif, ça l’a toujours été. »

Source : Le Figaro, 3 août 2012

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JO 2012 : Tariku et Kenenisa Bekele, les frères fondeurs

Kenenisa et Tariku Bekele, deux frères sur qui repose tout les espoirs éthiopiens de médailles au JO de Londres.

Kenenisa Bekele, Tariku Bekele

Courir en Ethiopie, c’est un peu comme jouer au football au Brésil, au rugby en Nouvelle-Zélande ou au cricket en Inde. Depuis les Jeux olympiques (JO) de Rome en 1960 et la première médaille d’or d’un coureur éthiopien, Abebe Bikila, ce pays de la Corne de l’Afrique squatte les sommets, chez les hommes comme chez les femmes. À Londres, les principaux espoirs des Ethiopiens reposeront sur un nom et deux athlètes, les frères Bekele : Kenenisa et Tariku. Après une immense déception : l’échec de Haïlé Gebreselassié à se qualifier pour ces Jeux, où il espérait effectuer son dernier tour de piste olympique. Il avait déjà quelque peu amorcé son déclin en arrivant sixième du 10 000 m aux JO de 2008 et en mai dernier, lors d’une ultime tentative pour se qualifier aux Jeux de Londres, il n’était arrivé que septième du 10 000 m de Hengelo (Pays-Bas), loin derrière Tariku Bekele, 25 ans, vainqueur de la compétition.

Malgré ce revers, Gebreselassié a toujours envie de courir (mais uniquement des marathons) et envisage de se lancer dans la politique. Détenteur de 27 records du monde (sur 5 000 m, 10 000 m, en semi-marathon et marathon) et double champion olympique sur 10 000 m (1996 et 2000), avec 39 ans au compteur et des jambes qui le portent un peu moins qu’avant, il arbore en tout cas, à l’aube de sa deuxième vie, autant de médailles qu’un général ougandais à la retraite.

Trois médailles d’or d’affilée ?

Les frères Bekele espèrent donc s’inscrire dans les pas de leur aîné. Pour Kenenisa, 30 ans, déjà triple champion olympique (sur 10 000 m en 2004, 5 000 m et 10 000 m en 2008) et plusieurs fois champion d’Afrique et du monde, l’objectif se rapproche. Même le Britannique d’origine somalienne Mohammed Farah, actuel détenteur du record d’Europe du 10 000 m, ne semble pas pouvoir rivaliser avec l’aîné des Bekele, dont l’ambition est de réussir l’exploit de remporter à Londres une troisième médaille d’or olympique d’affilée sur 10 000 m.

Tariku, de cinq ans son cadet, est encore loin du compte, même si ses résultats épousent une courbe ascendante. Champion du monde en salle du 3 000 m en 2008, sixième du 5 000 m aux JO de Pékin en 2008, il est régulièrement cité parmi les favoris des Jeux londoniens. À son âge, Gébrésélassié était déjà champion olympique.

Source : Jeune Afrique, 26 juillet 2012

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Le “grand pardon” pour Bekele et cie

La fédération éthiopienne d’athlétisme est finalement revenue sur la décision prise le week-end dernier de suspendre de toute compétition nationale et internationale trente cinq athlètes.

Kenenisa Bekele, Ethiopie, EthiopiaLa fédération éthiopienne d’athlétisme (EAF) est finalement revenue sur la décision prise le week-end dernier de suspendre de toute compétition nationale et internationale trente-cinq athlètes dont faisaient partie deux stars mondiales, Kenenisa Bekele, le triple champion olympique du 10 000 m, et Tirunesh Dibaba, la double championne olympique (5 000 et 10 000 m).

L’EAF reprochait à ces athlètes leur manque d’assiduité aux stages et compétitions organisés en Ethiopie. « A l’issue d’une réunion entre les membres de la Fédération, les athlètes concernés et leurs représentants, la fédération a décidé de lever cette suspension », a affirmé mardi soir le chef de presse de la tutelle. « Ils ont demandé pardon et expliqué avoir raté ces entraînements à cause de blessures ou d’engagements préalables. Ils ont affirmé qu’ils allaient dorénavant respecter les consignes de la Fédération ».

Fausse alerte donc pour l’élite éthiopienne et ses deux chefs de file. En réalité, l’athlétisme éthiopien dont les résultats sont en baisse, notamment lorsqu’on les compare à ceux obtenus par le voisin kenyan, n’a pas les moyens de son envie de sévérité.

Source : Star Africa, 25 janvier 2012

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Békélé privé de Jeux Olympiques ?

par François Piraux

La Fédération éthiopienne d’athlétisme vient de suspendre de toutes les compétitions nationales et internationales 35 athlètes. De nombreux champions éthiopiens sont dans cette liste dont Kenenisa Bekele. De quoi remettre sa participation aux J.O. de Londres en question ?

Kenenisa Bekele

Quand la fédération éthiopienne d’athlétisme prend des sanctions, ce n’est pas dans la demi-mesure. Elle vient effectivement de bannir 35 de ses athlètes des compétitions nationales et internationales pour une durée indéterminée. L’Ethiopie, véritable machine à produire des champions d’athlétisme vient-elle de se tirer une balle dans le pied à seulement six mois des Jeux Olympiques de Londres ? Sur son site officiel, la fédération éthiopienne invoque un non-respect de ses ordres. Plus précisément, ces 35 athlètes seraient coupables de ne pas s’entraîner dans le centre national d’athlétisme spécialement mis en place par l’Ethiopie pour préparer les J.O. de 2012. Ainsi, la fédération éthiopienne d’athlétisme ne pourrait pas superviser la préparation de ces athlètes et avoir un droit de regard sur leurs entraînements.

Des champions sous pression ?

Encore plus marquant, dans cette liste de bannis apparaissent de nombreux médaillés mondiaux. Comme le triple champion olympique Kenenisa Bekele (5 000 m en 2008, 10 000 m en 2004 et 2008), ou Tirunesh Dibaba, championne olympique du 5 000m et du 10 000m, Meselech Melkamu, vice-champion du monde du 10 000 m en 2009, et Aberu Kebede, médaillé de bronze du semi-marathon en 2009. Prononcée vendredi, cette sanction empêche donc Bekele et ses partenaires de prendre part à toutes sortes de compétitions. Encore trop tôt pour l’affirmer mais cette suspension surprenante pourrait avoir des répercussions fatales sur les ambitions olympiques de ces 35 athlètes. Une décision incompréhensible dans un des pays les plus pauvres du monde et qui n’a que pour bouffée d’oxygène les exploits de ses champions.

Source : Sport 365, 20 janvier 2012

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Voyage au cœur de l’athlétisme éthiopien (4° partie)

Haïlé Gebreselassié, du champion à l’icône nationale

par Hélène Bekmezian et Imanol Corcostegui

Le Monde.fr est allé à la découverte du miracle de l’athlétisme éthiopien et vous propose, en quatre épisodes, de suivre la foulée des champions venus d’Abyssinie. Pour ce dernier volet, un portrait d’Haïlé Gebreselassié, la plus grande vedette de l’histoire de la course de fond et personnalité la plus renommée de toute l’Ethiopie.

Haïlé Gebreselassié, Jeux Olympiques, Pékin

Devant un avion de la compagnie Ethiopian Airlines pourfendant un ciel azur, la silhouette fluette d’Haïlé Gebreselassié lancée dans une course en apesanteur. Imprimée sur un gigantesque panneau publicitaire, l’image trône sur Meskel Square, la place la plus fréquentée d’Addis Abeba. Là où d’autres métropoles auraient opté pour une construction monumentale ou pour la statue d’un personnage historique, la capitale de l’Ethiopie a choisi de mettre en avant la vedette la plus célèbre du pays et tout ce qu’elle incarne.

Sportif légendaire, entrepreneur à succès investissant dans l’économie locale (lire “Les rois du marathon, poumons du développement économique éthiopien”) et symbole d’une nation qui gagne. La pancarte est aussi un clin d’œil de l’histoire. Il y a vingt ans, bien avant ses deux médailles olympiques et ses 27 records du monde, c’est un projet financé par la compagnie aérienne nationale qui a permis au plus grand champion de l’histoire de la course de fond de lancer sa carrière.

En 1991, Haïlé, n’est qu’un sportif en herbe de 17 ans, vivant à Asela, à 200 km au sud d’Addis, lorsqu’il est sélectionné par la Fédération d’athlétisme pour profiter du matériel d’entraînement et des coaches payés par Ethiopian Airlines. Le futur double médaillé d’or du 10 000 m (à Atlanta en 1996 et à Sydney en 2000) réside alors avec ses quatre frères et ses cinq sœurs dans la minuscule ferme familiale. « Une maison de 10 m², avec un seul lit, racontait-il à CNN en 2007. Le secret de ma réussite vient de mon milieu d’origine : je ne voulais surtout pas vivre dans les mêmes conditions que lorsque j’étais enfant. »

“UNE INTELLIGENCE REMARQUABLE”

Brutalement devenu veuf, son père voit d’un très mauvais œil l’amour immodéré que le gamin nourrit pour la course, craignant que cette passion écrase l’entrain d’Haïlé à étudier et à remplir les tâches domestiques. Mais l’enfant n’en fait qu’à sa tête. La légende est bien connue : c’est à toute allure que le garçon parcourt la quinzaine de kilomètres qui sépare l’école de la maison familiale.

Expliquer les succès sportifs à venir du champion par ses seuls entraînement juvéniles est pourtant un raccourci facile. La pauvreté de l’Afrique rurale aurait au moins le mérite de produire des champions et de donner naissance à de belles histoires… Une telle analyse forcément tronquée. Coach au centre Tirunesh Dibaba d’Asela, Abiyot corrige : « Des sportifs comme Haïlé ou Bikila avant lui n’ont pas réussi uniquement parce qu’ils courent de longues distances depuis qu’ils sont petits. Il y a des entraîneurs et des clubs derrière tout ça. Et leur réussite tient surtout à leur personnalité. »

Haïlé Gebreselassié, Marathon, Berlin

Lorsqu’à 19 ans, Haïlé est envoyé à Addis Abeba par la fédération d’athlétisme, il découvre la modernité bruyante de la capitale, ainsi que de nouvelles techniques d’entraînement, que Yilma Berta, aujourd’hui coach en chef de la Fédé, se charge de lui montrer. « Il était d’une intelligence remarquable, se souvient ce dernier. Il avait la capacité, indispensable pour vite progresser, de vraiment tirer profit de chaque entraînement. Tout ce qu’on lui donnait, il le prenait. Et puis, il était très discipliné et extrêmement ambitieux. »

SOURIRE PERMANENT, GENTILLESSE IMPERTURBABLE

En 1992, à tout juste 18 ans, l’Ethiopien remporte une première médaille internationale aux championnats de cross-country de Boston. Celui que l’athlétisme mondial surnomme “Gebre” alors que, paradoxalement, toute l’Ethiopie l’appelle par son prénom, triomphe, au fil des années, sur toutes les pistes les plus prestigieuses de la planète. Au-delà des médailles et des records, la longévité de sa réussite – vainqueur des 10 km de Manchester le 16 mai dernier, Haïlé entend briller aux J.O. de Londres – fait de lui un sportif d’exception, autant que sa capacité à passer du 1500 m au marathon tout en maintenant son niveau de performance.

Autres clés de son immense popularité : son sourire permanent et sa gentillesse imperturbable, qualités que décrivent spontanément tous ceux qui ont croisé sa route. « Malgré les difficultés, il restait toujours souriant. Et il ne refusait jamais de s’entraîner. Ce champion est vraiment quelqu’un d’unique », insiste Yilma Berta. Celui qui court 42 km en 2 h 03 min 59 s – le record du monde du marathon – est devenu un modèle cité à tout bout de champ par les entraîneurs et les athlètes éthiopiens.

Championne du monde sur 1 500 m en 2008, Gelete Burka, 25 ans, avoue s’inspirer de son glorieux aîné : « Je le connais bien. C’est un grand travailleur, d’une force incroyable. Il est un exemple pour nous tous. » Une anecdote unique dans l’histoire de l’athlétisme le prouve : en 2004, aux Jeux Olympiques d’Athènes, le héros national souffre d’une blessure au tendon d’Achille. En plein milieu du 10 000 m, le champion peine à poursuivre sa course : ses compatriotes Kenenisa Bekele et Sileshi Sihine, en tête de la course, lèvent le pied pour l’attendre. Avant de repartir de plus belle en voyant les Kényans rattraper leur retard. Mais le geste prouve le respect que provoque l’icône souriante. Et a même inspiré une chanson à la plus grande star de la chanson éthiopienne, Teddy Afro.

PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ? “POURQUOI PAS”

Derrière l’aura lumineuse d’Haïlé Gebreselassié, se cache toutefois une profonde lassitude. Celle de porter un corps poids plume (1,61 m pour 53 kg) trop souvent abîmé par les blessures. Le marathonien, 38 ans, court à la manière d’un sprinteur, sur la pointe des pieds, et ses muscles et ses tendons en font les frais. Lassitude aussi de devoir assumer l’étiquette de légende vivante et les attentes d’un peuple entier, inhérentes à son statut.

Haïlé Gebreselassié, Usain Bolt

En novembre 2010, après son abandon au marathon de New York, la champion fatigué annonce la fin de sa carrière. Et il fallut tout le pouvoir de conviction du Néerlandais Jos Hermens, son agent de toujours, pour qu’il revienne sur sa décision. A une condition : « Je lui ai garanti qu’il n’y aurait plus de stupides conférences de presse, plus de sollicitations inutiles, plus d’interviews », expliquait M. Hermens au journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. D’ailleurs, malgré plusieurs tentatives, la porte du bureau d’Haïlé nous est restée fermée.

Les J.O. de Londres devraient être le dernier défi sportif de l’enfant d’Asela. Ensuite, le champion, dont l’idole absolue n’est autre que Nelson Mandela, n’exclut pas de mettre sa popularité au service de la politique. Et pourquoi pas, carrément, au sommet de l’Etat. « Si c’est possible, je ne l’exclus pas, déclarait-il au Times en février 2003. Je veux aider mon pays et j’ai l’expérience des voyages. Mais laissez-moi finir ma carrière et peut-être, si je le souhaite, apprendre les choses de la politique. » Après plus de trente ans de courses effrénées, Haïlé a désormais bien le droit de prendre son temps.

Source : Le Monde, 25 juin 2011

Voir aussi :

Voyage au cœur de l’athlétisme éthiopien (1° partie)
Voyage au cœur de l’athlétisme éthiopien (2° partie)
Voyage au cœur de l’athlétisme éthiopien (3° partie)

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