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Maji-da Abdi : « Je crois au développement rapide du cinéma éthiopien »

Le premier festival de courts métrages “Images that matter”, vient de se terminer à Addis Abeba, en Ethiopie. Interview de sa directrice, Maji-da Abdi, qui est aussi réalisatrice et productrice.

Du 14 au 19 juin dernier, s’est tenu au Théâtre national d’Addis Abeba le premier festival de courts-métrages Images that matter. Au delà de la compétition, ouverte seulement aux réalisateurs d’Afrique de l’Est, le public a pu découvrir des courts du monde entier et les étudiants participer à des workshops avec des professionnels de l’image. Une première édition réussie, parrainée par l’actrice Liya Kebede, et qui a drainé plus de 10 000 personnes.

Comment est né le festival ?

Cet événement, j’en rêve depuis longtemps ! Ces dix dernières années, j’ai passé beaucoup de temps dans les festivals du monde entier. Il y a 7 ans, mon premier film a été présenté au Fespaco, mais je me suis sentie mise à l’écart car il n’était pas francophone… Je me suis retrouvée face à un certain monde du cinéma africain, qui ne s’intéressait pas à “nous”, aux Anglophones du continent. Avec “Images that matter”, j’ai voulu faire exister une autre Afrique. Pour que le festival se tienne cette année, il y a eu la combinaison de plusieurs choses : un timing parfait pour le pays, avec un engagement nouveau du ministre de la Culture éthiopien et une demande très forte des jeunes cinéastes. Ainsi que l’aide considérable apportée par Olivier Poivre d’Arvor et CulturesFrance. J’ai été bouleversée par la foule venue le jour de l’inauguration, alors qu’on est en pleine Coupe du monde. Il y a un vrai désir. Et puis, ce festival, c’est une histoire d’amour, grâce à des amis venus soutenir une vision, comme le réalisateur franco-marocain Daoud Aoulad Syad (le président du jury), la professeure éthio-américaine Salem Mekuria ou la monteuse tunisienne Nadia Ben Rachid. Ça rend l’aventure encore plus belle !

Quels sont ses objectifs ?

Montrer la production éthiopienne bien sûr, avec l’idée d’imposer ce rendez-vous annuellement pour dynamiser la production de films, comme le Fespaco l’a fait pour l’ Afrique de l’Ouest. A terme, j’espère pouvoir créer un marché du court-métrage ici. Mais c’est aussi important de montrer aux Ethiopiens ce qui se fait ailleurs, c’est pourquoi nous avons projeté des sélections de grands festivals comme Clermont-Ferrand, Tarifa, Melbourne, Sao Paulo… Les objectifs principaux étaient la rencontre, l’échange et ça a fonctionné ! Il y a aussi eu toute une partie formation car il n’y a pas vraiment de cursus cinéma en Ethiopie. Nous avons donc organisé des workshops pour donner aux jeunes cinéastes le goût de la formation et les motiver en leur montrant qu’ils peuvent s’améliorer avec peu de moyens. On a dû faire un choix drastique car on a reçu environ 100 demandes pour chaque classe ! Il y a une énergie folle ici, beaucoup de talent et de courage.

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Un jeune réalisateur éthiopien primé au festival de courts d’Addis Abeba

Le jeune réalisateur éthiopien Towfik Hussen a reçu samedi soir le premier prix du premier festival international de courts métrages d’Addis Abeba, pour son film Gareta. Le film raconte l’histoire de quatre petits camarades passionnés de football, terrorisés par un vieux gardien qui les empêche de jouer, jusqu’au jour où ils transportent la petite cahute de tôle dans laquelle il dort dans un cimetière.

Le Prix Dabol (lionceau en amharique) a été remis à M. Towfik par l’ex-top model d’origine somalienne Waris Dirié. Le prix du jury, présidé par le réalisateur marocain Daoud Aoulad Syad, a été decerné à la jeune Efrata Getachew pour son film A mother’s death is her rest, et le prix du public est revenu à la Britannique Charlotte Metcalf pour Welcome to womanhood.

Ce festival de courts métrages, une première en Afrique, au cours duquel plus d’une centaine d’œuvres ont été projetées en cinq jours, a été organisé par l’association “Images that matter”, dirigée par Maji-Da Abdi. Le festival vise à développer la production cinématographique en Afrique de l’Est mais aussi à augmenter le niveau d’éveil des jeunes Africains par le cinéma, selon les organisateurs.

Pour le réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako, « très peu de films se font en Afrique, et la production est quasiment inexistante à part quelques pays comme l’Egypte, le Maroc, l’Afrique du Sud ou le Nigeria ».

En Ethiopie, « les films produits localement dominent le marché des cinémas depuis deux ans », se félicite le vice-président de l’association des producteurs de films éthiopiens, Thomas Getachew. « Le nombre de spectateurs des films éthiopiens est passé de moins de 200 000 il y a sept ans à environ 2,7 millions », et « l’année dernière, 75 films ont été produits (en Ethiopie) et projetés contre seulement 194 au cours des six années précédentes », a-t-il ajouté.

Principalement financé par l’agence CultureFrance, et par les ambassades de France et d’Espagne en Ethiopie, ce festival proposait aussi une dizaine d’ateliers de formation pour les réalisateurs éthiopiens.

“Images that matter” a noué des partenariats avec le Festival de Cannes et avec les festivals de courts métrages de Melbourne, Sao Paulo et Clermont-Ferrand.

Source : Comme au cinéma, 20 juin 2010

Voir aussi :

L’Éthiopie initie son premier festival international de courts métrages
Premier festival international de court métrage du 14 au 19 juin à Addis Abeba
Maji-da Abdi : « Je crois au développement rapide du cinéma éthiopien »
Site du festival “Images that matter”

Premier festival international de court métrage du 14 au 19 juin à Addis Abeba

La capitale éthiopienne, Addis Abeba abritera son premier festival international de court-métrage du 14 au 19 juin à l’initiative de l’Association “Images that matter” (Des images qui comptent).

Cet évènement cinématographique sera marqué par la projection de 100 courts-métrage et l’organisation d’une compétition destinée aux réalisateurs des pays de l’Afrique de l’Est à savoir l’Ethiopie, le Kenya, Tanzanie, Ouganda, Somalie, Erythrée, Djibouti, Soudan, Rwanda et le Burundi.

La compétition récompensera le meilleur court métrage d’Afrique de l’Est, avec comme prix un stage de dix jours à Trouville (France), où se tient le Festival Off Courts.

Tourné vers les cinéastes professionnels, le festival impulsera des ateliers avec la participation des différents acteurs de la production cinématographique (producteurs, metteurs en scène, éditeurs, scripteurs…),

Ce festival sera organisé en partenariat avec l’Agence Culture France, opérateur du ministère français des Affaires étrangères au service de son action culturelle extérieure.

Source : Casafree, 13 juin 2010

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L’Éthiopie initie son premier festival international de courts métrages

Entretien de Claire Diao avec Maji-Da Abdi

Le Festival de Clermont-Ferrand est l’occasion pour de nombreux professionnels du cinéma de découvrir des courts-métrages mais aussi de créer de nouveaux partenariats. Parmi ceux-ci figurent Images That Matter International Short Film Festival (ITMSFF), premier festival international de court-métrage lancé en Afrique. Sur une durée de quatre ou cinq jours, cet évènement cinématographique dont l’ouverture est prévue pour le 26 avril 2010 au Théâtre National d’Addis Abeba, mélangera courts-métrages reconnus ou méconnus sous-titrés en amharique. Une première dans ce pays où les films étrangers ont moins de succès que les productions locales. Tourné vers les jeunes cinéastes éthiopiens, le festival impulsera des ateliers avec des professionnels du cinéma ainsi qu’une compétition destinée aux réalisateurs de courts-métrages éthiopiens. Rencontre avec la réalisatrice et productrice Maji-Da Abdi à l’origine de cet ambitieux projet.

Vous préparez le premier festival international de court-métrage en Afrique, à Addis Abeba. Quelle est votre implication dans le milieu du cinéma éthiopien ?

J’ai commencé comme journaliste avant de produire des documentaires sur des thèmes engagés de réalisateurs de différentes nationalités. J’ai aussi réalisé un documentaire sur la guerre (The river that divides, 2001) et produit un court-métrage de fiction de 26 min (The father d’Ermias Woldeamlak, 2000) qui m’a permis de participer à des festivals, pour la première fois d’ailleurs. De là, j’ai produit des longs-métrages avec mon partenaire et mari Abderrahmane Sissako. Je travaille surtout sur ses films mais aussi sur d’autres projets que nous produisons via la société de production que nous avons en France (Chinguitty Films). En Éthiopie, j’ai deux amours : la production et surtout la formation. J’essaie de voir comment booster ce pays qui est en train de s’ouvrir au monde par rapport au cinéma. À cause du communisme, le pays a été fermé très longtemps et n’a commencé à s’ouvrir que dans les années 1990. Maintenant, beaucoup de jeunes veulent faire des films mais ils ne sont pas conscients qu’il y a des festivals partout et ils ne savent pas comment les contacter. L’année passée, par exemple, j’ai aidé six jeunes à aller à Ouagadougou pour participer au FESPACO et suivre une formation dans l’école Imagine de Gaston Kaboré. Ils en sont revenus grandis et je me suis dit « si un petit séjour peut faire un grand changement, peut-être que si l’on organise un festival chez nous, cela nous aidera davantage ». Les jeunes cinéastes éthiopiens sont très demandeurs, ils ont une envie folle de faire des films. J’étais étonnée de voir qu’une jeune universitaire pouvait mettre tout son argent pour faire son film et qu’il sorte en salle, qu’elle se batte pour ça ! Voilà une énergie à encourager.

Quel est l’impact en Éthiopie de films comme Menged (de Daniel Taye Workou, 2005) ou Teza (de Haïlé Gerima, 2008) qui ont été couronnés internationalement ?

Menged et Teza sont un peu des exceptions par rapport à ce qui existe à Addis Abeba. Comme vous le savez, Teza a été réalisé par Haïlé Gerima qui habite aux États-Unis et qui a été éduqué là-bas. Menged a été réalisé par mon cher ami Daniel Taye qui est à moitié allemand. Il a fait une école de cinéma à l’étranger et a longtemps vécu en France et ailleurs. Ces deux réalisateurs sont donc plutôt dans l'”arène internationale”. Tandis que ceux que j’essaie d’influencer vivent en Éthiopie où il n’y a pas d’école de cinéma mais où ils se débrouillent par-ci, par-là, pour se former. Ils n’ont aucune connexion avec l’extérieur et ne savent pas comment sortir, comment apprendre et découvrir des films étrangers. Les films qu’ils voient sont plutôt, comme partout, des films commerciaux américains. C’est justement pour créer un pont entre les cinéastes d’Éthiopie et les Haïlé ou les Daniel du monde entier que je crée ce festival.

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