Archives du mot-clé 'Insécurité alimentaire'

Le début de la faim

Véritable plaie du pays dans les années 1970-1980, la famine menace à nouveau quelque 15 millions de personnes.

Dolo Odo, Camp, Ethiopie, Ethiopia

D’ici à 2030, on ne parlera plus de malnutrition en Éthiopie. En tout cas, c’est ce que promet Addis Abeba. Mi-juillet, le gouvernement a même consigné son engagement dans la Déclaration de Sekota, rendue publique dans cette ville du nord du pays, principal foyer de la famine dans les années 1980. « Nous avons pris les dispositions nécessaires pour améliorer la nutrition infantile et les conditions sanitaires dans les zones sensibles », jure un conseiller au ministère de l’Agriculture. Mais silence radio ou presque lorsqu’il s’agit de mesurer l’impact de la menace que fait peser aujourd’hui El Niño sur le pays.

Ce phénomène climatique, causé par le réchauffement de l’océan Pacifique, risque en effet d’accentuer la sécheresse et de provoquer de fortes pluies suivies d’inondations, selon les Nations unies. Mettant notamment en péril les récoltes. « On en est conscients et on y travaille », se contente de lâcher le conseiller. Le sujet dérange, à l’évidence. En 1974, l’empereur Haïlé Selassié était tombé après que la population ait protesté contre son incapacité à lutter contre la famine sévissant dans l’ancienne région de Wollo.

La menace d’une crise alimentaire plane toujours au-dessus du pays, telle une épée de Damoclès

Quatre décennies plus tard, malgré tous les efforts entrepris ces dernières années et un taux de croissance à deux chiffres, la menace d’une crise alimentaire plane toujours au-dessus du pays, telle une épée de Damoclès. À en croire le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), « plus de 3 millions d’enfants dans 198 woredas » sur les quelque 500 districts que compte l’Éthiopie sont déjà victimes d’El Niño.

Dans les régions concernées (Afar et Somali principalement), « les familles ne parviennent plus à subvenir aux besoins alimentaires, et encore moins à envoyer leurs enfants à l’école », rapporte l’Ocha. Des ONG sur place tirent la sonnette d’alarme : 15 millions d’Éthiopiens risquent d’être frappés de famine ! Selon elles, il faudrait au moins 411 millions de dollars pour répondre aux besoins urgents (alimentation, santé, éducation…) dans les six prochains mois.

Source : Jeune Afrique, 19 octobre 2015

En Éthiopie, des services de santé protègent de la malnutrition les enfants touchés par la sécheresse

par Indrias Getachew

Malnutrition, Enfants, Sécheresse, Dispensaires, Ethiopie, EthiopiaDans le village de Korre Rogicha, Shilime Erbo, mère célibataire de deux enfants, est assise à l’extérieur de sa case, réfléchissant à l’avenir de sa famille.

L’économie agricole de Korre Rogicha dépend de deux saisons annuelles de pluies. Les fortes pluies “kiremt” se produisent normalement de juin à septembre et sont à l’origine de l’essentiel des récoltes. Les petites pluies “belg”, de février à avril ou mai, produisent des récoltes plus faibles et aident les agriculteurs pendant la période de soudure.

Mais cette année, les petites pluies sont en retard. La famille de Shilime Erbo espérait que la récolte de maïs les aiderait à attendre les pluies kiremt mais la récolte ne s’est pas produite. Le retard des pluies aggrave leur situation déjà précaire ; la sécheresse de 2011 a laissé leur ménage sans réserve alimentaire. « Il n’y pas eu de récolte l’an dernier », dit-elle. « Nous avons replanté cette année mais les plants sont petits et je ne sais pas s’ils arriveront à maturité ».

Présence vitale des agents sanitaires de proximité

Shilime Erbo essaye de compléter le revenu familial en travaillant comme journalière mais le travail est rare et ses employeurs payent souvent avec retard. Par conséquent, ses enfants ont perdu du poids. Sa fille, Shegitu Tule, 18 mois, a commencé à souffrir de sous-alimentation sévère. « Quand je l’ai vue si malade, je ne savais pas quoi faire. Je pensais qu’elle allait mourir », dit Shilime Erbo.

Elle a amené Shegitu au dispensaire du village où les agents sanitaires de proximité, qui sont formés avec l’appui de l’UNICEF, offrent une alimentation thérapeutique de jour aux enfants malnutris.

Worke Bati Julati est l’une des deux agents sanitaires de proximité du dispensaire de Korre Rogicha. Elle fait partie des 34 000 agents sanitaires de proximité rétribués par le gouvernement qui ont été déployés dans 15 000 dispensaires de village à travers tout le pays pour apporter un ensemble intégré de prestations en matière de santé, de nutrition, d’assainissement et d’hygiène.

« Shegitu était une enfant très malade quand elle est venue me voir », dit Worke Bati Julati. Shegitu a été placée sous un régime d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (RUTF). Une semaine après, l’état de la petite fille s’est considérablement amélioré.

Renforcement de la résilience dans les zones rurales

« Avant le démarrage du programme d’alimentation thérapeutique de jour, la malnutrition sévissait à Korre Rogicha et beaucoup d’enfants mouraient », dit Worke Bati Julati. Mais aujourd’hui, les enfants survivent.

« Nous avons commencé à donner des RUTF en 2009 », dit-elle. « Avant cela, les familles devaient aller jusqu’au dispensaire de Fajee Gole [à deux heures à pied d’ici] et beaucoup d’enfants mouraient. Mais après la mise en place du dispensaire, le changement a été énorme ».

Tout cela entre dans le cadre d’une stratégie destinée à renforcer la résilience chez les habitants des zones rurales qui représentent plus de 80 % de la population éthiopienne.

Les femmes bénévoles sélectionnées par la communauté pour assurer le suivi de la santé des familles vivant dans le secteur sont également un élément central de cette stratégie. Elles ont été formées pour dépister les enfants malades et souffrant de malnutrition et les orienter vers le dispensaire pour une évaluation et un traitement. Cela a permis des consultations rapides, prévenant ainsi la malnutrition sévère, le retard de croissance et diverses conséquences indésirables.

« Avant, les enfants étaient dans une très mauvaise condition », dit Worke Bati Julati. « Mais à présent, il y a une forte amélioration. Et la raison est que, chaque semaine, ils reçoivent les RUTF. Ceux-ci sont si efficaces qu’à présent, ils ne meurent plus. Au cours des quatre dernières années, beaucoup de vies d’enfants ont été sauvées ».

Les agents sanitaires de proximité offrent aussi un ensemble intégré de services comprenant la vaccination contre des maladies comme la rougeole et la pneumonie ; le suivi de la croissance pour les enfants de moins de deux ans ; l’administration de suppléments de vitamine A et de comprimés vermifuges. Ils encouragent aussi le lavage des mains avec du savon et l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie.

À pied d’œuvre pour empêcher une catastrophe

Alors qu’une nouvelle sécheresse menace, le nombre d’enfants souffrant de malnutrition modérée est en augmentation à Korre Rogicha. « Je redoute une augmentation du nombre de cas de malnutrition », dit Worke Bati Julati.

Les agents sanitaires, avec le gouvernement et les partenaires, sont à pied d’œuvre pour empêcher ceci d’arriver.

Le nombre de centres offrant des services thérapeutiques de jour est passé de 500, en 2008, à plus de 10 000 aujourd’hui. Cette augmentation de moyens – aux côtés du Programme de filet de sécurité productif (PSNP), le programme du gouvernement vivres/nourriture contre travail pour les districts touchés par l’insécurité alimentaire – assure que les communautés vulnérables pourront surmonter les épreuves.

Le gouvernement et ses partenaires de développement veillent aussi à ce que les agriculteurs soient capables de renouveler leurs semences pour la saison agricole kiremt.

En attendant, Shilime Erbo est soulagée de voir sa fille se rétablir. « Mon souhait est que les enfants survivent et atteignent l’âge adulte », dit-elle.

Voir un reportage sur ce sujet (en anglais) :

Source : UNICEF, 3 juillet 2012

Les faibles précipitations nécessitent une nouvelle aide alimentaire rapide

Les organisations humanitaires demandent de l’aide alimentaire supplémentaire dans les régions du sud et du nord-est de l’Ethiopie où la récolte de mi-février à mai a beaucoup souffert des précipitations irrégulières pendant le Belg (saison des pluies courtes).

« Nous avons une grave pénurie de nourriture dans la plupart des régions qui dépendent de la saison belg, notamment la région Peuples du Sud » a déclaré Mike McDonagh, directeur du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) en Ethiopie.

D’autres zones du nord-est du pays sont concernées, dans les régions Amhara, Oromia et Tigré.

La récolte belg, qui représente jusqu’à 40 % de la production alimentaire annuelle dans certaines régions, devrait diminuer en 2012. Ceci est dû au retard des précipitations entre mi-février et mai. Ces pluies sont tombées avec deux à huit semaines de retard et sont restées en dessous des prévisions.

« La situation est préoccupante et surveillée de près » a indiqué Judith Schuler, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) en Ethiopie, ajoutant que le nombre de personnes touchées par l’insécurité alimentaire pourrait augmenter.

Actuellement, il y aurait 3,2 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire en Ethiopie, soit moins que le pic de 4,5 millions atteint lors de la sécheresse de la Corne de l’Afrique en 2011. Ces chiffres doivent être actualisés à la mi-juillet.

Le PAM a besoin de 183 millions de dollars d’ici à la fin 2012 pour secourir 2,5 millions des 3,2 millions de personnes nécessitant une aide alimentaire d’urgence.

La situation dans la région Peuples du Sud, frontalière du Kenya et du Soudan du Sud, est particulièrement préoccupante.

La récolte belg représente dans cette région 35 à 40 % de la production. Les cultures racines, principalement des patates douces, représentent à elles seules 50 % de la récolte dans certains secteurs. Or, selon les dernières analyses (en mai) d’alerte précoce et de réponse du gouvernement, cette longue période de sécheresse a eu des conséquences désastreuses sur les récoltes et a également touché d’autres cultures comme les haricots, les pommes de terre et le maïs qui devaient combler le déficit alimentaire entre mars et juin.

Les organisations humanitaires ont déclaré qu’une période de récupération insuffisante après la sécheresse de 2011 pourrait aggraver la situation des ménages vulnérables dont les avoirs et autres stratégies de survie se révèlent insuffisants.

Augmentation de la malnutrition

« Le nombre de personnes atteintes de malnutrition est déjà en train d’augmenter », a indiqué M. McDonagh (OCHA).

Selon OCHA, pour la seule région Peuples du Sud, près de 90 000 enfants, femmes enceintes ou allaitant leur enfant sont relativement malnutris à présent, et ce chiffre augmente.

« Le mois de mars a été pire que février, avril a été pire que mars et nous prévoyons que mai sera pire qu’avril », a déclaré M. McDonagh. « Cela empire pendant un certain temps et ensuite, peut-être vers juillet août… cela pourrait diminuer de nouveau ».

« Nous avons besoin de rations alimentaires générales, ce que nous appelons des secours alimentaires. Nous avons besoin de plus de compléments alimentaires, ainsi que de nourriture thérapeutique. Nous avons également besoin d’autres éléments tels que des semences. »

Selon l’Unité de coordination de nutrition d’urgence du ministère de l’agriculture, il y a une augmentation du nombre d’enfants atteints de malnutrition sévère au sein des programmes d’alimentation thérapeutique, cette augmentation étant plus forte et plus avancée qu’en 2011.

Ainsi, les admissions à ces programmes ont augmenté de 15,3 % de janvier à février, et de 27 % de plus de février à mars. Les chiffres de mars à avril ne sont pas disponibles.

Selon Mitiku Kassa, ministre d’état de l’Agriculture, les ministères de l’agriculture et de la santé suivent la situation de près en matière d’insécurité alimentaire.

« L’irrégularité des saisons des pluies résultant [de] problèmes de [ce] type n’est pas quelque chose de nouveau pour nous », a ajouté Mitiku. « Nous avons connu la même situation l’année dernière et l’année d’avant et, jusqu’à présent, nous arrivons à gérer le problème… Le pays dispose de suffisamment de ressources et de mécanismes sur place pour faire face cette fois, cependant. »

Source : IRIN, 31 mai 2012

La femme est l’avenir de l’homme éthiopien

par Annette Lévy-Willard

Comment ça va, les Ethiopiennes ? Un peu mieux. L’ONU et le Programme alimentaire mondial s’appuient maintenant sur elles pour lutter contre la famine et la pauvreté. Rencontres avec Sahra, Hamdi, Lete, Fretsumbirhan…

Femmes, Women, Ethiopie, Ethiopia

Pas drôle d’être un paysan en Ethiopie ou un réfugié somalien, mais on sait qu’il y a plus terrible : être leur femme. Encore qu’il vaille mieux être une femme qu’un âne – l’Ethiopie détient le record du nombre d’ânes au monde après la Chine – qu’on frappe sans cesse à coups de bâton et de pied pour qu’il avance en traînant une charrette surchargée. D’ailleurs, comme partout, c’est l’homme qui conduit la bagnole (la charrette).

Reçu ce matin un mail de Paris : « C’est comment le 8 mars en Afrique ? » Bien sûr, la Journée internationale de la femme, comment avais-je pu oublier ? Nous sommes dans le campement fortifié de l’ONU et du Programme alimentaire mondial (PAM) à Dolo Ado, dans le sud du pays, à la frontière avec la Somalie. Impossible de téléphoner dans ce lieu hérissé de barbelés et de murs de protection contre les attentats terroristes des shebab, les islamistes somaliens associés à Al-Qaeda. Mais le wi-fi a été installé, on peut surfer sur Internet, tout en regardant le soir Al-Jezira avec les travailleurs de l’humanitaire.

C’est ici qu’est installé le QG de l’aide internationale qui, avec le gouvernement éthiopien, fait fonctionner les camps de Dolo Ado où vivent 150 000 réfugiés somaliens. L’été dernier, fuyant la sécheresse exceptionnelle, et la guerre, ils étaient 2 000 à franchir chaque jour le pont minuscule au-dessus de la rivière polluée qui sépare, sans aucun signe ou barrière, Dolo Ado Somalie de Dolo Ado Ethiopie. Nous en voyons encore quelques centaines passer sur ce pont sous le regard indifférent d’un soldat qui les fouille vaguement pour vérifier qu’ils ne cachent pas d’armes. Fouille facile : à part le précieux bidon jaune, vital pour avoir un peu d’eau, ils n’ont rien. Le traditionnel bout de bois pour marcher, parfois un sac en plastique.

Lire la suite…

Un collectif d’artistes se mobilise
pour la Corne de l’Afrique !

Plus de 60 artistes de la scène française et internationale enregistrent un single au profit de la lutte contre la crise nutritionnelle et alimentaire dramatique qui frappe 4 pays de la Corne de l’Afrique (Somalie, Ethiopie, Kenya, Djibouti), et dont les premières victimes sont les enfants… “Paris-Africa : à l’unisson pour les enfants !”

Le sort des enfants dans plusieurs régions de la Corne de l’Afrique n’a pas laissé indifférent Roberto Ciurleo, ancien directeur des programmes de NRJ et actuel patron du réseau Goom Radio sur internet : à son initiative, et en partenariat avec France Télévisions sous la responsabilité de Nathalie André (Directrice de l’Unité Jeux et Divertissements de France 2), une chanson a été proposée à plus d’une soixantaine d’artistes… Ils ont répondu présent pour exprimer symboliquement leur solidarité.

« Je veux pas l’aumône. Je veux pas déranger. Mais juste un peu d’eau. Pour faire des ricochets, pour faire des ricochets, pour faire des ricochets »… C’est le refrain de la chanson “Des Ricochets”, écrite par Lionel Florence, Patrice Guirao et Frédéric Chateau, est en cours d’enregistrement, depuis le début du mois de septembre à Paris, par les artistes qui collaborent à ce single qui sortira en octobre, et dont les bénéfices seront entièrement reversés à l’Unicef, pour ses programmes d’aide aux enfants en Somalie, en Ethiopie, au Kenya et à Djibouti.

Une deuxième phase d’enregistrement

D’autres artistes se sont joints à cette mobilisation, en enregistrant leurs voix pour le single mi-septembre à Paris.

Quant à lui, Youssou N’dour, ambassadeur de l’Unicef, s’est rendu dernièrement dans un camp de réfugiés somaliens au Kenya, le chanteur a appelé à une mobilisation massive en faveur des enfants de la Corne de l’Afrique. « Je trouve cela inacceptable que des enfants soient confrontés à une telle tragédie », a-t-il témoigné sur place. « Chacun de nous a un rôle à jouer dans la réponse à cette urgence, nous devons faire le maximum pour que ce drame ne se reproduise pas. Je suis certain que les agences humanitaires font tout ce qu’elles peuvent pour venir en aide rapidement aux enfants dans le besoin. Nous devons faire tout notre possible pour que chaque enfant dans le besoin bénéficie de l’aide et de la protection nécessaires ».

Un single, puis un double-album et un clip…

La chanson “Les Ricochets” sera complétée fin octobre par un double-album, compilation de morceaux des différents artistes baptisée “Paris-Africa, à l’unisson pour les enfants”, ainsi que par un clip.

>>Téléchargez le single “Des Ricochets”<<

Voir aussi :

Les stars unies contre cette “Putain de Famine”

Les stars unies contre cette “Putain de Famine”

“Putain de Famine”, c’est le cri que lancent les stars pour alerter sur la famine qui s’abat sur la Corne de l’Afrique.

La famine continue encore et toujours de ravager la Corne de l’Afrique. La Somalie, L’Ethiopie, le Kenya et Djibouti sont touchés par une sécheresse sans précédent qui entraîne maladie, famine et une crise humanitaire abominable.

Depuis plusieurs semaines, les stars se sont mobilisées et 50 Cent par exemple a proposé une solution en lançant une boisson énergétique. Mais ce n’est pas suffisant !

Il est du devoir de chacun d’agir, et c’est le message qu’essaie de faire passer ONE, une organisation non gouvernementale co-fondée par Bono, qui compte 2,5 millions de membres et dont le but est d’éveiller les consciences sur la situation en Afrique.

Pour toucher le plus grand nombre, ONE a lancé une campagne publicitaire réunissant des stars internationales et des stars françaises, qui dénoncent la situation. “The F Word : Famine is the Real Obscenity” ou “Putain de Famine” sont les deux spots qui tournent en boucle sur la toile.

Ils réunissent Bono, Colin Farrell, Jessica Alba, Joe Jonas, Annie Lennox, Clive Owen ou encore Kristin Davis.

Dans la version française on retrouve Vincent Cassel, Sophie Marceau, Yvan Attal, Frédéric Diefenthal, le chanteur Féfé, Yann Arthus-Bertrand et même les marionnettes de PPD et de Chirac de chez Les Guignols. Mais aussi des artistes internationaux qui s’expriment en français comme Youssou N’Dour, Annie Lennox, Ewan McGregor pour dire stop à la famine.

Ces images ont été volontairement mises sur la toile précisément un mois avant la réunion du G20, qui se tiendra à Cannes les 3 et 4 novembre prochains. L’association ONE entend ainsi mobiliser l’opinion publique afin de pousser les dirigeants, qui se rencontrent bientôt sur la côte d’Azur, à agir d’urgence ! Pour cela il est possible de signer la pétition, car comme le précise la fin du spot “Nous ne demandons pas votre argent mais votre voix”.

Visionner le spot en français :

Visionner le spot en anglais :

>>> Signer la pétition <<<

Des pois chiches pour nourrir la Corne de l’Afrique

Un partenariat public-privé envisage d’accroître la production de pois chiches en Ethiopie, aujourd’hui confrontée à une des pires famines de son histoire.

Pois chiches, Chickpeas

Le projet “Enterprise EthioPEA” a été lancé lors d’une conférence de l’Initiative mondiale Clinton organisée à New York par l’ancien président Bill Clinton, en collaboration avec l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), le Programme alimentaire mondial (PAM), la compagnie PepsiCo et la Fondation PepsiCo. Le projet vise à doubler la production actuelle de 200 000 tonnes de pois chiches de l’Ethiopie avec des semences de meilleure qualité, des techniques agricoles améliorées et une bonne irrigation pour 10 000 agriculteurs.

Avec une moyenne de 22 % de protéines, les pois chiches constituent une alternative nutritionnelle à la viande, permettant de réduire les maladies artérielles coronariennes et le diabète. Ces aliments supplémentaires seront distribués à 40 000 enfants éthiopiens âgés de 6 à 23 mois. Cela permettra également au PAM d’augmenter ses capacités d’aide alimentaire pour assister ceux qui sont le plus dans le besoin. A plus long terme, tous les partenaires étendront le programme afin de prévenir la malnutrition dans toute la Corne de l’Afrique. L’initiative profitera également de l’expertise agricole de PepsiCo et de l’USAID pour développer de nouveaux marchés intérieur et à l’exportation en améliorant la chaîne d’approvisionnement. « Les produits à base de pois chiches constituent un élément essentiel d’une stratégie visant à construire un commerce mondial de la nutrition de 30 milliards de dollars d’ici à 2020 », indique un communiqué de PepsiCo.

« Ce partenariat unique illustre les solutions que nous avons mises au point en nous fondant sur les réalités du marché et en combinant nos ressources afin de produire un effet durable de réduction de la faim et de la pauvreté, particulièrement essentielle au vu de la crise dans la Corne de l’Afrique », se félicite Rajiv Shah, un administrateur de l’USAID. Pour PepsiCo, l’investissement dans Enterprise EthioPEA entre dans le cadre d’une stratégie mondiale pour jouer le rôle de chef de file dans l’agriculture durable. « Nous sommes heureux de pouvoir combiner des réseaux locaux puissants, le savoir-faire qui a fait ses preuves dans l’aide au développement et les connaissances solides de l’industrie pour contribuer à la création de nouveaux marchés nationaux et d’exportations alimentaires », se réjouit Indra Nooyi, la PDG de PepsiCo. « Cette initiative aura un effet positif sur les revenus des agriculteurs locaux et sur la situation grave de la Corne de l’Afrique, et créera de nouvelles possibilités d’affaires pour PepsiCo. »

Source : L’Usine nouvelle, 29 septembre 2011

Crise alimentaire et surpopulation

par Gaëlle Laleix

Ecouter le reportage

L’Ethiopie affronte en ce moment une grave crise alimentaire, comme le reste de la Corne de l’Afrique. Près de 4,5 millions de personnes auraient besoin d’assistance selon le gouvernement. Les autorités locales et les ONG s’organisent pour distribuer de la nourriture dans le sud et l’est du pays, notamment en dans les régions Somali et Oromia, qui sont les plus touchées. Mais cela soigne les symptômes sans soigner la maladie, dont l’une des causes est notamment la surpopulation. Le taux de natalité éthiopien est d’environ six enfants par femme, c’est trop.

Source : RFI, 29 août 2011

Le sud de l’Ethiopie touché par la “sécheresse verte”

par Gaëlle Laleix

Ecouter le reportage

« Les pluies existent, mais sont capricieuses. C’est la sécheresse verte. »

En Ethiopie, la crise alimentaire se poursuit. Près de 4,5 millions de personnes ont désormais besoin d’assistance. Dans une région du sud éthiopien, l’une des neuf du pays, la saisons des pluies, irrégulière ou décalée dans le temps a perturbé les récoltes ou fortement endommagé les cultures. Les lieux, très peuplés, font face à une paradoxale “sécheresse verte” : alors que le paysage y est vert et luxuriant, il n’y a quasiment pas de récolte. Une répétition de la crise de 2008 dans cette partie de l’Ethiopie.

Source : RFI, 14 août 2011

Voir aussi :

Dans le sud de l’Ethiopie, la malédiction de la “sécheresse verte”

Dans le sud de l’Ethiopie, la malédiction de la “sécheresse verte”

par Jenny Vaughan

Enfants, Children, Malnutrition, Shebedino, Ethiopie, EthiopiaShundure Tekamo est confrontée à un insupportable dilemme : rester avec son nourrisson souffrant de malnutrition dans ce centre de santé du sud de l’Ethiopie ou retourner chez elle pour trouver de quoi nourrir ces cinq autres enfants.

« Je n’arrive pas à réfléchir ; tout ce que je veux c’est sauver mon enfant », explique cette jeune mère, debout aux côtés de son fils Berhanu, alité. « Mais en même temps, je m’inquiète parce que j’ai laissé mes autres enfants » chez moi, ajoute-t-elle désemparée.

C’est la seconde fois depuis décembre que Berhanu est admis dans ce centre de santé de Shebedino, à 225 km au sud de la capitale Addis Abeba, son état se détériorant en raison du manque chronique de nourriture.

Dans la région Peuples du Sud, une des neuf régions administratives du pays, une succession de saisons des pluies irrégulières ou décalées a entraîné de très faibles récoltes ou endommagé les cultures, provoquant de très graves pénuries alimentaires.

Cette région, densément peuplée, fait face à une “sécheresse verte” : tandis que le paysage y apparaît vert et luxuriant, les récoltes sont quasi-inexistantes. Une répétition de 2008 dans cette partie du pays.

Plus de 250 000 personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence dans cette partie du sud de l’Ethiopie selon le gouvernement, un nombre sûrement trois fois supérieur selon les organisations humanitaires présentes sur place.

« Les principales causes d’insécurité alimentaire sont la sécheresse récurrente, la pression démographique et la dégradation des sols », explique à l’AFP le coordinateur de la région pour la sécurité alimentaire, Getachew Lemma.

Selon les Nations unies, quelque 4,5 millions d’Ethiopiens nécessitent une assistance humanitaire en raison de cette sécheresse qui affecte environ 12 millions de personnes en Afrique de l’Est. A Shebedino, leur nombre ne cesse de progresser.

Malnutrition, Shebedino, Ethiopie, Ethiopia« Le taux de malnutrition augmente », assure Daniel Legisso, qui travaille pour le gouvernement sur la sécurité alimentaire dans le sud de l’Ethiopie. Selon lui, le taux de malnutrition des enfants a progressé de 5 % depuis mai. « La situation actuelle est très tendue par rapport aux années précédentes », ajoute-t-il.

Melcamu Tilahun, modeste agriculteur, ne saurait le contredire : son maïs a séché sur pied en raison de faibles précipitations et trois de ses quatre enfants souffrent de malnutrition. « Cette année, je n’ai même pas de quoi nourrir ma famille pour trois semaines », déplore-t-il.

Ce père de famille envisage même d’abandonner l’agriculture pour ouvrir un petit commerce. « Si je peux obtenir un prêt et changer de boulot, je pourrai nourrir ma famille », espère-t-il.

Le gouvernement a lancé un programme pour apprendre aux mères de famille à reconnaître les symptômes de la malnutrition.

De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) est engagé dans une opération de plus longue haleine (cinq ans), où les bénéficiaires reçoivent de l’argent et de la nourriture en échange de leur labeur dans les champs. Un des responsables de ce programme du PAM, Yohannes Desta, met toutefois en avant la nécessité d’investir dans des projets d’irrigation et dans un meilleur accès aux engrais pour aider durablement les fermiers locaux.

Mais pour ceux dont la survie est en jeu actuellement, à l’image de Shundure et de son bébé, l’aide humanitaire d’urgence demeure la priorité. « Je n’ai pas de nourriture pour mes enfants chez moi. Je n’ai même pas de lait à leur offrir », se désole-t-elle.

Source : AFP, 10 août 2011

Voir aussi :

Le sud de l’Ethiopie touché par la “sécheresse verte”

Suivant »

web development