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En Éthiopie, les pèlerins de l’Aïd

Deux fois par an, des dizaines de milliers d’Oromos, une ethnie éthiopienne, se rendent sur la tombe de Cheikh Hussein. Un lieu saint à la croisée de l’islam et des croyances africaines.

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La canne de bois tournoie au-dessus des têtes. Entre deux moulinets de son bâton fourchu dénommé oule, le derviche cheikh Hassan tonne au milieu des fidèles sagement assis sur les six gradins de terre battue soutenus par des murets de pierre. Face à eux, un modeste parvis conduit au mausolée de Cheikh Hussein. Subjugués, ils sont plusieurs centaines à écouter les harangues de ce prédicateur au visage cuivré, éclairé par des yeux vifs qui encadrent un nez aquilin en surplomb d’une bouche à la dentition hasardeuse. La foule des pèlerins applaudit, reprend les incantations, répète les slogans au signal de cet homme sec comme un coup de trique, étrangement coiffé de perles de couleur enchevêtrées dans sa tignasse. Ici et là, des mains se tendent avec un billet de quelques birrs, la monnaie éthiopienne. Le derviche saisit l’argent et postillonne dans le visage de chaque donateur en signe de bénédiction. Sur ces hauts plateaux désertiques, ni la chaleur de plomb ni les orages soudains de la saison des pluies ne dissuadent le pèlerin. Rôtir sous un soleil brûlant ou patauger dans la boue sont le prix à payer pour s’attirer les faveurs du saint inhumé à quelques dizaines de mètres, sous un dôme couvert d’une chaux tellement immaculée qu’elle éblouit le regard.

Figure musulmane du 13ème siècle, Cheikh Hussein fut le premier missionnaire à quitter les côtes pour islamiser les populations dans les profondeurs de l’Ethiopie. Les Oromos, ethnie la plus nombreuse d’Ethiopie – 26 millions, soit environ un tiers de la population totale -, lui prêtent non seulement une grande sagesse mais ils lui attribuent également toutes sortes de miracles qui ont donné naissance au culte. Les incantations, les suppliques et les vœux que les pèlerins lui adressent trahissent des origines préislamiques. Par une sorte de syncrétisme, les Oromos prient le saint pour écarter les esprits et se gagner les faveurs de Waq, la divinité que leurs ancêtres adoraient avant de se convertir, à parts égales, à l’islam ou au christianisme. Dans Le Dragon de Cheik Hussen, Henry de Monfreid évoque une légende toute africaine : l’histoire d’un prince tyrannique transformé en serpent avant d’être pétrifié dans une grotte. Les pèlerins les plus courageux descendent effectivement dans une sorte de canyon, à une bonne demi-heure de marche du village, par un sentier escarpé. Là, ils font halte devant deux grottes. Dans la première, d’où jaillit une source, se trouve un pilier rocheux que les dévots appellent “serpent”. Plus bas, une cavité plus vaste aurait abrité Cheikh Hussein lorsqu’il méditait.

Deux fois par an, le village de Cheikh Hussein accueille des dizaines de milliers d’Oromos venus vénérer le saint. Un premier pèlerinage a lieu en début d’année – autour de janvier-février – pour célébrer sa naissance. L’autre se tient au moment de l’Aïd el-Kébir, la fête du sacrifice. Cette année, elle tombait le 15 octobre. Pendant trois jours, cette petite bourgade démunie (elle n’est pas raccordée au réseau électrique) se mue en un gigantesque bivouac. Selon le chef de la sécurité de la région, plus de 700 cars bondés ont convoyé des pèlerins venus de toute l’Ethiopie, voire de Djibouti, d’Erythrée, d’Ouganda et de Somalie. Au bas mot, 35 000 âmes. S’y ajoutent les milliers de courageux, de dévots attachés à la tradition, ou de désargentés venus à pied, à cheval, à dos d’âne. Ceux qui ont pris le car d’Addis Abeba ont mis trois jours pour arriver. Ceux qui ne sont pas motorisés ont parfois dû marcher un mois avant d’apercevoir le dôme blanc… C’est que la route qui conduit aux sanctuaires n’est pas de tout repos. Pour la plupart des pèlerins, il a fallu franchir l’imposant massif des monts Balé, qui dépassent les 4000 mètres, avant de redescendre à travers des plateaux volcaniques plantés de céréales à perte de vue. Cols pentus, pistes boueuses criblées d’ornières, routes défoncées par les rivières en crue n’ont pas facilité le voyage. Pas plus que les moteurs essoufflés des autocars cacochymes qu’il faut réparer en rase campagne.

Avant d’effectuer le circuit rituel, les pèlerins s’installent. Lestés de leurs ballots, de quelques branches de bois de chauffage et de pauvres couvertures, ils organisent leurs bivouacs en famille – la polygamie multiplie les enfants – et entre gens du même village. Selon la coutume, on doit offrir l’hospitalité aux porteurs du oule. Les locaux les accueillent donc sur un bout de leur terrain. Parfois, ils leur concèdent un semblant de toit.

Plongés dans l’obscurité, les fidèles prient des heures durant

Le “sacrifice” est indolore : chaque pèlerin, selon ses moyens, fait des offrandes à plusieurs reprises pendant son séjour. De l’argent mais aussi du bétail (moutons, chèvres, bœufs, chevaux, dromadaires…). Et cette abondance est redistribuée aux autochtones par le chef du village, Cheikh Kadir, réputé descendant en ligne directe de Cheikh Hussein.

A peine installés, les arrivants dévalent la rue principale qui conduit tout droit au mausolée. Quelques pas avant le porche, ils ôtent leurs chaussures. Des pèlerins s’allongent à plat ventre à même le sol et restent ainsi de longues minutes. D’autres se plaquent contre le mur d’enceinte en écartant les bras. D’autres encore posent leurs lèvres sur les piliers, collent une joue contre la chaux, caressent la grossière maçonnerie.

Pourtant, c’est à l’intérieur du dôme que le culte prend toute sa ferveur. Deux portes, des trappes d’un mètre de haut, conduisent à la tombe de Cheikh Hussein. Il y fait noir comme dans un four. En avançant à tâtons, on n’arrête pas de trébucher sur des gens couchés à même la terre battue contre le tombeau. Ils saisissent de la poussière à pleines poignées, se maculent le visage avec, puis avalent ce qu’il reste. Prostrés, ils peuvent demeurer là des heures durant à prier Cheikh Hussein afin qu’il leur accorde une bonne récolte, une terre à cultiver, la naissance d’un enfant, une guérison, etc.

Aveuglés par la lumière du jour, le visage blanchi, les pèlerins ressortent du tombeau avec une expression béate. Coiffée d’un châle bleu et vêtue d’une robe imprimée sur fond rouge, Baysa Hussein, 55 ans, sourit de toutes ses dents. Dans sa main, elle tient un sachet de plastique qu’elle a rempli de terre du tombeau. Son mari, Gabyo Abdou, 75 ans, porte un jerricane jaune. A la sortie du tombeau, ils se dirigent vers l’étang couvert d’une couche d’algues vert vif pour y puiser l’eau zamzam (sacrée). L’eau et la terre rapportées du lieu saint les mettront à l’abri du malheur. Ils viennent à Cheikh Hussein deux fois par an : trois jours aller, trois jours retour et six jours sur place. « Il a exaucé tout ce que nous lui avons demandé, dit Baysa Hussein. Il a même guéri la stérilité d’une de nos filles. »

Une fois prières collectives et dévotions accomplies, les pèlerins regagnent leurs bivouacs en longeant les étals des marchands accourus pour l’événement. Un véritable souk s’organise autour de la rue principale. On y vend nourriture, vêtements, encens, bric-à-brac de cuisine. Mais le produit numéro un n’est pas un bien de première nécessité. C’est du khat. Toute la journée, une noria de motocyclettes, de chevaux et de dromadaires livrent des centaines de kilos de bottes de couleur verte. Partout, assis en groupes, hommes ou femmes, les pèlerins dépouillent ces branches pour en mâcher les feuilles les plus tendres. Drogue de la Corne de l’Afrique à laquelle on prête des vertus stimulantes, le khat a pris une place considérable en Ethiopie, au point de supplanter la culture du caféier dans certaines régions. A Cheikh Hussein, sa rumination occupe les longues soirées du pèlerinage.

A la fois grand ordonnateur de l’événement et chef du village, Cheikh Kadir, 62 ans, supervise campements, prières et offrandes. Haute stature, silhouette élancée, élégamment vêtu, il déambule autour du sanctuaire avec une canne de bois. Les passants lui baisent les mains pour témoigner le respect dû au descendant du saint. « Cheikh Hussein est là pour tous, explique son lointain rejeton. Pas seulement pour les musulmans : des chrétiens, des animistes viennent ici lui demander son aide. C’était un sage et un grand savant. Il a appris aux Oromos ce qui est haram (péché) et halal (licite).» Le khat est-il halal? « Il fait partie du culte, répond Cheikh Kadir. Là où Cheikh Hussein faisait sa prière, se trouvait un arbuste de khat. Et il a dit à chacun que ses feuilles étaient bonnes parce qu’elles calment. »

C’est à Cheikh Kadir qu’il revient d’animer le point d’orgue du pèlerinage: il conduit la grande prière de l’Aïd. Les dizaines de milliers de pèlerins se réunissent dans un champ à l’entrée du village, face à l’école primaire. Là, en rangs serrés, hommes devant, habillés en blanc, femmes derrière, vêtues de tenues colorées, ils prient tous Allah et son prophète Mahomet. L’espace de quelques heures, ce Cheikh Hussein aux pouvoirs miraculeux passe au second plan. Les Oromos retrouvent l’islam de tous les musulmans du monde. Pourtant, une fois retournés dans les campements, quand ils se regroupent autour du mouton grillé, de lentes mélopées s’élèvent du feu de camp. Les pèlerins chantent les louanges de… Cheikh Hussein.

Source : Le Figaro, 15 novembre 2013

La communauté musulmane manifeste contre la répression policière

En Ethiopie, des musulmans se sont rassemblés hier dimanche 15 juillet, autour de la grande mosquée du quartier de Mercato, au cœur d’Addis Abeba. Ils protestaient contre les violences policières intervenues vendredi, lors d’un rassemblement pacifique. Les forces de police éthiopiennes avaient forcé l’entrée de la mosquée d’Awalia pour empêcher la préparation d’une réunion, puis des heurts s’en étaient suivis dans cinq quartiers différents. Au total 72 personnes ont été arrêtées, six policiers et une dizaine de manifestants blessés. Au cœur de ces protestations, la demande par la communauté musulmane de mettre un terme à l’ingérence du gouvernement éthiopien dans l’élection des dirigeants religieux musulmans.

Cela fait huit mois que le vendredi, des centaines de musulmans se réunissent pour exprimer leur mécontentement. Ils veulent un nouveau “majlis”, le Conseil des musulmans, car ils estiment que l’actuel a été imposé par le pouvoir.

La constitution éthiopienne garantit la liberté de culte. Mais tout le monde ne serait pas logé à la même enseigne. Les manifestants reprochent notamment au gouvernement de soutenir l’idéologie Ahbash. Il s’agit d’une organisation religieuse musulmane fondée au Liban, parfois controversée pour ses positions anti-salafistes et son pluralisme religieux. Le gouvernement éthiopien, de son côté, nie toute ingérence et reproche aux communautés musulmanes éthiopiennes de protéger des extrémistes.

L’Ethiopie est un pays majoritairement chrétien orthodoxe dans une Corne de l’Afrique majoritairement musulmane. 34 % des 85 millions d’habitants sont pourtant musulmans, alors que l’orthodoxie perd du terrain. Une tendance que le gouvernement ne souhaiterait pas voir perdurer. En avril déjà, quatre personnes ont été tuées à Asasa, dans la région Oromia, lors d’une manifestation contre l’emprisonnement d’un prêcheur musulman.

Source : RFI, 16 juillet 2012

La mixité religieuse comme stratégie politique :
La dynastie des Māmmadoč du Wollo, du milieu du 18ème siècle au début du 20ème siècle

par Éloi Ficquet

La région du Wollo, en Éthiopie centrale, fut dominée entre la fin du 18ème siècle et le début du 20ème siècle par une dynastie de chefs musulmans, portant le titre d’imām et appelés Māmmadoč. Ils se distinguèrent par leurs faits d’armes dans les conflits entre les pouvoirs régionaux caractéristiques de la période désignée comme “Ére des princes” (fin 18ème-mi-19ème). Les rares sources historiques publiées relatives à cette période décrivent les imām Māmmadoč comme des musulmans fanatiques orientés vers la destruction des souverainetés chrétiennes voisines. Cependant, ces représentations peuvent être mises en perspective par des données inédites recueillies dans les années 1840 par le voyageur Arnauld d’Abbadie, auprès d’un informateur du Wollo qui semble avoir vécu dans l’entourage de ces imām. L’histoire de cette dynastie, telle qu’elle est relatée par les notes de d’Abbadie, révèle que ces imām ont entretenu des relations très ambivalentes entre les appartenances religieuses. À chaque génération, ou presque, on observe en effet que ces potentats musulmans qui étaient très fortement engagés dans la défense et dans la diffusion de leur foi, entretenaient des liens étroits avec la religion chrétienne, souvent concrétisés par des alliances matrimoniales. La plupart de ces imām étaient de mère chrétienne et vécurent parmi leurs collatéraux une enfance chrétienne, avant de retourner à l’islam et d’avoir à leur tour des épouses chrétiennes. Ce schéma d’alliances interreligieuses est unique par le fait de sa répétition sur plusieurs générations. De cette façon, les imām Māmmadoč semblent avoir été les précurseurs de pratiques de mixité matrimoniale et de conversion réversible qui sont plus tard devenus la norme au Wollo.

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Source : Afriques, n°1 (printemps 2010)

Aid Al Adha, un grand jour de dévotion et de convivialité familiale

par Hicham El Alaoui

La communauté musulmane en Ethiopie se prépare dans un climat de dévotion et de purification pour célébrer l’Aïd Al Adha, une occasion pour chaque fidèle de renouveler sa foi en Dieu, d’être meilleur en faisant valoir l’esprit de générosité et de renforcer les liens familiaux loin de toute divergence conflictuelle.

L’annonce du jour de l’Aïd Al Adha en Ethiopie, qui coïncide les dates de toutes les fêtes religieuses avec l’Arabie Saoudite, est un moment de joie, de partage et de fraternité pour les musulmans de ce pays estimés à plus de 32 millions de personnes.

Célébrée le 10ème jour du mois de Doul Hijja, la fête de l’immolation commémore le sacrifice par le prophète Sidna Ibrahim d’un bélier, dont Dieu a décidé qu’il compensait le sacrifice qu’Ibrahim projetait, sur ordre du Très Haut, de son fils Sidna Ismaïl .

A l’instar des autres pays musulmans, l’Ethiopie met à la disposition des musulmans un nombre suffisant d’ovins, de bovins et de caprins pour accomplir le rituel de l’immolation.

Pays à vocation agricole et d’élevage, l’Ethiopie détient 15 % du cheptel africain se situant ainsi au neuvième rang mondial. Pour 75 millions d’habitants, on comptabilise environ 31 millions de bovins, 20 millions de moutons, 15 millions de chèvres, 6 millions de chevaux et d’ânes et plus d’un million de dromadaires.

La veille de l’Aïd, le bêlement des moutons résonne dans les quartiers et les grandes villes se transforment en un souk pour bétail. Des parkings, lieux inhabités et impasses servent d’espaces de vente pour les commerçants d’ovins.

Cependant, les Ethiopiens éprouvent des difficultés pour acheter le mouton de l’Aïd du fait de leur situation matérielle qui ne leur permet pas de se procurer ce “luxe du mouton”.

L’Ethiopie est l’un des pays les plus pauvres au monde dans la mesure où près de 77 % de la population vivent avec moins de 2 dollars par jour.

La matinée du jour d’Al Aïd, des centaines de milliers de fidèles, parés de leurs plus beaux habits, se rendent au lieu de la prière, habituellement au Stade d’Addis Abeba, dans une atmosphère de recueillement et de piété en glorifiant la grandeur d’Allah.

Après l’accomplissement du rituel de l’immolation, les pères de famille, accompagnés de leurs enfants effectuent des visites familiales, un moment très attendu des enfants puisque c’est l’occasion pour eux de porter leurs nouveaux habits et leurs nouvelles chaussures.

L’Aïd Al Adha est du reste beaucoup plus qu’un simple événement religieux. C’est aussi une grande fête familiale et sociale, et à l’instar de toute fête, elle est synonyme de rencontre, de joie, de partage et de fraternité.

Fête du partage et de solidarité, l’Aid Al Adha dans le monde musulman en général et en Ethiopie en particulier traduit parfaitement le sens de l’entraide entre personnes qui est une nécessité impérieuse permettant de créer des liens aussi bien spirituels que sociaux avec tous les êtres humains qu’ils soient musulmans ou non dans cette terre de tolérance religieuse et de pluralisme culturel et ethnique.

Rappelons à cet égard que l’Ethiopie avait constitué un refuge pour les compagnons du prophète Sidna Mohammed (Paix et Salut soient sur Lui) qui fuyant l’oppression, la torture et les supplices y avaient séjourné près de 15 ans sous la protection de son Roi Najachi (Negus en langue éthiopienne, l’Amharique).

“Terre de vérité”, comme l’a qualifié le Prophète Sidna Mohamed dans son Hadith, Habasha a abrité une centaine de compagnons du Prophète dont le retour avait été effectué jusqu’après la victoire des musulmans à la bataille de Khaybar.

Source : Casafree, 26 novembre 2009

Une économie salafie de la prière dans la région du Balé en Éthiopie

par Terje Østebø

Cet article est consacré aux processus de transformation religieuse et au développement d’une économie de la prière salafie dans la localité de Balé en Éthiopie. En observant l’évolution de ce mouvement des années 1960 à nos jours, l’article révèle la corrélation existant entre la poursuite de la réforme religieuse d’une part et la modification des structures socio-économiques et l’émergence de nouveaux schémas d’échanges translocaux d’autre part. Partant d’une description de l’économie de la prière traditionnelle en pays oromo, il étudie l’incidence de la mutation des structures socio-économiques sur ces pratiques. Il se penche aussi sur la fragmentation du salafisme à Balé et sur l’émergence du mouvement Ahl al-Sounna.

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Source : Afrique contemporaine, n°231 (2009)

Trois personnes tuées pendant la construction d’une église

Trois personnes ont été tuées et six autres blessées par la police appelée à empêcher la construction d’une église sur un site revendiqué par des musulmans en Ethiopie, a annoncé mercredi un porte-parole du gouvernement.

Des chrétiens orthodoxes s’en sont pris à la police mardi dans la région de Dessié, à 250 km au nord-est d’Addis Abeba, alors qu’elle tentait d’arrêter la construction de l’édifice.

Les chrétiens « ont envahi le site et commencé à apporter des matériaux pour poursuivre illégalement la construction », a indiqué le porte-parole, Bereket Simon. « Malheureusement, il y a eu trois morts : deux par balles et le troisième tombé d’une falaise », a-t-il précisé.

En 2007, environ 12 personnes sont mortes dans des conflits religieux en Ethiopie. Selon Bereket, une « recrudescence des actions » pour provoquer des incidents à caractère religieux a été enregistrée ces derniers mois dans le pays.

Source : La Croix, 1er juillet 2009

Des musulmans éthiopiens célèbrent le Maouloud

Des millions de musulmans éthiopiens, célèbrent ce lundi le 1 484ème anniversaire du Prophète Mohamed, communément appelé “Maouloud”.

Une cérémonie spéciale de prière a lieu à la mosquée Anwar, où des milliers de musulmans se sont réunis pour des séances de prières.

Le président du Conseil suprême des affaires islamiques de l’Ethiopie, Sheik Ahmedin Sheik Abdulahi Chello, a déclaré que le fidèle doit célébrer ce jour saint en aidant les personnes défavorisées et en maintenant la culture du respect mutuel et de la fraternité entre les peuples.

Il a appelé les fidèles éthiopiens à jouer un rôle de premier plan dans la réduction de la pauvreté et à assurer le développement global dans l’ensemble du pays.

Les musulmans éthiopiens constituent 33,9 % de la population du pays estimée à 77 millions d’habitants, selon le recensement de 2008.

L’islam est présent en Ethiopie depuis des siècles et accueille la première mosquée d’Afrique, Al Negashi, située dans la région Tigré. L’Ethiopie envisage d’inscrire cette mosquée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Source : Agence de Presse Africaine, 9 mars 2009

Musulmans et chrétiens orthodoxes d’Ethiopie à l’unisson pour célébrer leur foi

par Mamadou Ndiaye

Les musulmans et les chrétiens orthodoxes d’Ethiopie sont sortis massivement pour la prière du vendredi pour les uns et la célébration, pour les autres, de l’ange Saint Urael, auquel ils vouent une adoration sans borne, a constaté APA dans les grandes artères d’Addis Abeba.

Vêtus de blanc et d’habits traditionnels, femmes et hommes d’obédience orthodoxe ont organisé d’impressionnantes processions, à une cadence soutenue, en direction de l’église Saint Urael, unique lieu de prière de rayonnement national pour cette communauté forte de 34 millions d’adeptes en Ethiopie.

Urael, guide intemporel, est perçu par les Ethiopiens orthodoxes comme le grand pont les reliant à Dieu.

Le 22 de chaque mois du calendrier éthiopien donne lieu à cette célébration spécialement dédiée à Saint Urael qui permet aux orthodoxes d’offrir des présents à l’église, en signe de bénédictions souhaitées ou de reconnaissance à leur bienfaiteur.

Vieille terre de foi, l’Ethiopie abrite les vestiges des premiers lieux de cultes, à l’image de la mosquée d’Al Negashi, la première à être construite en terre africaine, dans la région Tigré, au nord du pays.

Les musulmans, au nombre de 25 millions, selon des données recoupées par APA, se montrent assidus à la prière du vendredi pour manifester leur solidarité active à l’endroit des moins nantis tout au long de cette journée.

Celle-ci commence chez eux par des lectures du Livre saint, le Coran, suivies d’offrandes et d’aumônes avant de se conclure, pour certains, par des visites de personnes âgées ou malades.

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Le pays veut inscrire la première mosquée d’Afrique au patrimoine mondial

L’Ethiopie a lancé une série d’activités pour que la première mosquée d’Afrique -Al Negashi-, également dénommée “seconde Mecque” devienne, dans les toutes prochaines années, une grande destination touristique et un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le ministre éthiopien de la Culture et du Tourisme, Mahamuda Ahimed Gaas, a déclaré qu’il allait initier d’autres activités pour faire de la mosquée et de la ville du Roi Ahmed Negashi, situées dans la région Tigré à environ 900 km au nord d’Addis Abeba, une destination touristique.

Le ministre a expliqué que le travail de conception pour la construction d’un centre est en cours, pour faire de la zone une destination touristique. Un complexe comprenant un hôtel moderne, une université islamique, ainsi qu’un institut de recherches, verra bientôt le jour, a confié le ministre à une radio locale.

La mosquée porte le nom d’un roi éthiopien qui avait accueilli des réfugiés musulmans, il y a de cela environ 1 400 ans.

Cette mosquée est considérée comme un symbole de la bonne coexistence entre les religions en Ethiopie. Cette action du Roi avait permis au Prophète Mohamed d’affirmer que l’Ethiopie était un pays de fraternité et de solidarité. Le centre dispose déjà d’un terrain de 110 000 m2 pour la construction des diverses installations.

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L’Ethiopie, terre de la première mosquée d’Afrique

L’Islam est une histoire millénaire en Ethiopie, la terre estampillée par le monde islamique comme le sanctuaire des premiers disciples arabes du Prophète Mohammed, qui avaient fui la persécution qui sévissait sur leur propre sol.

La mosquée d’Al Negashi, la première d’Afrique, située à Wukro, dans le nord du pays, est aujourd’hui un symbole du séjour mohammadien et de la tolérance religieuse en Ethiopie.

Les musulmans éthiopiens célèbrent, le 18 janvier dans la mosquée d’Al Negashi, l’Achoura, un jour saint qui suit l’Aid El Kebir ou fête de la Tabaski.

Cette mosquée porte le nom du roi éthiopien, Negus Armah, qui accueillit les réfugiés musulmans il y a quelque 1 400 ans.

Cette mosquée, symbole de la coexistence religieuse, est en passe de devenir un site touristique.

Ces musulmans fuyaient la tribu Kuraich, alors au pouvoir à la Mecque, qui avait envoyé des émissaires pour les ramener en Arabie, mais le Négus les protégea.

Le Prophète lui-même ordonna à ses disciples venus d’Ethiopie de respecter et de protéger les Ethiopiens, ainsi que de vivre en paix avec les chrétiens éthiopiens.

En 615, l’épouse et cousine de Mahomet se réfugia à Axoum, la ville historique éthiopienne, avec plusieurs de ces disciples.

L’Islam est la deuxième religion en Ethiopie après le christianisme, selon les statistiques officielles.

La plupart des musulmans éthiopiens sont des sunnites, membres de la plus importante confrérie de l’Islam.

La foi et les pratiques des musulmans d’Ethiopie sont incarnées par le Coran et la Sunna (Tradition du prophète), mais le pays abrite également des confréries soufies.

A l’instar du Soudan et de la Somalie voisins, plusieurs communautés musulmanes d’Ethiopie sont associées à l’ordre soufi mais n’en sont pas nécessairement membres.

Source : Jeune Afrique, 20 février 2008

Voir aussi :

Le pays veut inscrire la première mosquée d’Afrique au patrimoine mondial
Musulmans et chrétiens orthodoxes d’Ethiopie à l’unisson pour célébrer leur foi

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