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Marathon de Rome : Gena l’emporte après un sprint pieds nus

L’Ethiopien Siraj Gena a remporté le marathon de Rome dimanche, après avoir sprinté pieds nus à l’approche de l’arrivée où il a distancé deux autres de ses compatriotes.

Gena a enlevé ses chaussures à 500 mètres de l’arrivée et pris le meilleur sur Benson Barus et Nixon Machichim pour s’imposer en 2 heures 8 minutes 39 secondes.

Gena a ainsi voulu rendre hommage à son compatriote Abebe Bikila, vainqueur du marathon olympique à Rome en 1960 après avoir couru pieds nus les 42,195 kilomètres de l’épreuve.

« J’ai pensé que je devais faire quelque chose pour rendre hommage à Bikila », a déclaré Gena à l’agence ANSA. « Pour moi, il a été une énorme source d’inspiration et j’ai voulu ressentir ce qu’il avait fait en franchissant la ligne pieds nus ».

Benson Barus a fini en 2:09.00, Nixon Machichim en 2:09.08.

Dans la course dames, l’Ethiopienne Firehiwot Dado a devancé deux autres compatriotes en 2 heures 25 minutes 28 secondes.

Kebebush Haïlé a fini deuxième en 2:25.31 et Mare Dibaba troisième en 2:25.38.

Source : Le Nouvel Obs, 21 mars 2010

L’Ethiopie célèbre le 114ème anniversaire de la débâcle des italiens

L’Ethiopie a célébré mardi le 114ème anniversaire de sa victoire contre l’Italie qui tentaient de coloniser ce pays d’Afrique de l’est.

Cet anniversaire appelé également “Journée de la liberté de l’Afrique” est célébrée chaque année, pour marquer la défaite des Italiens face à l’armée éthiopienne, dirigée alors par l’Empereur Ménélik II, lors de la fameuse bataille d’Adwa en 1896.

Cette journée a été célébrée avec faste à Addis Abeba sur la Place Ménélik, en présence d’un public nombreux et d’officiels gouvernementaux.

S’exprimant à cette occasion, le président de la Chambre des représentants, l’ambassadeur Teshome Toga a encouragé la jeunesse à saisir cette opportunité pour s’engager davantage pour le développement du pays. Il a estimé que la génération actuelle devrait chercher à sortir le pays de la pauvreté et de son retard, tout comme leurs ancêtres avaient préservé la souveraineté de cette nation.

Le président de l’Association nationale des patriotes éthiopiens, Astatke Abate a déclaré pour sa part que la jeunesse devrait engager et gagner la guerre contre la pauvreté.

Adwa est une ville de la région Tigré. Le 1er mars 1896, elle a été le théâtre d’une bataille décisive entre les troupes éthiopiennes et italiennes, qui s’est soldée par la déroute de l’envahisseur italien.

Source : Agence de Presse Africaine, 1er mars 2010

L’obélisque d’Axoum, rendu par l’Italie, sur le point d’être de nouveau érigé

La dernière phase des travaux de réinstallation du célèbre obélisque d’Axoum, stèle géante datée du 3ème-4ème siècle après J.-C. et emmenée par les troupes de l’Italie mussolinienne en 1937, a débuté mercredi à son emplacement d’origine.

« Les ingénieurs sont arrivés aujourd’hui (mercredi) et ont terminé leurs travaux de vérification. Le premier bloc sera posé sur ses fondations demain à l’aide de grues et de câbles », a déclaré Nada Al Hassan, qui supervise l’opération pour l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Après avoir été démonté en trois tronçons en janvier 2005 à Rome, l’obélisque, de plus de 150 tonnes et de 24 mètres de haut, a été ramené en Ethiopie en avril 2005, près de 70 ans après avoir été emporté en Italie en 1937, lors de la conquête de l’Ethiopie par les troupes mussoliniennes.

Il gisait alors au sol, brisé en trois morceaux durant une attaque des musulmans au 16ème siècle, près d’un obélisque quasiment identique, toujours intact sur le site.

« C’est un édifice très délicat et nous essayons d’éviter tout écueil. Le deuxième et le troisième bloc devraient être réinstallés au milieu et à la fin du mois de juillet mais l’inauguration se tiendra le 10 septembre de cette année », a ajouté Mme Al Hassan.

L’obélisque avait été emmené à Naples dans un premier temps puis installé à la demande de Benito Mussolini à Rome devant le ministère des Colonies.

Depuis son enlèvement par les Italiens, Addis Abeba n’avait cessé de réclamer la restitution de cet important vestige historique, témoignage de la grandeur passée de la civilisation d’Axoum qui, du 3ème siècle avant J.-C. au 8ème siècle, a rayonné dans toute la Corne de l’Afrique.

La ville d’Axoum, inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1980, était la capitale de ce royaume connu pour son commerce de tissus, d’encens et de bijoux.

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L’obélisque d’Axoum restitué par l’Italie

par Elio Comarin

Le premier élément de l’obélisque d’Axoum, dérobé par les troupes mussoliniennes en 1937, est arrivé à Axoum par avion ce mardi.

Le gardien de la plaine des obélisques d’Axoum, Atobrhane Gebrewaad, espère que le retour de la stèle attirera de nombreux touristes.

Après soixante ans de vaines promesses italiennes et de longues querelles diplomatiques, le fameux obélisque d’Axoum quitte enfin Rome pour rentrer en Ethiopie et retrouver ainsi la place qu’il n’aurait jamais du quitter. En 1937, le dictateur italien Benito Mussolini avait voulu célébrer à sa manière le quinzième anniversaire de la “marche sur Rome” des chemises noires fascistes, par le vol du principal symbole de l’histoire et de l’identité du royaume pré-chrétien d’Axoum, qu’il a fait placer devant le ministère des Colonies (devenu ensuite le siège de la FAO), et célébrer ainsi son éphémère “empire africain”.

La stèle haute de 25 mètres a dû être coupée en trois morceaux, pour pouvoir être transportée par avion jusqu’à Axoum. Le premier segment a quitté lundi soir Rome, à bord d’un avion cargo Antonov (An-124) – loué en Ukraine – pour atterrir tôt le lendemain matin sur le petit terrain d’aviation d’Axoum, qui ne dispose même pas d’une couverture radar. Ainsi le plus grand avion du monde – il mesure 69,1 m, peut transporter jusqu’à 120 tonnes et dispose d’une autonomie d’environ 5 000 km – a pu effectuer la première rotation Rome-Axoum, apparemment sans encombre. Dans l’indifférence totale des Italiens mais pour la plus grande satisfaction des Éthiopiens, à commencer par le Premier ministre Meles Zenawi, lui-même originaire de la ville voisine d’Adua, symbole de la plus grande victoire remportée en 1896 par une armée africaine contre les envahisseurs italiens.

« L’obélisque appartient à notre héritage, il fait partie de nous », a expliqué la semaine dernière Ledtu Ayalew, porte-parole d’un mouvement d’opposition, la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD). Quant au gouverneur de la région Tigré, il a fait savoir il y a quelques jours que des milliers de personnes se dirigeaient déjà vers Axoum, la capitale historique du royaume, afin d’accueillir dignement la stèle enfin restituée. Avant même que le premier élément de l’obélisque n’ait quitté Rome. Une façon de forcer quelque peu la main au gouvernement de Silvio Berlusconi, qui récemment s’est montré très réticent à restituer une stèle que ses prédécesseurs ont mille fois promis de remettre à son légitime propriétaire ?

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La stèle éthiopienne de Rome : Objet d’un conflit de mémoires

par Éloi Ficquet

En mars 1937, un an après la conquête de l’Éthiopie par l’Italie, les forces d’occupation fascistes décidaient de prendre comme trophée de guerre une des stèles géantes d’Axoum, le plus haut lieu de l’Éthiopie antique. Ce monument haut de 24 mètres fut installé à Rome, parmi les obélisques témoignant de la grandeur de l’Empire romain, avec laquelle le régime de Mussolini voulait renouer. Après-guerre, le traité de paix signé par l’Italie prévoyait au chapitre des réparations de guerre que les pièces du patrimoine éthiopien qui avaient été pillées fussent rendues. Jusqu’à aujourd’hui la stèle a fait l’objet d’un contentieux entre les deux pays. Le processus de restitution n’a véritablement pris forme que depuis quelques années, sous la pression d’intellectuels ayant donné un puissant écho médiatique à cette revendication dans le sentiment national éthiopien. Après quelques tergiversations, la stèle éthiopienne de Rome a récemment été démontée, et attend encore que les problèmes de transport soient résolus avant de pouvoir retrouver son site d’origine. Pour examiner ce cas de restitution et discuter des limites de son extrapolation dans la jurisprudence sur les biens culturels illégalement acquis, cet article s’applique à situer ce monument dans une histoire longue des usages politiques du patrimoine archéologique et des références à l’Antiquité qui structurent fortement les mémoires nationales, tant en Italie qu’en Éthiopie.

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Source : Cahiers d’études africaines, n°173-174 (2004)

Berlusconi refuse de restituer l’obélisque d’Axoum

par Elio Comarin

Les relations entre Rome et Addis Abeba sont au bord de la rupture : le gouvernement italien refuse toujours de remettre ce trésor national volé en 1937 par l’armée de Mussolini. Berlusconi a même refusé de recevoir son homologue éthiopien Meles Zenawi, et le parlement d’Addis Abeba a lancé un sévère avertissement aux autorités italiennes.

Rome refuse toujours de restituer à Addis Abeba l’obélisque d’Axoum, « signe de l’identité et porte-drapeau du pays » selon les Ethiopiens, alors qu’elle a promis de le remettre il y a très exactement 55 ans. Il suffirait pourtant que l’Italie respecte les accords signés en bonne et due forme, en vue de la restitution de tous les biens pillés par l’armée fasciste, durant l’occupation de l’Ethiopie (1935-1941). C’est ce que pensent presque tous les historiens africains et occidentaux, à commencer par le britannique Richard Pankhurst, qui ne cesse de rappeler que Rome s’était engagée à restituer non seulement la fameux obélisque, mais aussi les archives nationales éthiopiennes d’avant-guerre et le premier aéroplane éthiopien.

TOUS LES GOUVERNEMENTS ITALIENS JOUENT LA MONTRE

Cette question empoisonne les relations entre les deux pays depuis… 1947, lorsque les deux pays se retrouvent pour la première fois au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale et cherchent de dépasser les contentieux qui les ont opposé. L’empereur Haïlé Selassié, soucieux de ménager une certaine susceptibilité italienne, accepte alors de renoncer à quelques trésors volés vers la fin des années trente, mais obtient la promesse formelle de la restitution de l’obélisque d’Axoum. Car celui-ci représente le cœur de l’Ethiopie antique : le royaume d’Axoum fut la première puissance politique en terre éthiopienne jusqu’au 13ème siècle. Aujourd’hui encore, dans la région Tigré, les ruines immenses de la capitale royale sont dominées par des obélisques et des stèles géantes. Et l’Ethiopie ne cesse de sensibiliser la communauté internationale pour un monument qu’elle considère comme l’héritage non seulement de l’Ethiopie ancienne, mais de tout le peuple noir.

On croyait cette question enfin réglée, en 1997, lorsque le président italien Eugenio Scalfaro avait effectué une visite officielle en Ethiopie et s’était formellement engagé une fois de plus à rendre un obélisque très cher aux Ethiopiens, et qui n’est même conservé avec soin par les responsables du patrimoine de la péninsule. Situé place Capena, juste devant les bâtiments de la FAO (anciennement ministère des Colonies), il est désormais presque complètement noirci par la pollution atmosphérique et la circulation incessante, il vient même de faire la une de quelques journaux italiens, et de tous les médias éthiopiens, le 27 mai dernier, lorsque la foudre est venue frapper ce monolithe de granit de 24 mètres de haut, endommageant gravement sa partie supérieure. Cette fois-ci la colère de l’Ethiopie a été d’autant plus grande que Rome en a aussitôt profité pour laisser entendre que désormais il fallait entreprendre sa restauration, avant de discuter de sa restitution.

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