En langue amharique, Megemeria c’est le commencement. Nom d’une expérience très particulière, Megemeria est devenu pour quelques dizaines d’Israéliens immigrés d’Ethiopie, le lieu d’un début et d’un espoir.

Joailleire, Israël, Ethiopie, Ethiopia

Fondateurs de Yvel, une chaîne israélienne qui exporte ses bijoux dans toutes les grandes capitales du monde, Orna et Isaac Levy se sont rappelés les difficultés de l’immigration, les affres de l’intégration, du chômage, des fins de mois douloureuses. A la tête d’une des marques les plus en vue de la bijouterie israélienne, ils ont décidé de conférer à leur succès une dimension universelle et humaine. C’est ainsi qu’est né Megemeria.

Les fondateurs n’ont pas voulu faire du charity business ni de la philanthropie. L’idée est née d’un win-win. D’un côté le besoin réel d’une main d’œuvre de qualité de la joaillerie de luxe en pleine expansion en Israël. De l’autre le désarroi d’une population de migrants éthiopiens sans formation aucune, vouée à un avenir sans espoir et à des emplois mal payés dans le gardiennage et dans le nettoyage.

Aujourd’hui l’école intègre chaque année, gratuitement, une vingtaine de femmes et d’hommes de la communauté éthiopienne, souvent rejetés par les cadres classiques d’intégration, en raison de leur âge, de leur condition familiale et surtout de leur manque de formation de base.

Et pourtant, où d’autres ont échoué, l’expérience Megemeria a réussi. Cette année, les élèves diplômés ont été employés dans l’industrie israélienne de la joaillerie. Un d’entre eux a même voulu aller plus loin et créé une ligne de bijoux inspirée par l’art éthiopien et l’art juif traditionnel. Des étoiles de David entrelacées avec des lettres amhariques, des iconiques finitions brossées sur or et argent, gravée de messages en langue des contrées éthiopiennes ou encore des formes créées à partir d’un mélange de l’art juif ancestral et des souvenirs de l’Ethiopie. Une sorte de social business dont le capital est contrôlé par ces jeunes éthiopiens qui élaborent d’une manière indépendante leur stratégie sur le long terme, tout en pouvant jouir de la réputation du joaillier.

« En Israël, les Start up ne sont pas seulement dans le domaine de la haute-technologie », dit un de ses élèves. Réussir à créer une identité artistique commune entre la culture juive, éthiopienne et israélienne, et convaincre le monde très exigeant de la joaillerie de luxe, n’est-ce pas aussi une forme de start up ?

L’école située à l’intérieur du centre de visiteurs de Yvel à Motza peut être visitée sur rendez-vous.

Source : Israel Valley, 21 novembre 2013