Archives du mot-clé 'Kenenisa Bekele'

Les stars de l’athlétisme bâtissent leurs empires

Les stars éthiopiennes de l’athlétisme investissent massivement dans l’économie, en particulier dans l’immobilier. Au point que certains érigent de véritables petits empires.

Haïlé Gebreselassié, AwassaHaïlé Gebreselassié, double champion olympique du 10 000 m, possède trois immeubles à Addis Abeba. Deux de plus que Derartu Tulu, la première femme noire africaine à avoir remporté une médaille d’or olympique, en 1992. Quant à Gebregziabher Gebremariam, champion de cross-country, il est en train de faire construire le sien. Dans la capitale éthiopienne, les bâtiments poussent au fil des succès remportés par les enfants du pays qui, avec leurs rivaux kényans, dominent la course de fond mondiale depuis plus de vingt ans. Il est vrai qu’une seule victoire dans l’un des grands marathons mondiaux, avec des gains qui peuvent aller jusqu’à 200 000 dollars (environ 150 000 euros) à Dubaï, permet de se constituer une petite fortune à faire fructifier. Surtout dans un pays où 30 % des habitants vivent encore avec moins de 0,60 dollar par jour.

Pour ces sportifs souvent issus de milieux très modestes, le bâtiment reste le secteur le plus sûr pour placer des revenus aléatoires, et la vigueur du marché de l’immobilier dans la capitale leur promet de jolies plus-values. Leurs investissements ne sont cependant pas toujours guidés par la stricte rationalité économique. Ainsi la ville d’Asela, qui a vu naître nombre de grands athlètes, compte aujourd’hui presque autant d’hôtels que de champions – Derartu Tulu et Haïlé Gebreselassié en possèdent notamment un chacun. « Il y a très peu de touristes dans la région. Ces établissements servent plus à inviter leurs amis, faire plaisir à leur famille et contribuer au développement de la région qu’à être rentables », constate Sileshi Bisrat, directeur de la communication de la Fédération éthiopienne d’athlétisme. « Contrairement à ce qui se passe ailleurs, poursuit-il, nos athlètes placent leur argent au pays plutôt qu’à l’étranger. Même Maryam Yusuf Jamal, une coureuse bahreïnie d’origine éthiopienne, a choisi de faire construire à Addis Abeba. »

Secrets abyssins

La longévité de certaines carrières a en revanche donné naissance à des entreprises rentables. Ainsi le triple médaillé d’or olympique et recordman du 5 000 m et du 10 000 m Kenenisa Bekele fait construire un hôtel international à proximité de l’aéroport d’Addis Abeba. À Sululta, le lieu d’entraînement traditionnel des athlètes, sur les hauteurs de la capitale, il possède en outre un centre d’entraînement privé, avec piste d’athlétisme aux normes et chambres d’hôtel. Il cible une clientèle internationale intriguée par les secrets des coureurs abyssins.

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Kenenisa Bekele, pour l’histoire

L’Éthiopien, sur 10  000 m, peut doubler Zatopek et les plus grands.

Kenenisa Bekele

Des champions de légende, l’Éthiopie en a produit un certain nombre, dont le dernier grand s’appelait Haïlé Gebreselassié, champion aux pieds nus. À 39 ans, ayant échoué dans sa qualification pour le marathon des Jeux, le grand homme des hauts plateaux a endossé le rôle de parrain des jeunes coureurs de fond. Mais, de l’équipe d’Éthiopie, il en est un avec qui les rapports n’ont jamais été au beau fixe, Kenenisa Bekele. À 29 ans, le petit homme à l’éternel sourire discret est une légende. Rien à voir avec le charisme du géant Usain Bolt. Et pourtant, lui aussi, à Londres, peut entrer au panthéon de l’athlétisme, en décrochant samedi soir un troisième titre olympique sur 10 000 m.

«  Je ne cesse pas d’y penser  »

« Entrer dans l’histoire tient une grande place dans mon cœur », avait-il confié à Paris, il y a deux mois. « Ce n’est pas facile de décrocher trois titres aux Jeux. Si j’y parvenais, ce serait grand. Je ne cesse pas d’y penser. » Détenteur du record du monde sur 5 000 m et du 10 000 m, triple champion olympique et quintuple champion du monde sur ces deux distances, Kenenisa Bekele va tenter de reléguer dans le passé éternel quatre immenses figures de ce sport, Paavo Nurmi, Emile Zatopek, Lasse Viren et… son compatriote Haïlé Gebreselassié, qu’il avait égalées à Pékin.

La première fois qu’il battit son aîné sur 10 000 m, ce fut aux Mondiaux de Paris en 2003. Depuis, Kenenisa Bekele n’a pas perdu une seule course jusqu’en 2011. L’an passé, il a dû déclarer forfait pour les Mondiaux de Daegu en raison de blessures qui ne l’ont pas laissé en paix depuis 2009. D’aucuns le voyaient arrêter sa carrière. Il est reparti aussi fort qu’avant, claquant à Bruxelles un chrono (26’43”16) proche de son record mondial (26’17”53) : « Ce fut une course importante pour me donner confiance et la force de continuer. » Et de reconnaître qu’il avait à plusieurs reprises pensé à raccrocher : « Je reprenais parfois l’entraînement et je ressentais tellement de souffrance que je n’y croyais plus. J’étais au plus bas. Ce fut des moments très durs. »

Après Londres, quoi qu’il arrive, Bekele a « un dernier rêve », se mettre à la route, sur le marathon. Pour tenter là aussi de battre le record du monde, comme l’avait fait en son temps son aîné Haïlé Gebreselassié. « Tout le monde attendra de moi que je tente de battre ce record », détenu aujourd’hui par le Kenyan Patrick Makau Musyoki (2 h 03’38”). « J’ai toujours voulu courir plus vite que les autres. C’est mon objectif, ça l’a toujours été. »

Source : Le Figaro, 3 août 2012

JO 2012 : Tariku et Kenenisa Bekele, les frères fondeurs

Kenenisa et Tariku Bekele, deux frères sur qui repose tout les espoirs éthiopiens de médailles au JO de Londres.

Kenenisa Bekele, Tariku Bekele

Courir en Ethiopie, c’est un peu comme jouer au football au Brésil, au rugby en Nouvelle-Zélande ou au cricket en Inde. Depuis les Jeux olympiques (JO) de Rome en 1960 et la première médaille d’or d’un coureur éthiopien, Abebe Bikila, ce pays de la Corne de l’Afrique squatte les sommets, chez les hommes comme chez les femmes. À Londres, les principaux espoirs des Ethiopiens reposeront sur un nom et deux athlètes, les frères Bekele : Kenenisa et Tariku. Après une immense déception : l’échec de Haïlé Gebreselassié à se qualifier pour ces Jeux, où il espérait effectuer son dernier tour de piste olympique. Il avait déjà quelque peu amorcé son déclin en arrivant sixième du 10 000 m aux JO de 2008 et en mai dernier, lors d’une ultime tentative pour se qualifier aux Jeux de Londres, il n’était arrivé que septième du 10 000 m de Hengelo (Pays-Bas), loin derrière Tariku Bekele, 25 ans, vainqueur de la compétition.

Malgré ce revers, Gebreselassié a toujours envie de courir (mais uniquement des marathons) et envisage de se lancer dans la politique. Détenteur de 27 records du monde (sur 5 000 m, 10 000 m, en semi-marathon et marathon) et double champion olympique sur 10 000 m (1996 et 2000), avec 39 ans au compteur et des jambes qui le portent un peu moins qu’avant, il arbore en tout cas, à l’aube de sa deuxième vie, autant de médailles qu’un général ougandais à la retraite.

Trois médailles d’or d’affilée ?

Les frères Bekele espèrent donc s’inscrire dans les pas de leur aîné. Pour Kenenisa, 30 ans, déjà triple champion olympique (sur 10 000 m en 2004, 5 000 m et 10 000 m en 2008) et plusieurs fois champion d’Afrique et du monde, l’objectif se rapproche. Même le Britannique d’origine somalienne Mohammed Farah, actuel détenteur du record d’Europe du 10 000 m, ne semble pas pouvoir rivaliser avec l’aîné des Bekele, dont l’ambition est de réussir l’exploit de remporter à Londres une troisième médaille d’or olympique d’affilée sur 10 000 m.

Tariku, de cinq ans son cadet, est encore loin du compte, même si ses résultats épousent une courbe ascendante. Champion du monde en salle du 3 000 m en 2008, sixième du 5 000 m aux JO de Pékin en 2008, il est régulièrement cité parmi les favoris des Jeux londoniens. À son âge, Gébrésélassié était déjà champion olympique.

Source : Jeune Afrique, 26 juillet 2012

Le “grand pardon” pour Bekele et cie

La fédération éthiopienne d’athlétisme est finalement revenue sur la décision prise le week-end dernier de suspendre de toute compétition nationale et internationale trente cinq athlètes.

Kenenisa Bekele, Ethiopie, EthiopiaLa fédération éthiopienne d’athlétisme (EAF) est finalement revenue sur la décision prise le week-end dernier de suspendre de toute compétition nationale et internationale trente-cinq athlètes dont faisaient partie deux stars mondiales, Kenenisa Bekele, le triple champion olympique du 10 000 m, et Tirunesh Dibaba, la double championne olympique (5 000 et 10 000 m).

L’EAF reprochait à ces athlètes leur manque d’assiduité aux stages et compétitions organisés en Ethiopie. « A l’issue d’une réunion entre les membres de la Fédération, les athlètes concernés et leurs représentants, la fédération a décidé de lever cette suspension », a affirmé mardi soir le chef de presse de la tutelle. « Ils ont demandé pardon et expliqué avoir raté ces entraînements à cause de blessures ou d’engagements préalables. Ils ont affirmé qu’ils allaient dorénavant respecter les consignes de la Fédération ».

Fausse alerte donc pour l’élite éthiopienne et ses deux chefs de file. En réalité, l’athlétisme éthiopien dont les résultats sont en baisse, notamment lorsqu’on les compare à ceux obtenus par le voisin kenyan, n’a pas les moyens de son envie de sévérité.

Source : Star Africa, 25 janvier 2012

Békélé privé de Jeux Olympiques ?

par François Piraux

La Fédération éthiopienne d’athlétisme vient de suspendre de toutes les compétitions nationales et internationales 35 athlètes. De nombreux champions éthiopiens sont dans cette liste dont Kenenisa Bekele. De quoi remettre sa participation aux J.O. de Londres en question ?

Kenenisa Bekele

Quand la fédération éthiopienne d’athlétisme prend des sanctions, ce n’est pas dans la demi-mesure. Elle vient effectivement de bannir 35 de ses athlètes des compétitions nationales et internationales pour une durée indéterminée. L’Ethiopie, véritable machine à produire des champions d’athlétisme vient-elle de se tirer une balle dans le pied à seulement six mois des Jeux Olympiques de Londres ? Sur son site officiel, la fédération éthiopienne invoque un non-respect de ses ordres. Plus précisément, ces 35 athlètes seraient coupables de ne pas s’entraîner dans le centre national d’athlétisme spécialement mis en place par l’Ethiopie pour préparer les J.O. de 2012. Ainsi, la fédération éthiopienne d’athlétisme ne pourrait pas superviser la préparation de ces athlètes et avoir un droit de regard sur leurs entraînements.

Des champions sous pression ?

Encore plus marquant, dans cette liste de bannis apparaissent de nombreux médaillés mondiaux. Comme le triple champion olympique Kenenisa Bekele (5 000 m en 2008, 10 000 m en 2004 et 2008), ou Tirunesh Dibaba, championne olympique du 5 000m et du 10 000m, Meselech Melkamu, vice-champion du monde du 10 000 m en 2009, et Aberu Kebede, médaillé de bronze du semi-marathon en 2009. Prononcée vendredi, cette sanction empêche donc Bekele et ses partenaires de prendre part à toutes sortes de compétitions. Encore trop tôt pour l’affirmer mais cette suspension surprenante pourrait avoir des répercussions fatales sur les ambitions olympiques de ces 35 athlètes. Une décision incompréhensible dans un des pays les plus pauvres du monde et qui n’a que pour bouffée d’oxygène les exploits de ses champions.

Source : Sport 365, 20 janvier 2012

Cross : Les Mondiaux sans Bekele

Kenenisa Bekele, touché à un mollet, a officiellement été retiré de l’équipe d’Ethiopie qui participe aux Championnats du monde de cross country, dimanche à Bydgoszcz en Pologne, a indiqué la Fédération vendredi.

Le sextuple champion du monde de la spécialité, 27 ans, souffre du mollet droit depuis sa participation au cross d’Edimbourg, le 9 janvier, où il avait pris la 4ème place.

Bekele, champion olympique en titre sur 5 000 m et 10 000 m, avait ensuite été contraint de renoncer à la réunion de salle de Liévin, le 5 mars, où il devait s’attaquer au record du monde du 3 000 m.

En Pologne, la formation éthiopienne sera donc menée par Gebre Gebremariam, le tenant du titre.

La sélection éthiopienne :

Messieurs :
Seniors : Gebre Gebremariam, Azmeraw Bekele, Ayele Abshero, Abera Kuma, Hunegnaw Mesfin, Feyissa Lelessa, Dino Sefer
Juniors : Yekeber Beyibel, Gebretsadik Abrha, Mesenet Geremew, Belete Assefa, Gashaw Biftu, Debebe W/Senbet

Dames :
Seniors : Tirunesh Dibaba, Meselech Melkamu, Mamitu Daska, Workinesh Kidane, Feyisse Tadesse, Abebech Afework, Belayenesh Wakjira, Belaynesh Wakjira
Juniors : Afera Gudfai, Genet Yalew, Emebet Anteneh, Waganesh Mekasha, Merima Mohamed, Genzebe Dibaba

Source : Sport.fr, 26 mars 2010

Cross d’Edimbourg : Bekele battu !

Sensation samedi à l’arrivée du cross d’Edimbourg, où Kenenisa Bekele a été battu ! Un évènement dans la discipline puisqu’exception faite de son abandon lors des Mondiaux 2007, Bekele n’avait plus connu un revers depuis le 2 décembre 2001.

Dans la neige écossaise, l’Éthiopien a dû se contenter de la 4e place à 36 secondes du vainqueur, le Kenyan Joseph Ebuya couvrant les 9 km en 28″41. Un Bekele qui aura subi de plein fouet la course de groupe des hommes des hauts plateaux, deux autres compatriotes d’Ebuya complétant le podium.

Chez les femmes, l’Éthiopie se rattrape avec la victoire sans appel de Tirunesh Dibaba.

Source : Ouest France, 10 janvier 2010

Un géant nommé Bekele

Après un premier sacre sur l’épreuve du 10 000 m, l’Ethiopien Kenenisa Bekele réalise le doublé en remportant l’épreuve du 5 000 m en clôture des Championnats du Monde d’athlétisme de Berlin. Fort de ce nouveau doublé, l’Ethiopien s’empare du titre de nouvel empereur des courses de fond, succédant au grand Haïlé Gebreselassié.

Bernard Lagat, déjà bronzé sur 1 500 mètres, tentait dimanche de conserver sa dernière couronne sur 5 000 mètres. Face à lui, un géant de 1,60 mètre en la personne de Kenenisa Bekele en lice pour son premier doublé aux Mondiaux après son sacre sur 10 000 mètres il y a une semaine. Un adversaire de premier ordre comme le fut El-Guerrouj en son temps, proche d’entrer dans la légende et capable de conquérir à Berlin son quatrième titre mondial sur 10 000 mètres après Paris, Helsinki et Osaka.

Un Bekele bien décidé à rééditer dans la capitale allemande son doublé de Pékin l’an passé sur les deux distances reines du grand fond. Un Ethiopien qui, contrairement à ses habitudes, prend d’emblée les commandes de cette finale. Avec des temps de passage de 2’54 et 5’34 aux 1 000 et 2 000 mètres, le petit homme de Bekoji endort les Kenyans, qui n’osent pas passer ce leader aussi imposant sur la piste qu’il est effacé en dehors. La course d’équipe des hommes des hauts plateaux s’impose et leur chef de file, dauphin de Bekele à Pékin, Eliud Kipchoge, sonne la charge de ses frères. Mais Bekele, dans sa tactique de nivellement par le bas de la course, reprend les devants. Une tactique qui doit lui permettre de placer, comme à son habitude, un démarrage irrésistible dans le dernier tour.

Mais le plan de Bekele pêche et à l’entame du dernier tour, les prétendants à la victoire sont encore bien trop nombreux, faute d’un écrémage suffisant, même si les Kenyans ont posé un genou à terre avec le très rare abandon de l’un d’entre eux, Ebuya. Surtout, Lagat, auteur d’une course parfaite, attend son heure tapi à la corde dans la foulée d’un Bekele, qui ne parvient pas à lâcher cet encombrant suiveur. On croit revivre le duel final de 2004 sur 1 500 mètres quand Lagat vient contester le démarrage de son rival jusque dans les derniers mètres, avant que Bekele, ainsi poussé dans ses derniers retranchements, n’affiche ce sursaut digne des plus grands et résiste dans un sprint ébouriffant au retour de l’Américain.

Son visage épanoui, malgré l’effort, et barré d’un immense et si rare sourire ne trompe pas chez ce grand timide. Et vaut tous les discours: « C’était une course très difficile après le 10 000 mètres, où j’avais laissé pas mal de forces et d’influx. » A ses côtés, son superbe contestataire, Lagat, dont ce sont peut-être les dernières foulées dans un grand championnat, affiche le même bonheur, conscient de revenir de loin après le coup de pointe reçu en série au niveau de sa cheville.

Seul médaillé d’or pour son pays à Berlin, Bekele, lui, présente un palmarès de plus en plus vertigineux désormais fort de cinq médailles d’or mondiales, soit une de plus que son maître et compatriote, Haïlé Gebreselassié, auxquelles s’ajoutent ces trois titres olympiques. Et l’Ethiopien n’a que 27 ans !

Source : Europe 1, 23 août 2009

Kenenisa Bekele, l’âme du fond

Etrange clin d’œil de l’histoire. Hier, en toute fin de soirée, la Russe Yelena Isinbayeva a quitté par une porte de service la finale du saut à la perche, éliminée sans avoir pu franchir une seule barre. Au même moment, l’Ethiopien Kenenisa Bekele glissait sa fine silhouette sur la piste du stade de Berlin, au départ du 10 000 mètres. L’athlète russe a pêché par excès d’arrogance, débutant son concours à 4,75 m. Le coureur éthiopien a usé de patience, plaçant son attaque décisive dans le dernier des 25 tours. Yelena Isinbayeva a laissé le titre mondial à la Polonaise Anna Rogowska (4,75 m). Kenenisa Bekele a bouclé son affaire en 26’ 46’’ 31 et décroché sa quatrième médaille d’or consécutive sur 10 000 mètres aux championnats du monde.

Une étoile a pâli. Une autre brille encore. A 27 ans, Kenenisa Bekele porte encore certaines traces de l’adolescence. Il parle tout bas, cherche souvent ses mots avant d’oser une réponse, attend patiemment son tour pour prendre la parole. Hier, après sa victoire, il s’est presque excusé : « Ce n’était pas ma meilleure course. » Dans l’équipe d’Ethiopie, où la moyenne d’âge atteint tout juste 22 ans, il tient aujourd’hui le bâton du doyen. « Je m’occupe un peu des plus jeunes », glisse-t-il timidement. A l’échauffement du 10 000 mètres, par exemple, il donnait le tempo des mouvements d’assouplissements et réglait l’allure du footing. Ses trois compagnons de route le suivaient comme la lumière d’un phare. Plus tôt dans sa carrière, Haïlé Gebreselassié avait joué pour lui le même rôle de guide, lui montrant les gestes à répéter avant une grande course. Cette saison, l’Ethiopien a longtemps couru derrière la forme. Une blessure a retardé sa préparation. « Mais je serai prêt », avait-il promis depuis Addis Abeba, où il s’entraîne seul ou avec son frère Tariku, son cadet de cinq ans. Les deux hommes, parfois flanqués d’un bataillon d’avaleurs de kilomètres, ont varié les genres et les allures. « Je pousse parfois jusqu’à des sorties de plus de deux heures, mais il m’arrive aussi d’enchaîner des séries de 3 ou 4 fois 100 mètres, au sprint, à 11 secondes et quelques », racontait-il mi-juillet. A Berlin, il est arrivé parmi les premiers pour prendre ses marques et tenir à fond son rôle de chaperon. Dans ses bagages, une rassurante série de succès en Golden League, sur 3 000 ou 5 000 mètres. Invaincu sur le circuit, l’Ethiopien reste en lice pour le jackpot d’un million de dollars à partager entre les abonnés au succès.

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Les athlètes éthiopiens attirés par les médailles et l’or

Sur Meskel Square, la grande place d’Addis Abeba, une armée d’athlètes en devenir s’échauffent de bon matin en courant sur les gradins avant l’arrivée de leurs entraîneurs tout en espérant un jour décrocher la médaille et l’or qui va avec.

Sur un écran géant qui domine la place, on peut régulièrement voir les exploits des coureurs éthiopiens, comme le doublé olympique historique de Kenenisa Bekele et Tirunesh Dibaba, l’année dernière.

« Plus vous vous levez tôt, mieux c’est », confie à l’AFP Tirusew Wolde, 17 ans, pour qui l’image du rictus de Dibaba, drapée dans le drapeau éthiopien au moment de sa victoire à Pékin, est plus qu’une motivation, un idéal à atteindre. Parce qu’au-delà de l’exploit sportif admiré, il y a les millions que tous ces jeunes espèrent aussi gagner un jour.

« Bien sûr que j’en ai envie », explique à l’AFP Dissassa Jifar, quand on lui parle des gains de ses aînés. « Regardez-les : ils n’ont pas seulement réussi sur la piste. Ils vivent très confortablement », dit-il embrassant d’un geste large la capitale éthiopienne où ces dix dernières années, les constructions modernes se multiplient.

Les stars de l’athlétisme éthiopien, comme Haïlé Gebreselassié, Kenenisa Bekele ou Tirunesh Dibaba, ne sont pas les derniers à avoir investi avant même d’avoir raccroché. Tous issus de la pauvre campagne éthiopienne, ces champions se transforment en businessmen.

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