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L’église Bieta Mariam

Cette église, dont le nom signifie “Maison de Marie”, et dont on dit qu’elle aurait été l’église favorite du roi Lalibela, fait encore aujourd’hui l’objet d’une vénération particulièrement intense. Reliée à l’église Medhane Alem par un petit tunnel, elle s’élève au centre d’une fosse comprenant un ensemble de sanctuaires et à l’angle de laquelle se découpe un bassin à l’eau aux vertus miraculeuses, recommandée aux femmes stériles.

L’édifice est entouré de trois porches qui protègent les trois entrées situées à l’ouest, au nord et au sud, donnant ainsi à l’église un plan en croix. Chaque porche constitue une pièce carrée avec en son milieu un pilier à section carrée sans base ni chapiteau.

Bieta Mariam, Eglise, Lalibela, Ethiopie, Ethiopia

L’extérieur présente des décorations et des symboles en bas-relief, notamment des corniches et de nombreuses croix : croix latine, croix de saint André, croix à volutes et croix pattée. Parois, portes et fenêtres sont ornées de têtes de singe en parfait style axoumite. Deux chevaliers sont représentés au-dessus du porche ouest de l’église. Il s’agit clairement d’une représentation de figures humaines à cheval, armées d’une lance et poursuivant des animaux. Les chevaux sont au galop et sur leur tête est sculpté un disque qui pourrait être une auréole ou un bouclier. La lance du chevalier de droite transperce un monstre difficilement identifiable. On distingue devant les pattes du cheval un petit reptile (crocodile ou gros lézard) et, au-dessus, un griffon ou un lion ailé. Un grand oiseau (aigle ou vautour ?) s’appuie sur la queue du cheval. Le deuxième chevalier, dans la même posture, frappe également de sa lance une cible que l’on ne peut plus distinguer, le bas-relief étant détérioré.

Bieta Mariam, Eglise, Church, Lalibela, Ethiopie, EthiopiaLa porte principale ouvre à l’ouest sur un narthex de 3×3 m environ, supporté en son milieu par un pilier carré. Sur le pilier, une belle peinture sur toile représente la Vierge à l’Enfant entourées des archanges Mikaël et Gabriel, surmontée par la Trinité entourée par les animaux symbolisant les quatre Evangélistes. A gauche, une porte avec têtes de singe donne accès à un escalier qui permet d’atteindre la galerie qui se trouve au-dessus des nefs latérales. La galerie est formée de sept petites pièces ouvertes sur la nef centrale, qui symbolise les sept cieux.

L’intérieur de l’église, d’architecture basilicale rectangulaire (13 m x 9 m et haute de 9 m), présente un plan classique à trois nefs. La nef centrale est voûtée et les nefs latérales sont à plafonds plats. Au centre, un pilier isolé constitue un cas unique dans l’architecture des églises rupestres d’Ethiopie. Une interprétation érronée du symbole exprimé par ce pilier s’est malheureusement ancrée au cours du 20ème siècle, due à une confusion entre le mot “And” qui signifie “un” – d’où l’interprétation “pilier de l’unité de la foi” – et le mot guèze “Amd”, qui signifie “pilier”. Le pilier est en effet appelé “Amd Berhan” ce qui signifie “le pilier de la lumière”. Il nous plait de voir dans ce pilier le symbole du Christ Lumière qui descend s’incarner dans le sein de Marie. Les prêtres prétendent que le Saint-Esprit l’aurait touché lors d’une apparition au roi Lalibela et, qu’à cet instant précis, le passé et l’avenir du monde s’y seraient inscrits. Personne ne peut toucher le pilier ni admirer ces inscriptions, car elles sont recouvertes d’un drap et, selon la légende, elles deviendraient invisibles si on les dévoilait.

Bieta Mariam, Eglise, Church, Lalibela, Ethiopie, EthiopiaA l’intérieur de l’église on peut admirer des peintures sur un roc ou des fresques sur mortier de chaux, certainement postérieures à la taille de l’église, représentant dans la nef gauche, la Nativité, la Fuite en Egypte, deux coqs, un boeuf noir et un boeuf blanc (la force du mal et la force du bien). Dans la nef centrale, l’Annonciation, saints et disciples, un aigle bicéphale ainsi que des soleils, symboles du Christ et du Saint-Esprit, l’étoile de David qui porte en son sein la croix, la Multiplication des pains et des poissons et au-dessus du Saint des Saints, la Transfiguration sur le mont Tabor. Dans la nef de droite, Marie-Madeleine et le dîner chez Simon, les puits de la Samaritaine et la Visitation. Une tradition locale dit que les peintures auraient été exécutées sous le règne de Zara Yaqob.

Voir aussi :

Album photo de l’église Bieta Mariam
Lalibela
Les églises de Lalibela

L’église Bieta Medhane Alem

Cette église, dont le nom signifie “Maison du Sauveur du Monde”, est la plus haute et la plus vaste du complexe religieux de Lalibela. Avec ses dimensions de 33,5 m de long par 23,5 m de large et 11,5 m de haut, elle se trouve dans une fosse de plus de 40 m de long qui donne une idée du travail colossal entrepris pour sa réalisation.

Bieta Medhane Alem, Eglise, Lalibela, Ethiopie, Ethiopia

C’est ici, du haut de l’excavation, qu’il faut s’imaginer le creusement des tranchées dans ce mélange de pierres volcaniques et sédimentaires mettant au jour un bloc colossal, tout en respectant une dénivellation indispensable à l’écoulement des eaux. Du mastodonte minéral peu à peu dégrossi se dégage enfin le sanctuaire. Un portique de 34 piliers ceint l’édifice et allège la structure ; depuis les ouvertures, portes et fenêtres, les tailleurs de pierre s’infiltrent pour dégager les nefs, les piliers, les voûtes. Aucune erreur n’est permise et l’unicité monolithe de l’ensemble prouve la justesse des calculs des architectes de l’époque.

Pour certains experts, Medhane Alem pourrait être une copie taillée dans le rocher de l’église originelle de Sainte-Marie de Sion, bâtie à Axoum par le roi Khaleb au 6ème siècle et détruite par les armées de la reine Gudit. On note dans cette construction des influences syriennes et hellénistiques certaines, surtout dans la grande colonnade qui l’entoure.

Les piliers externes sont disposés en rangées de la façon suivante : six à section rectangulaire sur les côtés est et ouest et neuf, également rectangulaires sur les côtés sud et nord. La distance entre chaque pilier est d’un peu moins de 3 m. Seules les colonnes du côté est sont encore originales : une campagne de “restauration” italienne a reconstruit certains des autres piliers en blocs de pierre. On note encore des traces de la couche de peinture rouge avec laquelle on avait alors recouvert l’église, sur l’initiative de la reine Zaouditou, deuxième fille de Ménélik II !

Bieta Medhane Alem, Eglise, Lalibela, Ethiopie, EthiopiaSur chacun des angles, on trouve un pilier à section carrée, rattaché aux deux piliers voisins par un élément en pierre, taillé dans la masse, aux deux-tiers de la hauteur. Dans un seul des angles, au sud-est, cet élément est encore à l’état originel et est décoré de grandes croix. Sur la façade ouest, la porte d’entrée est entourée de quatre fenêtres et surmontée d’une deuxième rangée de cinq fenêtres. Deux autres portes sont ouvertes sur les côtés sud et nord.

Le toit a double pente montre sur chaque versant une arcature sculptée de huit arcades aveugles. Il a malheureusement eu a souffrir de dégradations dues à l’érosion et se trouve aujourd’hui couvert d’une protection en tôle, en attendant le projet de l’Unesco de la remplacer par un vaste panneau transparent.

Trois marche donnent accès à la porte d’entrée du côté ouest, alors qu’à l’intérieur il n’y en a que deux. On pénètre ainsi dans le narthex qui occupe la première travée, ouvert dans sa partie supérieure par des arcs donnant sur les nefs. Les cinq nefs de l’église sont découpées en huit travées dans le sens nord-sud.

L’intérieur, qui paraît plus réduit en raison de l’épaisseur des murs (2 m), dévoile un plan de basilique rectangulaire à cinq nefs, dont celle du milieu, plus élevée que les autres, est surmontée d’une voûte en berceau. Ces nefs sont séparées par quatre rangées de gros piliers, 28 en tout, à section carrée d’environ 1 m de côté et hauts de 4 m, sans base ni chapiteau. Leur longueur est d’environ 18,5 m à l’exception de la nef de droite qui est plus longue (22 m), n’étant pas touchée par le narthex. Les arcs ont pratiquement tous la même proportion, que ce soit dans le sens longitudinal ou transversal.

La nef centrale communique par un arc majestueux avec le mekdes, ou saint des saints, surélevé d’une fondation à trois degrés par rapport au reste de l’église. A sa gauche, trois fosses, parallèles et orientées dans le sens de l’église, symbolisent selon la tradition les tombeaux d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Elles sont vides et découvertes. Elles constituent le seul exemple de fosses tombales taillées à l’intérieur des églises de Lalibela, à l’exception de celle du saint roi, dans l’église de Golgotha qui elle, est recouverte. L’une de ces fosses contient une section d’un tronc d’arbre, longue d’environ 1 m. Selon la croyance locale, celui qui arrive à l’extraire de la fosse d’une seule main et à la maintenir en équilibre sur cette main, le bras tendu, prouve ainsi la pureté de ses sentiments et la véracité de ses dires.

Bieta Medhane Alem, Eglise, Lalibela, Ethiopie, EthiopiaUn escalier, en très mauvais état, mène à une étroite galerie courant sur trois côtés. Espace de rangement, c’est là que sont parfois conservés les trésors de l’église : croix, vêtements de cérémonie, livres enluminés. L’inventaire est remis à jour à chaque changement de prêtre principal qui en assume la responsabilité. Les trois plus illustres croix d’Ethiopie sont celles de Lalibela, d’Axoum et de Gondar. Conservée à Medhane Alem, la croix de Lalibela aurait appartenu au roi lui-même. Elle a été retrouvée dissimulée dans la cavité d’un pilier, après sa mort. Volée en 1997, elle a réintégré le sanctuaire en 1999 ; comme beaucoup d’autres magnifiques croix éthiopiennes, elle est en laiton recouvert d’une fine couche d’or.

L’église entière a été taillée avec grand soin et le tuf ciselé est resté nu, ne présentant aucune trace de revêtement ni de peintures. Seules les deux rangées de fenêtres, dont les motifs très divers sont une constante des églises de Lalibela, apportent une touche décorative à l’ensemble. Cette absence d’ornements et de représentations picturale met en valeur l’architecture extraordinaire de l’édifice.

[Dans le rocher qui entoure l’église, on peut voir plusieurs niches taillées, autrefois tombeaux et maintenant habitées par des moines ermites. Un petit tunnel permet aussi le passage vers une autre excavation au centre de laquelle se dresse l’église Bieta Maryam.]

Sources : Le Petit Futé : Ethiopie (Edition 2005/2006)
Ethiopie : Au fabuleux pays du Prêtre Jean (Edition 2003)
Ethiopie (Guide Marcus)

Voir aussi :

Album photo de l’église Bieta Medhane Alem
Lalibela
Les églises de Lalibela

Les églises de Lalibela

Les églises de Lalibela sont taillées dans différents types de tuf, tous compacts et durcis au cours des siècles par l’action de l’air et de la pluie. Cette roche est toutefois suffisamment tendre pour être travaillée relativement facilement, bien que les résultats soient parfois quelque peu imprécis. Les lignes horizontales et verticales, ainsi que les surfaces ne sont pas toujours droites, de même que l’épaisseur des murs n’est pas toujours constante, ceci étant aussi dû au fait que les artisans ont parfois dû s’adapter à la forme du rocher qu’ils travaillent.

Ce long travail, qui commence souvent par le creusement de tranchées qui isolent le bloc dans lequel est taillé l’église, permet de faire sortir le monument du rocher, comme s’il avait de tout temps existé dans la masse, de manière invisible. Les outils qui ont servi à ces réalisations ont été de différentes tailles et formes mais nous pouvons présumer que des pioches furent utilisées pour le creusement des tranchées et des leviers pour le déplacement des blocs importants.

Les églises construites en bois dans la région de Lalibela montrent des charpentes dont les poutres ont de toute évidence été travaillées à la hache. On peut supposer que cet outil fut adapté pour le travail de la pierre et qu’il a servi lors de la taille de l’ensemble de ces églises. Un instrument ressemblant à un pic est aujourd’hui encore conservé dans le trésor de l’église de l’Abuna Aaron et le même outil apparaît dans les miniatures qui montrent les anges occupés à la taille des églises. De fines traces régulières, typiques de l’utilisation du ciseau, sont facilement reconnaissables dans tous ces monuments.

La taille du monument s’est effectuée de haut en bas. Le bloc dégrossi a ensuite fait l’objet de finitions soignées qui ont fait apparaître parois, pilastres, corniches et fenêtres. Le percement des fenêtres a permis de pénétrer à l’intérieur du roc et de procéder à la taille des plafonds, coupoles, nefs, croix, piliers, arcs, chapiteaux, marches et tombeaux, créant ainsi les volumes intérieurs d’une église de forme basilicale. Les plans de la taille de ces monuments ont certainement été établis à l’avance. Ils prévoyaient avec précision les dimensions extérieures et intérieures du monument, l’orientation, le niveau des pentes, des cours, des tranchées et, parfois, du pavement des églises. Le choix de l’endroit où seraient taillées ces église dépendait de la qualité de la roche mais a également été fait en fonction de la possibilité de maîtriser l’écoulement des eaux pluviales et l’évacuation des alluvions. Dans une période de crise politique ou économique qui aurait amené à l’abandon du site, l’ensemble de ces monuments, par manque d’entretien, aurait pu être complètement enseveli par l’accumulation des alluvions.

Une tradition locale nous dit que le site aurait été abandonné trois fois et en partie enseveli au cours de son histoire et trois fois dégagé. Un manuscrit qui porte le nom de Senkessar (Synaxaire), conservé dans l’église de Bieta Mariam à Lalibela nous dit qu’en l’an 717, avec l’autorisation de l’empereur Bakkafa, les églises de Lalibela furent dégagées une dernière fois des alluvions accumulées, sur ordre de Zena Gabriel, responsable des églises de la région du Lasta. Malgré les dernières interventions dues à la mission archéologique dirigée par Monsieur Angelini, dans les années 1950, qui ont permis de terminer le dégagement du groupe monumental de la partie sud, nous pouvons raisonnablement nous demander si une fouille systématique du site ne nous réserverait pas de surprises importantes.

Nous ignorons pour le moment si tous ces monuments étaient à l’origine recouverts d’un revêtement ou laissés tels que nous pouvons les observer aujourd’hui, la roche à nu. Il existe toutefois des exemples (l’église de Wouker Debré Salam Masqala Krestos, à Sokota) où, sur les parois externes des monuments, on trouve des traces d’un revêtement en chaux et gypse.

Les églises de Lalibela sont ordonnées en deux groupes séparés par un canal artificiel creusé dans la roche, le Yordanos (Jourdain). Au milieu de son cours, le plus souvent asséché, une croix monolithe symbolise le lieu de baptême du Christ.

LES ÉGLISES DE LA PARTIE NORD

Il s’agit d’un ensemble comprenant six églises et quelques monuments taillés dans un rocher de très bonne qualité, légèrement en pente. Les toits, les cours, les cheminements suivent le niveau de la pente naturelle de la montagne. Ceci facilite également l’écoulement des eaux de l’est et du nord, en direction du sud et de l’ouest.

La visite commence souvent par le portail qui ouvre sur une cour où se trouve actuellement l’entrée de l’église Bieta Medhane Alem où les prêtres encaissent les droits d’entrée et où l’on peut aussi engager des porteurs ou des aides pour la visite des églises. Bien que ce parcours soit acceptable pour des raisons de commodité car il permet la visite des églises en suivant la pente descendante, le parcours originel des premiers pèlerins se faisait d’ouest en est, du péché au salut, de la mort (l’ouest) à la lumière, de l’esclavage à la Terre Promise, jusqu’à l’église Medhane Alem. Sur ce parcours, on cheminait donc vers l’est, ce qui pourrait suggérer l’idée d’un site entièrement orienté comme une église, avec la porte à l’ouest et le Christ Sauveur, lumière du monde, à l’est. Ce groupe d’églises, le véritable sanctuaire de Lalibela, nous semble avoir été conçu dans son ensemble comme une représentation de la rédemption par la croix plantée sur le tombeau d’Adam, au sommet du Golgotha. Un véritable traité théologique du Salut sculpté dans la pierre. En l’absence de documents de référence qui pourraient provenir de fouilles archéologiques menées par des spécialistes, on peut en effet penser que l’élaboration d’un tel ensemble d’églises rupestres résulte d’un projet unique, conçu par le génie d’un seul homme et réalisé dans un temps relativement court, qui pourrait effectivement correspondre à la période de vingt-quatre années dont nous parle la tradition orale.

Bieta Medhane Alem, l’église du Sauveur du Monde

Bieta Mariam, l’église de Marie

Bieta Meskal, l’église de la Croix

Bieta Denaghel, l’église des Vierges

Bieta Debré Sina (ou Bieta Mikael), l’église du mont Sinaï

Bieta Golgotha, l’église du Golgotha

La chapelle Selassié

Le tombeau d’Adam

Bieta Ghiorghis, l’église de Saint Georges

LES ÉGLISES DE LA PARTIE SUD

Ce groupe est constitué de deux églises conçues dès l’origine comme telles, les autres ont vraisemblablement eu, au temps des Zagwé, des fonctions profanes, si l’on considère leur structure fortifiée percée de tunnels. Sans doute ont-elles abrité à leur origine les appartements du roi et de sa suite. Dans les siècles qui ont suivi la chute de cette dynastie, Lalibela devint un centre exclusivement religieux et toutes les salles furent transformées en églises et aménagées pour le service divin. Une partie de ces monuments pourrait être considéré comme antérieure au sanctuaire de la partie nord. L’apparition d’un projet colossal et extrêmement coûteux comme la taille des églises et du sanctuaire de la partie nord présuppose en effet un site parfaitement sécurisé.

Bieta Gabriel et Rafael

Bieta Mercurios

Le Bethléem

Bieta Amanuel

Bieta Abba Libanos

Sources : Ethiopie : Au fabuleux pays du Prêtre Jean (Edition 2003)
Le Petit Futé : Ethiopie (Edition 2005/2006)

Voir aussi :

Lalibela
Album photo de Lalibela
Photo satellite de Lalibela
Vidéos de Lalibela
Affiches de Lalibela
Lalibela : La nouvelle Jérusalem
Lalibela : Pèlerinage dans la “Jérusalem noire”
Les festivités de la nativité à Lalibela

Lalibela
ላሊበላ

Lalibela (12°02′N, 39°02′E) est une ville qui se trouve à 2 480 m d’altitude, dans la région Amhara d’Ethiopie (zone Wollo Nordworeda Bugna). C’est le plus important lieu de pèlerinage des populations chrétiennes d’Ethiopie.

POINTS D’INTÉRÊT

La renommée de Lalibela s’explique par la présence de onze églises taillées dans la roche sur ordre du roi Gebré Meskel Lalibela. Le site a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1978.

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HISTOIRE

Bieta Ghiorghis, Lalibela, Ethiopie, EthiopiaLes sanctuaires de Roha, ancien nom de la ville qui se réfère sans doute à l’appellation syriaque de la cité d’Edesse, sont nés de la volonté d’un souverain qui a marqué à jamais l’histoire et les mythes éthiopiens.

C’est en raison des risques croissants, rencontrés sur la route de Jérusalem, puis de la prise de la ville par les troupes de Saladin, que les pèlerinages vers la Ville sainte sont interrompus en 1180. La lignée des Zagwé, qui a développé à l’époque de nombreux liens avec les autres pays chrétiens comme la Syrie, l’Egypte ou Byzance, entreprend la création d’une “deuxième Jérusalem” sous l’impulsion du roi Lalibela. Celui-ci cherche ainsi à asseoir la légitimité de la nouvelle dynastie et à resserrer les liens avec l’Eglise orthodoxe pour qui les nouveaux souverains ne sont pas en odeur de sainteté. Débute alors une entreprise gigantesque de 24 années (selon la légende), qui nécessita sûrement l’intervention d’artisans et d’architectes confirmés, ainsi que d’une main-d’œuvre considérable pour façonner dans le roc des édifices d’une telle magnificence.

Aujourd’hui encore, aucune théorie historique ni scientifique ne permet d’expliquer par qui, comment et en combien de temps ces églises ont été réellement creusées. En effet, la restauration de la dynastie salomonienne en 1270, une destruction systématique de tous les manuscrits fut entreprise, comme pour rayer de l’histoire le période des Zagwé considérés comme des usurpateurs. Selon certains experts, on pourrait faire un rapprochement entre l’architecture des églises et les lieux de rites animistes des Agao. Ce peuple couchitique assez tardivement christianisé das la région, et qui fondera la nouvelle dynastie, célébrait en effet ses rites dans des grottes ou des caves. Selon d’autres, l’inspiration viendrait du Moyen-Orient ou du monde byzantin avec lesquels l’Ethiopie entretenait des contacts. On avance également que des coptes égyptiens fuyant les persécutions dans leur pays aient pu participer au projet.

Finalement, toutes les théories se valent par leur imprécision et ne font qu’épaissir le mystère qui plane sur ce site, ce qui laisse le champ libre à tous les mythes et légendes que les Ethiopiens intègrent si facilement à leurs croyances. Absorbé par l’esprit des lieux, on se laisse parfois aller à croire qu’il y a bien dans cette œuvre monumentale une forme d’intervention divine : la part de travail réalisée la nuit par les anges, comme l’affirment à l’unisson les prêtres convaincus.

Lalibela, Ethiopie, EthiopiaDe plus en plus de fidèles non orthodoxes (majoritairement américains) choisissent aujourd’hui Lalibela comme lieu de pèlerinage de substitution à la Terre sainte, dont l’instabilité chronique ne cesse de décourager les voyageurs. Ainsi, huit siècles après, l’histoire balbutie et vient confirmer Lalibela dans son rôle de nouvelle Jérusalem, telle que l’avait souhaitée le grand souverain de l’époque, pour des raisons en partie similaires.

DÉMOGRAPHIE

D’après les estimations de l’Agence Centrale de la Statistique éthiopienne (CSA) pour 2009, la ville de Lalibela compte 15 506 habitants (6 779 hommes et 8 727 femmes).

La proportion des enfants de moins de 15 ans s’élève à 38,13 % de la population, celle des jeunes de 15 à 29 ans à 27,83 % et celle des 30-59 ans à 26,32 %. Quant aux 60 ans et plus, ils ne représentent que 7,72 % de la population.

Lalibela, Ethiopie, Ethiopia

INFORMATIONS PRATIQUES

Étrangement, l’aide aux touristes est plutôt minimaliste dans la cité. L’Office du tourisme (près de l’hôtel Alif Paradise) peut tout au plus vous mettre en rapport avec des guides officiels et dispose de quelques brochures… en amharique. La meilleure information est finalement dispensée dans les hôtels, qui proposent leurs propres services.

Si les enfants qui s’improvisent guides n’apportent rien, en revanche un guide officiel est vraiment utile pour déchiffrer les détails iconographiques et la symbolique des églises (de 100 à 150 birr la journée en fonction de l’importance du groupe).

Il n’y a toujours pas de banque à Lalibela. L’hôtel Roha assure un service de change de dollars, euros et travellers chèques, mais la priorité est aux clients.

TRANSPORTS

FIllette, Girl, Lalibela, Ethiopie, EthiopiaEn voiture
Plusieurs hôtels proposent des locations de véhicules à la journée, utiles pour partir à la découverte des églises dispersées dans un rayon de 30 km autour de la ville.

En bus
Addis Abeba (74 birr, 2 jours) avec nuit à Dessié (36 birr, 11 h) et arrêt possible à Woldiya et Kombolcha. Pour gagner l’ouest (Debré Tabor, Gondar et Bahir Dar) par la “route chinoise”, il faut se faire déposer à Gashena d’où partent les bus.

En avion
Bureau d’Ethiopian Airlines. En face de l’hôtel Seven Olives. Tel : (03) 36 00 46.
Vol quotidien au minimum depuis Addis Abeba (directs seulement les lundi et dimanche, sinon escale à Gondar ou Bahir Dar).
Au départ de Lalibela, vol quotidien pour Axoum. Tous les jours pour Addis, sauf les lundi et dimanche, avec escale à Bahir Dar les mercredi et vendredi.

HÉBERGEMENT – RESTAURANTS

Face à la période d’hébergement en période de fêtes de Timkat, l’offre hôtelière se révèle bien insuffisante dans la ville, et les tours opérateurs en sont réduits à tirer au sort les places disponibles. Plusieurs projets de nouveaux hôtels et l’extension de certains autres sont en cours de réalisation. Espérons seulement que cela ne détériorera pas trop l’atmosphère de la ville qui reste une bourgade de taille modeste.

Roha
Tel : (03) 36 00 09. Réservation recommandée auprès du Ghion d’Addis Abeba (Tel : 15 04 94 / 51 32 22).
Chambres simples (38 US$), doubles (50 US$), suites (70 US$).
Un hôtel de la chaîne Ghion. Situé à proximité immédiate du lieu de rassemblement de Timkat, il est joliment décoré et compte 64 chambres. Possibilité de paiement par CB et travellers chèques + service de change.

Lal
Tel : (03) 36 00 08 / 44.
Chambres simples (18/20 US$), doubles (21/25 US$), Lal, Hotel, Lalibela, Ethiopie, Ethiopiatwins (25/30 US$). Pour Noël et Timkat, toutes les chambres sont à 40 US$. Possibilité de camping pendant les fêtes : location de tente (10 US$) ou tente personnelle (4 US$). Location de voitures : 1/2 journée (70 US$), 1 jour (104 US$), 3 jours (261 US$) et service de guide.
Demander si possible les chambres avec vue à l’arrière de l’hôtel. Restaurant. Bureau d’information performant performant pour tout type d’excursion. Accueil chaleureux.

Jerusalem Pension
Tel : (03) 36 00 417. E-mail : jghandts@telecom.net.et.
19 chambres avec douche. Chambres simples (25 US$), doubles (30 US$). Possibilité d’une réduction de 15 % en basse saison (avril-septembre).
Demander les chambres neuves qui offrent de très belles vues sur les montagnes du Lasta. Bon restaurant traditionnel sous un toukoul. Organisation d’excursions pédestres, avec mules ou en voiture.

Seven Olives
Tel : (03) 36 00 47. Chaîne Ghion, réservation possible à Addis Abeba.
Chambres avec douche : simples (15 US$), doubles (28 US$). Possibilité de négocier les prix quand l’hôtel n’est pas plein. Transfert aéroport gratuit. Resaturant. L’hôtel héberge les bureaux de la NTO (National Tour Operator).

Alef Paradise
Tel : (03) 36 00 23. E-mail : salomonalef@yahoo.com.
Chambres avec douche : simples (80 birr), doubles (120 birr). Bar et restaurant. Location de véhicules 4×4 (700 birr/jour) et organisation d’excursions. Service de guide francophone. Transfert aéroport par minibus (30 birr).

Asheton
Tel : (03) 36 00 30.
Chambres simples ou doubles avec douche (60/70 birr).

Helen
Tel : (03) 36 00 53.
Chambres doubles avec douche (50/60 birr). Un petit hôtel de 7 chambres. Une extension est en projet.

Dans les petits budgets, le Private Roha, le Kedemt et le Serkie méritent d’être cités.

Sources : Wikipedia
Agence Centrale de la Statistique éthiopienne

Voir aussi :

Les églises de Lalibela
Album photo de Lalibela
Photo satellite de Lalibela
Vidéos de Lalibela
Affiches de Lalibela
Lalibela : La nouvelle Jérusalem
Lalibela : Pèlerinage dans la “Jérusalem noire”
Les festivités de la nativité à Lalibela
La région Amhara
La zone Wollo Nord

Vidéos : Lalibela

Lalibela (1)

Lalibela (2)

Lalibela (3)

Lalibela (4)

Lalibela : Chant des moines

Voir aussi :

Lalibela
Les églises de Lalibela
Album photo de Lalibela
Photo satellite de Lalibela
Affiches de Lalibela
Lalibela : La nouvelle Jérusalem
Lalibela : Pèlerinage dans la “Jérusalem noire”
Les festivités de la nativité à Lalibela

Album photo : Lalibela

album-lalibela.jpg

Voir aussi :

Lalibela
Les églises de Lalibela
Photo satellite de Lalibela
Vidéos de Lalibela
Affiches de Lalibela
Lalibela : La nouvelle Jérusalem
Lalibela : Pèlerinage dans la “Jérusalem noire”
Les festivités de la nativité à Lalibela

Vidéos : L’église Bieta Ghiorghis à Lalibela

L’église Bieta Ghiorghis (1)

Vidéo : Rien n’est trop beau pour Dieu

Un documentaire de 52 minutes réalisé par Jean-Louis Saporito

Lalibela, Korkor, Aksoum… Des noms qui n’évoquent pas grand-chose à qui ne connaît pas l’Ethiopie, mais qui sont pourtant des hauts lieux de la chrétienté.

C’est là que les fidèles de ce pays d’Afrique orientale viennent se recueillir, à Noël, à Pâques ou lors d’autres fêtes. Très pieux, hommes et femmes dépensent parfois jusqu’à deux mois de salaire pour participer aux pèlerinages. Ils viennent en autobus ou par leurs propres moyens. Certains marchent sans s’arrêter, beaucoup vont nu-pieds.

A travers ce documentaire, Jean-Louis Saporito donne à connaître un pays qui compte 30 millions de chrétiens. Il suit les “touristes de la foi” alors qu’ils parcourent les routes du nord de l’Etat, sur les hauts plateaux à la beauté sauvage.

Il révèle ce faisant un peuple au mode de vie éloigné du nôtre, mais qui partage de très nombreuses références culturelles avec notre monde judéo-chrétien.

1ère partie

2ème partie

3ème partie

4ème partie

Les festivités de la nativité à Lalibela

par Virginie Gomez

Ecouter le reportage

« Une ville entière en prière. Tôt, le matin, le soleil n’a pas encore dissipé le froid mordant de la nuit. En longue file, les pèlerins gravissent la colline qui mène à l’entrée des Eglises de Lalibela. Ces gens de condition souvent modeste affluent des provinces d’Ethiopie pour Noël. »

En Ethiopie, les festivités de la nativité, – traditionnellement appelées “Ledet” (naissance) –, se déroulent du 6 au 7 janvier. Par dizaines de milliers, les adeptes de l’église orthodoxe éthiopienne affluent à Lalibela, une ville du nord considérée comme sainte.

Source : RFI, 8 janvier 2008

Voir aussi :

Lalibela
Les églises de Lalibela
Album photo de Lalibela
Photo satellite de Lalibela
Vidéos de Lalibela
Affiches de Lalibela
Lalibela : La nouvelle Jérusalem
Lalibela : Pèlerinage dans la “Jérusalem noire”

Lalibela : Pèlerinage dans la “Jérusalem noire”

par Oscar López Fonseca (El País)

Taillées dans le roc au 12ème siècle, les étonnantes églises de Lalibela attirent chaque année des dizaines de milliers de chrétiens coptes qui viennent y ressourcer leur foi.

Abuna Aron, Eglise, Church, Lalibela, Ethiopie, EthiopiaAmbulare pro Deo. Marcher pour Dieu. Chaque année à l’approche du 19 janvier, jour de l’Epiphanie en Ethiopie, des milliers de chrétiens coptes entreprennent un long pèlerinage vers Lalibela, un village perdu dans le cœur montagneux de ce pays d’Afrique de l’Est. Ces hommes et ces femmes voyagent avec le minimum de bagages, et beaucoup d’entre eux n’ont que leur foi pour chaussures. Tous brûlent d’arriver à la ville sainte, la “Jérusalem africaine”, où les attendent douze temples creusés à même la roche.

Un tambour retentit à l’intérieur de l’église obscure. Ses battements résonnent contre les parois de pierre presque nues. Des hommes vêtus de blanc entonnent une mélodie monocorde en suivant le rythme marqué par les sistres. La fumée de l’encens inonde la pièce. On se croirait dans une scène du Moyen Age. Mais nous sommes bien dans le présent. Un présent qui se répète depuis 800 ans dans cette petite localité des hautes terres éthiopiennes où presque 50 000 chrétiens coptes éthiopiens se rendent trois fois par an afin d’y célébrer Noël, l’Epiphanie et Pâques.

Situé à 640 km d’Addis Abeba [par la route] et juché à 2 700 m d’altitude sous un ciel qui semble à portée de main, Lalibela abrite onze églises et un monastère, qui furent taillés dans la roche volcanique au 12ème siècle. Ces étranges constructions s’élèvent du fond de la terre pour se convertir en monumentales églises monolithiques dont les toits affleurent au ras du sol. Impressionnantes pierres taillées nées du rêve d’un monarque ! C’est du moins ce qui est dit dans Les Archives de Lalibela, un ouvrage éthiopien datant du 15ème siècle.

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