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En Éthiopie, des services de santé protègent de la malnutrition les enfants touchés par la sécheresse

par Indrias Getachew

Malnutrition, Enfants, Sécheresse, Dispensaires, Ethiopie, EthiopiaDans le village de Korre Rogicha, Shilime Erbo, mère célibataire de deux enfants, est assise à l’extérieur de sa case, réfléchissant à l’avenir de sa famille.

L’économie agricole de Korre Rogicha dépend de deux saisons annuelles de pluies. Les fortes pluies “kiremt” se produisent normalement de juin à septembre et sont à l’origine de l’essentiel des récoltes. Les petites pluies “belg”, de février à avril ou mai, produisent des récoltes plus faibles et aident les agriculteurs pendant la période de soudure.

Mais cette année, les petites pluies sont en retard. La famille de Shilime Erbo espérait que la récolte de maïs les aiderait à attendre les pluies kiremt mais la récolte ne s’est pas produite. Le retard des pluies aggrave leur situation déjà précaire ; la sécheresse de 2011 a laissé leur ménage sans réserve alimentaire. « Il n’y pas eu de récolte l’an dernier », dit-elle. « Nous avons replanté cette année mais les plants sont petits et je ne sais pas s’ils arriveront à maturité ».

Présence vitale des agents sanitaires de proximité

Shilime Erbo essaye de compléter le revenu familial en travaillant comme journalière mais le travail est rare et ses employeurs payent souvent avec retard. Par conséquent, ses enfants ont perdu du poids. Sa fille, Shegitu Tule, 18 mois, a commencé à souffrir de sous-alimentation sévère. « Quand je l’ai vue si malade, je ne savais pas quoi faire. Je pensais qu’elle allait mourir », dit Shilime Erbo.

Elle a amené Shegitu au dispensaire du village où les agents sanitaires de proximité, qui sont formés avec l’appui de l’UNICEF, offrent une alimentation thérapeutique de jour aux enfants malnutris.

Worke Bati Julati est l’une des deux agents sanitaires de proximité du dispensaire de Korre Rogicha. Elle fait partie des 34 000 agents sanitaires de proximité rétribués par le gouvernement qui ont été déployés dans 15 000 dispensaires de village à travers tout le pays pour apporter un ensemble intégré de prestations en matière de santé, de nutrition, d’assainissement et d’hygiène.

« Shegitu était une enfant très malade quand elle est venue me voir », dit Worke Bati Julati. Shegitu a été placée sous un régime d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (RUTF). Une semaine après, l’état de la petite fille s’est considérablement amélioré.

Renforcement de la résilience dans les zones rurales

« Avant le démarrage du programme d’alimentation thérapeutique de jour, la malnutrition sévissait à Korre Rogicha et beaucoup d’enfants mouraient », dit Worke Bati Julati. Mais aujourd’hui, les enfants survivent.

« Nous avons commencé à donner des RUTF en 2009 », dit-elle. « Avant cela, les familles devaient aller jusqu’au dispensaire de Fajee Gole [à deux heures à pied d’ici] et beaucoup d’enfants mouraient. Mais après la mise en place du dispensaire, le changement a été énorme ».

Tout cela entre dans le cadre d’une stratégie destinée à renforcer la résilience chez les habitants des zones rurales qui représentent plus de 80 % de la population éthiopienne.

Les femmes bénévoles sélectionnées par la communauté pour assurer le suivi de la santé des familles vivant dans le secteur sont également un élément central de cette stratégie. Elles ont été formées pour dépister les enfants malades et souffrant de malnutrition et les orienter vers le dispensaire pour une évaluation et un traitement. Cela a permis des consultations rapides, prévenant ainsi la malnutrition sévère, le retard de croissance et diverses conséquences indésirables.

« Avant, les enfants étaient dans une très mauvaise condition », dit Worke Bati Julati. « Mais à présent, il y a une forte amélioration. Et la raison est que, chaque semaine, ils reçoivent les RUTF. Ceux-ci sont si efficaces qu’à présent, ils ne meurent plus. Au cours des quatre dernières années, beaucoup de vies d’enfants ont été sauvées ».

Les agents sanitaires de proximité offrent aussi un ensemble intégré de services comprenant la vaccination contre des maladies comme la rougeole et la pneumonie ; le suivi de la croissance pour les enfants de moins de deux ans ; l’administration de suppléments de vitamine A et de comprimés vermifuges. Ils encouragent aussi le lavage des mains avec du savon et l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois de la vie.

À pied d’œuvre pour empêcher une catastrophe

Alors qu’une nouvelle sécheresse menace, le nombre d’enfants souffrant de malnutrition modérée est en augmentation à Korre Rogicha. « Je redoute une augmentation du nombre de cas de malnutrition », dit Worke Bati Julati.

Les agents sanitaires, avec le gouvernement et les partenaires, sont à pied d’œuvre pour empêcher ceci d’arriver.

Le nombre de centres offrant des services thérapeutiques de jour est passé de 500, en 2008, à plus de 10 000 aujourd’hui. Cette augmentation de moyens – aux côtés du Programme de filet de sécurité productif (PSNP), le programme du gouvernement vivres/nourriture contre travail pour les districts touchés par l’insécurité alimentaire – assure que les communautés vulnérables pourront surmonter les épreuves.

Le gouvernement et ses partenaires de développement veillent aussi à ce que les agriculteurs soient capables de renouveler leurs semences pour la saison agricole kiremt.

En attendant, Shilime Erbo est soulagée de voir sa fille se rétablir. « Mon souhait est que les enfants survivent et atteignent l’âge adulte », dit-elle.

Voir un reportage sur ce sujet (en anglais) :

Source : UNICEF, 3 juillet 2012

Les faibles précipitations nécessitent une nouvelle aide alimentaire rapide

Les organisations humanitaires demandent de l’aide alimentaire supplémentaire dans les régions du sud et du nord-est de l’Ethiopie où la récolte de mi-février à mai a beaucoup souffert des précipitations irrégulières pendant le Belg (saison des pluies courtes).

« Nous avons une grave pénurie de nourriture dans la plupart des régions qui dépendent de la saison belg, notamment la région Peuples du Sud » a déclaré Mike McDonagh, directeur du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) en Ethiopie.

D’autres zones du nord-est du pays sont concernées, dans les régions Amhara, Oromia et Tigré.

La récolte belg, qui représente jusqu’à 40 % de la production alimentaire annuelle dans certaines régions, devrait diminuer en 2012. Ceci est dû au retard des précipitations entre mi-février et mai. Ces pluies sont tombées avec deux à huit semaines de retard et sont restées en dessous des prévisions.

« La situation est préoccupante et surveillée de près » a indiqué Judith Schuler, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) en Ethiopie, ajoutant que le nombre de personnes touchées par l’insécurité alimentaire pourrait augmenter.

Actuellement, il y aurait 3,2 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire en Ethiopie, soit moins que le pic de 4,5 millions atteint lors de la sécheresse de la Corne de l’Afrique en 2011. Ces chiffres doivent être actualisés à la mi-juillet.

Le PAM a besoin de 183 millions de dollars d’ici à la fin 2012 pour secourir 2,5 millions des 3,2 millions de personnes nécessitant une aide alimentaire d’urgence.

La situation dans la région Peuples du Sud, frontalière du Kenya et du Soudan du Sud, est particulièrement préoccupante.

La récolte belg représente dans cette région 35 à 40 % de la production. Les cultures racines, principalement des patates douces, représentent à elles seules 50 % de la récolte dans certains secteurs. Or, selon les dernières analyses (en mai) d’alerte précoce et de réponse du gouvernement, cette longue période de sécheresse a eu des conséquences désastreuses sur les récoltes et a également touché d’autres cultures comme les haricots, les pommes de terre et le maïs qui devaient combler le déficit alimentaire entre mars et juin.

Les organisations humanitaires ont déclaré qu’une période de récupération insuffisante après la sécheresse de 2011 pourrait aggraver la situation des ménages vulnérables dont les avoirs et autres stratégies de survie se révèlent insuffisants.

Augmentation de la malnutrition

« Le nombre de personnes atteintes de malnutrition est déjà en train d’augmenter », a indiqué M. McDonagh (OCHA).

Selon OCHA, pour la seule région Peuples du Sud, près de 90 000 enfants, femmes enceintes ou allaitant leur enfant sont relativement malnutris à présent, et ce chiffre augmente.

« Le mois de mars a été pire que février, avril a été pire que mars et nous prévoyons que mai sera pire qu’avril », a déclaré M. McDonagh. « Cela empire pendant un certain temps et ensuite, peut-être vers juillet août… cela pourrait diminuer de nouveau ».

« Nous avons besoin de rations alimentaires générales, ce que nous appelons des secours alimentaires. Nous avons besoin de plus de compléments alimentaires, ainsi que de nourriture thérapeutique. Nous avons également besoin d’autres éléments tels que des semences. »

Selon l’Unité de coordination de nutrition d’urgence du ministère de l’agriculture, il y a une augmentation du nombre d’enfants atteints de malnutrition sévère au sein des programmes d’alimentation thérapeutique, cette augmentation étant plus forte et plus avancée qu’en 2011.

Ainsi, les admissions à ces programmes ont augmenté de 15,3 % de janvier à février, et de 27 % de plus de février à mars. Les chiffres de mars à avril ne sont pas disponibles.

Selon Mitiku Kassa, ministre d’état de l’Agriculture, les ministères de l’agriculture et de la santé suivent la situation de près en matière d’insécurité alimentaire.

« L’irrégularité des saisons des pluies résultant [de] problèmes de [ce] type n’est pas quelque chose de nouveau pour nous », a ajouté Mitiku. « Nous avons connu la même situation l’année dernière et l’année d’avant et, jusqu’à présent, nous arrivons à gérer le problème… Le pays dispose de suffisamment de ressources et de mécanismes sur place pour faire face cette fois, cependant. »

Source : IRIN, 31 mai 2012

Les agences de l’ONU mettent en garde contre l’aggravation de la malnutrition

Les agences humanitaires internationales ont averti que la malnutrition aiguë pourrait s’aggraver dans les régions de l’Ethiopie à cause du manque de fonds pour nourrir quelque 2,5 millions de personnes dont les rations alimentaires ont été réduites de moitié.

Le déficit d’approvisionnement alimentaire a affecté la distribution d’aide alimentaire dans diverses parties de l’Ethiopie et devrait toucher les allocations futures de la moitié de tous les bénéficiaires.

La ration alimentaire complète de 4,5 kg de mélange maïs-soja, qui a été attribuée à 2,3 millions de personnes, a été réduite à 2,5 kg. Ceux qui sont couverts par le Programme alimentaire mondial (PAM), soit 1,2 million de personnes, recevront 3 kg de mélange maïs-soja.

« Comme la filière alimentaire continue d’être sous-financée, la prochaine série d’aide alimentaire risque d’être distribuée sous forme de rations réduites, ce qui peut entraîner une aggravation de la malnutrition dans les zones touchées par la sécheresse », a indiqué le Bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires (OCHA) .

Dans son bulletin hebdomadaire, cet organisme des Nations unies a appelé à plus d’engagements de la part des donateurs pour rétablir l’approvisionnement alimentaire.

L’Ethiopie fait face à une grave sécheresse, avec 4,5 millions de personnes qui ont besoin d’une aide alimentaire.

Les agences d’aide ont également dénoncé le manque de fonds pour mener à bien des études sur les flambées de maladies et les soins ambulatoires.

Source : Afrique en ligne, 3 août 2011

L’ONU débloque 11 millions de dollars contre la faim en Ethiopie

L’ONU a débloqué 11 millions de dollars pour venir en aide aux personnes affectées par la faim et la malnutrition en Ethiopie, a rapporté hier la presse éthiopienne, reprise par la MAP.

L’Ethiopie fait partie de 15 autres pays à travers le monde, dont les populations sont affectées par la faim, la malnutrition, la maladie, les déplacements et les conflits. Selon la coordonnatrice des actions humanitaires des Nations Unies, Valerie Amos, l’ONU a consacré 84 millions de dollars à ces pays, dont la part la plus importante est revenue aux acteurs humanitaires en Somalie (avec 15 millions de dollars), en Ethiopie (11 millions de dollars) et au Tchad (8 millions de dollars).

Cette aide, distribuée dans le cadre du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) de l’ONU, est destinée aux opérations de secours en cas d’urgences humanitaires.

Source : Aufait Maroc, 18 janvier 2011

Sauver les enfants tant qu’il est temps

Ted Chaiban, représentant de l’Unicef en Ethiopie, présente le réseau d’agents de santé mis en place avec le gouvernement et les ONG partenaires pour déceler la malnutrition avant que l’enfant ne tombe dans la phase aiguë sévère.

Comment se caractérise la sécheresse qui frappe actuellement la Corne de l’Afrique ?

La région manque de pluies depuis dix-huit mois. Les précipitations de février-mars n’ont pas été bonnes, celles de l’été sont arrivées en retard : tout cela a affecté les récoltes, qui pour l’année 2009 seront au-dessous de la moyenne. 500 000 enfants de moins de cinq ans sont en état de malnutrition aiguë sévère dans la Corne de l’Afrique. 270 000 rien que pour l’Ethiopie. La situation de certaines familles est chaque année très fragile : certaines ont moins d’un hectare à cultiver (d’autres n’en ont pas du tout), c’est insuffisant pour vivre, et quand les pluies sont mauvaises on ne peut même pas vendre sa force de travail chez le voisin. Ces familles sont dépendantes de l’aide humanitaire.

Existe-t-il une réponse organisée pour y faire face ?

Depuis 2008, 32 000 agents de santé communautaires sont déployés dans les villages. Ils ont été formés sur la malnutrition aiguë sévère et se sont déployés en 2009 sur plus de 3 200 sites. La moitié de leurs temps est consacrée au porte à porte, afin d’identifier les personnes vulnérables auxquelles ils donnent des conseils de nutrition. Ils peuvent recommander aux mères de se rendre au poste de santé le plus proche pour être renseignées sur le statut nutritionnel de leurs enfants. Des aliments thérapeutiques comme le Plumpy’nut sont distribués. En cas de complications, l’enfant doit être pris en charge plus loin, en centre de santé, mais ce ne sont que 3 à 4 % des cas de figure : le réseau d’agents de santé payés par le gouvernement permet la plupart du temps de détecter les enfants en danger avant les complications. C’est très efficace. Cependant nous manquons de moyens. Les 2 800 tonnes de Plumpy nut que nous avons prépositionnées dans le pays en 2009 seront épuisés d’ici la fin de l’année. L’UNICEF Ethiopie a évalué à 33 millions de $ la somme nécessaire pour répondre aux besoins de santé et de protection des enfants d’ici juin 2010, dont 19 millions pour la nutrition. Le Programme Alimentaire Mondial distribue des rations alimentaires en amont, pour que les familles arrivent à s’en sortir : lui aussi manque de ressources.

Ce système permet-il de couvrir tout le territoire ?

Nous ne sommes pas freinés par des problèmes d’insécurité. Mais nous discutons avec le gouvernement pour que l’accès aux services soit le même dans la zone somalienne de l’Ethiopie que dans le reste du pays. Lutter contre la malnutrition, tout comme vacciner, prévenir le paludisme, fournir de l’eau potable, sont là-bas plus difficiles. Le gouvernement éthiopien est fortement mobilisé auprès de sa population et, après quelques réticences, travaille maintenant activement avec les ONG partenaires, notamment pour de l’appui technique.

Y a-t-il une réflexion de long terme pour éviter que, chaque année, la survie des enfants ne soit menacée par les aléas climatiques ?

L’Ethiopie connaît une croissance de près de 10 % sur les dix dernières années (PNB de 250 $ par habitant en 2009). On partait de si bas qu’il y a encore du chemin à faire pour que la population soit en sécurité. L’agriculture doit être plus performante, il faut diversifier l’économie. Il y a des discussions avec le gouvernement, notamment sur un programme de réduction de la pauvreté, pour mettre les enfants à l’abri de la malnutrition de façon durable. Pour répondre aux crises nutritionnelles récurrentes du pays, l’UNICEF est notamment en discussion avec le gouvernement pour mettre en œuvre un système de surveillance nutritionnelle, qui viendrait compléter le système existant qui permet déjà de suivre la production agricole et l’état des pluies. L’enjeu est de disposer d’un système d’alerte d’urgence qui soit opérationnel et partagé.

Source : UNICEF, 5 novembre 2009

Malnutrition en hausse, les Nations Unies allouent six millions de dollars

L’Ethiopie est confrontée à des difficultés concernant la nourriture, la santé, la nutrition, l’eau, les installations sanitaires, les abris d’urgence, l’agriculture et les moyens de subsistance, d’après Fidele Sarassoro, coordonnateur humanitaire des Nations Unies.

Pour répondre à ces difficultés, les Nations Unies ont débloqué six millions de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF). « J’ai demandé à la communauté humanitaire de s’accorder sur des zones prioritaires dans lesquelles cette nouvelle entrée d’argent pourra immédiatement être mise à profit », a expliqué M. Sarassoro.

Au même moment, le Secteur fédéral de la gestion des risques de catastrophes et de la sécurité alimentaire (DRMFSS) a annoncé que la hausse de la malnutrition et de l’insécurité alimentaire était de plus en plus inquiétante, et qu’elle risquait de rendre 6,2 millions d’Ethiopiens dépendants de l’aide alimentaire, sur une population d’environ 77 millions. A l’heure actuelle, 4,9 millions d’habitants du pays bénéficient d’une aide alimentaire.

D’après le DRMFSS, le pays connaît actuellement une pénurie de 176 000 tonnes de nourriture. Cette pénurie est susceptible d’atteindre 390 000 tonnes d’ici décembre 2009. « En raison de la pénurie actuelle, seulement trois des six tournées de distribution de denrées alimentaires prévues ont été assurées à ce jour », a déclaré le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations Unies, dans un communiqué du 20 juillet dernier.

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Graves problèmes de malnutrition dans la région Somali

Dans la région Somali, en Éthiopie, les taux de malnutrition ont atteint des niveaux critiques, selon une récente évaluation du bureau régional pour la santé.

Menée dans sept woredas (divisions administratives) en avril et en mai, l’étude a découvert des taux de malnutrition aiguë oscillant entre 14,5 et 21,9 %. Un taux supérieur à 15 % reflète une situation d’urgence, soulignait-elle.

Le taux le plus élevé – 21,9 % – a été enregistré dans la woreda Degehabur, dans la zone Degehabur. Cinq autres woredas de la région dépassent également le seuil d’urgence.

L’évaluation a indiqué que de graves pénuries d’eau, un accès difficile à l’eau potable, une faible couverture immunitaire, un taux de morbidité élevé chez les enfants et une dépendance envers l’aide alimentaire ont aggravé la situation. Les mécanismes de survie des ménages ont également été affaiblis par des années de sécheresse.

Les conclusions indiquent que les taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans sont élevés dans les woredas Degehabur et Boh.

« La situation est critique dans les woredas Boh et Degehabur et sérieuse dans celles de Kelafo, Hamero, Bare et Ayisha. À Filtu, elle a été qualifiée de “mauvaise”, à la limite de “sérieuse” », a indiqué le Bureau pour la Coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) dans son bulletin humanitaire hebdomadaire.

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Malnutrition : Le gouvernement éthiopien appelé à lever les taxes

Les agences onusiennes basées à Addis Abeba ont appelé le gouvernement éthiopien à lever les taxes imposées sur les produits alimentaires de première nécessité destinés aux enfants pour faire face à la malnutrition endémique de cette catégorie sociale.

Regroupées dans le Plan cadre des Nations pour l’assistance au développement (UNDP), ces agences ont exhorté l’exécutif éthiopien à prendre les mesures nécessaires pour la levée des taxes imposées sur les produits alimentaires pour enfants, rapporte dimanche l’hebdomadaire local Capital.

L’Ethiopie compte 3,9 millions d’enfants souffrant de malnutrition et la plupart d’entre eux vivent dans des régions enclines d’épidémies telles que le paludisme, la méningite et la polio, ajoute la publication.

Récemment, l’Ethiopie a appelé les bailleurs de fonds à honorer leurs engagements pour venir en aide à une population de 4,9 millions de personnes ayant besoin d’une aide alimentaire d’urgence.

Le gouvernement éthiopien demande une aide d’urgence estimée à 454,3 millions de dollars pour faire face aux effets combinés des conditions climatiques défavorables et de la hausse globale des prix des denrées alimentaires ayant aggravé l’insécurité alimentaire en particulier dans les régions de l’est de l’Ethiopie.

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Violence et malnutrition en région Somali

Du fait de la persistance de la violence et de la dureté des conditions climatiques, la vie des habitants de la région Somali, en Éthiopie, touchée par la crise a été, cette année, une lutte de tous les instants. Prise entre les groupes rebelles basés dans la région et les forces gouvernementales cherchant à écraser la rébellion, la population essentiellement nomade a été encore plus isolée des services de base et de l’aide humanitaire.

Compte tenu des dangers et des restrictions qui pèsent sur l’importation des marchandises dans cette région, l’offre sur les marchés locaux de denrées alimentaires et d’autres produits essentiels a considérablement diminué et les hausses de prix ont rendu les produits de première nécessité pour une bonne part inaccessibles.

Les restrictions sévères sur les déplacements dans certaines zones ont fortement aggravé la vulnérabilité des nomades qui ne peuvent chercher de l’eau et des aliments pour leur bétail.

Les habitants ont vu leurs récoltes, leurs réserves alimentaires, leurs pâturages et leur cheptel détruits par la sécheresse et du fait des combats. Certains habitants ont été directement exposés à la violence.

En mai, dans plusieurs parties de la région Somali, MSF a relevé des taux de malnutrition inquiétants, liés à la crise nutritionnelle qui sévit dans le Sud de l’Éthiopie.

Les équipes ont également observé des maladies telles que diarrhées, infections urinaires et infections ophtalmiques, révélatrices de problèmes d’eau et d’assainissement.

À Warder, ville située dans l’est de la région Somali, MSF a vu des milliers d’éleveurs nomades et d’habitants de la brousse arriver à la périphérie de la ville en quête de nourriture, d’eau et de soins médicaux.

Par ailleurs, le nombre d’enfants admis pour malnutrition aiguë sévère a considérablement augmenté, ces derniers mois, dans les programmes nutritionnels de MSF à Warder et à Degehabur, il y avait près de 1 000 enfants en décembre. MSF donne également des consultations externes, prend en charge des patients en hospitalisation et traite les malades de la tuberculose.

Dans une région où les besoins humanitaires sont considérables, on note clairement un manque d’aide appropriée, qui laisse des milliers de personnes seules face à des niveaux de malnutrition en augmentation et des maladies en nombre croissant. Les restrictions sur les déplacements signifient que MSF n’est pas toujours en mesure d’accéder à certaines zones pour évaluer les besoins des populations et y répondre de manière appropriée.

MSF estime qu’au moins dans une zone de la région Somali, les trois quarts de la population n’ont pas accès aux soins de santé. De nombreux obstacles d’ordre administratif ont mis à mal la capacité de MSF à fournir une aide adéquate et, dans un cas, ont conduit à la fermeture d’un projet MSF à Fik.

MSF continue d’assurer les soins de santé essentiels à Warder et à Degehabur, tout en étudiant les possibilités d’accroître son aide aux habitants de la zone touchée par le conflit dans la région Somali. Une aide accrue et sans entrave est essentielle pour ceux qui continuent de souffrir des répercussions quotidiennes de la crise actuelle.

Contrairement à la région Somali où il est très difficile de travailler, MSF a pu apporter une réponse massive à l’épidémie de malnutrition dans la région Oromia et dans la région Peuples du Sud, situées dans le sud de d’Ethiopie.

De mai à septembre, MSF a pris en charge plus de 28 000 patients souffrant de malnutrition sévère et 21 000 patients souffrant de malnutrition modérée dans différents endroits.

De plus en juillet, MSF a fait une distribution ciblée de nourriture à 12 500 personnes considérées comme les plus vulnérables.

Source : Médecins Sans Frontières, 22 décembre 2008

Oublier Malthus : Éthiopie, la crise alimentaire surmontée ?

par Alain Gascon

L’Éthiopie subit une grave disette due au déficit des petites pluies au printemps 2008. Les grandes pluies d’été ayant fait reverdir les campagnes, le pays subit une famine “verte”. Elle n’a pas provoqué de désordre politique car, très tôt, le gouvernement a mobilisé les réserves nationales de nourriture, lancé un appel à la solidarité internationale et travaillé avec les organisations humanitaires pour secourir les sinistrés. En voie de résorption d’après les témoignages, cette crise annonce toutefois un avenir difficile pour les Éthiopiens qui étaient 25 millions en 1970, 77,1 millions en 2007 et seront 100 millions en 2025. Alors que plus de 10 % de la population souffrent de sous-alimentation chronique, comment accueillir dans les campagnes et dans les villes 20 millions d’habitants supplémentaires et leur trouver logement, nourriture et travail ? Malthus ne va-t-il pas prendre sa revanche ?

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Source : Hérodote, n°131 (2008)

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