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En Ethiopie, la microfinance se fait attendre
dans les villages

par Andualem Sisay

En Ethiopie, les établissements de microfinance enregistrent de remarquables succès depuis leur légalisation il y a douze ans. Mais leur présence reste limitée dans les villes. Pourquoi ?

À 45 kilomètres au sud d’Addis Abeba, la capitale éthiopienne, Aselefech Desalegn prépare l’injera, le pain national. Comme des millions d’Éthiopiennes, elle doit faire des pieds et des mains pour nourrir ses enfants.

Depuis peu, Aselefech gagne sa vie en livrant l’injera dans des hôtels de la ville. « En dehors de la chaise que vous voyez là-bas, tout ce qui est dans ma maison vient de Buusaa Gonofaa » affirme-t-elle. Buusaa Gonofaa c’est le nom de la microfinance qui lui a permis de financer son activité.

Il y a 15 ans qu’Aselefech a quitté ses parents, installés dans une région rurale non loin, pour s’installer à Bishoftu, anciennement nommée Debré Zeit. Avec la réduction de la fréquence des récoltes à une seule fois par an, beaucoup de jeunes Éthiopiens migrent vers les villes et même dans les pays du Moyen-Orient où ils travaillent comme filles ou garçons de ménage.

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Un projet de petits prêts fait renaître une région

Un projet du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) couvrant les frais de lancement d’activités rémunératrices communautaires en Éthiopie a permis à environ 5 000 personnes, originaires pour la plupart de milieux pauvres et vulnérables, d’acquérir de nouvelles compétences et de trouver du travail au cours de l’année dernière.

Le projet Développement économique local (LED) du PNUD, qui s’inscrit dans les efforts du Gouvernement éthiopien d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, a accepté l’an dernier d’accorder un prêt initial d’environ 243 000 dollars des États-Unis aux responsables de la localité de Sodo, dans le sud du pays.

Un groupe de sept jeunes gens sans travail de Sodo, l’une des sept localités des quatre régions d’implantation du projet, a achevé un stage de formation en compétences entrepreneuriales et reçu un prêt équivalent à 15 000 dollars pour monter une affaire.

Après avoir reçu une formation en planification et gestion des affaires, en comptabilité de base, en techniques de marketing et de leadership, le groupe a créé une cafétéria et un centre de loisirs pour jeunes qui ont dégagé un bénéfice de 1 400 dollars au cours des derniers mois, dont une partie assure le service du prêt, et l’autre a été réinvestie dans les opérations de fonctionnement de la cafétéria.

Cette initiative, qui a engagé les responsables locaux, le secteur privé et la société civile, a profité tout particulièrement à ceux qui n’ont pas suivi un enseignement scolaire, comme cette habitante de Sodo de 20 ans, Abonesh Dejene, qui n’avait pas les moyens de payer les frais de scolarité.

Dejene était à la charge de ses parents, qui devaient subvenir aux besoins de leurs trois autres enfants avec de faibles moyens. Lorsqu’elle a commencé à travailler au centre de loisirs, elle était la seule femme sur les sept membres du groupe, qui avaient tous abandonné leurs études.

Pour l’équivalent de 30 dollars par mois, Dejene a travaillé dans la cafétéria et dans d’autres endroits du centre, à faire la cuisine, à nettoyer et à servir les clients. Certains de ses collègues ont mis à profit les installations à leur disposition pour fabriquer des meubles en bois et organiser des événements sportifs.

« Ma région renaît à la vie », dit Dejene. « Je suis reconnaissante à mes collègues qui travaillent avec moi dans la cafétéria. Bien que seule femme du groupe, ils m’encouragent et me raccompagnent chez moi à la tombée de la nuit après le travail ».

Avec l’argent gagné, Dejene est retournée à l’école et contribue au revenu familial. Elle partage son temps entre les études dans la journée et le travail le soir, décidée à démarrer sa propre entreprise.

Des projets de microcrédits comme le LED, qui disposent d’un budget total de 10 millions de dollars pour la période 2009-2012, sont une pièce maîtresse du plan éthiopien de développement national de cinq ans qui vise à accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs de développement grâce à une croissance économique stimulée par les créations d’emplois et riche en revenus.

Depuis cinq ans, l’Éthiopie enregistre une vigoureuse croissance économique de 11 % et a réduit le taux de pauvreté de 32,7 % en 2008-2009 à 29,2 % en 2010. Le taux d’inscription des filles dans l’enseignement scolaire primaire se situe à 90,7 % depuis 2009.

Source : Programme des Nations Unies pour le développement, 15 décembre 2010

Vidéo : Une banque pour les plus pauvres,
pour vivre une autre vie

Les plus pauvres du monde peuvent changer leur vie, grâce au micro-crédits. En Ethiopie, une “Banque des pauvres”, soutenue par plusieurs organisations européennes, est parmi les meilleures institutions de ce secteur. La micro-finance pourrait pourtant encore tripler ses efforts, car les besoins restent largement insatisfaits.

Source : Euronews, 18 juillet 2009

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