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Album photo : Les peuples de l’Omo vus par Hans Silvester

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Les peuples de l’Omo : Les arts premiers dans la peau

par Joëlle Ody – Photos Hans Silvester

En Ethiopie, dans la vallée de l’Omo, des tribus nomades font de leurs corps des tableaux vivants. C’est une Afrique inconnue que montre aujourd’hui le travail d’Hans Silvester, au terme de plusieurs séjours dans cette région isolée. Ses photos seront projetées lors du festival “Visa pour l’image” à Perpignan et un double album publié aux éditions La Martinière rassemble les plus belles images glanées au contact de tribus longtemps isolées. Au moment où les crues de l’Omo ont tué des centaines d’individus et emporté des troupeaux entiers dans la contrée, ce témoignage met en lumière un mode de vie menacé.

D’occasion, en bon état, la kalachni­kov vaut 8 zébus. Neuve, elle se né­gocie entre 30 et 40. C’est cher, le même prix qu’une femme, une belle femme, mais l’arme le vaut bien. Les guerriers de la basse val­lée de l’Omo l’apprécient tant qu’ils la portent souvent comme unique parure : ils vont nus mais ne se séparent pas de leur A.k.-47 ou M-16 importé du Soudan, que le père transmettra par héritage à son fils aîné. Pour le reste, leur mode de vie a peu changé, malgré les efforts du gouvernement éthiopien et de quelques autorités religieuses qui essaient d’imposer le port du short ainsi que l’usage de l’amharique, la langue officielle du pays.

Dans cette région perdue qui jouxte le Kenya et le Soudan, où ne mènent que des pistes impraticables pendant la saison des pluies, quelques tribus nomades et d’autres presque sédentarisées aux abords du fleuve gardent à peu près intactes leurs traditions, même si certaines ont été débusquées par des professionnels des voyages insolites, ce qui leur a promptement enseigné que le touriste est une source consentante de birrs, la monnaie locale. La civilisation a d’abord touché ces ethnies lorsque sont arrivés les réfugiés qui fuyaient la guerre du Soudan. D’où les armes, et l’alcool, qui lui aussi commence son travail de mort parmi les petits peuples de l’Omo.

Non loin d’ici ont été retrouvés les ossements fragiles de la célèbre australopithèque Lucy. Dans cette dépression du Rift se côtoient sur quelque 60 000 km2 une vingtaine de tribus fortes d’un millier à plusieurs dizaines de milliers de personnes. La terre des origines de l’humanité les a accueillies au terme de lointaines migrations parties des rives du Nil. Chacune a gardé sa propre identité, ses propres coutumes et même sa propre langue. Depuis toujours, elles guerroient entre voisins pour des questions de pâturage. Depuis toujours, les peintures corporelles, les bijoux, les scarifications, l’élaboration des coiffures leur offrent un champ d’expression où donner toute la mesure d’une inventivité et d’une adresse inéga­lées dans le monde sauvage.

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