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Tous les problèmes ont de solutions, même le changement climatique

Il y a huit ans, Kenbesh Mengesha gagnait un revenu incertain en cherchant du bois de chauffage dans les forêts publiques locales et en le vendant aux autres habitants des bas-quartiers d’Addis Abeba, en Ethiopie.

Elle gagnait en moyenne environ 50 cents US par jour, si elle avait de la chance. Mais aujourd’hui, elle fait partie d’un projet agricole réussi de femmes, qui est un modèle pour former d’autres groupes urbains d’agriculteurs dans toute l’Afrique sur la façon de s’adapter aux changements climatiques.

Selon la Banque mondiale, l’Ethiopie est extrêmement vulnérable à la sécheresse et à d’autres catastrophes naturelles telles que les inondations, les fortes pluies, les vagues de gelée et de chaleur. Le réchauffement climatique mondial a aggravé cette situation, puisque les modèles de circulation générale prévoient une augmentation de 1,7 à 2,1 degrés centigrades de la température moyenne du pays d’ici à 2050.

Cela devrait avoir un impact important sur la sécurité alimentaire. Récemment en 2011, le pays et toute la Corne de l’Afrique ont été touchés par la pire sécheresse en 60 ans. Elle a entraîné une grave crise alimentaire, avec les Nations Unies qui ont déclaré la famine dans la région.

La Banque mondiale estime que l’insécurité alimentaire coûtera à l’Ethiopie 75 à 100 milliards de dollars chaque année pour s’adapter aux changements climatiques de 2010 jusqu’en 2050.

Alors, quand Mengesha et 29 autres femmes qui avaient aussi l’habitude de gagner leur vie en cherchant du bois de chauffage ont formé une organisation communautaire locale, celle-ci est devenue le début d’un moyen de vie plus sûr et plus durable.

« La collecte de bois de chauffage était et est toujours un travail risqué. Je connais plusieurs femmes qui ont été violées par des hommes qui ont profité d’elles pendant qu’elles étaient dans la brousse en train de chercher du bois de chauffage », déclare-t-elle.

Mais la vie d’aujourd’hui est moins incertaine pour Mengesha. Et elle n’abat plus les ressources naturelles du pays pour s’en sortir.

Dénommé “Association des femmes de Gourara”, qui compte aujourd’hui 200 membres, le groupe loue et exploite près de deux hectares de domaines publics inoccupés à proximité des bas-quartiers de Gourara, à Addis Abeba, en pratiquant ce qu’il appelle un système de bio-économie intégrée.

Les groupes d’entraide communautaires ici sont autorisés à demander des domaines publics à travers le gouvernement local et l’administration du district si le projet doit être mis en œuvre dans les environs de la ville. Ce groupe de femmes a un bail de cinq ans renouvelable.

Ce groupe de femmes a découvert des façons novatrices pour maîtriser les conditions climatiques toujours changeantes et lutter contre l’insécurité alimentaire.

Elles ont été formées par Bioeconomy Africa, une organisation non gouvernementale qui dirige l’Institut de développement des capacités en bio-économie en Afrique (ABCD Institute). Les femmes ont suivi deux semaines de formation sur différentes techniques intégrées dans l’agriculture à petite échelle.

Et cette initiative s’est révélée un succès puisqu’elle a permis aux membres de cette association de gagner assez d’argent pour nourrir leur famille, payer les frais de scolarité de leurs enfants et même de créer des opportunités d’emploi pour d’autres.

C’est en soi une grande prouesse dans cette nation d’Afrique de l’est, qui a une population de 82 millions d’habitants et est le deuxième pays le plus pauvre au monde. Selon l’Indice de pauvreté multidimensionnelle, élaboré par l’Université d’Oxford, 90 % des Ethiopiens vivent dans une pauvreté absolue, avec 39 % qui survivent avec 1,25 dollar par jour.

« Nous avons appris à utiliser le moindre espace fertile ou non, pour la production agricole maximale », a affirmé Fantanesh Atnafic, l’un des membres fondateurs de l’organisation.

« Dans un passé récent, nous avons vu des conditions environnementales changer radicalement. Les précipitations ne sont plus fiables comme elles l’étaient il y a 20 ans. Pourtant, lorsque la sécheresse arrive, elle est généralement plus longue que la normale, ce qui a un effet négatif sur l’agriculture en général », a-t-elle expliqué.

Mais un climat qui change ne signifie pas la défaite pour les petits fermiers, selon Dr Getachew Tikubet, le directeur des opérations de Bioeconomy Africa.

« Il est vrai que les conditions climatiques changent, ce qui est un énorme revers pour beaucoup de fermiers africains. Mais la vérité est que tous les problèmes ont de solutions. Et c’est ce que nous essayons d’aborder avec les petits agriculteurs africains », a-t-il déclaré.

L’association des femmes utilise différentes méthodes d’agriculture intensive qui créent un environnement idéal pour leurs cultures.

« Nous mélangeons généralement les connaissances agricoles indigènes, telles que l’utilisation de fumier, avec les techniques scientifiques apprises auprès de différentes organisations et des individus, qui comprennent l’extraction du biogaz et du gaz méthane à partir de la bouse de vache avant d’utiliser le résidu comme fumier », a indiqué Atnafic, une mère de six enfants dont le mari a été tué dans l’armée il y a 20 ans.

Source : All Africa, 29 août 2012

Stratégie de croissance verte
pour un développement durable

L’Ethiopie a lancé vendredi une ambitieuse stratégie de croissance économique verte pour un développement durable dont la mise en œuvre requiert 150 milliards de dollars américains sur 20 ans.

Dénommée économie verte résistant aux phénomènes climatiques (CRGE, sigle en anglais), l’initiative prévoit le double objectif de hisser l’Ethiopie au rang des économies à revenu intermédiaire d’ici à 2025, tout en maintenant le même niveau d’émissions de gaz à effet de serre.

Le CRGE fait de l’Ethiopie le premier pays africain à être doté d’une telle stratégie de mise en œuvre.

« Le problème que nous avons en Afrique c’est la mise en œuvre, mais le CRGE pourrait être reproduit dans d’autres pays africains afin de résoudre ce problème », a déclaré à la PANA, le directeur du Département de l’économie rurale et de l’agriculture de l’UA, Abeba Haïlé-Gabriel.

L’Ethiopie est appréciée pour sa croissance verte pionnière en Afrique, tandis que son Premier ministre est considéré comme le leader des discussions sur le changement climatique sur le continent et dirige le Comité des chefs d’Etat et de gouvernement sur les changements climatiques (CAHOSCC).

Seul représentant de l’Afrique lors des négociations concernant les changements climatiques, le CAHOSCC s’est réuni mercredi à Addis Abeba et a mis à jour la position continentale pour le sommet de Durban, en Afrique du Sud, qui doit se tenir à la fin de ce mois.

« Comme les autres pays, l’Ethiopie doit prendre des mesures pour s’adapter à l’inévitable réalité du changement climatique, mais nous allons beaucoup plus loin que cela. Nous démontrons que nous pouvons offrir un programme ambitieux de croissance économique, tout en le faisant de manière verte », a déclaré le directeur général de l’Autorité éthiopienne de protection de l’environnement (EPA), Tewolde G. Egziabher.

Le plan a pour but l’améliorer l’agriculture et l’élevage, le reboisement et la gestion efficace des forêts, l’expansion de la production d’électricité et la progression rapide des technologies de transport modernes et économes en énergie.

Source : Afrique en ligne, 19 novembre 2011

La NASA va aider l’Ethiopie dans la mise en place d’un programme de prévention des changements climatiques

L’administration américaine de l’aéronautique et de l’espace (NASA) va aider l’Ethiopie dans la mise en place d’un programme intégré de prévention des risques du changement climatique, à travers des activités de prévisions météorologiques et de protection de l’environnement, a annoncé, vendredi, l’Autorité éthiopienne de protection de l’environnement (EPA).

Selon le directeur de l’EPA, Desalegn Mesfin, l’Autorité envisage de conclure des accords de partenariat avec diverses institutions de recherche, y compris la NASA, en vue de renforcer les capacités en matière de prévention des risques de changement climatique et de l’échange d’information.

Ces accords permettront le transfert de technologie et de connaissances entre l’Autorité, l’Université d’Addis Abeba et l’Université américaine Johns Hopkins, a-t-il fait savoir.

Le changement climatique représente une grande menace pour la croissance et le développement durable en Afrique, le continent qui contribue le moins aux émissions globales de gaz à effet de serre (GES).

Pourtant, l’Afrique est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique, notamment à cause de sa dépendance à l’égard des rendements de l’agriculture sous pluie, de la pauvreté et du manque de capacités.

Les trois quarts des pays d’Afrique sont situés dans des zones où il suffirait d’une faible réduction des précipitations pour engendrer d’importantes diminutions de la disponibilité globale en eau.

D’ici à 2020, entre 75 et 250 millions de personnes seront exposées à une augmentation des crises liées à l’eau.

Un Africain, en moyenne, génère 13 fois moins de GES qu’un Nord-américain et le continent est responsable de moins de 4 % des émissions de GES produites dans le monde.

Source : Aufait Maroc, 29 octobre 2010

Pour la réduction des émissions de C02 en Ethiopie

Le Programme alimentaire mondial (PAM) et la plus grande banque de développement allemande, Bankengruppe (KFW), ont annoncé ce vendredi un programme de mobilisation de fonds en vue de financer des initiatives contre les changements climatiques par la promotion de réchauds à basse consommation en Ethiopie.

Les réchauds à basse consommation énergétique réduisent les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et dans le cadre d’un schéma novateur, vont donner droit à un “crédit de carbone” qui pourra être monnayé sur le marché international de crédit de carbone.

Le directeur national adjoint du PAM en Ethiopie, Felix Gomez, a indiqué que ce plan visait à réduire la dépendance vis-à-vis du bois de chauffe comme principale source d’énergie pour une meilleure protection de l’environnement.

« Les communautés vont non seulement bénéficier de la réduction de la consommation de bois de chauffe grâce aux réchauds à basse consommation mais elles vont aussi recevoir des crédits de carbone pour investir dans d’autres initiatives contre les changements climatiques », a lancé M. Gomez.

A ce jour, 4 500 réchauds à basse consommation ont été installés dans des foyers frappés par l’insécurité alimentaire dans le cadre du projet pour la réhabilitation de l’environnement, ont indiqué le PAM et la banque allemande KFW dans un communiqué conjoint.

Le projet, intitulé “Gestion des ressources environnementales pour faciliter la transition” (MERET), a pour cible les petits agriculteurs dans les régions Amhara, Oromia et Tigré pour créer une société sans carbone.

A travers ce nouveau projet, les réchauds à basse consommation vont générer des revenus à partir des crédits de carbone pour les communautés ciblées.

Selon les estimations, chaque nouveau réchaud va réduire les émissions de dioxyde de carbone d’une tonne et générer un crédit de carbone d’une valeur de 5 euros sur le marché mondial du crédit de carbone tous les ans.

Le revenu tiré de l’investissement sera réutilisé pour acheter jusqu’à 200 000 réchauds supplémentaires dans les deux années à venir.

Le PAM a commencé à promouvoir l’usage des réchauds à faible consommation en Ethiopie en 2009, rappelle-t-on.

Source : Afrique en ligne, 5 juin 2010

L’Ethiopie va lancer des programmes pour atténuer les effets des changements climatiques

L’Ethiopie est en train de lancer des programmes qui devraient lui permettre de s’adapter aux effets des changements climatiques dans le pays, a appris APA jeudi de source sure.

Selon des informations fournies par Ethiopian Radio, citant un rapport de l’Autorité de protection de l’environnement en Ethiopie (EPA) le pays est en train de développer des programmes d’énergie hydraulique, éolienne et géothermique pour faire face aux défis posés par les changements climatiques, qui causent depuis quelques années des soucis à la communauté internationale.

L’avant projet a mis l’accent sur l’expansion des services de santé pour les humains et les animaux, les infrastructures, les systèmes de prévention des catastrophes et les capacités de réaction des collectivités pour faire face aux changements climatiques.

« Le rapport a également souligné la nécessité du renforcement des capacités pour protéger la biodiversité contres les pesticides, empêcher l’épuisement des sols, les catastrophes sur les productions agricoles et l’approvisionnement en eau », a ajouté l’EPA.

L’aide financière et technique devrait parvenir cette année à l’Ethiopie à travers l’Accord signé à Copenhague.

Source : Agence de Presse Africaine, 4 mars 2010

Un projet de reforestation qui vise aussi l’autonomisation de la jeunesse

De retour dans son Éthiopie natale après un long séjour à l’étranger, M. Gashaw Tahir contemple, atterré, le niveau de dégradation des sols et l’effet du déboisement sur le climat et sur la vie quotidienne des membres de sa collectivité, qui tirent leur subsistance surtout de l’agriculture.

« Autrefois, on ne pouvait pas voir le ciel » tant la forêt était dense, dit-il, mais maintenant le paysage est devenu rocheux. Quand il était enfant, une douzaine de rivières coulaient aux alentours de sa ville natale. « Il en reste peut-être une ou deux aujourd’hui. C’est épouvantable. » En outre, la faune se fait rare, les températures moyennes ont nettement augmenté, et cela contribue à des poussées de paludisme. « De nos jours, cette maladie cause plus de décès que le sida. »

La solution est de reboiser la montagne. Mais M. Tahir a décidé que son projet de réhabilitation écologique devait aussi profiter à sa collectivité accablée de difficultés économiques et permettre aux jeunes de découvrir leur potentiel et d’en tirer parti. En recrutant des jeunes des communautés tant musulmane que chrétienne pour planter les pousses d’arbres, M. Tahir voulait aussi promouvoir la coexistence des religions tout en donnant aux jeunes la possibilité de gagner de l’argent pour acheter des vêtements et des manuels scolaires.

M. Tahir a demandé d’abord au conseil municipal de lui céder un hectare de terrain ; puis il a embauché 450 enfants pour une période de deux à cinq mois au cours de laquelle ils ont collecté de l’engrais pour le mélanger au sol épuisé avant d’y planter les jeunes pousses qu’il avait fait démarrer à temps pour la saison des pluies d’été.

Le projet, connu sous le nom de Greenland Development Foundation, s’est développé à vive allure tandis que M. Tahir ajoutait des terres et employait toujours plus de jeunes travailleurs. À ce jour, M. Tahir et ses équipes ont planté plus d’un million d’arbres et la couverture médiatique dont ils ont fait l’objet a inspiré le lancement de plusieurs projets semblables dans d’autres régions de l’Éthiopie.

Le gouvernement éthiopien a reconnu M. Tahir comme un « héros vert national », mais celui-ci affirme que son rôle le plus important consiste simplement à « servir de modèle ». M. Tahir prévoit d’élargir encore ce projet maintenant que près de 4 500 nouveaux hectares lui ont été octroyés. Il a l’intention d’embaucher jusqu’à un millier de jeunes pour planter des arbres fruitiers, tels des orangers, des papayers et des manguiers.

Outre le fait que ces arbres fruitiers serviront à contrer l’érosion du sol, ils fourniront de la nourriture et des revenus supplémentaires à la population. Dans un pays qui continue à faire face à l’insécurité alimentaire, dit M. Tahir, ces arbres seront plus durables parce que la population sera réticente à les couper pour vendre leur bois afin d’acheter à manger.

« Ma devise est que je veux que l’Afrique soit verte de nouveau, non seulement en plantant des arbres, mais aussi des arbres fruitiers qui seront durables et qui amélioreront la vie des gens », explique M. Tahir. « Les gens en prendront soin parce qu’ils leur rapporteront de l’argent, et cela sera bénéfique à l’environnement. Les arbres serviront deux objectifs. »

M. Tahir a aussi établi un centre de recherche agricole où les jeunes et leurs parents peuvent apprendre les techniques modernes et les meilleures pratiques. D’après M. Tahir, environ 80 % des membres de sa collectivité travaillent dans les champs. Mais un grand nombre d’entre eux ne produisent même pas assez pour se nourrir.

Le centre de recherche fournit des semences hybrides et enseigne des techniques modernes pour les cultures traditionnelles, tel le sésame, ainsi que pour des cultures nouvelles, comme le coton et le maïs. « Maintenant, ils peuvent faire ce qui leur convient le mieux », dit M. Tahir. « Ils n’ont plus à se demander quelle culture donnera le meilleur rendement ou quand planter leurs champs. » Quelque 800 jeunes tirent profit du centre de recherche, de même que plusieurs centaines de leurs parents.

M. Tahir souligne que depuis son retour en Éthiopie et le lancement de la Greenland Development Foundation en 2006, il a déjà constaté des changements positifs au plan de l’environnement, tel un renouveau des pâturages et des zones d’ombrage, de même qu’une baisse des températures moyennes.

Les Éthiopiens sont aujourd’hui conscients des enjeux écologiques, qui ont des conséquences sur leur économie et sur la qualité de leur vie. La prochaine étape pour eux est d’avoir la volonté d’agir, affirme M. Tahir, et il est heureux de pouvoir leur donner l’exemple. « Ces jeunes gens, quand je leur donne du travail, quand je leur donne de l’espoir, quand ils gagnent de l’argent, ils ont la possibilité d’être autonomes. Et cela, ils le comprennent bien. »

Source : America.gov, 4 janvier 2010

Meles Zenawi, voix de l’Afrique à Copenhague

C’est un ex-chef de guérilla, Meles Zenawi au pouvoir depuis 18 ans en Ethiopie, qui sera la seule voix de l’Afrique – une première sur le continent – aux négociations sur le climat à Copenhague.

Les Etats de l’Union africaine ont en effet accepté une délégation de souveraineté pour ce “négociateur en chef”, afin de parler d’une seule voix et tenter d’avoir plus de poids lors des négociations sur le réchauffement de la planète dont l’Afrique est la première victime.

Meles Zenawi, 54 ans, est au pouvoir en Ethiopie depuis 1991, après la chute du régime militaro-marxiste de Mengistu Haïlé Mariam. Il a d’abord occupé les fonctions de président de la République (1991-1995) avant le changement de Constitution qui a fait de l’Ethiopie un régime parlementaire et d’être désigné comme Premier ministre.

Cet ancien chef politique de la guérilla (1988-1991), qui a mené le Front de libération des peuples du Tigré (TPLF) à la victoire, dirige depuis son pays d’une main de fer tout en menant une série de réformes économiques.

Il fait partie, avec notamment le rwandais Paul Kagame et l’Ougandais Yoweri Museveni, de cette génération de dirigeants africains arrivés au pouvoir dans les années 90, et en qui le président américain de l’époque Bill Clinton voyait les possibles “leaders de la renaissance” africaine.

Petit de taille, un peu dégarni, portant courte moustache et bouc, ce dirigeant réputé pour sa bonne connaissance des dossiers est également depuis 2007 président du Nepad, le Nouveau partenariat pour le développement en Afrique.

Etudiant en médecine avant de rejoindre la rébellion en 1974, M. Zenawi a suivi une fois au pouvoir des études supérieures en économie dans des universités européennes.

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Pour les fermiers éthiopiens, le changement climatique aggrave l’insécurité

Au milieu d’un groupe de jeunes hommes amaigris, Tuke Shika, fermier éthiopien, montre le ciel quand on lui demande pourquoi ses récoltes sensées le nourrir, ont grandement diminué cette année.

« Le temps a changé, ce n’est plus comme avant. Les pluies sont de plus en plus aléatoires, et nos récoltes de plus en plus minces », se plaint-il.

A Loke, à environ 350 km au sud de la capitale éthiopienne, Addis Abeba, d’immenses territoires, portant autrefois d’abondants épis de maïs, ne produisent plus que des pousses desséchées, bien que les pluies soient récemment tombées en abondance.

L’an passé M. Tuke avait récolté cinq tonnes de maïs, moitié moins cette année et comme plus de 2 000 personnes de ce district, il est confronté à un problème de soudure, mettant en péril sa sécurité alimentaire.

« Les gens ici souffrent : le bétail meurt et de plus en plus d’enfants succombent de malnutrition », confie-t-il.

Selon les experts, l’Afrique de l’Est est victime d’un des pires sécheresses depuis des dizaines d’années aggravée par le changement climatique, avec plus de 23 millions de personnes risquant la famine.

« Les pluies de belg (février à mai) ont été insuffisantes, et El Nino a affecté la grande saison des pluies de meher (juin à septembre). Cela met en péril la sécurité alimentaire pour le début 2010 », indique Ted Chaiban, le représentant de l’Unicef pour l’Ethiopie.

Vingt-cinq ans après la terrible famine des années 80, qui avait fait au moins un million de morts en Ethiopie, le gouvernement du Premier ministre Meles Zenawi a reconnu que plus de six millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire, sur une population de quelque 80 millions.

Il a lancé un appel pour 159 000 tonnes d’aide alimentaire (121 millions de dollars) pour nourrir ces affamés, dont selon les chiffres officiels, 80 000 enfants de moins de cinq ans.

Dans les années 80, la situation était différente: la dictature de Mengistu Haile Mariam opérant des déplacements forcés de populations et instrumentalisant l’aide alimentaire contre la rébellion. Mais aujourd’hui la crise alimentaire subsiste à une moindre échelle à cause de problèmes structurels.

Comme la géographie du pays, avec une majorité de la population vivant sur les hauts plateaux à au moins 2 000 mètres d’altitude, et cultivant souvent les mêmes produits depuis des centaines d’années, sans moyens modernes.

« 90 % des Ethipiens vient dans ces montagnes et notre présence a fragilisé l’équilibre précaire de cet environnement délicat, nos terres se dégradent rapidement, et nos vies avec », expliquait récemment Tewolde Berhan Gebre-Egziabher, patron de l’Agence fédérale de protection de l’environnement.

Les températures en Ethiopie pourraient augmenter en moyenne de 3,9 degrés d’ici à 2080, a indiqué l’ONG Oxfam, ce qui fera de la sècheresse une « norme, frappant la région trois ans sur quatre au cours des 25 prochaines années ».

La plupart des fermiers éthiopiens cultivent encore avec des charues et des animaux de trait, sur des terres non irriguées et épuisées.

Le Premier ministre éthiopien va présenter la position commune de l’Afrique, en décembre à Copenhague, aux négociations sous l’égide de l’ONU visant à trouver un accord mondial pour enrayer le réchauffement climatique.

L’Afrique estime qu’elle n’est qu’une victime du phénomène – ses émissions de gaz à effet de serre étant inférieur à 4 % – et doit recevoir des indemnités ainsi que des aides pour faire face aux catastrophe écologiques et humaines à venir.

Source : AFP, 15 novembre 2009

Réchauffement climatique : L’Ethiopie veut consulter sa population

Le gouvernement éthiopien a annoncé son intention de consulter la population sur les défis du changement climatique, en vue de présenter une pétition au sommet de Copenhague sur le climat, a-t-on annoncé mardi de source officielle.

« Un forum sur le changement climatique mondial sera organisé pour le public dans différentes parties du pays entre le 29 septembre et le 28 novembre », indique l’agence éthiopienne d’information (ENA, officielle), citant le ministère éthiopien de l’Agriculture et du développement rural. Ce forum sera organisé dans quatre provinces du pays « pour rassembler les vues du public sur les défis posés par le changement climatique, et les possibles solutions », précise le texte.

« Cette pétition sera une contribution pour la conférence sur le climat qui doit se tenir à Copenhague en décembre prochain (…). Le forum est aussi créé pour sensibiliser les populations sur les changement climatiques qui sont devenus une menace pour l’Ethiopie », conclu l’ENA. Sous l’égide de l’ONU, la conférence de Copenhague du 7 au 18 décembre vise à trouver un accord international pour succéder au protocole de Kyoto, qui expire en 2012, sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, largement considérées comme responsables du changement climatique.

L’Ethiopie, peuplée de quelque 80 millions d’habitants, est régulièrement frappée par des périodes de sécheresse ou d’inondation, qui mettent en péril la sécurité alimentaire.

Source : Romandie News, 15 septembre 2009

Changements climatiques : Pas d’effet sur l’industrie en Ethiopie

L’Ethiopie ne va pas ralentir ses efforts en matière d’industrialisation par crainte de détériorer l’état de l’environnement et d’accroître la pollution au gaz carbonique, mais des mesures sont déjà en cours pour glisser vers une campagne verte, a déclaré jeudi le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, lors d’une conférence de presse, à Addis Abeba, la capitale.

Il a souligné que les craintes suscitées par les changements climatiques ne vont pas empêcher le gouvernement d’autoriser l’utilisation des matières premières localement disponibles et le charbon pour alimenter ses usines de ciment par crainte d’accroître les risques de changements climatiques.

« Nous ne devons pas faire ce que les pays industrialisés ont fait à l’environnement, à mesure qu’ils s’industrialisaient. Nous avons effectivement du charbon et nous commençons à l’utiliser dans nos usines de ciment, mais il devra y avoir des équilibres. Nous pouvons être neutres par rapport au charbon », a-t-il dit.

Les universitaires, les environnementalistes, les Organisations non-gouvernementales et les chercheurs éthiopiens se sont réunis à Addis Abeba jeudi, pour discuter des effets des changements climatiques en Ethiopie et prévoir le type de mécanisme institutionnel pour les combattre.

Ouvrir la première conférence nationale sur les changements climatiques en Ethiopie, c’est susciter une prise de conscience des périls climatiques auxquels l’Ethiopie fait face. M. Zenawi a dit que la conférence visait à tracer une nouvelle voie que les différentes organisations pourraient emprunter pour travailler ensemble à prévenir les effets négatifs des changements climatiques.

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