Archives du mot-clé 'Sida'

En Éthiopie, davantage de mères séropositives mettent au monde des bébés exempts du VIH

par Indrias Getachew

Femme, Grossesse, VIH, Sida, Ethiopie, EthiopiaQuand les premières douleurs de l’accouchement ont commencé, Adanech s’est précipitée au dispensaire de Saris, à Addis Abeba. Adanech est séropositive et, sans soins appropriés, elle aurait pu transmettre le virus à son bébé.

« Je veux que mon enfant soit exempt du VIH », dit-elle. « Je ne veux pas qu’il connaisse mon sort. C’est ce que je souhaite ».

Adanech avait une bonne chance pour que ses vœux se réalisent parce qu’il existe au dispensaire un programme efficace de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME) appuyé par l’UNICEF.

Appui pour les mères séropositives

Rahel Wondafrash, l’infirmière de la salle d’accouchement, a donné à Adanech une dose de médicaments prophylactiques. Ils font partie d’un traitement pour les mères et les bébés afin de faciliter la prévention de la transmission du VIH.

Le bébé d’Adanech restera sous ce traitement pendant qu’il sera allaité au sein jusqu’à ce qu’on dise à Adanech d’arrêter de le lui donner. Ces prestations, toutes gratuites, devraient garantir à son bébé qu’il ne contractera pas le VIH à cause d’elle.

En Éthiopie, seulement 24 % des femmes enceintes ayant droit à des prestations de santé en matière de lutte contre le VIH les reçoivent. Adanech est l’une de ces privilégiées.

En plus d’effectuer des tests de dépistage du VIH lors des examens prénatals et de dispenser une prophylaxie, le dispensaire possède aussi un “groupe de soutien mère-à-mère” qui offre une aide psychologique aux mères qui apprennent qu’elles sont séropositives. Le groupe les guide durant leur grossesse, l’accouchement et le suivi médical pour garantir le meilleur résultat possible à la fois pour la mère et l’enfant.

Faire en sorte que ces femmes accouchent dans un dispensaire constitue une grande partie des activités du groupe. Moins de 10 % des femmes éthiopiennes accouchent dans un établissement médical, ce qui représente un facteur aggravant pour le taux élevé de mortalité maternelle du pays. Selon l’Enquête démographique et de santé pour l’année 2011, le chiffre est de 676 décès pour 100 000 naissances vivantes.

Apprendre à faire face à la maladie

Apprendre qu’elle était séropositive était la dernière chose à laquelle s’attendait Fikirte, une femme de 23 ans enceinte pour la première fois, lorsqu’elle elle s’est rendue au dispensaire pour son première examen prénatal.

« J’étais venue pour un contrôle régulier de grossesse et, après les conseils qu’on m’a donnés, j’ai subi un test de dépistage », dit-elle. « On m’a dit que j’étais séropositive. Quand j’ai su cela, j’ai été très perturbée ».

Le groupe de soutien mère-à-mère l’a aidée à faire face à la situation.

« Quand elle vient dans notre salle, il y a d’autres mères qui ont subi la même chose », dit Emebet Tamrat, une mère qui sert de conseillère au groupe de soutien.

« À présent, j’ai reçu beaucoup de conseils psychologiques », dit Fikirte. « J’ai vu des gens plus jeunes que moi qui sont séropositifs, des enfants qui prennent leur traitement et qui parviennent à vivre leurs vies. J’ai vu qu’ils allaient même à l’école et cela m’a convaincue et j’ai maintenant commencé à prendre des médicaments ».

« Exempt de VIH »

L’UNICEF épaule le Gouvernement éthiopien pour le développement et la mise en œuvre du Plan d’extension du site de prévention accélérée de la transmission mère-enfant en 2012 ainsi que pour le projet de Plan pour l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH et de la syphilis congénitale.

L’UNICEF et ses partenaires appuient également la formation de 2 000 infirmiers, infirmières et sages-femmes à l’obstétrique d’urgence et aux soins intégrés du nouveau-né avec PTME dans tout le pays.

Lemlem, une autre mère séropositive, est arrivée au dispensaire de Saris avec son fils de 18 mois pour son dernier test de dépistage. Lemlem a accouché au dispensaire après être passée par le programme de PTME. Quand les résultats de l’examen lui ont été présentés, elle était folle de joie. Après 20 mois d’attente, Lemlem a eu la confirmation que son fils n’avait pas la maladie.

« Ce que je veux, c’est travailler et élever mon enfant, l’éduquer et je souhaite qu’il devienne un médecin qui s’occupera de gens comme moi avec respect, je veux qu’il soit au service de son pays et qu’il me soutienne », dit Lemlem. « Qu’il ne soit pas séropositif, cela a donné un sens à ma vie ».

Voir un reportage sur ce sujet (en anglais) :

Source : UNICEF, 1er août 2012

Merci à l’équipe de Bob 2016 Revolution Flex stroller pour parrainer ce post.

Les séropositifs n’ont plus la foi en l’eau bénite

L’Éthiopie est l’un des pays au monde le plus touché par la pandémie de sida. Sur une population de 90 millions d’habitants, 1,2 millions de personnes sont séropositives.

Tigist, HIV, Sida, Ethiopie, Ethiopia

Dans cet État de la Corne de l’Afrique, les superstitions sont encore bien présentes. Comme l’explique The Wall Street Journal, les communautés chrétiennes orthodoxes éthiopiennes (la religion dominante dans le pays) tentent souvent de combattre le virus par des pratiques religieuses.

Les fidèles de cette Eglise croient notamment dans le pouvoir de l’eau bénite. Selon eux, une source de la montagne d’Entoto, située au-dessus de la capitale Addis Abeba, permet de guérir la maladie.

Une journaliste du quotidien américain est allée à la rencontre de certains de ces pratiquants. Elle a recueilli le témoignage de Melaku, un séropositif, âgé de 30 ans. Il y a cinq ans, il est venu lui aussi à Entoto à la recherche d’un miracle.

« A l’aube chaque jour, il descendait un ravin escarpé et s’étendait nu dans une piscine naturelle. Les prêtres tenant des croix, versaient à six reprises de l’eau sur les gens », peut-on lire dans l’article.

Malgré le décès de nombreux malades, Melaku est resté sur place: « J’essayais d’avoir la foi dans l’eau bénite ».

Il a ensuite fait la rencontre d’une autre séropositive, Tigist. Elle aussi a rejoint le groupe de croyants, mais le remède n’a pas été efficace : « Elle est devenue plus malade, elle vomissait l’eau bénite ».

Melaku a alors décidé de transporter sa compagne à l’hôpital. Tout en continuant à prendre de l’eau bénite, Tigist a finalement accepté la thérapie antirétrovirale, un traitement qui permet de réduire la mortalité chez les personnes infectées par le VIH.

Comme le constate The Wall Street Journal, de plus en plus d’Ethiopiens ont accès aux médicaments. Même s’ils continuent à croire en Dieu, ils ne sont plus réfractaires à la médecine.

« J’encourage les gens à se faire baptiser et à prendre leurs médicaments chaque jour », explique ainsi un prêtre d’Entoto.

Selon les dernières données disponibles, en février 2010, 250 000 Ethiopiens avaient débuté une thérapie antirétrovirale, alors qu’ils n’étaient que 72 000 en 2007.

Le nombre de morts liés au sida a ainsi baissé de 71 900 en 2007, à 28 100 trois ans plus tard.

Melaku et sa compagne ne sont plus retournés à la source miraculeuse depuis deux ans. Tout en tenant dans sa main deux flacons de rétroviraux, Tigist conclut le reportage : «Je crois toujours dans le pouvoir de l’eau, mais comme les médicaments m’aident, je pense qu’ils sont plus puissants ».

Source : Slate Afrique, 7 mars 2012

L’Ethiopie annonce sa victoire sur le VIH/SIDA

Le ministre éthiopien de la Santé, Tewodros Adhanom, a déclaré que son pays obtient des résultats remarquables dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA. M. Adhanom a fait cette annonce dans un communiqué à Addis Abeba, lors d’une conférence de presse dans le cadre de l’organisation de la 16ème Conférence internationale sur le SIDA et les IST en Afrique (ICASA), qui va se tenir du 04 au 08 décembre à Addis Abeba.

Selon M. Adhanom, malgré une baisse de 25 % des nouveaux cas d’infection au VIH/SIDA et une baisse spectaculaire du taux de mortalité, conséquence de l’accès aux traitements et à l’information, le gouvernement éthiopien reste déterminé à éviter toute complaisance.

Il a indiqué que le pays avait finalisé les préparatifs de l’accueil des 7 000 à 10 000 participants attendus à l’ICASA, la plus grande conférence jamais abritée par ce pays, qui se propose de partager les connaissances et expériences scientifiques ainsi que les meilleures pratiques en matière de VIH/SIDA et d’IST en Afrique et dans le monde.

La conférence va également contribuer à renouveler l’engagement et à lancer une lutte encore plus agressive contre le VIH/SIDA, selon le ministre éthiopien qui précise qu’environ 4 200 participants ont déjà confirmé leur présence à la 16ème ICASA.

En parlant de la situation actuelle du VIH/SIDA, le ministre a souligné que la prévalence du VIH a fortement reculé ces dix dernières années, en ajoutant qu’il y a environ 33 millions de personnes vivant avec le virus à travers le monde, dont 68 % en Afrique.

L’Ethiopie fait partie des 22 pays du monde qui ont enregistré une baisse de 25 % des cas au cours de la décennie écoulée.

Yigeremu Abebe, le Président de l’ICASA 2011, a déclaré que cette conférence est une opportunité de renouveler l’engagement mondial et de mobiliser des ressources et une assistance technique pour réduire les décès dus au VIH/SIDA en Afrique.

L’ICASA de cette année se tiendra sous le thème, “Appropriation, Renforcement et Pérennisation”, tandis que la précédente, abritée en 2008 par le Sénégal, avait traité du thème “Réponse de l’Afrique : Faire face aux réalités”.

Source : Afrique en ligne, 20 novembre 2011

Un plan quinquennal pour réduire de moitié les nouvelles infections au VIH

Le gouvernement éthiopien a présenté un plan quinquennal ambitieux visant à réduire de moitié les nouvelles infections au VIH, quadrupler sa distribution annuelle de préservatifs, et mettre sous traitement 85 % des personnes atteintes du VIH ayant besoin de médicaments permettant de prolonger la vie.

On estime à 1,2 million le nombre d’Ethiopiens qui sont séropositifs. Selon le gouvernement, le taux de prévalence nationale du VIH est de 2,4 %, avec de nettes différences entre la prévalence urbaine, qui est d’environ 7,7 %, et les niveaux en milieu rural qui sont inférieurs à 1 %.

Selon l’ONUSIDA, l’Ethiopie a déjà réussi à réduire de 25 % les nouvelles infections au VIH depuis 2001. Le Bureau fédéral de prévention et de contrôle du VIH/SIDA (HAPCO) affirme que la prévalence parmi les jeunes gens est en baisse.

« Des données obtenues à partir d’études depuis 2007/08 et d’un projet d’enquête nationale ont montré qu’il y a de moins en moins de jeunes gens qui commencent leur puberté en étant infecté par le virus, tant dans les zones urbaines que rurales », a dit Yibeltal Assefa, directeur de la planification, de contrôle et de l’évaluation à l’HAPCO.

« Quand vous voyez par exemple la capitale Addis Abeba, [le] taux de prévalence parmi les jeunes [âgés de 15 à 24 ans] était au dessus de 12,1 % en 2005…Deux ans plus tard, en 2007, il était descendu à 6,2 %, montrant [une] baisse de presque 50 % ».

Dans son dernier rapport mondial sur l’épidémie, l’ONUSIDA a rapporté des baisses des taux de prévalence chez les personnes suivant des soins anténataux dans les zones urbaines et les régions rurales d’Ethiopie, et une amélioration des indicateurs comportementaux se reflétant dans la diminution de nombre de gens ayant [déjà] eu des rapports sexuels à l’âge de 15 ans, et une réduction de nombre de gens rapportant avoir eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire durant l’année passée.

Selon le plan quinquennal, présenté au Parlement par HAPCO le 16 décembre, le gouvernement prévoit aussi d’augmenter la couverture du traitement antirétroviral de 60 à 85 %. Près de 400 000 Ethiopiens ont besoin d’un traitement contre le VIH.

L’Ethiopie est en train d’accroître le nombre des centres de santé jusqu’à plus de 3 000 pour atteindre ses objectifs de traitement. Le plan vise aussi à augmenter la distribution nationale de préservatifs, de 97 à 400 millions par an.

L’ignorance, toujours un défi

Alors que les progrès du pays sont impressionnants, des analystes disent qu’il reste encore beaucoup à faire. Une étude, récemment publiée, du groupe de recherche Population Council et du Fond des Nations Unies pour la population (FNUAP), a noté que la stigmatisation et l’ignorance étaient toujours répandues parmi les jeunes gens.

Lire la suite…

Le risque d’infection au VIH dans un secteur de la construction en pleine croissance

Dans toute la capitale éthiopienne, Addis Abeba, des immeubles modernes poussent comme des champignons et des avenues font leur apparition. Le secteur de la construction en pleine croissance attire des milliers d’ouvriers et les fonctionnaires d’État reconnaissent de plus en plus la nécessité pour les services de prévention du VIH de cibler ces travailleurs.

« Nous n’avons pas encore [une idée précise] de la situation et du mode de vie des ouvriers de la construction en Éthiopie, même si le secteur est en pleine croissance », a dit à IRIN Bekele Desalegn, expert en mobilisation sociale du Bureau fédéral de prévention et de contrôle du VIH/SIDA (HAPCO).

« Nous devons évaluer à quel point le nombre d’ouvriers – principalement des jeunes – du secteur de la construction vivant loin de leur famille a augmenté, s’ils ont été sensibilisés à la question du VIH/SIDA et à la façon de se protéger et s’ils se font dépister quand ils rentrent chez eux. Il faut répondre à toutes ces questions et intervenir de manière appropriée », a-t-il ajouté.

La visite d’un chantier près d’Addis Abeba fournit quelques réponses. Bikila Gurmu gagne 30 birrs éthiopiens (environ 1,85 dollar) par jour en travaillant pour un projet de construction près de Sendafa, à 42 kilomètres au nord de la capitale. Cet homme marié et père de deux enfants avoue avoir des relations sexuelles avec des femmes locales lorsqu’il se trouve loin de sa famille, qui vit à quatre heures et demie de marche. Il ne parvient à faire le déplacement qu’une fois par semaine.

Manque de connaissance

« Ça n’arrive que rarement », a-t-il dit. Avant de venir en ville, M. Gurmu n’avait jamais utilisé ni même vu de préservatif. « La première fois que j’ai vu un préservatif, c’est lorsqu’une femme que j’avais payée pour avoir des relations sexuelles a insisté pour que j’en mette un ».

Depuis, il a pris l’habitude d’utiliser des préservatifs lorsqu’il a des relations sexuelles avec d’autres femmes que son épouse, mais il hésite toujours à se soumettre à un test de dépistage du VIH.

Selon M. Gurmu, la façon dont il a découvert les préservatifs souligne la nécessité de mettre en place des programmes de prévention du VIH dans le secteur de la construction. Les ouvriers passent souvent des semaines loin de leur famille et fréquentent des bars locaux dont les serveuses et les propriétaires font parfois également office de travailleuses du sexe.

Lire la suite…

Accord de partenariat entre l’Ethiopie et les USA pour lutter contre le Sida

L’Ethiopie et les Etats-Unis ont signé, mercredi à Addis Abeba, un accord de partenariat pour lutter contre le VIH/Sida dans le cadre du plan américain d’aide d’urgence à la lutte contre le Sida dans le monde (PEPFAR).

Signé par le ministre éthiopien de la Santé, Teodros Adhanom et l’ambassadeur américain en Ethiopie, Donald E. Booth, cet accord, étalé sur cinq ans (2010-2014), prévoit de développer le plan stratégique éthiopien pour une réponse multisectorielle au VIH/Sida.

En vertu de cet accord, les deux parties travailleront en étroite collaboration avec les organisations internationales, le secteur privé et des intervenants de la société civile pour enrayer la pandémie du Sida.

L’Ethiopie est l’un des pays ayant bénéficié le plus du PEPFAR, en recevant des contributions financières estimées à 1,52 milliard de dollars.

Les actions menées dans le cadre du PEPFAR visent à renforcer les systèmes de santé, à améliorer les offres de soins dans l’ensemble des centres de santé à travers le pays et à assister les personnes vivant avec le VIH/Sida.

Il s’agit également d’effectuer des tests de dépistage gratuits et de faire bénéficier les personnes infectées des traitements antirétroviraux (ARV).

D’après le gouvernement, 1,5 million d’Ethiopiens sont contaminés par le virus du sida, une estimation portée à 2,8 millions de personnes par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’Ethiopie compte plus de 85 millions d’habitants.

Source : Casafree, 28 octobre 2010

A la recherche d’une prévention du VIH “sur mesure”

Au cours des cinq dernières années, plus de la moitié des adultes éthiopiens se sont soumis au test de dépistage du VIH et une campagne a été organisée pour promouvoir les changements de comportement. Les spécialistes en appellent maintenant à une campagne plus ciblée.

Il faut chercher à mieux comprendre comment le VIH/SIDA affecte « les populations les plus à risque » pour ensuite développer une réponse plus spécifique.

« Le gouvernement a mis sur pied une vigoureuse campagne pour lutter contre le VIH, mais il faut maintenant… cibler les groupes spécifiques les plus affectés par l’épidémie », a dit Desmond Johns, directeur national de l’ONUSIDA pour l’Éthiopie. « Des statistiques de dépistage élevées ne veulent pas dire grand-chose à moins de tester des personnes à risque comme les travailleurs du sexe ».

Parmi les groupes à risque en Éthiopie, on compte notamment les travailleurs du sexe, les membres des forces armées, les travailleurs migrants, les enfants des rues, les étudiants et les couples séro-discordant (dont l’un des membres est séropositif et l’autre non). Pour la première fois, les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes (MSM) ont été inclus dans l’ébauche du plan stratégique national pour les cinq prochaines années.

« Nous nous préparons à entreprendre une étude nationale afin de déterminer les populations les plus à risque, leur répartition, la prévalence du VIH au sein de ces groupes, leurs comportements sexuels, les facteurs de prédisposition et le risque que représentent ces populations de relayer l’épidémie au reste de la population. Nous serons ainsi plus à même d’offrir à ces groupes, parmi d’autres services de prévention, des interventions sur mesure pour promouvoir les changements de comportement », a dit Meskele Lera, directeur adjoint du Bureau fédéral de prévention et de contrôle du VIH/SIDA (HAPCO).

« Les populations les plus à risque constituent déjà notre priorité. Ce qu’il faut maintenant, c’est améliorer l’offre de services pour permettre à ces groupes d’y avoir accès », a-t-il ajouté.

Pour mettre en place une réponse plus ciblée, les Bureaux régionaux de prévention et de contrôle du VIH/SIDA devront élaborer des mesures de prévention spécifiques pour leur région, car les risques et la prévalence varient beaucoup d’un endroit à un autre.

Lire la suite…

Le patriarche d’Ethiopie appelle à la paix

Le patriarche de l’Eglise orthodoxe autocéphale d’Ethiopie, l’Abuna Paulos, a appelé, dans un message à l’occasion des célébrations de Pâques, ses ouailles à œuvrer pour la paix et à se montrer solidaires des victimes du VIH-Sida.

« La paix doit être recherchée non seulement pour la sécurité personnelle, mais aussi pour la prospérité et la croissance nationales », a-t-il déclaré dans un message diffusé par l’Agence éthiopienne d’information (Ena, officielle). « La paix permettra de sortir le pays de la pauvreté (…) les citoyens doivent lutter ensemble et unis contre la pauvreté », a-t-il ajouté.

Il a également appelé « les croyants à soutenir les enfants dans le besoin ainsi que les personnes âgées (…) et montrer de la compassion pour les personnes vivants avec le VIH-Sida ».

Selon l’Ena, ce message a également été relayé par l’évêque catholique d’Ethiopie, Birhane Eyesus.

Source : Le Figaro, 3 avril 2010

Des tranches de vie

A Addis Abeba, la capitale éthiopienne, Mestihet Temane, 27 ans, joue sur scène l’histoire d’une jeune femme qui, après la mort de ses parents, se retrouve toute seule dans la rue, sans argent, ni confiance, ni soutien.

« Parfois je pleure quand je chante, et beaucoup de spectateurs pleurent aussi », a-t-elle dit à IRIN/PlusNews.

Mestihet est membre de Mekdim Ethiopia National Association, une ONG (organisation non gouvernementale) locale qui organise des spectacles sur le thème du VIH dans des bureaux, des universités et des centres communautaires. Les membres du club théâtre et musique qui donnent ces représentations sont des orphelins ou des personnes vivant avec le VIH – les histoires déchirantes d’abandon et de discrimination qu’ils incarnent sont souvent semi-autobiographiques.

Bien que ce projet vise à aborder publiquement le sujet du VIH, le statut sérologique de beaucoup des acteurs de Mekdim n’est pas révélé au public, et bon nombre d’entre eux gardent également le secret dans leur vie privée.

« Un collègue m’a dit : “si j’avais su que tu avais le VIH, je n’aurais pas échangé mes vêtements avec toi” », dit Dawit, un acteur de 21 ans. « Même aujourd’hui, il y a un problème avec le VIH et la discrimination ».

Mickey, un danseur, explque qu’il souffre psychologiquement quand ses collègues discutent de manière désapprobatrice de la séropositivité d’autres danseurs. Fatiya, 17 ans, cache son infection à son propriétaire de peur d’être expulsée.

D’après Tilahun Sheko, responsable de programme à Mekdim, si les spectacles ont augmenté significativement le nombre de personnes se rendant aux consultations de conseil et de dépistage volontaires qui accompagnent les représentations, beaucoup d’habitants d’Addis, en particulier dans les milieux aisés, sont encore « plus préoccupés par leur réputation que par le fait d’obtenir un traitement ».

Alemu Anno Ararso, directeur de la coordination de la réponse multi-secteurs au Bureau fédéral de la prévention et du contrôle du VIH/SIDA, dit que tout comme les “conversations communautaires” organisées par le gouvernement – où les participants sont encouragés à discuter et à partager leurs expériences, y compris sur des sujets traditionnellement tabous – les spectacles de Mekdim sont utiles pour démystifier le VIH.

« Ils racontent les histoires et comment [le virus] se transmet », ajoute-t-il. « Ils partagent les expériences qu’ils ont vécues ; personne ne peut en savoir plus qu’eux [sur le sujet] ».

Cependant, M. Arorso reconnait que, malgré les efforts du gouvernement pour lutter contre la stigmatisation, le problème persiste. « Les Ethiopiens préfèrent se taire. Nous ne voulons pas nous livrer. Si j’ai un problème, je ne veux pas en parler », a-t-il ajouté. « C’est pourquoi on a eu recours à la stratégie de la conversation communautaire. Ils écoutent leurs amis parler, et tout sort ».

D’après lui, le problème de la stigmatisation affecte également les programmes de lutte contre le VIH. « Nous avons [du mal à convaincre les gens d’utiliser les] services, et ces difficultés sont liées à la stigmatisation. Si on se rend compte que vous êtes séropositif, vous allez être discriminé, donc les gens décident de ne pas faire le test », a-t-il dit. « Nous pouvons comprendre l’effet par procuration ; tout vient de la discrimination ».

Une ONG locale, Network of Networks of HIV Positives in Ethiopia, travaille à l’élaboration d’un indice de stigmatisation – qui doit être achevé cette année – visant à révéler les causes profondes et l’importance de la stigmatisation dans ce pays de la Corne de l’Afrique.

« Le VIH est l’affaire de tous, donc tout le monde doit en parler ; on peut lutter contre le VIH en améliorant les connaissances et les comportements », a-t-il ajouté.

Source : IRIN, 16 mars 2010

Des créations en préservatifs ornent le podium

Les fantaisies de la mode se sont télescopées avec les réalités les plus dures de la vie lorsque, durant un récent défilé de mode dans la capitale éthiopienne, Addis Abeba, les préservatifs constituaient la matière principale sur le podium.

Lors du défilé de mode des vêtements en préservatifs – qui s’est tenu en janvier et qui était organisé par le groupe de marketing social DKT avec le Zalef Fine Art and Fashion Design Institute – 10 robes spectaculaires, réalisées entièrement à partir de 10 000 préservatifs masculins et féminins de toutes les couleurs, formes et tailles, étaient sous les feux de la rampe.

« En Ethiopie, les préservatifs ont une mauvaise image ; les gens ont peur quand ils veulent acheter des préservatifs au supermarché – ils essayent même de vite cacher les préservatifs après les avoir acheté », a dit Emebet Alemu, créateur des robes et organisateur du défilé. « Nous voulions changer cela en utilisant un événement artistique, le défilé ouvrira [peut être] un peu l’esprit des gens…Peut être que cela rendra [les préservatifs] plus normaux pour les gens ».

Les vêtements en latex ont été ensuite montrés durant quatre défilés – ils se tenaient sous le même thème “Abstenez-vous, soyez fidèle et utilisez des préservatifs” – à l’hôtel Hilton dans la capitale éthiopienne. Il existe également un projet pour transposer ce défilé à Adama, une grande ville régionale.

Cette initiative “mode” est la plus récente de DKT pour essayer de briser la stigmatisation associée à l’utilisation des préservatifs en Ethiopie. En 2009 il avait monté un café “préservatif” à Addis, et avait mené une campagne de deux mois pour distribuer des préservatifs et du pétrole aux employées de maison dans la capitale.

PRÉSERVATIFS STIGMATISÉS

Malgré de telles campagnes, les préservatifs demeurent pourtant fortement stigmatisés en Ethiopie ; une étude de 2008 publiée dans le Ethiopian Journal of Health Development et conduite dans la ville d’Adwa, à 1 000 km au nord d’Addis Abeba, a montré que 46 % de ceux qui avaient répondu croyaient que les gens utilisant des préservatifs étaient des personnes aux mœurs légères.

« Au lieu d’enseigner les relations à deux, ils font l’apologie des préservatifs », a dit Gelila Ejigu, 24 ans, au sujet des défilés de mode “préservatif”. « Quand les gens le voient, ils vont penser qu’ils devraient avoir le type de relation où ils doivent utiliser un préservatif ».

Pourtant, Emebet Abu, responsable de la communication de DKT en Ethiopie, a expliqué que la campagne de mode “préservatif” avait été élaborée pour les jeunes, en vue de présenter les préservatifs comme une option supplémentaire et non comme le remplacement de l’abstinence ou de la fidélité, comme méthode de prévention du VIH.

« L’idée du défilé était de cibler les jeunes, qui aiment la mode et le design », a-t-il dit. « Nous enseignons aussi l’abstinence et la fidélité, mais certains jeunes ne seront pas abstinents ou fidèles ; ils peuvent avoir déjà plus d’un partenaire alors ils doivent utiliser les préservatifs ».

Source : IRIN, 10 février 2010

Suivant »

web development