Archives de la catégorie 'RÉGIONS & TERRITOIRES'

Tramway : Addis Abeba roulera chinois

par Olivier Caslin

Addis Abeba, la capitale éthiopienne, a signé avec le fabricant chinois CNR Corporation pour la fourniture de 41 tramways. Prévu pour entrer en service début 2015, le futur réseau urbain comprendra deux lignes de 17 km chacune.

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C’est une première sur le continent : les tramways qui équiperont Addis Abeba seront d’origine chinoise. Le fabricant CNR Corporation a annoncé le 17 mars dernier avoir signé un contrat avec la municipalité de la capitale éthiopienne pour fournir 41 tramways à partir de la fin 2014. Constitués de trois rames et pouvant rouler à une vitesse de 70 km/h maximum, les véhicules seront adaptés aux conditions locales, notamment concernant la résistance des matériaux aux rayons ultraviolets, parmi les plus forts de la planète. Ils seront équipés de vitres teintées pendant que le toit sera dessiné pour faire face aux pluies torrentielles qui arrosent l’Ethiopie durant la saison humide.

Démarrage du service en 2015

CNR Corporation n’a pas indiqué le montant du contrat, mais la fourniture de ces véhicules rentre dans l’enveloppe de 475 millions de dollars annoncée par le gouvernement éthiopien lors du lancement des travaux en juin 2012. Prévu pour démarrer ses services début 2015, le futur réseau urbain sera constitué de deux lignes de 17 km chacune capables de transporter un maximum de 60 000 passagers par jour.

Les travaux ont été confié à la China Railway Engineering Corporation (CREC) et le projet est financé à hauteur de 87 % par l’EximBank of China, le solde étant à la charge du gouvernement local.

Source : Jeune Afrique, 25 mars 2014

En Éthiopie, les pèlerins de l’Aïd

Deux fois par an, des dizaines de milliers d’Oromos, une ethnie éthiopienne, se rendent sur la tombe de Cheikh Hussein. Un lieu saint à la croisée de l’islam et des croyances africaines.

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La canne de bois tournoie au-dessus des têtes. Entre deux moulinets de son bâton fourchu dénommé oule, le derviche cheikh Hassan tonne au milieu des fidèles sagement assis sur les six gradins de terre battue soutenus par des murets de pierre. Face à eux, un modeste parvis conduit au mausolée de Cheikh Hussein. Subjugués, ils sont plusieurs centaines à écouter les harangues de ce prédicateur au visage cuivré, éclairé par des yeux vifs qui encadrent un nez aquilin en surplomb d’une bouche à la dentition hasardeuse. La foule des pèlerins applaudit, reprend les incantations, répète les slogans au signal de cet homme sec comme un coup de trique, étrangement coiffé de perles de couleur enchevêtrées dans sa tignasse. Ici et là, des mains se tendent avec un billet de quelques birrs, la monnaie éthiopienne. Le derviche saisit l’argent et postillonne dans le visage de chaque donateur en signe de bénédiction. Sur ces hauts plateaux désertiques, ni la chaleur de plomb ni les orages soudains de la saison des pluies ne dissuadent le pèlerin. Rôtir sous un soleil brûlant ou patauger dans la boue sont le prix à payer pour s’attirer les faveurs du saint inhumé à quelques dizaines de mètres, sous un dôme couvert d’une chaux tellement immaculée qu’elle éblouit le regard.

Figure musulmane du 13ème siècle, Cheikh Hussein fut le premier missionnaire à quitter les côtes pour islamiser les populations dans les profondeurs de l’Ethiopie. Les Oromos, ethnie la plus nombreuse d’Ethiopie – 26 millions, soit environ un tiers de la population totale -, lui prêtent non seulement une grande sagesse mais ils lui attribuent également toutes sortes de miracles qui ont donné naissance au culte. Les incantations, les suppliques et les vœux que les pèlerins lui adressent trahissent des origines préislamiques. Par une sorte de syncrétisme, les Oromos prient le saint pour écarter les esprits et se gagner les faveurs de Waq, la divinité que leurs ancêtres adoraient avant de se convertir, à parts égales, à l’islam ou au christianisme. Dans Le Dragon de Cheik Hussen, Henry de Monfreid évoque une légende toute africaine : l’histoire d’un prince tyrannique transformé en serpent avant d’être pétrifié dans une grotte. Les pèlerins les plus courageux descendent effectivement dans une sorte de canyon, à une bonne demi-heure de marche du village, par un sentier escarpé. Là, ils font halte devant deux grottes. Dans la première, d’où jaillit une source, se trouve un pilier rocheux que les dévots appellent “serpent”. Plus bas, une cavité plus vaste aurait abrité Cheikh Hussein lorsqu’il méditait.

Deux fois par an, le village de Cheikh Hussein accueille des dizaines de milliers d’Oromos venus vénérer le saint. Un premier pèlerinage a lieu en début d’année – autour de janvier-février – pour célébrer sa naissance. L’autre se tient au moment de l’Aïd el-Kébir, la fête du sacrifice. Cette année, elle tombait le 15 octobre. Pendant trois jours, cette petite bourgade démunie (elle n’est pas raccordée au réseau électrique) se mue en un gigantesque bivouac. Selon le chef de la sécurité de la région, plus de 700 cars bondés ont convoyé des pèlerins venus de toute l’Ethiopie, voire de Djibouti, d’Erythrée, d’Ouganda et de Somalie. Au bas mot, 35 000 âmes. S’y ajoutent les milliers de courageux, de dévots attachés à la tradition, ou de désargentés venus à pied, à cheval, à dos d’âne. Ceux qui ont pris le car d’Addis Abeba ont mis trois jours pour arriver. Ceux qui ne sont pas motorisés ont parfois dû marcher un mois avant d’apercevoir le dôme blanc… C’est que la route qui conduit aux sanctuaires n’est pas de tout repos. Pour la plupart des pèlerins, il a fallu franchir l’imposant massif des monts Balé, qui dépassent les 4000 mètres, avant de redescendre à travers des plateaux volcaniques plantés de céréales à perte de vue. Cols pentus, pistes boueuses criblées d’ornières, routes défoncées par les rivières en crue n’ont pas facilité le voyage. Pas plus que les moteurs essoufflés des autocars cacochymes qu’il faut réparer en rase campagne.

Avant d’effectuer le circuit rituel, les pèlerins s’installent. Lestés de leurs ballots, de quelques branches de bois de chauffage et de pauvres couvertures, ils organisent leurs bivouacs en famille – la polygamie multiplie les enfants – et entre gens du même village. Selon la coutume, on doit offrir l’hospitalité aux porteurs du oule. Les locaux les accueillent donc sur un bout de leur terrain. Parfois, ils leur concèdent un semblant de toit.

Plongés dans l’obscurité, les fidèles prient des heures durant

Le “sacrifice” est indolore : chaque pèlerin, selon ses moyens, fait des offrandes à plusieurs reprises pendant son séjour. De l’argent mais aussi du bétail (moutons, chèvres, bœufs, chevaux, dromadaires…). Et cette abondance est redistribuée aux autochtones par le chef du village, Cheikh Kadir, réputé descendant en ligne directe de Cheikh Hussein.

A peine installés, les arrivants dévalent la rue principale qui conduit tout droit au mausolée. Quelques pas avant le porche, ils ôtent leurs chaussures. Des pèlerins s’allongent à plat ventre à même le sol et restent ainsi de longues minutes. D’autres se plaquent contre le mur d’enceinte en écartant les bras. D’autres encore posent leurs lèvres sur les piliers, collent une joue contre la chaux, caressent la grossière maçonnerie.

Pourtant, c’est à l’intérieur du dôme que le culte prend toute sa ferveur. Deux portes, des trappes d’un mètre de haut, conduisent à la tombe de Cheikh Hussein. Il y fait noir comme dans un four. En avançant à tâtons, on n’arrête pas de trébucher sur des gens couchés à même la terre battue contre le tombeau. Ils saisissent de la poussière à pleines poignées, se maculent le visage avec, puis avalent ce qu’il reste. Prostrés, ils peuvent demeurer là des heures durant à prier Cheikh Hussein afin qu’il leur accorde une bonne récolte, une terre à cultiver, la naissance d’un enfant, une guérison, etc.

Aveuglés par la lumière du jour, le visage blanchi, les pèlerins ressortent du tombeau avec une expression béate. Coiffée d’un châle bleu et vêtue d’une robe imprimée sur fond rouge, Baysa Hussein, 55 ans, sourit de toutes ses dents. Dans sa main, elle tient un sachet de plastique qu’elle a rempli de terre du tombeau. Son mari, Gabyo Abdou, 75 ans, porte un jerricane jaune. A la sortie du tombeau, ils se dirigent vers l’étang couvert d’une couche d’algues vert vif pour y puiser l’eau zamzam (sacrée). L’eau et la terre rapportées du lieu saint les mettront à l’abri du malheur. Ils viennent à Cheikh Hussein deux fois par an : trois jours aller, trois jours retour et six jours sur place. « Il a exaucé tout ce que nous lui avons demandé, dit Baysa Hussein. Il a même guéri la stérilité d’une de nos filles. »

Une fois prières collectives et dévotions accomplies, les pèlerins regagnent leurs bivouacs en longeant les étals des marchands accourus pour l’événement. Un véritable souk s’organise autour de la rue principale. On y vend nourriture, vêtements, encens, bric-à-brac de cuisine. Mais le produit numéro un n’est pas un bien de première nécessité. C’est du khat. Toute la journée, une noria de motocyclettes, de chevaux et de dromadaires livrent des centaines de kilos de bottes de couleur verte. Partout, assis en groupes, hommes ou femmes, les pèlerins dépouillent ces branches pour en mâcher les feuilles les plus tendres. Drogue de la Corne de l’Afrique à laquelle on prête des vertus stimulantes, le khat a pris une place considérable en Ethiopie, au point de supplanter la culture du caféier dans certaines régions. A Cheikh Hussein, sa rumination occupe les longues soirées du pèlerinage.

A la fois grand ordonnateur de l’événement et chef du village, Cheikh Kadir, 62 ans, supervise campements, prières et offrandes. Haute stature, silhouette élancée, élégamment vêtu, il déambule autour du sanctuaire avec une canne de bois. Les passants lui baisent les mains pour témoigner le respect dû au descendant du saint. « Cheikh Hussein est là pour tous, explique son lointain rejeton. Pas seulement pour les musulmans : des chrétiens, des animistes viennent ici lui demander son aide. C’était un sage et un grand savant. Il a appris aux Oromos ce qui est haram (péché) et halal (licite).» Le khat est-il halal? « Il fait partie du culte, répond Cheikh Kadir. Là où Cheikh Hussein faisait sa prière, se trouvait un arbuste de khat. Et il a dit à chacun que ses feuilles étaient bonnes parce qu’elles calment. »

C’est à Cheikh Kadir qu’il revient d’animer le point d’orgue du pèlerinage: il conduit la grande prière de l’Aïd. Les dizaines de milliers de pèlerins se réunissent dans un champ à l’entrée du village, face à l’école primaire. Là, en rangs serrés, hommes devant, habillés en blanc, femmes derrière, vêtues de tenues colorées, ils prient tous Allah et son prophète Mahomet. L’espace de quelques heures, ce Cheikh Hussein aux pouvoirs miraculeux passe au second plan. Les Oromos retrouvent l’islam de tous les musulmans du monde. Pourtant, une fois retournés dans les campements, quand ils se regroupent autour du mouton grillé, de lentes mélopées s’élèvent du feu de camp. Les pèlerins chantent les louanges de… Cheikh Hussein.

Source : Le Figaro, 15 novembre 2013

Les hyènes de Harar que l’on peut nourrir à la tombée de la nuit

par Grégoire Pourtier

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A l’extrême ouest de l’Ethiopie, Harar est l’une des plus belles villes du pays, qui avait notamment séduit le poète Arthur Rimbaud. Mais après s’être promené dans le labyrinthe de ruelles colorées, à la tombée de la nuit, les touristes actuels se rendent bien souvent à l’extérieur de la vieille-ville fortifiée. Car là, se déroule une attraction unique au monde : une demi-douzaine de hyènes viennent se faire nourrir, et les visiteurs peuvent même s’approcher et leur donner directement à manger. Alors que ces carnivores effrayants font bien des ravages dans le reste du pays et sont impossibles à dresser, ils font partie de la tradition religieuse d’Harar, qui en a fait un symbole lucratif.

Source : RFI, 26 septembre 2013

Un trek au secours de la forêt

par Emmanuel Leroux-Nega

En Éthiopie, dans les montagnes du Balé, une région autrefois ignorée des touristes, une association de guides touristiques locaux tente de préserver ce qui reste de la forêt en proposant des treks écoresponsables.

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Voilà, près de trois heures que l’on marche. Le souffle coupé par l’altitude, nous peinons à franchir les derniers mètres qui nous séparent du sommet. L’air est frais, mais le soleil des montagnes nous terrasse. Ayano, le guide du trek, fait un signe : c’est la pause.

Autour de nous, les sommets nus des montagnes du Balé surplombent les magnifiques forêts tropicales que l’association Bale Trek travaille à préserver. Située à 400 km au sud-est d’Addis Abeba, la capitale éthiopienne, la chaîne de montagnes s’étend sur plus de 2 000 km². Il s’agit de la plus importante étendue alpine du continent et un des derniers grands poumons verts du pays.

« Quand j’étais jeune, il n’y avait que de la forêt ici, se désole Ayano en pointant une série de champs à flanc de montagne. Les habitants utilisent le bois des arbres pour se chauffer, cuisiner, construire leurs clôtures ou le vendre au marché de la ville. »

Trek, Marche, Balé, Ethiopie, EthiopiaLes montagnes ressemblent, en effet, à un grand fromage gruyère. Séparées les unes des autres de quelques kilomètres, des clairières viennent trouer la forêt. Elles abritent des habitations isolées, huttes de terre et de paille entourées d’une sommaire clôture de bois, mais surtout des champs et des pâturages. Des familles, que la surpopulation de la vallée pousse à s’établir toujours plus haut dans la montagne, y cultivent de quoi survivre, entraînant peu à peu la disparition de la forêt.

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L’église Nakuto Lab

(Autres noms : Naakuto Laab, Na’akuto La’ab, Nakuta Lab)

Construite dans une grotte, l’église est l’œuvre de Nakuto Lab, neveu de Lalibela et dernier souverain de la dynastie des Zagwé dont la légende rapporte qu’il priait allongé sur des épées et serait monté aux cieux corps et âme. Des peintures racontent sa traque du bandit Tsarakems, qui poussait la population à croire en d’autres dieux et qui deviendra finalement évangélisateur après avoir reçu le pardon du roi.

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A l’intérieur de l’église, des vasques récupèrent les eaux bénites qui ruissellent depuis l’église Ashetan Mariam et dont les fidèles font consommation pour leurs vertus curatives et leur pouvoir de chasser les mauvais esprits. Parmi les trésors exposés, des couronnes, de très beaux livres enluminés, des croix et un tambour d’or et d’argent.

Certaines peintures montrent clairement une influence byzantine dans le geste des deux doigts dressés en signe de bénédiction.

Accès : A 4 km de Lalibela sur la route de l’aéroport, prendre la piste à gauche, au niveau du panneau, et poursuivre sur 3 km. Entrée : 30 birr.

Source : Le Petit Futé : Ethiopie (Edition 2005/2006)

Voir aussi :

Album photo de l’église Nakuto Lab

Le lac Ziway

(Autre nom : Dambal)

Situé à 163 km d’Addis Abeba, le lac Ziway couvre 424 km² et atteint une profondeur maximale de 4 m. C’est le plus étendu des cinq lacs de la vallée supérieure du Rift.

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Des cinq îles, dont certaines n’hébergent que quelques personnes, Tullu-Guddu est la plus vaste et la plus peuplée. Selon la tradition, c’est ici, dans une église aujourd’hui en ruine, que l’Arche d’Alliance, accompagnée d’une importante escorte, aurait trouvé refuge après avoir fui Axoum en proie au désastre. La présence sur l’île de la petite communauté zaï, parlant un dialecte d’origine sémitique proche du tigréen, pourrait attester de l’histoire.

Les rives de ce lac poissonneux abritent une faune ornithologique très riche (cygnes, ombrettes du Sénégal, oies, aigles pêcheurs, aigrettes, ibis et parfois même des grues), tandis qu’une importante colonie d’hippopotames se concentre dans les anses plus calmes, à proximité de prairies où les imposants plantigrades paissent la nuit venue.

Source : Le Petit Futé : Ethiopie (Edition 2005/2006)

Voir aussi :

Album photo du lac Ziway

Avec le Projet Boswellia, sauver l’encens d’Ethiopie

Avec l’encens solidaire du Projet Boswellia, Julien Charbonnier espère sauver une ressource naturelle en voie de disparition, tout en garantissant aux communautés chrétiennes de la région Tigré, en Ethiopie, des revenus et des conditions de travail justes. Il lance un appel aux diocèses français.

Julien CharbonnierJulien Charbonnier, 26 ans, est fier de présenter l’encens du Projet Boswellia. Ces petits amas résineux et irréguliers, offerts par les mages à Jésus qui vient de naître, ont pris une place considérable dans sa vie depuis novembre 2011.

Un voyage en Afrique aura été déterminant pour que ce diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) de Toulouse comprenne ce qui l’intéresse vraiment : « la recherche et la gestion de la forêt ». Un cas retient alors son attention, celui de la surexploitation du Boswellia papyrifera au Nord de l’Ethiopie.

Entaillé, le tronc de cet arbre souple, à l’écorce qui pèle, “pleure” une résine laiteuse. Séchée à l’abri de la lumière, celle-ci donnera l’encens qui parfume nos églises lorsqu’entre en scène le thuriféraire balançant l’encensoir.

Mais le prix d’achat de la résine millénaire étant tombé très bas, l’arbre est devenu un combustible quotidien pour les populations rurales. Or l’épuisement de cette ressource est catastrophique pour les sols pauvres, menacés de désertification.

Au Tigré, 30 000 arbres répartis sur 300 hectares

Après avoir rencontré les villageois de la région Tigré – et bu chez eux beaucoup de café – Julien décide d’agir concrètement pour contribuer à « la sauvegarde de ce patrimoine naturel en danger ».

Il entend surtout “relier” dans le mot “religion”. En démarchant les diocèses, il souhaite rappeler aux catholiques français l’existence de chrétiens orthodoxes dans ce pays isolé, perché à 2 500 mètres d’altitude. Il décrit les (très) longues liturgies dominicales, l’ascèse pratiquée dans les monastères dont certains sont d’ailleurs inaccessibles aux femmes…

Avec 2 contacts en France et 3 autres en Ethiopie, l’équipe s’est donnée pour mission de fournir directement aux diocèses un encens naturel « aux légères notes d’agrumes », récolté à la main, séché, calibré et empaqueté sur place dans des sacs en toile de fabrication locale.

« L’objectif est aussi de créer une pépinière et de préserver les repousses des arbres » complète Julien. L’équipe cherche également à apporter des solutions techniques, notamment du matériel agricole devenu obsolète en France, comme des tamis et des cylindres de tri, qui seraient bien utiles pour calibrer la résine. A terme, l’encens du Projet Boswellia devrait obtenir les certifications “Ecocert” (agriculture biologique) – puisqu’il ne contient aucun colorant de synthèse – et “Max Haavelar” (commerce équitable) – puisqu’il est déjà acheté aux récoltants à un prix supérieur aux cours du marché.

Disponible symboliquement depuis la fête de l’Epiphanie, plusieurs diocèses ont déjà accueilli favorablement le Projet Boswellia, comme ceux de La Rochelle, Bordeaux ou encore Cambrai. Et le vôtre ?

Source : Conférence des Evêques de France, 15 février 2013

Voir aussi :

Comme le café, l’encens a son commerce solidaire
Ethiopie : sur la route de l’encens solidaire (autre article sur le Projet Boswellia)
Site officiel du Projet Boswellia (pour en savoir plus et commander)

Mékélé
መቐለ

(Autres noms : Mekelle, Makele, Maqale)

Mékélé (13°29′N, 39°28′E) est une ville située à 2 060 m d’altitude et à 780 km au nord d’Addis Abeba. Elle jouit d’un statut administratif particulier puisqu’elle est considérée comme une zone spéciale de la région Tigré, dont elle est la capitale.

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Partiellement détruite pendant la guerre contre Mengistu, Mékélé a largement bénéficié des programmes de réhabilitation d’après-guerre qui en font une ville très agréable à vivre et où il fait bon flâner. C’est aujourd’hui un centre très actif, intéressant par ses monuments et plus encore par son marché bigarré du lundi qui réunit une foule innombrable. On y trouve également un aéroport et le quartier général de la mission de l’ONU en Ethiopie et Erythrée. Quelques petites auberges locales, dont certaines très propres, permettent de rayonner à partir de cette cité.

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DÉMOGRAPHIE

Selon les estimations de 2005 de l’Agence Centrale de la Statistique éthiopienne (CSA), Mékélé compte 169 207 habitants (85 876 hommes et 83 331 femmes). Le woreda s’étend sur une superficie de 24,44 km2 et a donc une densité de 6 923,4 habitants par km2. Ces estimations sont basées sur le recensement de 1994. A cette époque, la population était de 96 938 habitants.

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Vidéos : Mékélé

Mékélé (1)

Mékélé (2)

Mékélé (3)

Mékélé (4)

Voir aussi :

Mékélé
Album photo de Mékélé
Photo satellite de Mékélé
 Site officiel de Mékélé

Le château de Ras Mikael Sehul

par Grégoire Pourtier

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Au nord d’Addis Abeba, la ville de Gondar fut la capitale de l’Ethiopie aux 17ème et 18ème siècles, comme en témoigne la fascinante cité royale regroupant six palais. Mais à moins de 300 mètres de là se dresse un autre château, celui de Ras Mikael Sehul, l’un des “faiseur de roi” de l’époque. Construit entre 1730 et 1755, il a depuis traversé l’histoire éthiopienne, quartier général italien pendant l’occupation, résidence de l’empereur Haïlé Selassié lors de ses passages en ville, ou lieu de torture lors du régime du Derg dans les années 1980. En cours de rénovation grâce à un partenariat avec la ville de Vincennes, elle aussi connue pour son château, il devrait rouvrir dans quelques mois sous forme de musée historique et culturel.

Source : RFI, 1er janvier 2013

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